Discours

Discours.


Discours après discours ,

Mots après mots,

S’approche la basse cour

Et s’abreuve du faux !

Dans effervescence nait la confusion,

L’excès embrigade la passion.

L’esprit s’embrume, s’invente un jugement,

En fait sa vérité au delà de tous fondements.

Croire, peu importe à quoi !

Croire, sans aucune espèce de foi !

L’on construit, alors, un espoir sans terres,

Et l’on sème les graines de fruits amers !

L’individu s’accroche à la foule.

Ils sont si nombreux,

Se débattant dans la houle.

Ils ont  «  surement raison » !

Puisqu’ils laissent à l’autre la réflexion , !!!

Chuchotant à nos oreilles,

Ce que nous voulons entendre,

Il se drape de vertus à nulle autre pareil,

Usant de cette fausse pitié,

De cet humanisme qu’il ne saurait sacrifié.

La voix en sanglots,

Quand flottent les drapeaux

Il maquille la souffrance, la misère et les cendres,

Osant l’artifice fraternel,

Et le sourire du Père Noël !

Il apprivoise cette bête ménagerie,

Ne sachant plus penser qu’en batterie.

Il attire dans leurs filets,

Un banc de perdus d’affolés,,

Les cajole pour mieux les piétiner.


Sachez mes amis, en ces temps de belles paroles,

Prendre le temps du discernement,

Pour chasser les fausses idoles

Et apprendre sans tourments

Que les mots ont un sens,

Et qu’ils vous laisse le choix du bon sens !

La bonheur n’appartient pas celui qui hurle le plus fort !

Il est cette flamme en chacun de nous,

Il est ce devoir de partage, de compassion d’altruisme.

Il est ce combat contre l’ignorance,

Il est une part de nous mêmes, cette richesse impalpable

Exigeant pour comprendre, qu’il nous faut être soi même

Pour l’autre et à cause de l’autre !


Un moine me dit un jour : Tu peux construire ta maison tout seul. Ce n’est pas un problème !

Si tu l’as construit pour ton seul confort, tu y seras malheureux.

Mais si tu l’as construit pour accueillir ton voisin, ta vie est déjà riche !


Philippe De Frémontpré

Sans morsures !


Sans morsures !


Elle est si loin, je peux la toucher.

Elle est si loin, mes mots embarrassés,

Cherchent, encore le chemin,

De ses yeux, de sa main.

Un visage en mon cœur,

En une pale douceur,

Dessine des souvenirs,

N’étant qu’avenir……….

D’aussi près, en rêve accompli,

La nuit, encore, endormie,

Me conte en paresse,

Quelques vers caresses.

Il m’est, alors, possible de croire,

Sans besoin de miroir,

A être, pour un court instant,

La silhouette frêle de l’amant.

L’esquisse de sa bouche s’abreuve de silences,

En autant de songes d’absence.

Son cœur s’abandonne en timidité,

Et n’ose fleurir en toute simplicité.

Laissant mon regard penser au-delà de l’image,

Je sublime ses courbes en restant sage.

La patience, en compagnon, guide mes élans,

Laissant l’émotion, d’un peut être, grandissant.

Il est, alors, un sentiment étrange,

Où tout se propose, tout s’échange,

Sous un ciel improbable,

Si près du vraisemblable.

Il y a là, dans l’invisible,

Au monde ce trouble inaudible,

D’une affectivité pure,

Sans souffrances, sans morsures.


Vincent

CHUUUUUUUUUUUUUUUU !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

CHUUUUUUUUUUUUUUT !!!!!!!!!!!!!!!!

Elle est morte,

En de terribles secondes,

Elle est morte,

A l’autre bout du monde,

Elle est morte,

Au milieu de la rue,

Elle est morte

Et tu n’en as rien su !

Les flammes ne sont rien,

Quand un peuple s’éteint.

Chaque jour, loin des yeux,

S’exerce le sournois, l’affreux.

Son ami, le silence,

Couvre les cris de l’innocence,

Et sans faire de bruits,

Tue, pille et détruit !

Les flammes ne sont rien,

Quand un peuple s’éteint.

La chine nouvelle,

Ne fait pas dans la dentelle,

Il vrai qu’elle a la main,

La Mandchourie n’est plus qu’un nom,

Une terre sans chansons !

Elle est morte,

En de terribles secondes,

Elle est morte,

A l’autre bout du monde,

Elle est morte,

Au milieu de la rue,

Elle est morte

Et tu n’en as rien su !

Hypocrite pour quelques deniers,

Les yeux fermés, on signe des marchés,

Avec un monstre , aux mains de sang,

Comme le rouge de son drapeau.

Il soumet ses enfants,

Sous peine de terribles fléaux,

Et l’esclave sourit au Maitre,

Reconnaissant de ne plus être !

Elle est morte !

Tu n’en as rien su !

Souffrance entre moi,

Et je pleure ce monde aveugle !!

Hommage à PALDEN CHOTSEO

Là-bas !

Là-bas !


C’est un coin de pays,

Au delà de la vie,

Au delà du temps passant,

En autant de printemps.


C’est un coin secret,

A nul dévoilé,

Où coule l’innocence,

Doucement, en élégance.


Je m’y retrouve souvent,

Pour conter le vent,

Peindre des rires,

Sur quelques pages, écrire.


Je regarde ce monde,

Tout en apparence,

Silhouettes en transparence,

Violence féconde


Se gavant de superficielle

De mirages dans le ciel,

Soumis au pouvoir mystique,

D’un écran et d’un clic !


Quand s’ouvre la boite de Pandore,

Quand hypnotisé par le Veau D’or,

Se meurt l’altruisme, la compassion,

Dans un tourbillon de brèves illusions !


J’ai le cerveau en marmelade,

les neurones en ballade,

Elles ne savent plus qui je suis,

Mes mots s’effacent sous la pluie.


J’ose croire qu’ils sont en discours,

Fort et clair, le poing serré

Où fredonnant un air d’amour,

A l’inconnue, un soir croisé !


Père, où êtes vous ?

Ils sont devenus fous !!!

Ils s’indignent, certes,

Mais en pure perte !


Cherchant un coupable,

Ils n’osent une autre table,

Où la noblesse du servant,

Sera le met le plus appétissant !


Où l’autre rive d’un regard,

Guidera tous les hasards,

Où les mots retrouveront leurs sens,,

La vérité en obéissance !


Père, vous m’appreniez l’équilibre,

En toutes choses pour être libre,

La connaissance à toute heure,

De ce qui est, de ce qui meurt.


Ne croire qu’à l’autre,

Être son apôtre.

L’autre ! Cet autre soi,

La compassion en mes mains pour toi !


Naïf, me direz vous ?

Regardez, autour de vous !

Apaisez vos frayeurs,

Ouvrez vous cœur !


Le juste équilibre nait de ce geste simple, pur, silencieux.

Il jaillit comme une évidence heureuse aux laborieux,

A ceux qui effacent l’ éphémère d’un revers de sourire,

Aux consciences habitées par la connaissance pour construire.


C’est un coin de pays,

Au delà de la vie,

Au delà du temps passant,

En autant de printemps.


C’est un coin secret,

A nul dévoilé,

Où coule l’innocence,

Doucement, en élégance.


Je m’y retrouve souvent,

De l’été au printemps,

Griffonnant en pensées,

Un univers rêvé !


Philippe De Frémontpré

( Au delà d l’innocence )

Il était une fois… où le début de l’histoire !

Il était une fois…….

Définition : Porte imaginaire franchie sans effrois, car l’on sait la fin heureuse……… inévitablement… ? !!!



Ce ne sont que des mots, une certaine étrangeté dans leurs sonorités, un enchainement de rêves en une trame simple. Mais, il y a dans le jeu des apparences, l’atout de l’imprévu, du surprenant, du magique ! Un monde peint avec nos songes, nos souhaits, nos fantasmes, nos espérances, comme un besoin d’autre chose! Un voyage, le temps d’une lecture, où une douce folie s’adresse à nous, et chuchote «  Ose ! Ose ! Être est cette addition !» Addition d’ imaginaires infinis, de craintes enfouies, d’ espoirs anéantis, d’aspirations en devenir, de bonté éternelle. Ces premières lignes plantant le décor paraitront banales , déjà entendues. . Peu importe ! L’indifférence est une porte que l’on ferme ! Ouvrir son cœur, son esprit, c’est concevoir que tout est différent, mais accessible à celui qui accepte l’impermanence de toute chose et la nécessité de l’altruisme. Qu’importe le lieu commun, l’habitude détourne nos chemins. Le soleil se levant, est certes répétitif, mais l’événement est à la fois unique, humble et exceptionnel . Le lieu, non pas en tant que point géographique, mais de moment éphémère sait qu’il renaitra , mystérieux, distinct et neuf. Peu d’entre les hommes ont cette connaissance, cette netteté visible dans leurs actes, dans leurs pensées. Trop, n’ont pas fait l’effort de l’abandon de l’égo, de ce regard, de cette apprentissage de soi. Trop, également ont ou ont été amputé d’une part de vie, les coupant d’un lien constitutif de leur histoire. Ils n’ont d’autres choix que de s’apitoyer, de s’enivrer de haine où d’écouter en eux !


Il est à l’age où le temps ravage tout. Le jour, la nuit, l’amour, l’amitié, les certitudes, les habitudes ne sont que brumes s’attardant avant de disparaître. Perturbant les pensées, l’oubli ricane, le doute ironise, l’indécence se mêle à l’humilité, l’altruisme se dilue en perversions. Des tempêtes sourdes, dévastatrices s’insinuent en d’étranges paysages qui n’en sont pas moins ordinaires et sournoises. Le quotidien s’abandonne à l’Effrayant en un questionnement qui n’est plus, en une réponse résignée ! N’osant le simple, de peur de faillir, il se contente de suivre, déguisant des gestes inventés, imaginant une croyance logique, sur un fil d’équilibriste. Le trait devient tremblant, cherchant l’assurance en pointillé. Le regard s’absente, trop loin sans comprendre, la voix hésite, trop prés sans apprendre. Le moment est autre, ni le suivant, ni le précédent, égaré, perdu sans réelle dimension. Il est, en conscience ce néant, hurlant en silence, cette peur qu’il ne peut identifier. Il appréhende la minute, en quête de repères, encore existants. Il se nourrit du flou, d’ombres vaporeuses, témoins de ce qui est , de ce qui fut! Il attache ses pas à « un peu être », le hasard l’ayant fuit au détour d’une question. Ses mots, comme autant d’ancres plantées dans ses souvenirs, lui permettent encore d’accoster sur des rives où parfois, il trouve le repos. Le temps grignote les images peintes en sa mémoire, une à une, elles quittent le bord, s’éloignant sans regrets d’un esprit à la dérive.


Une seule chose lui apparaît vérité immuable : le chemin et le marcheur ne font qu’un ! Chaque pas posé sur la route, façonné par nos choix, nos passions, nos souffrances dessine un tracé que nul ne connait à l’avance. Il lui fallait remonter ce sentier, retrouver la source de sa vie, lui donner un sens, s’affranchir du mensonge , pas à pas périlleux , sans doute, mais capital! En ouvrant cette blessure, il affronterai une réalité obscure , anonyme, une réalité enfouie, soumise à l’invisible allégeance, à l’angoissant piège de la quête.


Il s’assit, ferma les yeux, respirant lentement et fit demi tour….. ! Plongeant dans l’impénétrable, il franchit l’interdit, discrédite les faux acquis, s’en remet à l’épreuve de la connaissance. Son corps , son esprit se ferment, deviennent inaccessibles. Il emprunte le labyrinthe des mémoires éteintes, des voyages effacés, s’éveillant, ainsi, à sa véritable identité. Étonnamment, il est en paix , presque majestueux dans sa réflexion. N’ayant comme bagages que sa naïve indulgence, il sourit, ouvre son carnet et commence à écrire. De sa plume, il arrache au papier ce dont on l’avait privé, ce maillon manquant, cette part de lumière indispensable…..essentielle !!


La province, à la fin du siècle dernier, une sous préfecture comme tant d’autre. De vielles façades cossues et sages, à l’architecture inexplicable, des bâtiments publics pompeux et froids, quelques rues pavées, une grand’ place orgueilleuse où seules, les civilités des passants brisent un silence bercé par une brise chaude. Un ciel bleu généreux , ardent et un peu curieux, organise , au son des cloches de l’église les allées et venues, les jours de marché, les fêtes champêtres, les mariages et les enterrements. Une ville paisible , sur les bords de la Sabelle , bâtie aux pieds du château De Frémontpré, bâtisse imposante , aux lignes simples et pures. Ces pierres blanches lui donnent un éclat particulier, que l’on ressent discret, là-bas au delà du haut portail. Le soleil murie les blés, les pluies d’automne nourrissent la terre. Chaque nouvelle saison est plus belle, apprivoisant le temps, savourant les couleurs.. Ici, les pierres racontent, le vent bouscule, les champs, les talus , les forets espionnent, charment, envoutent. La cité regarde passer les nuages où l’on devine, petites histoires, petites habitudes, petites joies et petites tragédies en un dégradé de gris, en une gamme de bleu. On y retrouve les trois acteurs de l’ordre. Le savoir, le spirituel, l’administratif . Le maitre d’école déjeune avec le maire , enflammant les diners de culture , de politique, tout en adressant quelques sourires à la jeune et belle fille de la maison. Le curé, confesseur de ces Dames sourit dans ses promenades en levant les yeux au ciel puis ouvre bien vite son bréviaire pour avoir d’autres pensées. Le premier citoyen , en ce jour de foire, ripaille sans mesure, promettant bonheur et prospérité à une populace incrédule. Sous ce couvert commun et rassurant, un autre monde exerce son droit. Une autorité, sans concessions, assise par l’Empire, confortée par l’église.Malgré les révolutions, Charles-Frédéric De Frémontpré, Comte d’Artigones, est salué à chaque sortie. Un salut, où se mêle respect, crainte et cette hypocrite envie de plaire. Il est le pouvoir ! Ce pouvoir, enraciné dans les esprits, octroyant une parcelle de terres, autorisant une union, bannissant l’indésirable, condamnant le rebelle. Ce pouvoir subjectif et geôlier, mais aussi, quelque part rassurant. Après un bon repas, après une ballade entre amis, après un verre à la taverne, on regarde toujours le château, avec ce sentiment étrange, à la fois anesthésiant et terrifiant, confortable et méprisant.


Donc, il était une fois, par une nuit de Mai, sur les marches du couvent des bénédictines, sans message, sans indice, un panier d’osier déposé. Un nouveau-né emmailloté à la hâte , s’agitait un peu. Un petit enfant nait entre ici et ailleurs. Fruit d’un amour impossible, d’une aventure sans lendemain  où de trop de misère ? À l’heure, où commence cette histoire cette question est de peu d’intérêts. Mais, derrière les murs de la ville, quelqu’un s’arrangerait , certainement avec Dieu, mais il est moins sur qu’il y parvienne avec lui-même. Il est des gestes guidés par les circonstances, que le temps n’oublie pas!

Il ne pleurait pas . A intervalle régulier, il se faisait les poumons, si fort qu’il en devenait rouge vif. Dans la ruelle sombre, ces cris résonnèrent un long moment avant de s’évanouir là-bas prés de l’octroi. Les pavés avaient ces reflets mouillés des lampes faisant ce qu’elles pouvaient pour éclairer le bout de leurs pieds. A de rares fenêtres, vacillait une lumière jaune, discrète, là un artisan finissait une commande, ici une plume fatiguée tentait un roman. Ces cris déchirant les silence restaient sans réponse, sans même une pointe de curiosité ! La porte s’ouvrit, l’enfant disparut dans les bras de Sœur Madeleine….. Dans quelques heures finirait ce jour, indéfinissable de la Saint Philippe !


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence ! )

Carnet de voyages

Carnet de voyages .



Ce n’est pas un livre,

Mais, un carnet de voyages.

Il n’y a nulle intrigue,

Seulement des paysages.

Des mots en découvertes,

Trouvaient sur les chemins,

Des virgules en salopettes,

Me tenant, juste la main !

Mon encre en inconnu,

S’aventure doucement,

D’une salle au pas perdu,

Aux portes du Levant.

Les consonnes émerveillées,

D’un oiseau, de son vol,

Sur la page embouteillée,

Glissent en farandole.


Ce n’est pas un livre,

Mais, un carnet de voyages,

Quelques images libres,

Les paroles d’un sage.

Le miroir d’une vie,

Un partage sans haine,

Pour éviter l’oubli,

Et effacer les peines.

On s’assoie, on respire,

On regarde, on écoute,

Souvent on admire,

Mais, toujours, on doute.

On dessine au revers,

L’ombre du bonheur,

D’un trait plus que sincère,

Juste pour avoir moins peur !


Ce n’est pas un livre,

Mais, un carnet de voyages,

On le parcours ivre,

Sans en ouvrir la cage,

Mis au secret,

Dans une poche, un sac,

Il savoure l’humilité,

Le silence d’un lac,

Au soleil, toujours,

Il fait sa cour !

Parfois, il pleure,

Prisonnier de tourments,

Quand s’éloigne un cœur,

Dont il fut l’amant.

Il en garde les saveurs,

Dedans les feuilles fermées,

Comme l’étrange chaleur,

D’un éternel foyer.


Vincent



Par la fenêtre ouverte .

Par la fenêtre ouverte .


Les jours passent, semblables à bien d’autres. Dans mon sommeil, les rêves n’ont plus la couleurs d’un rire, les saveurs d’un silence aux milles images, les horizons d’autres terres.

Chaque matin, la fenêtre s’ouvre sur un paysage changeant. Chaque matin, je passe de longues minutes à contempler, à observer ce rectangle de vie. Avez vous remarqué, qu’assis devant une fenêtre, notre champ visuel se limite, généralement, à la forme géométrique de l’ouverture ? Il est, assez rare, que de notre fauteuil, nous osions ce plongeon vers l’inconnu, que serait, se pencher un peu plus sur la droite ou sur la gauche !

Les toits touchent les nuages, le vent agite les feuillages, renouvelle les parfums. Le soleil, jouant avec l’éclairage, s’assure des ombres, choisit son angle, tel un photographe en quête de la belle image. Il y a là, «  un pareil différent », un «  je ne sais quoi ! », provoquant un autre regard sur ce monde, si familier ! Nos yeux se figent, comme envoutés par cette aquarelle. L’imagination s’agite, l’illusion se maquille, l’impossible devient palpable, comme une soif ,enfin, apaisée. Comment transcrire en quelques phrases, en quelques mots, ce moment de pur délice, où plus rien n’existe que cette sensation douce, délicate d’être ailleurs ?!!! Soudain, le clignement d’une paupière, notre réalité s’impose, rieuse, moqueuse.

Pourtant,ce bout de lucarne est de l’indispensable, de l’addictif, on s’y attache comme à un repère, une bouée. Une autre baie, une autre lunette, en un autre lieu serait, dés plus déstabilisante. Il ne serait plus question de matins aux paysages changeants, mais d’incertitudes, d’angoisses, de questionnement ! Les tuiles, la brise seraient des inconnues osant, avec désinvolture, nous proposer une cordialité vulgaire et éphémère. Parfois, on tombe sous le charme, comme un adolescent aux vacances d’été,mais le plus souvent, quoiqu’attrayante, elle ne sera que de passage….


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Une nuit à Kartoum

Une nuit à Kartoum.


Sans véritable plan de la ville, je marchais, marchais encore, en espérant que ma bonne étoile, m’indiquerait le meilleure des chemins. Les heures passèrent l’une après l’autre, insensibles, me sembla t il, à ma quête, pour ne pas dire mon désarroi. Tant qu’il resta un peu de lumière, je refis, à l’envers mon parcours où plutôt, je crus le refaire…. Le soir tombant, chaque pan de mur, chaque fenêtre, chaque pierre, chaque fontaine abuse l’étranger, en lui offrant la similitude des formes et des couleurs.


Les passants s’évanouissaient au fur et à mesure de l’avancée de la nuit. Les échoppes rangeaient leurs étales comme l’on ferme une boite, dans un ordre précis, sachant attendre le dernier client pour faire leurs comptes. Posant, son alêne à petits points, un cordonnier terminait une commande d’un coup de marteau sec et précis. Je passais, ainsi, de l’étouffement suffoquant d’une fourmilière bruyante à la furtive rencontre, que dis-je, au croisement apeuré de deux silhouettes.


Je me retrouvais  dans une ruelle sombre, où la poussière du jour était à peine retombée. Il y avait dans l’air un mélange d’épices et de fin de journée, une odeur particulière où l’on sent venir le sommeil, une étrange transition qui doit être mijotée , pour humer toutes les saveurs d’un repos attendu. Dans leurs maisons de terre séchée, quelques âmes s’adonnant aux plaisirs du souper, n’osaient rompre le silence, par une mastication un peu bruyante. Chacun prenait son temps, ignorant la minute écoulée pour savourer, pleinement, celle qui se présentait. Les mots avaient désertés la tablée apaisant l’esprit, laissant le corps se détendre à sa convenance. Puis, viendrait ce moment où l’on ne fait rien et l’on parle de tout. Ce moment éphémère où tout est à sa place.


Sans véritable éclairage que celui d’une frêle lanterne franchissant timidement une porte mal fermée, il me fallait être vigilant pas à pas, tâtonner du bout du pied la terre, y déceler creux et bosse, afin d’éviter la chute. Le sol témoignait d’allers et venues incessants et l’on entendait presque, les négociations enflammées autour de quelques mètres d’étoffes, la chanson du porteur d’eau , les bavardages des femmes, le piétinement des chevaux. La lune me taquinait, dessinant çà et là des ombres, parfois fort surprenantes. Malgré, le précieux de l’instant, le charme magique de l’heure, Il me fallait me rendre à l’évidence, affronter une véritable honte, me résigner au ridicule : j’étais perdu !!


M’arrêter au prochain carrefour, faire le point, me sembla une idée raisonnable. Mais, comment s’orienter en pleine obscurité, là où les contours n’en sont plus, où la pénombre s’amuse sans précautions, où l’opacité ajoute au mystère de l’inconnu ? Assis, sur ce qui me paraissait le bord d’un trottoir, j’attendais une réponse , même partielle, à cette question. Soudain, je vis naitre et s’allonger mon ombre. Derrière moi une porte s’ouvrait !……………


Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence )

La pluie


Il pleut !



De ma fenêtre, un ciel gris dessine, comme de grands traits de pluie. Suivant l’humeur du vent, ils sont droits bien rangés ou se penchent en désordre. Sur le petit chemin de cailloux, un torrent jaillit, entrainant en ses flots feuilles, branchages et détritus. Les couleurs se noient, les arbres dégoulinent, quelques rares oiseaux, à tire d’ailes cherchent un abri. Malgré la violence, soudaine, de l’averse, tout semble serein, apaisé comme en attente. Le silence a cette odeur d’herbe mouillée, de feuillage trempé et l’air, une saveur particulière, presque visible comme montant de la terre.


J’entends claquer sur les tuiles plates, les gouttes d’eau, à les compter une à une. Elles s’affolent, parfois, à revoir le calcul, se font sourdes, lourdes heurtant la vitre en rafales, comme pour me demander toute mon attention.


Accrochées à leurs parapluie, quelques silhouettes forcent le passage. Le pas pressé, la tête dans les épaules, elles scrutent le vent, étudient le terrain. Marcher sous des trombes d’eau est du domaine du sport, que dis je , c’est un art ! Une bourrasque sournoise s’engouffrant sous le pépin, le retournant, anéantissant l’idée même de garder la tète au sec. Une flaque d’eau invisible, sur ce chemin, mille fois emprunté, apparaissant, disparaissant au gré des ruisseaux se formant ici où là. L’attention n’étant pas multiple, le pied, soudain s’enfonce et «  boit la tasse » ! Mille pièges attendent les courageux s’aventurant sous l’ondée, quelques jurons transpercent le calme, on sait, alors qu’il y a encore une victime….trempée, cela va de soi !


Les choses sont si simples ! Il suffit de s’assoir, de regarder ! Cela, semble banale ? Certes !

Mais notre époque perd cette faculté de s’assoir et de regarder. Nous nous inventons des difficultés, croyant que cela nous aide à vivre. Un sage de mes amis me dit un jour : «  La complexité nous offre bien des raisons de souffrir, il y a dans la simplicité une réponse : le bonheur ! »

S’assoir et regarder n’est pas un acte passif, mais un moment de respect et de réflexion. Il suffit, alors, de transformer cela en intentions et actes justes.


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Rencontre.

Rencontre .

Philippe débarque à Tokyo, pour y conclure, à la demande de son père quelques affaires.

Il y découvrira, étrangement, Ayako et n’aura plus d’yeux que pour elle !


Prés de la fontaine, où jaillit l’eau de la terre, sur ces pierres grises, froides et humides, elle était assise, le regard absent. Il y avait, dans ses yeux, cette crainte, vous rendant immobile, transparente, en dehors du temps. L’enveloppe était là, mais l’ esprit fuyait peu à peu.

Habillée d’une robe blanche au décolleté de dentelles fines, elle devait avoir cette élégance naturelle, n’ayant besoin de nul superflus, pour que l’on tourne la tête.

Le clapotis de l’eau se fit sourd, lointain, l’oiseau sur sa branche se tue, le vent devint discret. Les nuages cachèrent le soleil. Tout devint différent effacé, pudique. La nature, changea ses atours, affligée qu’elle était, devant tant de tristesse. Sa peau frissonnait, le temps renonça à l’agréable, comme navré de ce qu’il voyait………………………..


Le teint pale, la main tremblante, accrochée à une étoffe de couleurs vives, son corps était dans l’incapacité d’un geste, d’un pas, d’une larme. Rien ne semblait être plus important, que ce morceau de tissu. Ces doigts crispés sur ce carré de textile déchiré, étaient rougis par une force douloureuse l’empêchant qu’il ne lui échappe. Il y avait là, un contraste saisissant entre cet état d’abattement et la violence de cette main fermée. Je ne savais que faire, que dire ! Cette image figée, prés de moi, il me fallait la ramener avant qu’elle ne sombre………………


Mais, qui suis je pour cela ? Dois-je partager cette souffrance pour mieux la comprendre, mieux la défier ? Dois-je entrer, dans une vie qui ne m’appartient pas, dans cette vie qui s’évapore ?

Ai-je le temps de cette réflexion, ai je le temps de l’acte juste ? Tant de questions et devant moi, une souffrance réelle !…………………

Ayako, c’est comme cela que je vous vis la première fois.

Ces questions, je vous les ai posées, et j’en suis fort heureux. J’ai pris le temps d’entrer dans vos rêves, vos inquiétudes et d’y faire, avec vous, réponses simples et tendres…………….


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

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