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Traces

 

 

Traces

Il y a dans ce ciel, une paix où les pensées s’effacent sans bruits . Elles s’envolent à tire mots, oubliant en leur ponctuation la fureur, la violence, la bêtise ! Hum, je respire,alors , parfois à contre sens, mais reviens , toujours sur mon chemin ! Je partage en inspiration, en expiration une humble saveur où le temps ne s’aventure pas en excuses, mais est juste là ! Je goute cette seconde avec attention, puis l’autre avec bonheur .

Comme je disais à une amie : « Il est important de retrouver les traces pour s’ancrer plus fort dans le présent  ! » Ces traces qu’elles sont elles ? l’histoire d’une famille, le sourire d’un être aimé, la main tendue juste pour accompagner , un regard où la joie transpire ! Il n’y a pas de petites ou grandes choses, des instants accumulés, des minutes sans fin où ce qui ne s’écrit pas, soupir à faire suinter la vie !

Je te respire la vie, quoiqu’il advienne, tes senteurs m’envoûtent, ta générosité m’enivre !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Respirer

Respirer !!!

L’apaisement de l’esprit, une absolue vigilance pour ne pas sombrer !
Comme, il apparaît futile, cet indispensable dessiné chaque jour, pour nous être agréable ! Comme, elle s’avère dérisoire cette colère imbécile, ne satisfaisant qu’un moment notre égo ! Comme, elle se complaît dans un bain d’ignorance, la précieuse arrogance d’une éphémère richesse !

Je n’ai qu’un morceau d’étoffe grise, chiffonné, au parfum passé, juste là autour du cou.Il respire mes pensées doucement, cherchant en ses plis l’attention de l’instant. Ce n’est qu’une écharpe grise à peine nouée ……..oui ! Comme une vigilance pour ne pas sombrer !

Ta fortune, me dit un jour Elias, est en ces inspirations, ces expirations ! Là, où l’intime s’observe, le profond se découvre, s’apprend, la vraie nature des êtres se comprend…….Là, juste en cette paix de l’air qui te pénètre, qui te remplit, puis qui creuse ton ventre pour te rendre juste humble !

Respirer n’est pas qu’une fonction mécanique. Trop souvent, nous l’oublions, nous respirons ou plutôt nous faisons fonctionner nos poumons et cela s’arrête là ! Inspirer,expirer est bien plus que cela ! Observer sa respiration, prendre conscience de sa réalité, n’est ce pas s’assurer d’une certaine bienveillance à notre égard ? Celle-ci déborde très vite, apaise l’esprit et se partage avec notre environnement. Être conscient de notre respiration, c’est surtout respirer l’autre pour que sa souffrance en soit atténuer et disparaisse !

Ce n’est qu’une écharpe grise à peine nouée …….. Pourquoi parler d‘elle me direz vous ? Parce qu’elle est là , simplement là, témoin de tout cela !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Enracinée !

Enracinée !

Penser ! Le problème n’est pas tant le contenu, mais le rapport que nous avons avec nos pensées ! Bien souvent, reconnaissons le, une soumission parfois naïve, parfois volontaire, est, nous en sommes certain cette ancre qui nous empêche de dériver! Nous sommes, tellement emplis de cette certitude que nous l’érigeons en vérité !

Combien de pensées ne supportent aucune réflexion, aucune observation ! Combien de fois nous nous sommes arrimé à une pensée sans voir l’abîme devant nous ! Il nous arrive même de théoriser l’éphémère et en faire une pensée aussi grandiose qu’inutile !

Nous lisons ou entendons, toutes et tous, ici ou là, de belles pensées qui avec force arguments, nous entraînent vers les vallées sombres de la haine , de la jalousie, de cet éphémère qui ravit l’esprit mais ne le rassasie aucunement, au contraire. Bien souvent, quand nous prenons le temps de l’observation juste, il ne s’agit que de diatribe, de pamphlet moqueurs, de critique acérée !

Elias a cette phrase : La pensée est un non jugement ! Elle est une observation humble, devant se traduire dans un juste et impartiale équilibre, en un acte simple et sincère. La justesse, la sagesse d’un argumentaire, quel qu’il soit, est en cet équilibre. Nous ne pouvons accueillir, apprendre et comprendre l’autre sans cette juste vérité. C’est au profond du profond de nous même, que cette vérité est enraciner, en notre paix intérieur sachons la découvrir !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence )

Conscience

Mesurons-nous la portée de nos actes ? Par ce questionnement, s’ouvre la porte, à double battants, des conséquences ! Nous avons la certitude que l’acte est l’aboutissement de notre pensée, non pas un horizon flou et incertain, mais la concrétisation évidente de nos désirs émotionnels, intellectuels et moraux.
Combien de facteurs brouillent les pistes. Notre égo, les circonstances, nos illusions, l’attrait de l’éphémère, en résumé une conscience partant de soi et revenant à soi, l’aspect extérieur n’étant pas concevable en notre cheminement! Nous adoptons, alors, notre propre sens du vrai et du faux, du bienveillant et du malveillant ! Nous appréhendons les conséquences comme un du, quelles soient bonnes ou nocives, nous dédouanant, ainsi, de toutes responsabilités .
Conscience ! Voilà une notion qu’il nous faut observer, expérimenter, comprendre détacher de tout ! Mais si , nous restons dans l’interprétation stricte de nos ressentis, nous sortons de l’analyse juste et impartiale indispensable pour identifier notre nature profonde et par là même la vraie et pure nature de la conscience.

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Nos blessures

A l’époque où la souffrance physique était difficilement supportable, il m’est venu cette question : Pourquoi, celle-ci, se transforme inexorablement en pensées négatives allant jusqu’à là confrontation avec les autres ? »
Quand on souffre dans sa chaire, chaque mot, chaque geste, chaque attitude de l’autre, est sujet à caution. Comme la formule le dit si bien « on ne peut s’empêcher.. » d’interpréter chaque silence comme de la pitié, chaque phrase comme de la condescendance, chaque pensée comme de la fausse sensiblerie,chaque acte comme de l’apitoiement ! Le pire est, qu’en notre solitude , nous réfléchissons en ce sens et trouvons une tonne de bonnes raisons attestant de la réalité de ce que nous construisons mentalement.
Nous avons , alors, cette sensation que tout est claire, que l’incompréhension à notre sujet est réelle et amplifie au fur et à mesure que les jours passent. L’autre, le proche n’est plus qu’un visiteur qui ne sait pas , qui ne comprend pas. On se construit une forteresse de souffrances aux murs bien épais, aux fondations maçonnées à grands coups de certitudes ! Puisque c’est ainsi, tout nous est permis ! Nos blessures sont autant de boulets, qui s’autorisent tout, de l’impolitesse à la haine, de la naïveté à l’idiotie, de la rage à la torture !

Quand, alors on touche fond, on observe, on apprend très vite que notre souffrance n’est rien, mais que celle de l’autre, celle dont nous avons contribué à faire grandir en eux est terrifiante !

Réfléchissons bien à cela !

« La compassion, la bienveillance sont nécessaires pour nous détacher de nos propres souffrances , comme l’est plus encore notre vigilance, notre ferveur à la cause de l’autre ! » Elias

Philippe De Frémontpré
( au delà de l’innocence)

Sur un chemin de terre.

 

 

Sur un chemin de terre

Devant nous, un chemin de terre, il fuit vers l’horizon, comme pour nous taquiner. De chaque coté, quelques arbres, déjà couverts de feuilles de printemps, sortent d’un hiver ou la neige avait compté ses flocons. Ça et là, quelques fleurs, amenées par le vent , arborent de belles couleurs au milieu des herbes folles. Le monde animal s’éveille. Insecte, oiseaux, écureuil et autres mammifères arpentent le ciel et les fourrés, curieux de la nouvelle saison naissante, mais surtout affamés par quelques mois pauvres en nourriture. C’est avec discrétion que le théâtre de la vie se met en place !

Le silence n’est perturbé que par nos pas sur la terre sèche. Nous avions conversé un moment, Elias faisant l’éloge de l’observation, animé d’un enthousiasme débordant. « l’observation peut être un passe temps, oh !quel vilain mot , passe temps, comme si nous tournions une page sans réellement la lire ! Observer , c’est se familiariser avec ce qui est là, juste là . Apprendre le temps, c’est apprivoiser chaque seconde et la savoir comme essentielle !

J’aime ces instants où la compréhension se mêle à la joie , à cette ferveur paisible d’être présent en ses pensées, en ses mots, en cette transmission simple et humble. L’écoute prend , alors , tout son sens. Celui du respect, celui de l’apprentissage, celui de dessiner chaque mot reçu comme pour mieux les apprendre, les comprendre.

Les mots sont des passants, on en arrête certains et en laissons passer d’autres ! C’est dans l’équilibre de ce choix, dans la vigilante impartialité de notre esprit que l’acte naît. Sans bruit, comme éclot une nouvelle saison, l’acte juste, sage et bienveillant accueillera le présent, la joie, l’autre !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Lettre d’ Elias

Le bonjour à toi, Philippe !

Il est inhabituel, pour moi, de t’adresser quelques mots écrits, tu le sais. Cela, m’est apparu nécessaire, en cet instant. Tes visites se font rares. Il t’arrive , parfois , de prendre de mes nouvelles par téléphone. Tes appels sont, devenus brefs, convenus et polis ! La curiosité, la joie du présent, de la présence de l’autre ont disparues . J ‘avoue avoir souffert de cela, d’où cette lettre.

J’ai ressenti à ces diverses occasions, un conflit en toi. Tu es un apprenti sans Maître, un capitaine sans navire, le doute, les certitudes, comme un clair-obscur, envahissent ton esprit. Ta vigilance s’absente, fréquemment, rendant ta pratique fragile, hésitante, embarrassée !

L’hésitation n’est pas anormale dans l’obscurité. Notre vraie nature n’est pas éclairée en permanence, l’ombre et la lumière s’associent, parfois pour nous permettre d’apprendre, de comprendre. Il n’est nul question d’intensité du noir ou de la clarté, mais de l’appréhension impartiale et humble de cette observation indispensable qui nous mènera à l’acte bienveillant et juste. La connaissance n’est que patience, et cette patience se nourrit de notre détermination, de notre volonté d’Être !

Être n’est pas simplement un mot ! Être, c’est une joie , un bonheur, un partage unique entre l’autre et le profond du profond de nous même ! Être, c’est persévérer à être utile au delà de la pensée, au delà de l’acte lui-même ! Consentir à cela en pleine liberté, n’est ce pas simplement vivre ? Oui, Vivre !

Ce potentiel est en chacune , chacun d’entre nous ! Il est en toi , tu le sais pour avoir à maintes reprises perçue l’éclat de la compassion, les vertus de la bienveillance, les bienfaits de la méditation. Il m’importe, désormais de te retrouver en nos promenades, en nos repas, en nos discussions, non pas pour te remettre sur le bon chemin, ce qui serait présomptueux de ma part, mais pour Être en l’instant, présent en cet équilibre juste !

Il me tarde de te voir, Philippe, Que le bonheur te guide !

Elias

Dépendance !

De cette dépendance évidente à l’autre, à laquelle nous sommes confrontés, de notre attention, de notre impartialité, de notre humilité, l’acte bienveillant qui en sera le prolongement, transformera profondément notre esprit !

Le terme «  dépendance » a en lui-même, cette notion de lien, et je dirai d’affection bienveillante entre chaque être sensible. Il nous appartient de le faire germer, grandir en les relations avec les autres, mais surtout envers nous mêmes !

Il suffit, pour cela, d’observer, de porter toute notre attention sur cette réflexion . D’où vient elle ? Quel est sa nature ? Comment la traduire en acte ? Dois je la laisser aller ou m’en préoccuper ? Il y a , dans la substance des réponses que nous apporterons à ces questions l’essence de la dépendance bienveillante à l’autre , et aussi l’accueil généreux en notre esprit d’un véritable humanisme.

Nous croisons, les uns, les autres, ces égoïsmes du quotidien que nous stockons, malgré nous …..peut être ! C’est un volume qui augmente, augmente et finit par étouffer le cheminement altruiste de nos pensées et de nos actes. Osons l’altruisme, qui n’est pas comme je l’entend parfois, une soumission à l’autre, mais une bienveillance raisonnée si simple, si humaine !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

 

Sur le bord du trottoir

Sur le bord du trottoir, la bienveillance était assise. L’indifférence l’avait installée là, les pieds dans le caniveau. Elle grelottait l’hiver et transpirait à grosses gouttes l’été. Dans le brouhaha de la ville, chaque jour, chaque nuit, mille et mille personnes passaient sans la regarder.

Pourtant, quand un regard croisait le sien, elle souriait. Pas un sourire de circonstances, ou pour quémander quelques faveurs, non ! Un sourire généreux ! Oui, de cette générosité qui fait la richesse de l’humble,la fortune du sage. Un sourire qui se donne mais n’attend rien ou plutôt un sourire qui est une graine en l’esprit de l’autre, la semence d’une réflexion, l’embryon d’une compréhension……..Et le fruit à venir rendait la bienveillance heureuse !

Comme le dit Elias : «  un regard, un geste , un mot quand il est bienveillant du plus profond de notre cœur, n’est pas inutile……même les pieds dans le caniveau ! »

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Bruits de bottes

 

 

 

 

bruits de bottes

Quel terrible sous titre : » Nous n’avons rien appris ! »

Bruits de bottes !!! le monde s’agite, les souffrances s’avancent en ordre serré, armées de ces certitudes égocentriques où chacun a de bonnes raisons et de terribles jugements ! Les peurs, en d’étranges doctrines, s’inventent et s’installent en les esprits , en les cœurs. On brandit fanions et étendards comme pour se rassurer ! Chacun réduit le monde à ses idéaux, à cet horizon de haine et de feu ! Les mots d’ordre s’impriment, se chantent, se hurlent à tue tête…….

J’ai en moi cette sensation, qu’avec méthode, insidieusement,sournoisement, tout cela nous prépare à l’effroyable, à l’épouvantable, à un déchaînement des haines effrayantes dictées par des égos bouffis d’orgueils patriotiques, économiques, catégoriels, ethniques, et même religieuses ! Le monde a cette inhumanité de se mettre à feu et à sang pour une caste, une doctrine, quelques privilèges et un liquide noirâtre qui sent mauvais !

L’écoute est devenu un vain mot, le dialogue véritable bienveillant prête même à rire, le compromis compassionnel a disparu des esprits comme la brume du matin se dissipe avec le vent ! La nature humaine a cette vertu d’être en expérience c’est à dire d’associer cette chaîne « observer apprendre comprendre » de ce qui fut pour en accepter les conséquences d’une part mais aussi d’en tirer le remède qui ne fera pas se renouveler l’acte nocif. Mais , il semble évident que ce remède n’est que sable au vent ! Beaucoup sont prets à souffrir et faire souffrir pour la simple haine de l’autre !

Oui ! Visiblement nous n’avons absolument rien compris !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

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