Archives pour la categorie ‘Poémes tendresse’

Dérisoire

J’avais des mots pleins de violences, mais je ne pouvais me résoudre à les dessiner, à les additionner. Rien ne justifie le mauvais , l’outrance et la colère !
Entre silence et réflexion, il y a la place pour l’explication et la compréhension. C’est ce que j’ai essayé de faire….. !
 
Au clair de bien des pensées,
De chemins abandonnés,
Combien de regards détournés,
Et tant d’’autres lâchetés,
Construisent en souffrances,
Nos haines , nos errances !
 
Oh ! Je n’oserai donner de leçons
Mais, en bien des noms, je demanderai pardon,
Pour l’irréfléchi, l’ignorant,
Le dédaigneux et l’arrogant.
Pour ceux qui n’ont que bons mots et quelques frasques,
En éphémères certitudes, en cruelles bourrasques.
 
Pourquoi s’aventurent ils en désespoir,
En discours sans âmes, pour de petites gloires ?
Je m’interroge humblement, avec tristesse,
En espoir d’une réponse, avant que la joie ne disparaisse !
Pourquoi aimer le pire,
Quand juste un sourire,
Éclaire l’esprit et réchauffe le corps ?
La raison du plus fort,
Ne résiste pas au bonheur,
Celui, gardé au plus profond de notre cœur !
 
 
Philippe De Frémontpré
(Au delà de l’innocence)

Lettre d’ Elias

Le bonjour à toi, Philippe !

Il est inhabituel, pour moi, de t’adresser quelques mots écrits, tu le sais. Cela, m’est apparu nécessaire, en cet instant. Tes visites se font rares. Il t’arrive , parfois , de prendre de mes nouvelles par téléphone. Tes appels sont, devenus brefs, convenus et polis ! La curiosité, la joie du présent, de la présence de l’autre ont disparues . J ‘avoue avoir souffert de cela, d’où cette lettre.

J’ai ressenti à ces diverses occasions, un conflit en toi. Tu es un apprenti sans Maître, un capitaine sans navire, le doute, les certitudes, comme un clair-obscur, envahissent ton esprit. Ta vigilance s’absente, fréquemment, rendant ta pratique fragile, hésitante, embarrassée !

L’hésitation n’est pas anormale dans l’obscurité. Notre vraie nature n’est pas éclairée en permanence, l’ombre et la lumière s’associent, parfois pour nous permettre d’apprendre, de comprendre. Il n’est nul question d’intensité du noir ou de la clarté, mais de l’appréhension impartiale et humble de cette observation indispensable qui nous mènera à l’acte bienveillant et juste. La connaissance n’est que patience, et cette patience se nourrit de notre détermination, de notre volonté d’Être !

Être n’est pas simplement un mot ! Être, c’est une joie , un bonheur, un partage unique entre l’autre et le profond du profond de nous même ! Être, c’est persévérer à être utile au delà de la pensée, au delà de l’acte lui-même ! Consentir à cela en pleine liberté, n’est ce pas simplement vivre ? Oui, Vivre !

Ce potentiel est en chacune , chacun d’entre nous ! Il est en toi , tu le sais pour avoir à maintes reprises perçue l’éclat de la compassion, les vertus de la bienveillance, les bienfaits de la méditation. Il m’importe, désormais de te retrouver en nos promenades, en nos repas, en nos discussions, non pas pour te remettre sur le bon chemin, ce qui serait présomptueux de ma part, mais pour Être en l’instant, présent en cet équilibre juste !

Il me tarde de te voir, Philippe, Que le bonheur te guide !

Elias

Comment ……

«  ………comment donner un sens à notre vie ! ……. »

( tiré d’une citation de Matthieu Ricard )

L’essentiel n’est il pas dans ce premier mot :  » comment « ? A toutes évidences, il y a tous les sens …. la bienveillance, la compassion, l’attention à l’autre en sont un parmi tant d’autres ! Soyons les apprentis de la vraie nature de la vie !

C’est à la suite de ce commentaire, qu’il est bon , je pense de s’interroger sur notre vigilance ! Plus j’avance en la pratique, plus j’explore avec précautions le noble chemin, plus l’évidente vigilance me semble etre ce «  baton de marche » indispensable pour ne pas trébucher.

Donner un sens à sa vie, revet de multiples facettes. Nos désirs, nos émotions,notre égo sont à la fois autant d’alliés que d’ennemis. La vigilance, la discipline, comme le ferait un baton de marche, écarte les cailloux et nous oblige à l’équilibre. J’emploie le mot «  oblige » non pas dans le sens d’une obligation ferme, mais dans celui où, à chaque fois que nous faisons appel à la vigilance, nous en sommes son obligé !

La vigilance n’est un coup de fouet, mais cet effort qu’il nous faut avoir, qu’il nous faut devoir pour que notre pratique dessine peu à peu notre vraie nature !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

Vivre !

Vivre !

Les hommes oseront-ils le pardon, simplement pour vivre ?

Vivre , c’est assembler les instants où l’on respire en son corps, en son esprit, la Paix !

Vivre, c’est mettre bout à bout, ces petits bonheurs glanés pour l’autre et à cause de l’autre.

Vivre, c’est accepter d’Être, de se laisser être, sans autre profit qu’un juste et noble équilibre.

Vivre, c’est apprendre et désapprendre chaque jour , mais surtout un jour à la fois .

Vivre, c’est oser l’autre en ce qu’il a à transmettre, à offrir, car il est en notre addition, comme le souffle remplit notre corps.

Vivre, c’est sourire à la maladie pour qu’elle ne soit qu’une mauvaise compagne de voyage.

Vivre, c’est être conscient de notre imperfection, mais nous ouvrir à l’utile !

Vivre, c’est observer sans cesse ,avec cette attention particulière vigilante et sage .

Vivre, c’est avoir l’audace humble d’aimer !

Philippe De Frémontpré

( Respirer la Vie )

Rester là !

 

Rester là !

«  Accepter que cela puisse arriver ! » L’acceptation, un mot qui, encore aujourd’hui et je dirai, surtout aujourd’hui, est un signe de soumission, de faiblesse, d’incompréhension des règles du jeu ! Mais quelles sont ces règles du jeu ?

– tout savoir ?

– nier la réalité ?

– être fort quoiqu’il arrive ?

L’expérience de la maladie, nous apprend énormément. Il y a ce stade, où l’on se dit «  pourquoi moi ? » et l’on fustige le monde, le gouvernement, la pollution …etc ….etc comme si avoir un coupable nous soulage, voir nous met sur la voie de la guérison ! On s’aperçoit, très vite du contraire ! Ces multiples accusations sont comme des sables mouvants, nous entraînant en haine et tristesse ! Vient le temps où l’observation, la réflexion, le silence nous emmènent en espérance. Les causes se dessinent et la juste compréhension se fait. Il y a là aussi , une vague de tristesse ressemblant au prélude d’un sourire, d’un rayon de soleil, alors nous appréhendons notre réalité autrement, paisiblement  !

L’apitoiement n’est plus de mise, mais l’inverse, également ! Chaque visite, chaque échange est ponctué de «  soit fort ! » généralement suivi d’un poing serré pour montrer la vigueur du propos. Être fort, un état où notre condition de malade, ne nous invite pas ! Notre réalité est cette faiblesse physique à laquelle nous devons faire face, cette faiblesse de l’esprit qui nous entraîne sur des chemins de dégoût, de peur, de larmes. A la vue de tout cela, «  soit fort » apparaît hors sujet !

Mais , alors où trouver cette force , dont nous le savons, nous avons besoin pour traverser ces épreuves ?

Pour répondre à cette question, je me souviens des premiers mots d ’Elias «  Être présent, pleinement, en l’instant, en un juste équilibre, rend l’instant plus intense, plus utile ! ». Accepter la souffrance, c’est accepter la vie dans toute sa réalité. Être , simplement Être là, n’est ce pas dépasser la souffrance ?

J’ai entendu ces mots, ce jour : «  Réalité partageable ! ( Thierry Jansen) » Ils me semblent, résulter de cette acceptation. Notre réalité devient non pas partagée, mais partageable avec ce soucis humble, de transmettre, même là, surtout là, une certaine idée sereine de la joie !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Penser et pensées !

 

Penser et pensées !

Quelles sont nos relations avec nos pensées ? Une question qu’Elias m’a soumis, récemment ! Nous avons toutes et tous un flot continu de pensées, comme une source qui ne tarie jamais. Comment abordons nous ce flux et chaque pensée ? Ne Faudrait il pas pour répondre à ces questions s’observer penser , prendre cet instant d’être à l’extérieur de cette abondance et se regarder ?

La pratique nous invite à la vigilance, à cette impartialité humble que mérite le juste et sage équilibre.Il y a en cela, notre regard, non pas uniquement sur notre environnement, mais sur le profond du profond de nous meme : nos pensées !

Nous leurs prêtons, presque mécaniquement, une légitimité de vérité infinie , à laquelle nous ne dérogeons pas ! N’est pas là, une soumission à cette pensée qui nous dicte « n’oublie pas de faire ceci et après cela ou ne dis pas cà, emploie ce mot … … » Cette allégeance muette influe, naturellement, sur nos comportements, nos actes et en évidence sur les conséquences de tout cela ! Notre attention n’est pas en la source et le parcourt de notre pensée, mais en cette obéissance , parfois démesurée, parce qu’elle est NOTRE pensée !

Vous comme moi, avons vécu cet instant, ou nous arrêtons une pensée aussi futile, qu’inutile, la nourrissons de craintes et d’agitations pour satisfaire un désir éphémère. La reconnaître, la laisser passer sans la stopper aurait alimenter notre apprentissage et cette pensée se serait évaporer !

La pratique est cette respiration de l’esprit, nous permettant d’oser cette affirmation « je ne suis pas seulement ce que je pense ! » Penser sans observer, sans s’observer c’est entretenir la confusion. Se regarder penser c’est d’abord établir d’autres relations avec soi même et respirer différemment !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence )

Madame,

 

 

Madame,

Il me plaît de croire, Madame, que vous allez bien, que votre santé est au mieux. Parfois, en fermant les yeux, je respire votre bien être, comme un remède à mon pas devenu lent. Je goûte cette émotion au dessin d’une syllabe, à ce mot inventé au noir de l’encre de ma plume. Ce n’est pas de la tristesse que d’écrire cela, juste une amertume qui passe et s’en va………

Faut il vous dire «  je me souviens d’un printemps…. » où chérir cette lettre, ces mots alignés qui croiseront votre lecture, en une clairière où vous seule, serait invitée ! ? Vous me pardonnerez cette image, l’audace de cette addition , le silence s’ébruite et dessine votre sourire, mes yeux s’illuminent…………..

Ici, l’hiver a pris ses quartiers. Sur mes chemins de promenades, les chevaux sont rentrés . Les prés sont bien vides, parés de leur givre blanc. Il me faut marcher, quand même, le froid paralyse et fige mes pensées.Sur ces sentiers à la terre dure, les grands arbres patientent, quelques oiseaux se pressent, volant au plus haut à se brûler les ailes. Mon bâton glisse plus qu’il ne se plante, la terre craque sous mes semelles…..j’ai froid ! Pourtant, mon esprit vagabonde, découvrant en l’imaginaire Pays de Caux quelques raidillons, quelques pistes battus par les vents, là où la mer chante sa colère, là ou l’océan appelle le marin.

Faut il vous dire «  je me souviens d’un printemps…. » ? Je ne sais pas, je ne sais plus ! Je poursuis, sans hâte, mon errance, ce voyage m’apaise, il est, déjà, un souvenir, même si l’instant est derrière cette porte !

Sur cette phrase , Madame, je finis cette correspondance. Permettez moi ce souhait, sans qu’il vous fasse offense, que le bonheur ose votre sourire à ne plus jamais s’en démunir !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie)

Mille manuscrits

Mille manuscrits.

Bonjour ! Comment tu vas ,

Plus personne à ton bras ?

Tu promènes ta détresse,

Tes yeux en tristesse !

Aller ! Je n’ai pas un sous,

mais, vient on va boire un coup !

On se fera «  jeter » on s’en fout,

Raconte-moi, c’est juste entre nous !

Comment te parler d’elle,

Dans une simple ritournelle,

Il me faudrait mille manuscrits,

Pour chasser mon ciel gris,

Et peindre le printemps de son sourire,

En ses yeux où la vie vient se nourrir.

Humm son visage ! Oh, oui son visage

Est le plus beau des paysages !

Du merveilleux galbe d’une pommette,

A ses discrètes fossettes,

C’est un voyage à la particulière tendresse,

Que l’on parcourt, sans hâte, avec paresse.

En son pull noir, épaules dégagées,

Comme une plage, un soir d’Été,

Là où la douceur t’envahit,

Aux bords d’un rêve infini…….

Ses lèvres en mots se respirent,

les lèvres en baisers se goûtent !

Verse encore , à déborder le verre

Que mon esprit s’embrume et mon âme se perde

Je garde en moi plus que cela…

Oh ! Juste sa main pour quelques pas !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie)

De derrière ta fenêtre. !

De derrière ta fenêtre.

C’est au coin de ta rue, que chaque soir je me pose.

A regarder ton ombre de derrière ta fenêtre.

Je devine tes pas, je devine tes gestes,

A me frôler le cœur, à frissonner mon corps !

Pourquoi suis-je si loin et pourtant si prés ?

A sentir ton parfum de derrière ta fenêtre.

Je devine tes mots, je devine tes rires,

A éclater mon cœur,à envoûter mon corps !

Mon audace a si froid planté sur le trottoir,

A dessiner tes yeux de derrière ta fenêtre.

Je devine leurs éclats, je devine leurs larmes,

A noyer mon amour pour qu’elles s’évaporent !

Je reviendrais demain pour reprendre mon poste

A te dévoiler de derrière ta fenêtre.

Je devine l’image, je devine le souvenir,

A panser mes regrets, à construire mes remords !

Philippe De Frémontpré

( Pages blanches )

Le tissé du manuscrit

 

 

Le tissé du manuscrit

Quoi de plus merveilleux que d’écrire !
Mettre, ses émotions en syllabes colorées
Ces voyelles et consonnes en ordre de tendresse !
Arabesques d’audace, parfois de romance,
D’être en leurs sens , simplement eux mêmes,
Sans ajoute de haine……
Il nous faut les choyer, en infinie sagesse,
De nos rêves les peindre, de nos regards les habiller .
Et si, leurs silences apparaissent une torture,
Ne sont ils pas à l’écoute de nos mots à venir ?
Si l’on prête attention à la causerie
De la plume et du papier,
Le chemin se dessine et les décors s’animent
Elle se fait jacasserie,discours ou tête à tête.
Elle peut être humeur comme un début de tempête,
Ou conteur à décrocher la lune.
Quand le va et vient de la plume à l’encrier
Se fait incessant et noircit le billet,
Quand les courbes s’arrondissent
Et les traits s’affinent,
Les mots en bonheur nous parlent d’amour !
Ils nous faut la main ferme pour guider ce sentiment,
Et l’unir à jamais au tissé du manuscrit !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

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