Archives pour la categorie ‘Poémes tendresse’

Remarquable


Remarquable .

«  Faire quelque chose de remarquable vaut mieux qu’être remarqué » Confucius.

Elias a attiré mon attention sur cette citation, en me posant cette question : – Que veut il dire par remarquable !?

S’agit il d’un acte bruyant , scintillant attirant, uniquement, l’œil et l’ouïe , ou est ce ces hurlements ou l’on constate plus que l’on agit ? Bien des comportements ne sont que des instant éphémères, des moments ou l’égo se flatte en démesure, ignorant qu’il est, de la bienveillance envers lui-même !

L’apprenti observe, offrant ces images à sa réflexion, à sa compréhension pour simplement Être, pour faire de l’acte l’équilibre pur, impartial , reflet de la vraie nature des choses et des êtres vivants. L’ignorant vocifère, crie, tape du tambourin, accuse et juge .En son vacarme, rien ne compte plus que ces regards tournés vers lui, en son déséquilibre rien ne compte plus que ceux qu’il entraîne avec lui.

La chose remarquable est la vie en partage ! Silencieuse, elle porte l’espoir, discrète, elle enlève la pierre du chemin pour que nul ne trébuche,posée elle ose la paix au milieu des fusils. Elle sait que le bonheur est parfois difficile, ce n’est ni un butin, ni une soumission mais un équilibre à chaque seconde renouvelé !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

il est 8h30…..


Il est 8h30, un homme arrive dans sa belle voiture, se gare sur le parking , prend sa serviette dans le coffre et entre en son bureau. A midi, il en sort pour le déjeuner, revient vers treize heures s’y enferme jusqu’à dix huit heures.

Qu’il pleuve ou fasse grand soleil, le rituel est, invariablement, le même ! Parfois, je suis sur le trottoir à son arrivée , je lui adresse, alors, un «  bonjour » amical qui, les saisons défilant, ne reçoit aucun écho !

Cela me surprend, toujours ! Être à ce point dans sa «  bulle » et refuser juste un bonjour. On s’interroge sur soi, notre «  bonjour » était il bien amical ? Ne suis je pas agressif ? Pourquoi forcer cette non-volonté ? Aller vers l’autre n’est, peut être pas, aussi facile !

La bienveillance n’agresse personne, c’est la perception que nous en avons qui la modifie, la dénature. Les raisons sont multiples, haine, jalousie, égoïsme, honte…..mais aucune n’en est une justification. Nous sollicitons l’excuse à notre manque de réflexions, nous revendiquons pour nous dédouaner de nos responsabilités. Bien sur des malveillants, des gredins exposent leurs nocivités, leurs apparentes et éphémères opulences comme autant de tableaux en une exposition. Pourtant quelque soient leurs richesses, leurs splendeurs , ils n’ont ni la joie , ni la compassion en eux, juste une souffrance , une incompréhension d’eux mêmes ! J’ai, toujours l’image des châteaux de sable qui aussi complexes soient ils, aussi solides soient ils, disparaissent à la marée montante.

Un  « bonjour » est un accueil, une invitation au partage de l’instant, le souhait profond d’une journée joyeuse, ce n’est ni une question, ni une intrusion brutale. Rien n’est plus terrible que le ressenti d’un accueil soupçonneux, arrogant.

Un jour, oh !, il y a bien longtemps, un homme inconnu m’adressa mon premier «  Namasté ! » . Ce fut pour moi , une joyeuse surprise. Au delà de la signification du mot, il y avait dans le son des syllabes, dans l’attitude douce et respectueuse de cet homme, tant de bonté, qu’il m’apparut évident, naturel de lui répondre, maladroitement, de la même façon, avec le même mot ! Je n’eus nul besoin de dictionnaire, nul besoin d’une définition, cette émotion offerte en trois syllabes fut un merveilleux cadeau .L’apprenti que j’allai devenir, avait son premier enseignement.

Les matins , les rencontres tout au long de notre vie seront innombrables, je fais un rêve, ici, qu’ils commencent , toujours par un «  Namasté » aussi fabuleux !

Philippe De Frémontpré

Madame la Vie !

Oh, Madame la Vie,
Je respire sous la pluie,
Un étrange désespoir,
Là, au bord du trottoir !
Je ne sais où aller,
En ces chemins trop peuplés.

De visages fermés,
En cette foule trop pressée,
Peu de joie s’invite,
En ces bizarres rites,
Chacun arpente le pavé,
Priant l’azur de l’épargner !

Tant de regards s’enfuient,
Vers des horizons mystérieux,
Que le vent se lasse,
Des silences qui passent !
L’autre parle trop !
Mais où est l’échafaud ?

Oh, Madame la Vie,
A vos pieds, je souris
Et entame mon errance.
En mon sac, toutes nos souffrances,
Fardeau de nos oublis !
Le disciple a perdu ses outils,
Cherchant en ses mains,
L’aurore d’un autre matin !

Il n’y a pas d’absolu !
Juste moi , qui ai un peu trop bu !
Je regarde ce ciel,
Naviguant sans boussole
A rire sans cesse, à ne plus toucher le sol !
Il se gausse de tous ces humains
Qui ne savent choisir leur train !

Oh, Madame la Vie c’est si simple, quand tu ris !


Philippe De Frémontpré

Les vertus du silence

 » Le souffle du silence, l’observation de cette inspiration et expiration sera toujours plus beau que ce que tu pourrais en dire ! » . Voici, mon interprétation d’un très vieux proverbe chinois, qui tente à démontrer les vertus du silence. ( Elias extrait d’un entretien )

Dans nos sociétés où l’invective est un spectacle, l’injure une nécessité pour exister, la délation un sport , parfois , ne serions nous pas inspirer de prêter attention aux silences avec humilité ? Ils ne sont pas des « non-actions » bien au contraire, ils sont le trait, parfois maladroit, dessinant avec compassion et impartialité l’acte juste ! Ils sont les couleurs d’un rire, du don de soi pour l’autre et à cause de l’autre !

Philippe De Frémontpré
( Méditations)

Le tas de pierres


Le tas de pierres.

Nous avons, tous,cette capacité à observer transformer notre esprit . Accueillir nos pensées d’amour, de compassion, nos sentiments nocifs en leurs réalités, les comprendre, agir avec humilité et sagesse pour faire reculer, encore et encore, notre propre souffrance.C’est au profond de notre profond en cette observation vigilante de nous même, en cette respiration sereine que le chemin se dévoile.

Nous ne voilons pas les yeux, il est en cette étape bien des difficultés. Se confronter à la réalité de soi -même, n’est pas une chose aisée, où avec un peu de méditation, d’attention occasionnelle, la paix intérieure, soudain, nous est révélée ! S’affranchir de modes de penser qui régissent , parfois, avec la cruauté de la course à l’excellence, nos sociétés. Oser accueillir l’instant, l’expérience avec le regard de l’apprenti. Se discipliner à l’observation, la réflexion, la compréhension juste, voilà un parcours demandant patience et effort. L’angoisse, la peur jalonneront, également, ce sentier, mais il ne doit y avoir aucunes craintes, au contraire !

Elias me répète, souvent : « je ne suis qu’un apprenti ! », la première fois , cela m’a interpellé avec une certaine violence. Il a ressenti mon désarroi. D’une voix forte ajouta : « Apprendre n’est l’affaire d’un moment, d’une phrase ! Comme le temps se renouvelle à chaque seconde, la pratique, l’étude sont comme ce tas de pierres qu’il te faut déplacer encore et encore ! C’est en cet effort que tu identifieras le bon emplacement, que tu saisiras avec joie ta vraie nature ! »..il se place, alors , dans la position du méditant et poursuit : « je vais déplacer mon tas de pierres….. »

Philippe De Frémontpré
(Médiations)

Apprendre !

Sénèque a eu ces mots : « il faut toute une vie pour apprendre à vivre ! »

Si l’on cherche à décortiquer cette phrase, on peut , à mon sens, y voir deux ou trois choses.

« …toute une vie.. » Ce n’est pas une notion de temps comme nous l’entendons, mais plutôt un regard, une observation patiente sur nous même, les autres , notre environnement. La patience est source d’approfondissement, de compassion.elle prête une oreille attentive à l’impartialité, à ceci mais aussi à cela, l’esprit ouvert !

« ….pour apprendre… » ! L’apprentissage n’est pas une accumulation de formules, d’événements que l’on range soigneusement pour ne plus s’en servir. L’apprentissage est un renouvellement permanent où chaque pensée, chaque acte n’est qu’une réponse partielle qu’il nous faut, assurément compléter ! Figer, une émotion, un sentiment, une pensée en une certitude indestructible, c’est fermer les yeux , son esprit à l’instant d’après ! C’est s’arrêter au commencement !

« ….la Vie… ! » Est elle ce grand foutoir où de peur de ne pas la vivre on s’interdit de l’apprendre ?

Philippe De Frémontpré
( Méditations )

Levé du jour !


Dans mon silence, Madame,
Où, à chaque instant, les secondes me blâment,
Se dessinent, en un trait, sans détour,
Votre regard innocent au levé du jour !

Il me plaît, Madame,
Et c’est là, une étrange gamme,
D’y entendre votre douce voix,
Sur une portée,où résonne la joie !

Oh ! Madame !
Que n’ai je, plus encore de flammes
Pour oser votre peau,
A vous paraître sot !

Quand au temps, Madame,
En une pluie d’automne, il clame
Cette demande de pardon,
Mais pourquoi, se met-il à la raison ?

Je ferme les yeux , Madame,
N’y voyez-là, aucun drame
Je ferme les yeux, je vous respire
Et en vos rêves me laisse conduire !

Philippe De Frémontpré
( Poésies)

Liberté ? !

Liberté ?!

Notre soif de libertés nous entraîne sur bien des chemins, que nous croyons, à tord ou à raison, pertinents ! Certains ont bien des noms pour les nommer  : réussite, notoriété,renommée, réputation, confort, luxe etc etc….D’autres voient en des paradis éphémères, des démarches religieuses ou intellectuelles des certitudes qui n’ont nul besoin de réflexions ! Il y a, dans tout cela, des choix des uns et des autres, mais sont ils , à même, d’étancher, pleinement, notre soif de libertés ?

Nous tenons comme liberté ce pouvoir de dire et de faire ce qu’il nous plaît.

Nous tenons comme liberté de maudire celui qui s’assied à notre table, sans y être invité.

Nous tenons comme liberté l’accumulation de biens, la gourmandise des sens à l’excès.

Nous tenons comme liberté, nos opinions partielles et partiales.

Nous avons notre propre définition de la liberté ! Mais avons-nous le courage, l’audace de l’immense liberté ?

Cette liberté d’Être Réel ! D’être au contact avec notre vraie nature, d’y observer, d’y apprendre, d’y comprendre le profond de notre profond humblement, sereinement avec compassion pour nous même et une juste impartialité , pour que nos actes apaisent, soulagent, fortifient et brisent les chaînes de la souffrance !

Il y a quelques temps , j’ai rencontré un homme riche, très riche. Dans notre conversation, il sortie un billet de cinquante euros et dit en le regardant : «  Tu es ma souffrance, mon irréel…… ! » Il possédait tout ce que le monde pouvait lui offrir, pourtant je voyais sur son visage, il lui manquait la joie, la liberté d’Être !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Dérisoire

J’avais des mots pleins de violences, mais je ne pouvais me résoudre à les dessiner, à les additionner. Rien ne justifie le mauvais , l’outrance et la colère !
Entre silence et réflexion, il y a la place pour l’explication et la compréhension. C’est ce que j’ai essayé de faire….. !
 
Au clair de bien des pensées,
De chemins abandonnés,
Combien de regards détournés,
Et tant d’’autres lâchetés,
Construisent en souffrances,
Nos haines , nos errances !
 
Oh ! Je n’oserai donner de leçons
Mais, en bien des noms, je demanderai pardon,
Pour l’irréfléchi, l’ignorant,
Le dédaigneux et l’arrogant.
Pour ceux qui n’ont que bons mots et quelques frasques,
En éphémères certitudes, en cruelles bourrasques.
 
Pourquoi s’aventurent ils en désespoir,
En discours sans âmes, pour de petites gloires ?
Je m’interroge humblement, avec tristesse,
En espoir d’une réponse, avant que la joie ne disparaisse !
Pourquoi aimer le pire,
Quand juste un sourire,
Éclaire l’esprit et réchauffe le corps ?
La raison du plus fort,
Ne résiste pas au bonheur,
Celui, gardé au plus profond de notre cœur !
 
 
Philippe De Frémontpré
(Au delà de l’innocence)

Lettre d’ Elias

Le bonjour à toi, Philippe !

Il est inhabituel, pour moi, de t’adresser quelques mots écrits, tu le sais. Cela, m’est apparu nécessaire, en cet instant. Tes visites se font rares. Il t’arrive , parfois , de prendre de mes nouvelles par téléphone. Tes appels sont, devenus brefs, convenus et polis ! La curiosité, la joie du présent, de la présence de l’autre ont disparues . J ‘avoue avoir souffert de cela, d’où cette lettre.

J’ai ressenti à ces diverses occasions, un conflit en toi. Tu es un apprenti sans Maître, un capitaine sans navire, le doute, les certitudes, comme un clair-obscur, envahissent ton esprit. Ta vigilance s’absente, fréquemment, rendant ta pratique fragile, hésitante, embarrassée !

L’hésitation n’est pas anormale dans l’obscurité. Notre vraie nature n’est pas éclairée en permanence, l’ombre et la lumière s’associent, parfois pour nous permettre d’apprendre, de comprendre. Il n’est nul question d’intensité du noir ou de la clarté, mais de l’appréhension impartiale et humble de cette observation indispensable qui nous mènera à l’acte bienveillant et juste. La connaissance n’est que patience, et cette patience se nourrit de notre détermination, de notre volonté d’Être !

Être n’est pas simplement un mot ! Être, c’est une joie , un bonheur, un partage unique entre l’autre et le profond du profond de nous même ! Être, c’est persévérer à être utile au delà de la pensée, au delà de l’acte lui-même ! Consentir à cela en pleine liberté, n’est ce pas simplement vivre ? Oui, Vivre !

Ce potentiel est en chacune , chacun d’entre nous ! Il est en toi , tu le sais pour avoir à maintes reprises perçue l’éclat de la compassion, les vertus de la bienveillance, les bienfaits de la méditation. Il m’importe, désormais de te retrouver en nos promenades, en nos repas, en nos discussions, non pas pour te remettre sur le bon chemin, ce qui serait présomptueux de ma part, mais pour Être en l’instant, présent en cet équilibre juste !

Il me tarde de te voir, Philippe, Que le bonheur te guide !

Elias

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