Archives pour la categorie ‘Poémes tendresse’

« Clic » !!!!!!

 

 

« Clic » !!!!

Les mots ont un sens originel, mais nos sociétés en perte d’équilibre, de bienveillance, de bon sens, modifient ce berceau de compassion en une évolution destructrice. Ainsi :

On ne se parle plus, on se déguise ! On n’observe plus, on condamne ! On n’explore plus, on surveille ! On ne découvre plus, on espionne ! On ne réfléchit plus, on dénonce ! On ne respecte plus, on accuse ! On ne donne plus , on réclame ! On n’éclaire plus, on trompe ! On ne pardonne plus , on hait !

Apprendre est devenu un «  clic », un film muet sans expérience, sans attention où la seule audace de la pensée est de préserver son égoïsme ! Comprendre est « connecté » à je ne sais qui , je ne sais quoi où l’on vous affirme vous embellir la vie , vous soustraire de vos peurs en quelques applications ! On se marie pour un sourire et on se quitte pour un pseudo ! On s’affranchit des conséquences pour un effet médias, on s’allonge sur une réseau comme on prend le soleil oubliant en conscience que le cancer nous guette !

Rendez vous compte, il suffit d’appuyer sur «  OK » et l’on est généreux ! Un autre « OK » et l’on vous dit ou manger ou dormir, comment vous habiller, comment aimer ! Apprenti de la satisfaction instantanée, on multiplie les « OK » à en briser l’écran , à en oublier que l’on a des pieds ! On s’indigne, parfois, bizarrement pour être ensemble, comme rassuré d’avoir la même lâcheté ! Mais bien vite nos colères, ne sont plus à l’audimat ! Elles se diluent, alors, en nos indifférences !

L’équilibre n’est plus ! Les mots ont ils, encore, une sens ?

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

Imperfection

 

 

Imperfection

 

L’imperfection du monde se révèle à nous sous bien de formes . De façons répétitives, douloureuses elle se voile de fausse pudeur, nous dessinant en de sournoises arabesques, non pas une excuse, mais son éloge funeste !

Il n’est nul question de querelles ou de bavardages, mais d’un regard différent sur les choses et les gens. Chaque interrogation s’approprie sa juste réponse, non en fonction d’une logique calculée, mais de l’humilité de sa formulation, de l’approfondissement attentif des causes et conséquences.

Trop d’irréfléchis s’appliquent à une rédaction qui n’est, bien souvent, qu’une justification partielle, partiale en dehors de tout équilibre. Elle est, aussi dans bien des cas, fortement imbibée de souffrances, de ressentis passés, troublant par le fait l’harmonie de la pensée. Le jugement est si simple pour celui qui conçoit que l’affrontement, la comparaison, l’égoïsme. Juger, condamner deux émotions qu’il faut contenir, observer , apprendre et comprendre. Sans cette volonté, cette vigilance l’injustice , la haine ont de beaux jours devant eux !

La justesse d’une pensée, d’un propos, d’un acte doit s’affranchir de tout attachement. L’attachement n’est qu’un a priori, une vision tronquée. La réflexion s’en trouve altérée, elle s’interdit l’investissement global de l’esprit dans la compréhension et reste aux portes de la bienveillance , de la bonté humble ! Le cheminement du raisonnement est simple . Il se construit avec un regard pondéré où chaque acte a une origine, qu’il est primordial d’appréhender et de comprendre. L’ importance de la retenue s’impose naturellement. Elle est le seuil de la compassion, forgeant l’image de la réalité de l’instant. Savoir pénétrer dans cette humanité est un apprentissage offrant une vision sereine, humble et juste, propre à toute sagesse véritable.

Bon nombre de discours se limitent à des constats relatant des faits sans autre forme de procès. A écouter nos propres peurs, a être ces souffrances qui nous assaillent, notre esprit se ferme, nous n’écoutons plus, nous inspirons la nocivité du monde sans voir sa bonté. Il est périlleux de circonscrire une pensée à une succession d’estampes, sans apprécier le pinceau, les couleurs et le paysage.

L’absence de vie n’est pas seulement la mort comme nous l’entendons, comme nous l’attendons. L’absence de vie est en l’orgueil, la jalousie,l’avarice, la haine que nous prenons, parfois, pour vérités mais qui ne sont que les tristes cache-misère de nos non-réflexions !

 

 

A l’age….

 

 

 

A l’age…….

A l’age, où le temps s’absente, devenant au fil des secondes un long soupir. A l’age, où l’on s’accroche à tant de choses que l’on ne pourra pas changer. A l’age, où bien des souvenirs s’embrument comme pour mieux nous laisser partir.

A cet age, que l’on nomme de sagesse pour ne pas dire d’ennuis. A cet age certain , où la main tremble où le corps s’oublie. Quand meurent les mots avant d’être écrits, quand les cris n’ont plus de larmes. Quand le silence s’impose, quand les murmures s’invitent. A cet age, où les regrets, les remords en petits tas envahissent une mémoire voilée. A cet age , où le chagrin compose les heures, où les rêves sanglotent, où la douleur se noie.

A cet age, où s’éloigne la saveur du dernier baiser, où les sourires n’osent plus. A cet age, où chaque pas est un défi et ne laisse plus de trace sur le sable. A cet age sordide, où en toute discrétion, on vous plaint d’y être arrivé. A cet age, où l’instant se résume à attendre , et attendre encore……

 

A cet age, meurt plus qu’une saison…….

 

 

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Face à face

 

Face à face !

La vie n’est-elle pas un long  face à face avec soi même ? Comment éviter ce conflit ? Comment être meilleur chaque jour en ce duel permanent ? 

Encore une fois, la vigilance, la discipline en la pratique peuvent être d’un grand secours. Nous prenons comme vérité que toute contrariété, divergence, compétition etc .. ne sont qu’un face à face avec l’autre. Cet autre qui perturbe notre vie, à qui l’on se compare sans cesse, bref qui semble être la source de nos souffrances petites ou grandes. Mais l’observation humble, impartiale, sage nous propose une autre vision !

Dans nos sociétés, où le culte de la souffrance est une institution, le coupable ne peut, en aucun cas être nous même ! Quand la réflexion s’absente, nous ne pouvons être que victime ! Hors, dans bien des cas, nos vanités, nos jalousies, nos haines sont le point de départ d’une vindicte qui ne nous apaise même pas !

l’attention nous fait défaut ! Le discernement juste nous fait défaut ! La pierre qui vous fait trébucher, n’a pas demandé à votre pied de la heurter !

Dans ce duel avec soi, il nous faut oser l’honnêteté absolue pour accepter deux choses. La première, de nous accueillir tel que nous sommes. La deuxième, d’assumer avec la force de la compassion pure que nos actes peuvent nous entraîner sur des chemins brumeux, chagrins,sinistres. Sans conscience, nos pensées, nos actes nous conduisent à la négation de nous même, de notre vraie nature ! Il importe, quelque soit la souffrance, d’être en observation de soi pour établir en l’instant l’équilibre de la réflexion et la sagesse de l’acte.

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

Assis au bord du chemin

 

 

Assis au bord du chemin

Assis au bord du chemin, sur un banc de pierres, les yeux perdus dans les nuances de gris du ciel, comme dit l’érudit «  nous nous bricolons un bonheur dans un coin ! » Comment envisager la pratique sans tomber dans un confort intellectuel individualiste et pantouflard ?

L’utilité de l’instant vient à notre secours .Il est en l’instant toutes les ouvertures possibles. Ouvrir sa respiration, inspirer le monde , l dans ce qu’il a de juste et de sage . Regarder l’autre sans jugements, avec ce sourire lui disant «  bienvenu mon ami ! ». Éclairer sa pensée par la joie simple, humble, bienveillante.Oser la nudité du laisser être ! C’est en la nature de l’instant que nous trouverons d’autres couleurs pour le ciel !

Outre sa nature, l’instant mérite que nous lui accordons un peu de temps. On ne peut se dire vigilant, si l’on prend pas le temps de la vigilance ! Évidence…. !!! Mais combien de pensées bienveillantes, apaisées, en réflexion s ‘interrompent par manque de vigilance ! C’est en le temps de l’instant

que nous trouverons l’extraordinaire force de la compassion.

Il s’avère, me semble t il que s’ouvrir sans presser le pas est le meilleur moyen d’être soi même sans oublier d’appréhender , d’apprendre notre environnement pour le bonheur de tous les êtres vivants .

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

La Paix intérieure.

 

Paix intérieure !

De quelle façon, allons nous dessiner les arabesques de ces deux mots, comment allons-nous construire cet édifice de bien-être ?

Un certain nombre de penseurs ont leurs solutions, pouvant se résumer à : « laissez moi tranquille, dans mon coin et je serai en paix !  Ou occupez vous de vos oignons et je m’occupe des miens ! ». Solutions où l’égo à la place du Roi et l’autre, à peine, un strapontin ! On ne peut trouver l’apaisement sur un tel chemin !

Ne devons pas nous avoir une noble et juste ambition ? Celle d’entreprendre, de conduire notre apprentissage avec sagesse et patience, pour y trouver l’apaisement, la sérénité et au bout de la route,  la Paix.

La tache est simple, belle pour qui a la volonté, la vigilance d’oser ce laisser être ! La besogne est délicate. Il nous faut acquérir l’humilité, l’impartialité indispensable afin de garder la juste lucidité et savoir aller au delà du bien et du mal !

Nos émotions n’ont pas une seule teinte, elles n’ont pas cette unité que beaucoup leur prête ! A bien y regarder, nous y trouverions des demi-teintes, des différences de grains , des variétés de tons etc….Bien-sur, tout cela peut être insaisissable mais l’équilibre de nos choix, de nos pensées, de nos actes tient en ce discernement ! Savoir observer, identifier, différencier nos affolements, nos angoisses, nos passions, nos sentiments est un exercice vital pour définir avec clarté notre direction .Une colère peut être saine, si elle dénonce sans violence mais avec la force de la compassion une injustice ! Nous sommes, toutes et tous capables de cela ! Reconnaître, apprécier nos émotions, écarter le nocif et apprendre le juste doit être fait avec assiduité et discipline, il est en cela la seule manière pour qu’elle devienne naturelle !

Une fois, cela fait, l’harmonie déploie ses ailes, nous montrant avec grâce et bienveillance le chemin de notre paix intérieure !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Une admiration intimidée.

 

 

 

Cette admiration intimidée !

 

En parcourant une préface, deux mots «  admiration intimidée » sont restés comme figés devant mes yeux. Il ne s’agissait pas d’un arrêt brutal, sans réaction, sans compréhension mais d’un questionnement venant se fracasser sur la fragilité de mon être ! Passé l’accidentelle surprise de cette rencontre, il me fallait entreprendre l’apprentissage de cette émotion.

 

L’instant est il cette addition de nos passés, où l’attachement semble nécessaire, indispensable , comme une question de survie ?

 

Le silence m’envahit, je sentis une main soutenir mon bras, il fallait accueillir ce geste, aller au delà des mots, ne plus refuser les blessures, surtout celles que je m’étais infligées. La quête de l’équilibre ne peut se faire sans que nous trébuchions. Le détachement indispensable est ce bâton de marche que chacune et chacun sollicite à chaque pas, à chaque souffle.

Aussi loin qu’il m’en souvienne, mon père m’a, toujours, fasciné. Son parcours, son histoire faite d’ombres, d’un mutisme secret, de colères soudaines, avaient façonné en mon esprit une stature particulière qu’il m’arrive, encore, de vénérer ou de craindre, pas en elles mèmes, mais en la composition que j’aurai pu en faire! ! Auréoler de gloire, de panache, j’invitais, milles images et faits héroïques à aliéner mes rêves et mes discours . Plus je grandissait, plus cette vision amplifiait, me terrifiait. Je bâtissais et bâtissais , encore, de peur que tout cela ne s’écroule ! J’en avais besoin, comme un lien privilégié, comme une clandestinité jamais échangée et peut-être ainsi, ne pas considérer mes propres faiblesses ! Je n’en tirais aucun honneur, ce qui m’importait, je crois, c’était d’exister autrement, de vivre en permanence ce rapport en défaillance. .Je me suis aperçu très vite , des limites de cette fiction. Ces songes m’enfermaient en illusions nocives, organisant conflits après conflits, un troublant sans conscience, une réalité sans horizons ! . Le temps, mon énergie s’épuisaient à vouloir modifier, sans améliorer ce qui n’était plus, faisant du présent une traduction, plus ou moins visible et intense de mes souffrances.

Me couper de tout cela fut un déchirement atroce ! Pourquoi, je parle, ici de douleurs? Non ! Il y eu l’acceptation, mais que l’apprentissage fut fort, puissant, beau !

De mon père , je partis en découverte. A l’age adulte, où les épreuves tiraillaient mon corps , mon esprit, j’eus ce regard vers lui, comme pour m’accrocher à tout ce qu’il ne m’avait pas dit, tout ce que nous n’avions pas fait ensemble ! Nos silences, nos brefs échanges furent, alors, un océan d’amour et de tendresse où une humble transmission se faisait doucement, lentement, en une confidence intime ! Le temps se comptait, je ne connaissais ni de prés, ni de loin la position du sablier. Les jours, pour lui, étaient plus difficiles, plus incompréhensibles. Il fatiguait à chaque heure et en ma présence souriait, me dessinant en s’obstinant à rester droit et fier pour que la vie ne s’éloigne pas, pas encore ! Mais quelle force dans ses yeux, quelle audace dans ses mots ! Il faisait de son mutisme une leçon à apprendre, une lecture de l’instant pertinente et généreuse. Il avait cette angoisse de nous laisser. Je ressentais en son souffle ces quelques pas, ces quelques regards, ces quelques silences et peut-être, ces quelques mots , qui lui manquait, qu’il n’a pas osé dire, qu’il n’a pas su dévoiler. Il se dressait, malgré notre entêtement commun, cette naïve maladresse d’un profond et noble respect,cette admiration intimidée !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Les certitudes

 

 

Les certitudes.

Ah ! Les certitudes…..ces petites choses bien confortables qui nous murmurent, qui nous susurrent, sans une once d’honnêteté : «  Tu as raison !….Quoiqu’ils en disent……… tu as raison ! Elles ont beaucoup de charme et tant d’a priori. Elles ne prennent pas de risques , c’est vous, c’est nous en premières lignes. Elles ont à disposition bien des palettes de beaux arguments. Oh ! Il suffit de peu ! Une certaine aisance ou d’un peu de pouvoir, un passé ou l’on a retenu peu de choses, vous saupoudrez le tout de quelques grains d’égoïsmes, d’un peu de haine et de vanité ! Voilà, vos certitudes prennent la place du Roi !

Je ne jette pas la pierre. Nous avons, toutes et tous, à un moment ou à un autre laisser la place au Roi ! Je dirai, c’est humain ! Il est des passions qui nous ouvre à cela, mais si l’on perd l’équilibre, alors…..

Ce qui m’attriste dans tout cela, c’est quand les certitudes s’établissent en loi, en droits. Nous devenons tribun, armant nos dogmes de véhéments faux espoirs, « d’infaillibles vérités », d’étranges évangiles ! Les peurs s’installent, la souffrance s’organise !

Au bout de ces quelques lignes, je ne sais pas si elles sont droites ou tordues, mais quand sur ma route, j’aperçois le château des Certitudes, cela m’effraie toujours autant , que tant de gens habitent dedans ! Je l’évite ou du moins j’essaie !

Je plante mon bâton en la rocaille du chemin, j’observe , j’apprends, certes je ne comprendrais pas tout, mais du moins ….j’essaie et je doute !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

« Je pense, donc je suis ! »

 

«  Je pense, donc je suis ! »

Ce chemin me semble un peu court !

On ne peut se contenter de la pensée et de sa traduction en actes, leurs conséquences doivent, dans la pratique, être prises aux sérieux et nous faire entrer en réflexion ! Sans cette démarche dans notre quotidien, sans cette apprentissage, comment mesurer avec justesse, les bienfaits, la souffrance engendrés ?

Si,nous savons, là où au paravent, l’explosion était de mise, aspirer la colère pour expirer l’équilibre, la sagesse, l’impartialité en nos pensées, en nos actes, nous avons plus qu’une réponse à cette question ! Car, ce qui importe, sincèrement, humainement, ce ne sont pas tant les réponses en elles-mêmes, mais les changements qui naîtront et grandiront en nous  !

Il ne suffit pas de dire «  Ah, si lui le dit , alors….. ! Il nous faut observer, apprendre , comprendre pour, peut être, confirmer, approuver ces mots, cet acte que l’on nous propose ou que l’on

observer, apprendre , comprendre pour, peut être, confirmer, approuver ces mots, cet acte que l’on nous propose ou que l’on envisage. Bien des «  vérités » ont planté des arbres qui ne donneront jamais de fruits et, pourtant, combien attendent la pousse des bourgeons !

C’est loin des certitudes que la réflexion, la juste expérience construira notre paix intérieur et embellira notre vie d’une autre liberté ! Osons, ce merveilleux apprentissage consistant à discerner la valeur de nos pensées, de nos sentiments, d’appréhender leurs conséquences avec bienveillance et compassion .

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)


Les pas du vieil homme

 

 

                                      Sur un sentier, encore sec, un vieil homme s’avance. Son pas lent n’est pas, comme on pourrait le croire, dû à un âge certain, cet âge où se mêle fatigue et amertume, mais à l’avidité de son regard, à la curiosité de ses sens. Il n’est pas grand, mais trapu. La barbe naissante, de gris et de blanc sur visage rond, où l’on sent la douceur, l’élégance du temps accompli. Un bâton à la main, il observe, il scrute. On devine, l’étonnement aux sourcils levés ou l’interrogation à son front plissé. Chaque seconde invente une question, une réponse et il esquisse un sourire, heureux de l’avoir trouvée. Pour profiter, pleinement, du tableau qui l’entoure, au pied d’un chêne, il s’assoie, remonte son col, ferme son grand manteau, l’heure est, encore, à cette fraîcheur, à ce soupir lui murmurant…… chuuuut !

Il aspire le jour à pleines bouffées, puis vide ses poumons ,doucement, laissant y demeurer les saveurs du moment. Sa respiration devient plus lente, à l’unisson, des arbres, des taillis, du ciel et du vent. Désormais, il est en ce profond du profond de lui-même, en cette nature qu’il chérit à chaque promenade, le vieil homme est en Paix ! Un apaisement étonnant empli d’une discrétion attentive à cet environnement, calme comme un soupir, riche de mille et une sagesse.

Il quittera ces lieux, un peu plus tard, quand…….

Quand, la lumière disparaît doucement, quand le soleil s’absente de l’autre coté de la terre, quand une brise fraîche accueille la nuit, il arpente, encore , l’instant heureux de la seconde à venir. Puis, il écoute ! La forêt fait silence, comptant les pas, de ceux qui, en solitude, parcourent ses allées. Le vent murmure aux hautes branches, les couplets frileux, d’une chanson lointaine. Dans un buisson, où s’enroulent des ronces, s’ébat un oiseau cherchant le sommeil. La terre respire ! Une brume blanchâtre cherche entre les cimes, à atteindre le ciel et s’évapore, doucement ! En nuances de gris les ombres se dessinent, comme autant de pensées oubliées filant les rêves de la prochaine nuit. Les feuilles mortes tapissent le sol, le vent remonte cette couverture jusqu’aux pieds des arbres endormis.

A ce moment là, le vieil sait qu’il est temps de rentrer ! Il boutonne son manteau et de son pas lent qui n’est pas, comme on pourrait le croire, dû à un âge certain, il quitte l’instant et regagne son logis..

Je l’accompagne, parfois, en ses randonnées solitaires , perturbé, impatient de comprendre cette paix. Je fonds mon silence en celui des grands arbres comme pour mieux apprendre les pas du vieil homme !

 

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

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