Archives pour la categorie ‘Poémes tendresse’

L’évidence de la nudité !

 
 
 
« La bienveillance en sa pratique quotidienne n’est pas une leçon à apprendre par cœur ou un acte sans réflexion , elle est la liberté infinie d’être ! » Elias
 
 
 
Voilà, en quelques mots, la conversation partagée , dernièrement ensemble ! On adresse, souvent, la bienveillance à l’autre en nos pensées , en nos actes, c’est une bonne chose , certes ! Mais ne faut il pas veiller, vous me pardonnerez le terme, à l’aspect « qualitatif » de notre pratique ?
 
Le doigt sur mon front, Elias me fit cette remarque : « Ce qui est en toi commence par toi ! » En réfléchissant à tout cela, je pris conscience de l’évidence de la nudité, c’est à dire de l’abandon du discours de l’égo et de ces « réalités éphémères » qui ne sont pas de notre vraie nature !
 
Comme cela parait simple !
 
Dans nos sociétés, deux cultes se disputent la suprême « vérité ». Le culte du héros et celui de la souffrance . J’entends et je lis ici ou là « soyez vous mêmes ! » pris dans le sens : réaliser l’immédiat, un « vivre l’instant présent » en toute vanité ! Nous maquillons l’héroïsme égoïste, sous l’éclat d’une réalité fragile et périssable ! Nous nourrissons nos peurs de voyeuses souffrances, calfeutrés derrière nos murs d’indifférence, osant même cette croyance , qu’une fleur , qu’une larme nous conduisant vers un monde meilleur !
 
La bienveillance n’a de sens que dans l’action volontaire en pensées et en comportements, humble, libre de tous conditionnements !
 
 
 
Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Journal

Pendant des jours, des semaines alité, en souffrances, comme un mauvais feuilleton, une triste fin tournait en boucle en mon esprit. Chaque image accentuait cette pensée amère d’un voyage en un ailleurs ……! Plus que la tristesse m’envahissait, plus que le dégoût envers la maladie remplissait ma chambre de haine, de cette violence verbale qui sort de votre bouche non réfléchie mais terrifiée ! Dans le désarroi d’un corps ne sachant plus se défendre, dans la funeste blancheur d’une chambre sans vie, chaque mouvement, chaque entrée ,chaque mot devenait un supplice ! Le silence lui-même ne me tenait plus compagnie !

Elle était là, derrière chaque ombre, chaque pas dans le couloir, chaque sourire de circonstance. Elle inspirait ma vie , expirant ses rires cyniques et moqueurs ! Il y avait certains jours, où une tripotée de blouses blanches, déchiffrant un dossier ,me dévisageant, me palpant en tous sens , osait sans honte quelques murmures soucieux, torturant ainsi , un peu plus mes pensées tourmentées ! Il y avait d’autres jours , où un fils tout de noir vêtu, les yeux rougis se plantait là draper dans son mutisme comme pour étouffer ses peurs ! J’étais en rage de l’entraîner malgré lui dans ma déchéance, j’étais en rage de ne pas l’étreindre avec force , tant mon amour avait déjà renoncé !

Les nuits s’absentaient, ne tenant plus à me laisser quelques rêves, quelque espoir ! Le temps… ! Le temps.. oui ! Combien de fois je me suis surpris à le dessiner de syllabes inventées , à l’orner de voyelles étincelantes comme pour le flatter, lui bafouiller de me laisser un peu de temps ….. encore ! Il m’arrivait de ne plus m’aventurer à fermer les yeux, idée perverse et imbécile de ne plus pouvoir les ouvrir !
Oh mon Dieu ! Quel est ce gouffre entre ce que je veux et ce qui est ? Est ce la peur ou la déraison ???

Philippe De Frémontpré
( Extraits de mon journal)

Se libérer !

Se libérer !

Nos sociétés sont faites, à la fois de ce que nous en faisons, mais aussi, là est le pire , de ce que nous ne voulons pas, conséquences inévitables de nos peurs ! Chacune, chacun contribue en conscience ou non à cette contradiction ! Nous sommes à la fois, pour nous mêmes, notre pire ennemi et notre meilleur ami. Il en est de même pour l’autre, cet inconnu que nos côtoyons, que nous haïssons . Mais parce qu’il est cet Autre , comme une part de notre existence, que nous aimons !

Il est , une évidence qui survit à tout : La Vie !

La vie, une succession d’observations, d’apprentissages, de dés-apprentissages, de vigilance et de discipline en la bienveillance , la compassion .Sans cela, tout serait plus aride que le plus stérile des déserts ! Cela peut être , teinté de naïveté, de rêveries, de faiblesses ! Le crois tu vraiment ? Quand on puise au profond du profond de soi avec impartialité, bienveillance, amour, nos réflexions nous portent et éloignent nos peurs. C’est à cette source d’authenticité, d’humilité, d’humanité que s’abreuve en nos pensées, en nos actes le juste et noble équilibre !

En laissant le matériel prendre le pas sur l’esprit, nous avons ensemble déconstruit un équilibre.Nous avons ouvert une porte sur ce que nous croyons, avec force, maîtriser mais qui visiblement nous échappe ! Le passé lointain ou proche, nos quotidiens fourmillent d’exemples ou notre compréhensions de la souffrance, des souffrances a été plus que soumise à nos vanités ! Ces quelques mots se révéleront simplistes pour certains, discutables pour d’autres ! Mais si, chacune , chacun faisait l’expérience de l’acceptation, acceptation de l’autre , acceptation de soi en sa faiblesse , en sa force et se dire comme le prétend Bouddha : « La souffrance n’est pas la souffrance c’est pour cela que je l’appelle la souffrance ! », l’équilibre , alors ,naît avec pureté, sans haine et on peut envisager les mots d’Elias :

« Ne te fixe ni dans le bien, ni dans le mal, mais ose le juste équilibre en ton observation, en ta compréhension pour l’autre et à cause de l’autre ! Savoir se libérer de ce que l’on est, c’est prendre la main du bonheur et de la paix »

Philippe De Frémontpré
(Au delà de l’innocence)

Etiquette

 

 

Étiquette.

Ceci s’appelle comme cela ! Nous enfermons, bien souvent, nos sentiments, nos émotions en une appellation que nous croyons percevoir comme juste ! Mais à bien y regarder, par cette attitude, à nos yeux bienveillante, on réduit, on étiquette toute chose et tout être qui n’est en aucune circonstance et en aucun environnement permanent.
Il en va de même pour la souffrance, classifiée de la sorte, nous nous y enfermons comme pour en faire l’unique horizon de nos vies ! Quand, parlant aux uns ou aux autres, je dis « je ne suis pas cette maladie ! Elle est ma plus mauvaise compagne de voyage ! » en mettant en pensées et en actes, ces quelques mots, je ne nie , en aucune manière son existence nocive ! Grand Dieu ! Non ! Mais, je ne la fixe pas dans mes observations, dans mes réflexions, en mes respirations comme l’essentiel ! Même si cette compagne malveillante se nourrit de mon corps, elle ne fait que m’accompagner, comme l’orage accompagne le marcheur ! Il m’apparaît, même sous la pluie, que la chose la plus difficile que nous ayons à faire est d’écouter la vie !

Je terminerai ce propos par les mots d’Elias : « Il m’insupporte que la vie ne soit pas la vie, mème quand mon souffle se fait court ! L’amour de toutes vies me libère ! »

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Transmissions

Transmettre !
 
La richesse de l’humanité est en cette capacité de « transmettre », non pas des constats sans réels intérêts, mais une expérience, n’étant en rien « un sainte vérité », mais un cheminement pur et humble vers l’autre au travers de soi même !
 
J’en reviens à Elias me disant : « La connaissance est un long apprentissage où vigilance et discipline doivent s’exercer autant sur le contenu que le contenant ! »
 
En effet, il importe avec curiosité, audace, altruisme et humilité d’accueillir cette transmission. Cet accueil est comme une attention particulière sur la vraie nature des êtres vivants, leurs environnements, leurs bonheurs et leurs souffrances, nous menant, au delà des mots, vers la réalité ultime, cette compréhension profonde libérée. Mais, une fois cela instruit, à chaque instant , développer cette vigilance , cette discipline du corps et de l’esprit est indispensable au véritable apprentissage de soi !
 
Philippe De Frémontpré
( au delà de l’innocence)

Désobéir à la peur !

Désobéir à la peur !

 

( écrit, il y a une quinzaine d’années )

J’ai affronté la mort, sans lui parler,
Pensant perdre mes sourires, à tous jamais.
Le mal, de mon corps se nourrissait,
L’espoir m’avait oublié.
Chaque mot était une souffrance,
Même Dieu prenait ses distances.

Un à un, les jours osaient un demain,
En une mélodie du dernier matin.
J’ai fermé les yeux, cherchant la nuit
Comme ultime silence,
Un départ en errance,
Sur les pointes de la vie, sans bruits.

Il me faut changer de maison
Repousser, encore l’horizon !
Au grand faiseur de bien des doutes,
J’ose, quoi qu’il m’en coûte
Désobéir à la peur,
Bien qu’avance le curseur !

Philippe De Frémontpré !
( Au delà de l’innocence )

Le noble silence !

Il est en la pratique, un exercice simple, humble ,

Garder le noble silence !

Un instant particulier où l’on observe les sons. Ces sons en notre esprit, en notre corps, en notre cœur ! Il n’est nul question de fuite ou de repli, mais un retour en soi pour mieux appréhender son environnement , pour mieux apprendre l’autre et se désapprendre soi !

Le battement d’un cœur, signe de vie. Le souffle d’une inspiration généreuse, d’une expiration apaisante.Le chant d’un bol tibétain dessinant l’infini ! Il y a en nos silences une paix autre, une paix humble, attentive où le présent anoblie en sagesse !

Une souffrance peut se soulager en la colère, en un cri, mais cela n’apporte qu’une goutte d’eau s’évaporant au soleil, rien de plus rien de moins ! En le noble silence, on observe, on apprend, on comprend. D’abord à ne pas être cette souffrance, mais plus encore à l’accepter et y trouver remède !

Comme le vent disperse nos prières à la surface de la terre, il nous suffit , parfois, d’une pause pour en saisir le sens, pour que dans un noble silence nous découvrions notre vraie nature !

L’équilibre n’est pas, seulement, cet effort nous permettant de rester debout ! Il est cette attention, cette vigilance à oser une pensée juste, un acte juste, malgré tout !

Chuut ! Écoute ! écoute , cette seconde dessiner l’espoir!non pas comme un horizon inatteignable, mais comme cette soif d’etre meilleur à chaque pas !

Pour F.

Le regard de l’autre !

Se détacher du regard de l’autre !

Voilà, quelques mots déconcertants ! Comment les appréhender, les comprendre ?

L’interdépendance, cette évidence, tisse chaque jour ce lien invisible, mais oh combien, emplit de cette immense richesse qu’est le chemin vers le bonheur de tous les êtres vivants !

Dans ce petit bout de phrase, deux mots me semblent des plus importants à observer, à apprendre : Regard, détacher ! Volontairement, je laisse de coté tous ces a priori, ces artifices, ces crispations faisant de nos observations une souffrance et que nous savons vaniteuse et éphémères.

L’essentiel est il dans la manière dont le regard de l’autre se pose sur nous ou dans l’interprétation que nous en faisons ? L’essentiel est il dans le jugement qu’il porte ? L’essentiel est il dans cette peur qu’il véhicule ? ………..Bien, des questions se heurtent, se fracassent sur ces certitudes que nous nous forgeons peut être sans réelles raisons ! Le non-jugement reste la première et véritable approche paisible !

Un regard est une émotion, une émotion de l’instant où se condense la spontanéité d’un sentiment, d’une peur, d’une souffrance !

Se détacher n’est ce pas comme faire la planche, c’est à dire avoir pleine confiance en soi ? Ne faut il pas etre plus que nous meme ?

Se faire confiance pour accepter, comprendre ce qui est sous la masque d’un regard !

Je conclurai par les mots de Maurice Zundel , sonnant véritablement en réflexion pour beaucoup !

«  Si nous ne connaissons pas davantage les autres, c’est parce que nous ne devenons pas autrui , parce que nous somme enfermé en nous mêmes, parce que nous ne savons pas nous dépasser ! »

 

Je ne serai pas cette maladie Part I

Je ne serai pas cette maladie!

Nos vies, nos parcours sont une succession d’instants où nous sommes confrontés à nous même au travers de nombreuses émotions, de choix réfléchis ou non, de joies simples , de sanglots épuisés . La maladie, est un élément de cette addition de circonstances, de conséquences, j’allais écrire « absurdes », mais , inévitablement dépendantes , me semble plus approprié! Nos négligences au quotidien, nous entraînent par vanité , à délaisser notre corps, notre environnement puis notre esprit.Pour en parler, l’expérience s’avère un appui dés plus démonstratif.C’est au creux de la vague, là où, dans ma vie, le vent était le plus fort, que mon ego prit la barre ! Manœuvrant entre mensonges, faux semblants, demi vérités et désirs éphémères, je sacrifiai la réflexion au paraître, la lucidité aux plaisirs imbéciles, l’humanisme à l’indifférence. La soif du moi m’éloignait des rivages du réel, me détournant de l’exigence d’apprendre à être. Vivre sans apprendre parait si simple ! C’est en cette assemblage présomptueux, en cet éventail d’indécisions, d’actes bizarres voir déments qu’une triste compagne de voyage décida de partager mes jours et mes nuits. Elle s’insinua en ma carcasse, distillant son venin avec habileté et détermination.

Le fait du hasard ? Non, il n’en est rien !

En une seconde, nous dessinons nos mots, construisons nos actes et de ce fait, pensons , avec forces certitudes, les maîtriser ! Inspirer par ma suffisance, j’évoluai en un duel permanent, captivé (je le découvrirai plus tard) par l’étendu de mon ignorance ! Comme la pierre jetée dans l’eau propage une onde grandissante en sa surface, chaque plein, chaque délié, chaque geste, chaque action génère un point d’exclamation, d’interrogation, un silence, un cri, une souffrance, une joie ! Tout cela est insoupçonné, imprévu, ignoré, inconnu en l’instant .Personne ne peut affirmer que la minute suivante est prévisible ! En ce contexte de bonheur funeste, fragile , le mal-être fait le siège de l’esprit, accusant l’univers de mes hypocrisies, de mes aveuglements ! Pourtant, je me croyais invincible, osant la laideur avec impudence, le mépris avec orgueil ! J’étais en état de faiblesse, malgré mon arrogance ! Profitant de cela, cette triste compagne de voyage pris mon pas, certaine de faire une nouvelle victime !Comme beaucoup, je me suis posé cette question de la relation de cause à effets ! Des théories existent ,crédibles ou non, le médical entame une réflexion à ce sujet, de nombreux érudits attestent d’un lien probable voir prouvé ! A ce jour, je n’ai pas de réponses, mais la médiocrité de la pensée, la pauvreté des décisions ouvrent bien des portes à l’angoisse , l’anxiété, la lassitude, magnifique terrain pour que germe la détresse du corps !

Soudain, il fit très froid en moi ! Tout me paraissait fade, sans grand intérêt. Mon corps me parlait mais je n’écoutais pas, plus il souffrait plus je le sollicitais comme pour m’interdire l’évidence, comme pour nier la peur , ma peur! Suées nocturnes, perte de poids, maux de tête, j’essayais vainement de me convaincre du caractère peu grave de la chose ! La chose ……. !??? Une inconnue qui passe ? Non, qui s’installe en silence, sournoise, perfide, rusée ! Elle manie le «  chaud et froid » en experte, accentuant désarroi,terreur et même lâcheté ! Et il y a toutes ces nuits ……..! Le sommeil me fuit en la moiteur glacée d’un lit de solitude. Les larmes se mêlent à la sueur, l’effroi tisse sa toile, la colère s’abandonne à l’épuisement…… Face à face avec le temps, patient témoin d’une dérive annoncée, engourdit, paralyse ces secondes sombres sans trop savoir pourquoi ! Toujours, toujours, ce pourquoi agaçant, torturant !! L’incompréhension devient une obsession,le quotidien est tyrannique , repoussant le bon sens au loin ! Le questionnement est permanent, le « pourquoi du comment »en tous sens sans réelles réponses. Combien de fois les larmes brouillèrent mes pensées, la gorge nouée, le corps abattu, l’esprit se perd, frêle esquif en plein ouragan . On retrouve dans le regard de l’autre toutes nos questions sans réponses, ces interpellations où l’on crie énervé, sans trop y croire «  Oui ! Oui ! Ça va ! » On s’accroche à cette bouée percée , essayant de bâtir sur le sable! N’est ce pas monstrueux que de se mentir à soi même, de ne se tourner que vers soi pour partager ce déni d’évidence !?

Après quelques examens, Irm,scanner, biopsie,prise de sang et j’en passe, le diagnostic tomba : La «  chose » est bien là ! Stade quatre ( sur cinq), une bonne note, me dit elle en tartuffe ! Mais avant l’acceptation de la maladie, une question m’a percuté de plein fouée , une nuit où j’allais particulièrement mal . Comment envisager la vie, un futur quand invisiblement mon corps se détraque, s’use doucement ? Je m’aperçus que je m’aliénais à la «  chose » simplement et je peux dire que j’y trouvais un certain confort ! Se plaindre, se victimiser…. un délice ! Votre statut change . L’anonyme devient le malchanceux, l’égoïste est alors digne d’intérêts ! Étonnant, non !? A dire vrai, cela m’est apparu comme absurde, la peur des autres se reflétait dans leurs mots , dans leurs gestes comme un «  tant que c’est lui , ce n’est pas moi ! » j’entamai une lutte contre la peur, contre les peurs  avec une certaine haine, sans savoir vraiment contre qui , mais vraiment contre tout !! Si, nous n’y prenons garde, en pays de Maladie, nos travers se trouvent décupler, l’effet pervers de l’incompréhension, de l’ignorance, cette peur de l’inconnu .

Les circonstances m’ont accordé cette solitude étrange, douloureuse, pitoyable, ce silence étonnant, assourdissant, admirable , les pages les plus difficiles, mais aussi les plus authentiques de ma vie . Je parcourais ce traumatisme de long en large, essayant d’y trouver une lueur, un indice m’incitant à cesser de m’agiter violemment, à faire taire ma révolte! Je me repassai en boucle les mots du diagnostic , comme on se sert un autre verre pour oublier . J’avais tant à affronter ! Les miens d’abord ! Je ressentais, non pas ma douleur, mais leurs déchirements, leurs désespoirs, leurs chagrins, une tempête en mon esprit !…….insupportable ! Les regards incrédules de mon épouse, de mes enfants m’ont poussé vers une humilité, une compassion qu’il me fallait appréhender , car totalement inconnue ! Il ne me fallait pas entrer en maladie, mais m’en détacher . Atténuer leurs craintes , oser un sourire pour une joie partagée……une minute ou deux ! Apprendre, réapprendre à vivre !!!! Cela se résumer ainsi, m’oublier grâce et à cause de l’autre ! Pas seulement mes proches, mais aussi le personnel hospitalier. La souffrance a cette vertu de faire tomber les masques……quand l’humilité s’en mêle avec sincérité!

Je ne serai pas cette malaldie Part II

Je bénis ce jour où j’appris à sortir de ce monde et oser avec audace la vie! Bien sur la souffrance m’accompagne, mais la panique s’est envolée, un défi inconnu m’attend : Comprendre  pour accepter ! Dans ces trois mots , l’espérance, la compassion, la joie , autant d’inconnues à aborder sans détours mais avec vigilance et humilité Ce fut un moment bref, intense . Une intelligible clarté apparaît, la croisée des chemins ! Faire un choix est une nécessité pour jouir d’une autre liberté ! Je ne serai pas cette maladie !!!!!! Cela me déroute, m’interpelle ! N’est ce pas curieux qu’il faille pour apprendre, ne plus se poser de pourquoi ? Etre loin de soi pour être tout prés de l’autre ??? Un paradoxe n’est il pas ?! Le jour ne se pose pas de question ! Il naît chaque matin , non pas pour lui même, il est si différent en sa clarté dévoilée, mais pour un monde à envisager, à imaginer le plus beau , le meilleur possible ! Être utile, être meilleur ! Ne pas se demander pourquoi , mais comment ! Voilà, je crois l’esquisse d’une voie autre, humaine, pure, vraie !

Très vite, il m’apparut non pas après une longue et intense réflexion, ou une fanfaronnade idiote, que ma souffrance avait peu d’importance, une évidence douce claire presque palpable ! Elle était là, souriante, bienveillante, elle marchait à mes cotés, c’est tout , traduisant chaque moment en joie, simplement !! Seul l’environnement me rappelait ma réalité. Les murs blancs, le lit inconfortable, le bruit des chariots divers et bizarres, la prise de constantes et tous ces tuyaux , perfs etc etc …. (La sonde urinaire a été mon pire cauchemar ! ), les plaintes , parfois venant d’une autre chambre plus loin ou plus prés …Je ne souhaitais qu’une chose, dés mon réveil, voir cette porte s’ouvrir et une personne entrer! Infirmière aide soignante, femme de ménage, docteur, famille, proches… tous ces gens me donnaient soif ! Soif de vie , soif de les connaître, soif de les apprendre ou réapprendre, soif de les écouter, de leur porter de l’attention, de partager ! Parfois un sourire, un rire suffisait, à d’autres moments les mots s’enchaînaient les uns derrière les autres ! J’éprouvais un vrai bonheur à parler, parler, mais plus encore a être attentif, à boire leurs paroles, à oser entrer dans leurs existences discrètement, les regarder, apprendre encore et toujours ! Quand la solitude prenait place ou que le sommeil tardait, la plume accompagnait les secondes, dessinant , ainsi les heures différemment. Le temps a , soudain, une autre grandeur, le silence s’installe entre rime et virgule comme pour oser l’instant ! Comment expliquer cela ? Comment expliquer cette envie irrésistible de danser sous la pluie ou d’apprivoiser le vent ? N’est ce pas plus pertinent tout simplement d’être mouillé mais heureux ? !!

Dans cet afflux d’émotions, comme dans un plat rempli de beaux fruits, l’une d’entre elles s’est dessinée plus charnue, plus sucrée, plus mystérieuse certainement ! Une notion, qui ,pour pour la plupart d’entre nous, est teintée de cette satisfaction matérielle qui enflamme les sens et fait éclore la Vanité !

La gratuité !

Pour apprendre ce mot, il importe d’oublier le «  pourquoi » et d’oser la spontanéité , l’authenticité ! Il est en notre vraie nature  ces vertus humbles, impartiales, justes! En quelque sorte «  s’abandonner ». Pour illustrer ce propos, il me vient, j’allais dire au cœur,il me vient à l’esprit, ce matin d’Août.

Après le dernier passage , au petit matin, des personnels de nuit, il est ce long moment d’attente entrecoupé de pensées diverses, bizarres et d’un certaine somnolence presque mécanique. On découvre, avec amusement le fonctionnement de la télécommande du lit ! (Un grand moment !) Tests et amusements se succèdent sans vraiment de raisons précises, car l’on sait, malgré tout , que la literie a souffert autant que nous ! On perçoit , également différemment les couleurs d’un ciel que l’on côtoie depuis des années et sur lesquels on n’avait prêté aucune réelle attention ! On guette les bruits de couloirs annonçant le chariot du petit déjeuner en s’agaçant d’un pansement douloureux , de cette satanée sonde urinaire, véritable boulet de bagnard !

Haut de Page