Archives pour la categorie ‘Poémes tendresse’

Les lectures ne suffisent pas !

 

 

 

Les lectures ne suffisent pas !

Les lectures ne suffisent pas ! j’appréhende ces mots avec humilité et respect pour toutes celles , tous ceux qui prennent le temps en leurs esprits, de dessiner , d’additionner consonnes et voyelles pour quelque part être utile !

Quand l’affection des mots devient agitation, attachement,brasier, ambition, leurs sens s’étiolent, leurs couleurs se ternissent, leurs libertés s’envolent. La soumission s’installe, le désastre n’est pas loin !

Nos lectures sont, autant d’outils dont nous devons mesurer l’utilité. Sans observations, sans réflexions, sans ce doute nécessaire un texte aussi bien écrit soit il, est vide sans réalité profonde. Chacune, chacun trouvera un relief différent aux mots réunis et c’est une bonne chose. Pourtant, pour que cela ne soit pas juste la réponse à un besoin intellectuel, il nous faut impérativement y adjoindre cette compréhension juste, nous préparant avec impartialité et humilité à l’acte juste.

Aller au delà des mots, au delà de leurs pleins , de leurs déliés est certainement cette attention juste que nous nous devons pour l’autre et à cause de l’autre !

La rencontre avec les mots est une énigme ! Une énigme merveilleuse qui doit nous aider à poser le pied , sans trébucher , sur le chemin de la vie !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Jour de pluie

Jour de pluie

Soudain, l’envie d’écrire, sans me poser de question. Une musique douce, un thé…..Voilà un décor planté sans hâte simplement ! Oui, cette envie de poser ici une lucarne, là une fenêtre, ici encore une porte comme autant de regards sur la vie, ses couleurs , ses senteurs, ses saveurs….juste la vie , en cet instant !

Ma fenêtre donne sur un parc, ou les grands arbres sont bousculés par le vent du Nord glacé et violent.Pourtant, ils ondulent comme autant de signes de la main…bonjour à vous le chêne….bonjour à vous le bouleau, le hêtre, le saule….Quelques feuilles résistent avec bravoure au bout de branches squelettiques.Le tapis de feuilles mortes gorgées d’eau n’a plus la force de s’envoler. Une gouttière déborde , arrosant les passants . Le silence , lui-même, s’est mis à l’abri . La nuit paresse, prenant son temps pour passer de l’autre coté de la terre.Les nuages s’accumulent grisonnant tel un fusain en nuances de gris où parfois quelques larmes s’échappent .Les cieux s’excuseraient ils d’être en ce jour si tristes ? Dans la rue, sur le pavé où quelques flasques s’organisent pour grandir,une course de parapluies se met en place A chacun sa couleur, à chacun sa façon de le porter , haut ou bas, de coté ou face au vent, mais avancer, avancer toujours, l’école n’est pas loin et temps presse ! Quelques intrépides gamins , de bottes chaussés, tel Gulliver, enjambent les petites marres comme autant d’océans menant à l’aventure !

C’est un jour d’hiver, un jour de pluie ordinaire , mais comme il est beau ! Humble en sa tristesse, vrai en sa grisaille, il m’apparaît infini en l’instant, je le respire doucement , doucement ! C’est drôle, je me dis, brusquement, qu’a vouloir , avec une certaine obsession le désir du chaud , du soleil, du confort , on en oublie la liberté et la beauté d’un jour de pluie

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Si j’attends … !

 

 

Si j’attends … !

Je vois , tant de vies gâchées à ne comprendre le verbe aimer ! Ici ou là, s’amoncéle les souffrances sur les pas d’une apparence cruelle ! Se donner pour un plaisir jusqu’à en baver sans désir ! Et l’on boit le mépris à satiété, se saoulant de nos indifférences, de nos errances !

Je vois, tant d’existences nourrir l’éphémère sans apprendre la terre, sans embrasser la mère ! Osant le masque à perpétuité, ces perles en pluie, enfermées dans leurs ressemblances, grimant leurs vérités dans l’espoir d’exister !

Je vois, tant de haine infliger à soi-même, discriminant un regard, l’absence d’un mot…………et cet autre …..porteur de tant de prétextes, de trahisons et d’infamies !

Je vois, tant de mots se tromper de cible, tant d’amour passer son chemin que l’espoir s’évapore, le bonheur s’éparpille. On irrigue son cœur avec d’étranges venins, se goinfrant d’égoïsme et de victoires solitaires !

Je vois , tant de larmes sans réponses, tant de douleurs comme autant de verdicts. Ces grandes certitudes sans autres émotions que la jalousie et le mensonge. Nous avons nos justices comme autant de miroirs, ne reflétant que nos amertumes, nos regrets et nos actes perdus !

Comme dis le penseur : «  Si j’attends de régler mes comptes avec la vie, jamais je ne serai heureux !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’existence )

Simplicité

 

Simplicité .

Simplicité ! On se heurte, souvent, à ce mot sans trop savoir comment l’appréhender, le comprendre, le mettre en actes ! Nos environnements déforment, transforment au gré des modes et des humeurs le sens propres des mots. Les mots ont un sens et je dirai un sens premier, offrant tant de richesses, de parfums d’horizons qu’il est inutile de le galvauder , de ternir par quelques artifices nocifs, l’esprit pur …….simple !

Au détour d’un échange, sur le chemin de l’écoute, la simplicité prend toute sa raison d’être, au delà de la compréhension juste de l’instant, cheminer avec soi devient ce savoir être humble et bienveillant ! Comment ne pas vouloir être là, juste là, se compliquer la vie et «  faire le beau » ?

Combien de fois, oubliant d’Être simple, je suis devenu sourd et aveugle ! Le paraître, l’éphémère, la haine nous entraîne vers la complexité de nos pensées, de nos actes, là ou tout devient sombre, où tout s’éloigne de nous, de notre vraie nature ! On plante sa tente en souffrance, ne pensant qu’à fuir nos peurs par n’importe quel moyen !

Osons la connaissance de soi, par la simplicité d’être soi !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Persona

Persona,

J’ai en lecture ces mots «  Sortir des rôles que nous jouons ! » Nous entendons ici et là : «  il a de la personnalité ! – quelle belle personnalité ! – Il faut de forger ta personnalité ! » Personnalité : un fourre tout, ou le trône de l’égo ?

Ce mot vient de persona, qui veut dire masque ou porter le masque ! Alors, pourquoi en faire ce cheval de bataille qui nous éloigne de notre vraie nature ? Cela ne sous-entend pas que nous nous enfermions dans le même moule , loin de là ! Notre vraie nature est cette quête quotidienne, vigilante et altruiste de ce laisser être pur, impartial, authentique. Pur dans son rapport de vérités avec nous même, impartial dans l’équilibre de la compréhension et du non jugement, authentique dans cette bienveillance évidente pour l’autre et à cause de l’autre !

Nos existences ne sont pas un rapport de force avec nous même, avec les autres, mais l’observation la compréhension, l’apprentissage de la juste sagesse, celle qui ose la paix avec nous même !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

 

Les mouvements de l’esprit !

 

Les mouvements de l’esprit !

Waouh ! Voilà bien quelque chose qui nous semble étrange, voir ironiquement impossible . Pourtant, qu’est ce qu’une pensée, si ce n’est un mouvement !? En nos esprits, des regards, des idées,une conception des êtres et des choses sont et nous mettent en mouvements. Ils apparaissent et disparaissent au gré de nos égoïsmes, de nos bienveillances comme autant de questionnements échappant à nos observations.

Faut il être immobile pour que la pensée juste, la compréhension juste nous envahissent ? A l’évidence , non !

Apprendre à ralentir le pas, à écouter le profond du profond de nous-même, à désarmer nos discours, à oser l’Attention !

Oui ! Une Attention qui ose le mouvement vers l’autre, une Attention qui ose qualifier nos défauts, une Attention humble, impartiale s’enrichissant de nos erreurs, de nos petites joies !

Prêter attention à l’attention ! Il y a en cette vigilance, l’apprentissage quotidien de nous memes ! C’est comme peindre un tableau avec des couleurs inventées mais pures, dessiner un cœur qui est aussi le notre, conduire entre plein et délié les mots vers la bienveillance, la joie ! L’attention est un assemblage de oui et de non, de peut etre et de sans doutes. Une addition des nos passés en un instant , déjà, évaporé ! C’est plus qu’une concentration, qu’une méditation profonde, j’oserai cette définition : concevoir, composer ,au travers de notre pratique, la liberté à l’autre, la liberté de l’autre, cette liberté infinie ciselée au fil de nos souffrances, de notre bienveillance, de notre compassion.

L’évidence de la nudité !

 
 
 
« La bienveillance en sa pratique quotidienne n’est pas une leçon à apprendre par cœur ou un acte sans réflexion , elle est la liberté infinie d’être ! » Elias
 
 
 
Voilà, en quelques mots, la conversation partagée , dernièrement ensemble ! On adresse, souvent, la bienveillance à l’autre en nos pensées , en nos actes, c’est une bonne chose , certes ! Mais ne faut il pas veiller, vous me pardonnerez le terme, à l’aspect « qualitatif » de notre pratique ?
 
Le doigt sur mon front, Elias me fit cette remarque : « Ce qui est en toi commence par toi ! » En réfléchissant à tout cela, je pris conscience de l’évidence de la nudité, c’est à dire de l’abandon du discours de l’égo et de ces « réalités éphémères » qui ne sont pas de notre vraie nature !
 
Comme cela parait simple !
 
Dans nos sociétés, deux cultes se disputent la suprême « vérité ». Le culte du héros et celui de la souffrance . J’entends et je lis ici ou là « soyez vous mêmes ! » pris dans le sens : réaliser l’immédiat, un « vivre l’instant présent » en toute vanité ! Nous maquillons l’héroïsme égoïste, sous l’éclat d’une réalité fragile et périssable ! Nous nourrissons nos peurs de voyeuses souffrances, calfeutrés derrière nos murs d’indifférence, osant même cette croyance , qu’une fleur , qu’une larme nous conduisant vers un monde meilleur !
 
La bienveillance n’a de sens que dans l’action volontaire en pensées et en comportements, humble, libre de tous conditionnements !
 
 
 
Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Journal

Pendant des jours, des semaines alité, en souffrances, comme un mauvais feuilleton, une triste fin tournait en boucle en mon esprit. Chaque image accentuait cette pensée amère d’un voyage en un ailleurs ……! Plus que la tristesse m’envahissait, plus que le dégoût envers la maladie remplissait ma chambre de haine, de cette violence verbale qui sort de votre bouche non réfléchie mais terrifiée ! Dans le désarroi d’un corps ne sachant plus se défendre, dans la funeste blancheur d’une chambre sans vie, chaque mouvement, chaque entrée ,chaque mot devenait un supplice ! Le silence lui-même ne me tenait plus compagnie !

Elle était là, derrière chaque ombre, chaque pas dans le couloir, chaque sourire de circonstance. Elle inspirait ma vie , expirant ses rires cyniques et moqueurs ! Il y avait certains jours, où une tripotée de blouses blanches, déchiffrant un dossier ,me dévisageant, me palpant en tous sens , osait sans honte quelques murmures soucieux, torturant ainsi , un peu plus mes pensées tourmentées ! Il y avait d’autres jours , où un fils tout de noir vêtu, les yeux rougis se plantait là draper dans son mutisme comme pour étouffer ses peurs ! J’étais en rage de l’entraîner malgré lui dans ma déchéance, j’étais en rage de ne pas l’étreindre avec force , tant mon amour avait déjà renoncé !

Les nuits s’absentaient, ne tenant plus à me laisser quelques rêves, quelque espoir ! Le temps… ! Le temps.. oui ! Combien de fois je me suis surpris à le dessiner de syllabes inventées , à l’orner de voyelles étincelantes comme pour le flatter, lui bafouiller de me laisser un peu de temps ….. encore ! Il m’arrivait de ne plus m’aventurer à fermer les yeux, idée perverse et imbécile de ne plus pouvoir les ouvrir !
Oh mon Dieu ! Quel est ce gouffre entre ce que je veux et ce qui est ? Est ce la peur ou la déraison ???

Philippe De Frémontpré
( Extraits de mon journal)

Se libérer !

Se libérer !

Nos sociétés sont faites, à la fois de ce que nous en faisons, mais aussi, là est le pire , de ce que nous ne voulons pas, conséquences inévitables de nos peurs ! Chacune, chacun contribue en conscience ou non à cette contradiction ! Nous sommes à la fois, pour nous mêmes, notre pire ennemi et notre meilleur ami. Il en est de même pour l’autre, cet inconnu que nos côtoyons, que nous haïssons . Mais parce qu’il est cet Autre , comme une part de notre existence, que nous aimons !

Il est , une évidence qui survit à tout : La Vie !

La vie, une succession d’observations, d’apprentissages, de dés-apprentissages, de vigilance et de discipline en la bienveillance , la compassion .Sans cela, tout serait plus aride que le plus stérile des déserts ! Cela peut être , teinté de naïveté, de rêveries, de faiblesses ! Le crois tu vraiment ? Quand on puise au profond du profond de soi avec impartialité, bienveillance, amour, nos réflexions nous portent et éloignent nos peurs. C’est à cette source d’authenticité, d’humilité, d’humanité que s’abreuve en nos pensées, en nos actes le juste et noble équilibre !

En laissant le matériel prendre le pas sur l’esprit, nous avons ensemble déconstruit un équilibre.Nous avons ouvert une porte sur ce que nous croyons, avec force, maîtriser mais qui visiblement nous échappe ! Le passé lointain ou proche, nos quotidiens fourmillent d’exemples ou notre compréhensions de la souffrance, des souffrances a été plus que soumise à nos vanités ! Ces quelques mots se révéleront simplistes pour certains, discutables pour d’autres ! Mais si, chacune , chacun faisait l’expérience de l’acceptation, acceptation de l’autre , acceptation de soi en sa faiblesse , en sa force et se dire comme le prétend Bouddha : « La souffrance n’est pas la souffrance c’est pour cela que je l’appelle la souffrance ! », l’équilibre , alors ,naît avec pureté, sans haine et on peut envisager les mots d’Elias :

« Ne te fixe ni dans le bien, ni dans le mal, mais ose le juste équilibre en ton observation, en ta compréhension pour l’autre et à cause de l’autre ! Savoir se libérer de ce que l’on est, c’est prendre la main du bonheur et de la paix »

Philippe De Frémontpré
(Au delà de l’innocence)

Etiquette

 

 

Étiquette.

Ceci s’appelle comme cela ! Nous enfermons, bien souvent, nos sentiments, nos émotions en une appellation que nous croyons percevoir comme juste ! Mais à bien y regarder, par cette attitude, à nos yeux bienveillante, on réduit, on étiquette toute chose et tout être qui n’est en aucune circonstance et en aucun environnement permanent.
Il en va de même pour la souffrance, classifiée de la sorte, nous nous y enfermons comme pour en faire l’unique horizon de nos vies ! Quand, parlant aux uns ou aux autres, je dis « je ne suis pas cette maladie ! Elle est ma plus mauvaise compagne de voyage ! » en mettant en pensées et en actes, ces quelques mots, je ne nie , en aucune manière son existence nocive ! Grand Dieu ! Non ! Mais, je ne la fixe pas dans mes observations, dans mes réflexions, en mes respirations comme l’essentiel ! Même si cette compagne malveillante se nourrit de mon corps, elle ne fait que m’accompagner, comme l’orage accompagne le marcheur ! Il m’apparaît, même sous la pluie, que la chose la plus difficile que nous ayons à faire est d’écouter la vie !

Je terminerai ce propos par les mots d’Elias : « Il m’insupporte que la vie ne soit pas la vie, mème quand mon souffle se fait court ! L’amour de toutes vies me libère ! »

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

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