Archives pour la categorie ‘Poémes sagesse’

Auriez vous de l’encre ?

Auriez-vous de l’encre !

 

Me promenant, comme très souvent le matin dés que le jour se lève, je pris ce chemin maintes fois arpenté. La terre est sèche, le sentier est fait de ces petits gravillons roulés par les pas des hommes, si agaçant quand on traîne les pieds ( rires). Sur les cotés poussent , en un désordre frénétique, arbres, arbustes, fleurs et ce que l’on appelle communément « mauvaises herbes » .J’aime ces allées sauvages où la nature prend ses aises, pour parfois offrir de magnifiques spectacles. Par endroit, les branches forment une voûte ,le vent, la pluie, le soleil jouent , alors selon les saisons , apportant fraîcheur et ombre comme une intimité particulière où les pas font silence pour que les pensées s’apprivoisent lentement, humblement. Quand l’arcade s’arrête, je retrouve au prés, quelques chevaux comme des amis de longue date. Ils s’approchent sans crainte, je plonge ma main dans ma poche, ils suivent mon geste….en effet, je ne pars jamais , sans emporter une carotte , quelques morceaux de pommes ou de sucrerie. Face à face étrange, le silence semble traduire nos pensées, je souris, ils soufflent puis s’éloignent doucement. Je reprends ma marche, peut être, plus joyeux de ce moment serein, mais bientôt, après ce virage sur la gauche, la piste finie pour devenir une allée « entretenue » ! les bas cotés ont été fauchés, hum ! l’odeur de l’herbe fraîchement coupée quand la rosée ajoute sa note !!!!! puis quelques bancs installés au hasard, là , à la croisée de chemins, ici , à l’ombre d’un saule. Ce ne sont qu’un plan de pierre polie pour assise auquel on a ajouté un dosseret et accoudoirs de bois.

C’est sous le saule, que je vis ce Monsieur. Assis, il griffonnait sur un carnet de Moleskine, comme ceux que j’utilise. Je le saluais d’un bonjour qui se voulait discret pour ne pas interrompre son addition de mots. Il leva la tête, me regarda et dit :

– auriez vous de l’encre ? Je suis en panne d’encre, mon stylo ne veut rien savoir et j’ai tant de mots à écrire !

Je fus surpris par la question , mais surtout par ce ton désespéré, faisant de ma réponse à venir une délivrance ou une sentence !

– Vous me voyais navré, Monsieur, je n’ai que ce crayon de bois et mon carnet ! Mais , je peux retourner chez moi, prendre la bouteille d’encre de dessus mon bureau et vous la ramener !

– auriez vous de l’encre ? Les mots s’effacent dans ma tête ! Dit il à nouveau.

En regardant son carnet de plus prés, je vis toutes ces pages blanches et cette question revenant sans cesse : – auriez vous de l’encre ?

Soudain d’un pas pressé, une Dame apparue de je ne sais où Elle me sourit et s’adressant au Monsieur lui dit :

– Viens, Jean ,on rentre à la maison .

L’homme se leva, me demanda une fois encore de l’encre, mis son carnet dans sa poche et au bras de la Dame s’éloigna

Je pris sa place sur le banc et avec mon crayon de bois écrivis ces quelques mots ! Depuis, je ne pars , jamais sans une carotte , quelques morceaux de pommes ou de sucrerie et un petit flacon d’encre noir !

 

Philippe De Frémontpré

Simplement écouter !

Simplement écouter !

Avez-vous remarqué la difficulté que nous avons d’écouter, oui simplement d’écouter ?

Il y a dans cette attention, comme de l’estime pour la nature, l’interlocuteur, nous même ! Nombre de philosophes, d’écrivains, de religieux se sont penchés sur cette notion d’écoute et se sont attachés à démontrer sa difficulté et son importance.

Combien de fois, lors de mes ballades, l’écoute de cet environnement proposé m’est apparu comme essentiel, indispensable. C’est, peut être là , le plus bel hommage à la nature, mais aussi la plus humble des attitudes .C’est faire partie d’un tout où chaque pas, chaque chant d’oiseau, chaque souffle du vent, chaque feuille qui plane ,est une note sur une partition, une respiration.

On souhaiterait la même présence, face à nos semblables, pourtant cela nous apparait si difficile, voir impossible. Respecter les sons, la parole qui nous arrivent, accueillir les mots, les entendre en ce qu’ils sont et non en ce que nous voudrions qu’ils soient, que nous les dessinions ou pas de même façon,les entendre tels qu’ils sont, vous avouerez, comme moi ,que la partie n’est pas gagnée ! Dans nos sociétés, prendre le temps de l’écoute est du temps perdu, voir une faiblesse ,au pire le signe évident que l’interlocuteur est du «  coté obscure » c’est à dire fatalement contre nous.

Oui ! Dés les premiers mots, la phrase à peine construite notre jugement est fait et depuis longtemps. Interrompre l’autre avec force devient la démonstration de notre «  vérité ». La patience nous quitte, on se nourrit de phrases incomplètes et d’arguments inadaptés, s’imaginant dés la première syllabe que nous avons tout compris de ce qui n’est pas encore énoncé !

Nous avons , tous, vécu cela ! Écouter et entendre, c’est à la fois considérer autrui mais aussi repousser au loin la haine et l’ignorance.

Philippe De Frémontpré

(Méditations)

Colère.

Colère !

Ressentir ce moment où toutes résistances s’effondrent, où l’équilibre se rompt comme emporter par une vague trop grande, trop haute, trop forte, avoir conscience de l’instant mais perdre pieds quand même !

La colère ne se propose pas à la réflexion, elle nous bouscule, nous entraîne aux limites de la haine, fait naître de mauvaises pensées, nous incite à l’acte nocif ! Nous connaissons , toutes et tous, son cheminement, ces petites raisons qui nous disculpent, ces regrets qui nous font si mal ! La colère disperse la souffrance comme le paysan sème le blé, mais sur ces terres arides rien ne pousse ! Nous caressons l’espoir d’un oasis de raisons, de prétextes justifiant cet excès, cette folie, mais là encore rien, si ce n’est quelques plaisirs bien vite évaporés !

Le bonheur nous est commun, ancré en notre profond du profond, nous le savons ! La recette est si simple : Observer , apprendre , comprendre humblement, avec cette impartialité pure qui fait grandir la joie et mûrir la compassion ! Être utile pour soi, à cause de l’autre et pour l’autre !

Tout cela nous appartient , alors Osons !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Cette auberge !

Cette auberge.

Comme l’écrit, si bien Tara Brack, nous avons tous pour des raisons qui nous sont connues et parfois méconnues, une vie de substitution ! C’est cette vie que nous essayons, le mieux du monde , croyons-nous, de construire, trop souvent en dehors de nous même !

Quelles en sont les raisons ?

Oh ! Elle est si simple ! Être ce n’est pas faire ! Faire , même trop faire nous projette dans des absolus qui ne sont des paravents cachant à notre profond du profond la réalité de l’autre mais surtout notre propre vérité. On se disperce pour distancer nos hontes, nos peurs. On s’astreint à d’autres rigueur et les regrets , les remords s’amoncellent comme autant de sommets infranchissables.

Un facteur essentiel, «  ce contact » avec notre souffrance. L’accueillir en sa réalité, comme toute émotion, toute sensation , affolement, rires, angoisse, joie ou anxiété entrant dans cette auberge qu’est notre esprit. J’emprunte cette image à Tara Brack, car elle me semble beaucoup plus parlante que tant de mots additionnes.Contacter notre propre souffrance, l’appréhender humblement, non pas en ennemi, mais avec la compassion de l’apprenti.

Apprendre,comprendre et Être, c’est au delà de tout cela que la bienveillance envers soi même devient le bonheur pour l’autre et à cause de l’autre !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

De vigilantes images,

 

 

 

De vigilantes images,

Nous vivons dans un monde assourdissant, mais nous même, nous sommes atteint de surdité ! Nous avons, consciemment ou inconsciemment beaucoup de mal à entendre les souffrances qui nous assaillent, qui nous entourent ! Asseyez-vous sur un banc, respirez l’instant, observez ce monde grouillant passant devant vos yeux ! Combien d’entre nous y perçoive tous ces appels à l’aide, toutes ces plaies invisibles, ces déchirures du corps et de l’esprit.
J’ai en mémoire comme de vigilantes images, m’interdisant le désintérêt, l’indifférence, cette insensibilité qui durcit le cœur et conduit l’esprit de mépris et de répulsion !

Atteint de la maladie de Hodgkin, il y a quelques années, je dues subir un traitement lourd. Auto greffe, chambre stérile et nombre d’examens, prise de sang quasi quotidienne, perfusions en tous genre, le tout dans un environnement masqué, ganté, botté ou chaque blouse bleue n’était , avec le blanc des murs, des draps, que la deuxième couleur de mon horizon ! Mon esprit s’évadait bien sur , mais plus la fatigue s’installait, plus il renonçait ! Je devenais sourd et aveugle à ma propre douleur ! Ma souffrance me pénétrait, à un point tel, que les traitements m’étaient indifférents, je crois qu’elle m’habitait pleinement ! Faire ma toilette était une épreuve, pas seulement à cause de l’effort physique qu’il engendrait, mais de cette petite voix qui répétait « à quoi bon ! ».

Un après midi, le toc-toc sur la vitre me réveilla. Le visage de mon fils apparut, rayonnant plein de bonheur et ce sourire qui me disait « Ose la vie Papa ! Ose ! » Il avait trouvé son banc, mais plus important encore, il ne s’est pas contenté de regarder , il a juste souris, il m’a juste souris !Mon refuge était là, au bord de cette innocence, au bord de ce geste naïf et vrai, humble et rempli d’amour. Je n’étais plus cette maladie désormais, je pouvais m’asseoir à coté de lui , respirer l’instant, respirer la Joie de la vie !

Nous devons, à chaque seconde, avoir cette vigilance qui ose au plus profond du profond de nous même, la compassion juste , impartiale, l’amour humble et inconditionnel !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence

Traces

 

 

Traces

Il y a dans ce ciel, une paix où les pensées s’effacent sans bruits . Elles s’envolent à tire mots, oubliant en leur ponctuation la fureur, la violence, la bêtise ! Hum, je respire,alors , parfois à contre sens, mais reviens , toujours sur mon chemin ! Je partage en inspiration, en expiration une humble saveur où le temps ne s’aventure pas en excuses, mais est juste là ! Je goute cette seconde avec attention, puis l’autre avec bonheur .

Comme je disais à une amie : « Il est important de retrouver les traces pour s’ancrer plus fort dans le présent  ! » Ces traces qu’elles sont elles ? l’histoire d’une famille, le sourire d’un être aimé, la main tendue juste pour accompagner , un regard où la joie transpire ! Il n’y a pas de petites ou grandes choses, des instants accumulés, des minutes sans fin où ce qui ne s’écrit pas, soupir à faire suinter la vie !

Je te respire la vie, quoiqu’il advienne, tes senteurs m’envoûtent, ta générosité m’enivre !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Respirer

Respirer !!!

L’apaisement de l’esprit, une absolue vigilance pour ne pas sombrer !
Comme, il apparaît futile, cet indispensable dessiné chaque jour, pour nous être agréable ! Comme, elle s’avère dérisoire cette colère imbécile, ne satisfaisant qu’un moment notre égo ! Comme, elle se complaît dans un bain d’ignorance, la précieuse arrogance d’une éphémère richesse !

Je n’ai qu’un morceau d’étoffe grise, chiffonné, au parfum passé, juste là autour du cou.Il respire mes pensées doucement, cherchant en ses plis l’attention de l’instant. Ce n’est qu’une écharpe grise à peine nouée ……..oui ! Comme une vigilance pour ne pas sombrer !

Ta fortune, me dit un jour Elias, est en ces inspirations, ces expirations ! Là, où l’intime s’observe, le profond se découvre, s’apprend, la vraie nature des êtres se comprend…….Là, juste en cette paix de l’air qui te pénètre, qui te remplit, puis qui creuse ton ventre pour te rendre juste humble !

Respirer n’est pas qu’une fonction mécanique. Trop souvent, nous l’oublions, nous respirons ou plutôt nous faisons fonctionner nos poumons et cela s’arrête là ! Inspirer,expirer est bien plus que cela ! Observer sa respiration, prendre conscience de sa réalité, n’est ce pas s’assurer d’une certaine bienveillance à notre égard ? Celle-ci déborde très vite, apaise l’esprit et se partage avec notre environnement. Être conscient de notre respiration, c’est surtout respirer l’autre pour que sa souffrance en soit atténuer et disparaisse !

Ce n’est qu’une écharpe grise à peine nouée …….. Pourquoi parler d‘elle me direz vous ? Parce qu’elle est là , simplement là, témoin de tout cela !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Enracinée !

Enracinée !

Penser ! Le problème n’est pas tant le contenu, mais le rapport que nous avons avec nos pensées ! Bien souvent, reconnaissons le, une soumission parfois naïve, parfois volontaire, est, nous en sommes certain cette ancre qui nous empêche de dériver! Nous sommes, tellement emplis de cette certitude que nous l’érigeons en vérité !

Combien de pensées ne supportent aucune réflexion, aucune observation ! Combien de fois nous nous sommes arrimé à une pensée sans voir l’abîme devant nous ! Il nous arrive même de théoriser l’éphémère et en faire une pensée aussi grandiose qu’inutile !

Nous lisons ou entendons, toutes et tous, ici ou là, de belles pensées qui avec force arguments, nous entraînent vers les vallées sombres de la haine , de la jalousie, de cet éphémère qui ravit l’esprit mais ne le rassasie aucunement, au contraire. Bien souvent, quand nous prenons le temps de l’observation juste, il ne s’agit que de diatribe, de pamphlet moqueurs, de critique acérée !

Elias a cette phrase : La pensée est un non jugement ! Elle est une observation humble, devant se traduire dans un juste et impartiale équilibre, en un acte simple et sincère. La justesse, la sagesse d’un argumentaire, quel qu’il soit, est en cet équilibre. Nous ne pouvons accueillir, apprendre et comprendre l’autre sans cette juste vérité. C’est au profond du profond de nous même, que cette vérité est enraciner, en notre paix intérieur sachons la découvrir !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence )

Conscience

Mesurons-nous la portée de nos actes ? Par ce questionnement, s’ouvre la porte, à double battants, des conséquences ! Nous avons la certitude que l’acte est l’aboutissement de notre pensée, non pas un horizon flou et incertain, mais la concrétisation évidente de nos désirs émotionnels, intellectuels et moraux.
Combien de facteurs brouillent les pistes. Notre égo, les circonstances, nos illusions, l’attrait de l’éphémère, en résumé une conscience partant de soi et revenant à soi, l’aspect extérieur n’étant pas concevable en notre cheminement! Nous adoptons, alors, notre propre sens du vrai et du faux, du bienveillant et du malveillant ! Nous appréhendons les conséquences comme un du, quelles soient bonnes ou nocives, nous dédouanant, ainsi, de toutes responsabilités .
Conscience ! Voilà une notion qu’il nous faut observer, expérimenter, comprendre détacher de tout ! Mais si , nous restons dans l’interprétation stricte de nos ressentis, nous sortons de l’analyse juste et impartiale indispensable pour identifier notre nature profonde et par là même la vraie et pure nature de la conscience.

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Nos blessures

A l’époque où la souffrance physique était difficilement supportable, il m’est venu cette question : Pourquoi, celle-ci, se transforme inexorablement en pensées négatives allant jusqu’à là confrontation avec les autres ? »
Quand on souffre dans sa chaire, chaque mot, chaque geste, chaque attitude de l’autre, est sujet à caution. Comme la formule le dit si bien « on ne peut s’empêcher.. » d’interpréter chaque silence comme de la pitié, chaque phrase comme de la condescendance, chaque pensée comme de la fausse sensiblerie,chaque acte comme de l’apitoiement ! Le pire est, qu’en notre solitude , nous réfléchissons en ce sens et trouvons une tonne de bonnes raisons attestant de la réalité de ce que nous construisons mentalement.
Nous avons , alors, cette sensation que tout est claire, que l’incompréhension à notre sujet est réelle et amplifie au fur et à mesure que les jours passent. L’autre, le proche n’est plus qu’un visiteur qui ne sait pas , qui ne comprend pas. On se construit une forteresse de souffrances aux murs bien épais, aux fondations maçonnées à grands coups de certitudes ! Puisque c’est ainsi, tout nous est permis ! Nos blessures sont autant de boulets, qui s’autorisent tout, de l’impolitesse à la haine, de la naïveté à l’idiotie, de la rage à la torture !

Quand, alors on touche fond, on observe, on apprend très vite que notre souffrance n’est rien, mais que celle de l’autre, celle dont nous avons contribué à faire grandir en eux est terrifiante !

Réfléchissons bien à cela !

« La compassion, la bienveillance sont nécessaires pour nous détacher de nos propres souffrances , comme l’est plus encore notre vigilance, notre ferveur à la cause de l’autre ! » Elias

Philippe De Frémontpré
( au delà de l’innocence)

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