Archives pour la categorie ‘Poémes sagesse’

Vivre à moitié !

 

 

 

 

Vivre à moitié !

Vivre à moitié ! N’est ce pas le sentiment qui prédomine dans nos réflexions ? Nos peurs, nos angoisses, nos faiblesses nous enferment en un carré de terres que nous croyons verdoyant. Nous défendons ce bout de nous mêmes, avec l’audace de l’éphémère, le courage de nos culpabilités ! Nous regardons nos vanités comme autant de trophées, mais…… ! A bien y réfléchir, nous nous soumettons à l’attente sans oser vivre !

Malade,face à l’inéluctable, je me suis abandonné à la vie, à cette révolte douce détruisant l’instant pour construire le suivant .C’est en ces moments, où l’on ne souhaite plus rien, en ces minutes où la bienveillance est une nécessite, « inspirer les souffrances d’autrui »,se charger des douleurs de l’autre ,non pas pour soulager le mal qui me ronge, mais pour insuffler la joie unique , magique d’être vivant ! Chaque matin est un partage avec le monde. Il témoigne de l’ardent et non de l’inanimé, du disciple et non de l’émérite, de la connaissance et non de l’ignorance, de tout ce qui se conçoit pour l’autre et à cause de l’autre !

« Paradoxal ! », me dit une amie , avec ce «  Prend soin de toi ! ? Non ! Non ! Il y a dans cette apprentissage,l’acceptation de soi, le dépouillement de soi, le détachement et le choix de l’autre !

Comment envisager «  une belle vie »si à chaque seconde elle n’est pas fécondée par l’ambition de l’autre ? Cette volonté qui pousse l’être à être humain, qui inspire de sages et humbles réponses, qui doute de chaque question, qui nous laisse observer, apprendre et comprendre !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

Un peu de ma vie

 

Un peu de ma vie

« Chaque jour, je laisse derrière moi, un peu de ma vie « 

Alexandre Jollien

De prime abord, cette citation, en sa finalité,est terrible ! Pourtant, à mon sens, elle me semble pleine de réflexion et d’espoirs.

Sur ce que «  je laisse », ne devons nous pas, nous interroger sur la valeur de ces traces abandonnées ou confiées ? Il y a une globalité dans ce «  legs », comme dit le poète : Ma jeunesse s’enfuit, me laissant en tête à tête avec demain » A chaque pas posé, la foulée est un peu plus difficile. Nous avons, à un moment ou un autre, ce sentiment de trahison. Trahison d’un corps qui nous échappe, trahison de la considération que l’on attend, trahison de toutes ces graines plantées qui ne donnent pas de fruits. Au fil du temps , nous attendons beaucoup des autres et de nous quand n’est il ? Quand L’esprit, consent-il librement à donner, lâcher ou laisser sans y prendre garde ? Quelle est la consistance, les mérites de tout cela ?

Notre quotidien est fait de blessures, de souffrances, de rires et joies. De cette ensemble, quelques parcelles s’échappent et tombent sur le chemin. Notre réflexion, à ce sujet, est notre

L’abandon de soi, est cette compassion pure ( idiote, naïve certains diront) à garder en soi le nocif, le méchant , le mal veillant non pas pour se flageller à tout va pour l’éternité… Non ! Mais pour qu’il ne tombe pas sur le sentier, pour le contraindre, quoiqu’il en coûte, a ne plus être malfaisant ! Accepter notre souffrance au plus profond du profond de soi, c’est l’affronter pour qu’elle ne se propage pas, qu’elle n’engloutisse pas le bonheur des êtres.

Un peu de sa vie , ce n’est pas aller vers la vieillesse, mais oser la vie pour l’autre et à cause de l’autre !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

 

(Au delà de l’innocence)


Choisir

 

Choisir !

Il y a quelques temps, j’eus avec Elias un entretien commençant par cette question : Choisissons nous d’aimer ? Il me sembla, évident de répondre «  bien sur, l’être humain a cette capacité de faire le choix d’aimer ou de détester ! »

En es tu persuadé, Philippe ? Soudain le doute m’envahit! Il y avait dans ma réponse une telle netteté, une clarté aveuglante que je fus surpris par la réplique d’Elias, à en être attristé , il sourit en regardant mon visage inquiet, puis enchaîna :

– Aimer n’est ce pas prendre le temps de l’attention particulière , de la patience, du juste abandon de soi, de la rencontre de l’être et des mots, de l’art du compromis et enfin d’oser la joie à l’unisson ?

– Voilà tout ce que je désire, lui répondis-je !

– Avec cette réaction, crois-tu faire le choix d’aimer ou est ce ton désir qui choisit ? Puis , il prolongea son propos :

– Aimer c’est une rencontre infinie, à chaque seconde renouvelée où l’on se dépouille de soi dans l’écoute, le partage et la joie ! Bien sur , l’environnement veut sa part ou ne voit pas la chose du même œil, mais il y a dans l’évidence de cette rencontre ce laisse etre pour l’autre et à cause de l’autre qui reste la plus belle perspective de cette vie !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Observer.

 

Observer !

Chaque jour, il faut se convaincre de la nécessité de l’observation. Sans cela, la colère, la tristesse, la haine sont prévisibles.

Cette observation, de soi, de l’autre, de nos environnements doit être humble et permanente, sinon elle engendre l’arrogance, l’imbécile satisfaction en de fausses certitudes. S’affirmer n’est pas être certain, mais douter! …oui ! Douter !

Observer, c’est cette respiration de l’apaisement, ce temps utile du non-jugement, nous permettant d’apprécier, de différencier, de comprendre . Nous ressentons, très vite, l’amertume du non-réfléchi, désarmé que nous sommes face à nos erreurs, à notre inattention, à ce « vouloir dire » nous paraissant indispensable pour exister ! L’observation doit , d’abord, nous enseigner, dans le sens le plus profond, le plus pur du terme. Faire naître, en nous le sentiment noble de notre propre et véritable liberté. Elle est l’origine de notre bienveillance, de cette conscience nue qui modèle notre compassion !

Cela ne sous-entend pas une certaine passivité ! On ne peut se construire à coups de craintes et de préjugés, mais avec beaucoup d’attention bienveillante ! La sagesse de nos observations révélera nos forces et nos faiblesses, l’illusion de nos certitudes, il faut , alors, avoir la volonté de faire le choix de notre vraie nature et du bonheur pour tous les êtres !

Philippe De Frémontpré

( au delà de l’innocence)

Langage

 

Langage.

Avons-nous l’attention juste pour notre langage, ce ton, ces sons qui dévoilent nos pensées ?

Les mots s’additionnent, trop souvent, dans leurs virulences, pour cacher nos peurs par agressivité d’un ton irrespectueux. Nos peurs sont toutes ces émotions haine, jalousie,vanité, égoïsme, mensonges…..qui ,eux, parlent toujours forts,persuadés que nous sommes que le niveau sonore est gage d’affirmation de soi , et espérant , par la même être plus heureux !

Elias a ces mots :  » Plus tu parles fort, moins tu écoutes ! Plus le vent souffle fort, plus les craintes s’amoncellent. La brise chuchote, calme, apaise ! Ayons l’humilité de la brise, pour que nous puissions nous attarder un moment, sur l’instant juste, le ton juste, la compréhension juste !  »

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Audace

 

Audace !

Quand les souffrances nous assaillent, nos émotions emportent bien souvent nos pensées, nos actes bien loin du bon sens et de la raison ! Nous dépensons , alors une énergie folle à trouver un coupable,ou une cause qui nous dédouane en tout et pour tout, persuadé que cette trouvaille nous apaisera ! Nous nous disons : «  une fois cela fait , je serai heureux ! » Le sommes nous …….vraiment ???!!!

Nos comportements colériques, les assauts d’une société où l’immédiat n’est autre que l’irréfléchi, nous dessinent des «  procédures » où rien ne se résout, ou les conséquences se multiplient à l’infini, sans compréhension véritable, sans tarir le flot de nos supplices !

Si nous osons, dans l’instant, observer et réfléchir au profond du profond de nous même, nous y verrions la différence immense entre ce que nous souhaitons vraiment , sincèrement, humblement et ce que nous faisons machinalement !

Ayons cette audace de l’instant ou le laisser être devient cet ailleurs ou nous serions capables de nous accueillir nous mèmes !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence!)

 

L’abandon.

L’abandon ! Voilà, un mot terrifiant, n’est ce pas ?

Cette part de souffrance petite ou grande, qui bien souvent nous interdit toute pensée, tout acte !

Il est,pourtant dans nos vies, tant d’abandons  « insignifiants » ou disons-le, lâches et pervers que nous nous «  autorisons » par peurs diverses et variées !

C’est alors, que nous cherchons, en des ailleurs improbables , ce que nous avons en nous! Bien des exemples me viennent en tete, il me semble que la joie, en est vraiment l’embléme !

Donnons nous un instant pour observer tous ces moments de joie perdus pour de « nobles raisons » !……..

Apprendre l’abandon de soi ! Il n’est nul question en ces mots de reddition, de nier l’humain ou mème, allons plus loin, d’autodestruction ! Il s’agit, humblement, d’observer, d’apprendre, de comprendre cette nature de Bouddha qui sommeille en chacune et chacun d’entre nous !

Nous entendons, toutes et tous ce «  lâcher prise » teinté de bien des couleurs, mijoté à bien des sauces et nous essayons avec convictions d’être utile et peut-être même de nous être utile !

Mais, savons nous nous dévêtir avant cela, déshabiller notre regard et nos pensées et laisser être, enfin, notre vraie nature !??

Philippe De Frémontpré

L’acquis emballé !

«  Ne tient pas pour certitudes , les réponses partielles et partiales données à tes peurs ! Elles génèrent plus de conséquences négatives que de justesse! » Elias.

Avec ces quelques mots Elias me pousse , à aller au delà de l’acquis emballé que l’on me présente, trop souvent, pris pour vérités premières. L’observation, la réflexion ne sont pas des mots divins nous conférant, soudainement, la joie de la révélation ! Ils sont, en eux mèmes, la pratique vigilante et disciplinée, de l’attention pure qu’il est bon d’adopter. C’est un apprentissage exigeant, fastidieux qui ne conçoit pas la facilité.Pourtant, en cette assiduité à la pratique, notre respiration s’apaise, notre esprit fait le choix de la compréhension juste.

En écrivant le mot «  attention », je ressens son sens absolu, un horizon infini de compassion et de bienveillance ! Faire vivre cette « attention » en pensées, en actes est notre vraie nature, l’essence même de l’humanité noble , généreuse, heureuse ! Il n’y a là, aucune faiblesse, mais cette liberté authentique de s’abandonner pour plus grand que nous meme !

J’ai, souvent entendu, «  oh ! Que de temps perdu ! » ou «  C’est , dans ce que je prends de suite qu’est ma sécurité ! ». Dans ces frayeurs, ces lâchetés que nous côtoyons chaque jour, nous avons la possibilité de courir, courir encore, plus vite vers un confort immédiat mais éphémère ou au contraire de prêter attention aux causes, aux conséquences et d’y apporter un remède !

Elias a , pour nous , cette réponse :  « Nos pas sont guidés par la volonté d’être meilleur ou le besoin de satisfaire Nos désirs, Nos envies sans attendre ! autrement dit l’altruisme ou la vanité !»

 

L’instant !

 

L’instant.

L’instant, n’est souvent qu’un constat en marge d’une timide et pauvre réflexion. Tiraillé par notre égo, l’éphémère, l’immédiat, nous oublions l’écoute. Oui ! l’écoute de nos propres émotions, l’apprentissage de la réflexion, la compréhension de l’utile !

Le précieux de l’instant est en ce millième de seconde , un infini, un horizon un empire, une autre vie, mais aussi, un enfer de souffrances ! L’instant est à la fois une question et une réponse, là se construit l’humain dans ce qu’il a de plus merveilleux ou de plus sombre. Au delà de l’instant, surgissent les conséquences avec leurs lots de «  si j’avais su » ou pire «  je le savais , pourtant ! » Croire à son importance, s’initier à l’attention du moment, n’est ce pas, d’abord être bienveillant envers soi-même ,conquérir en soi ce que l’on donnera à l’autre ? !Impliquer, à chaque pas, cette attention active en l’autre et pour l’autre !

Prenons l’exemple de cet instant particulier, nous reliant avec nous mêmes ! Le déchiffrage d’un texte ou le griffonnage de quelques pensées . Les liens que sont les doigts tenant la plume ou les yeux parcourant un champ de mots sont les parties physiques , visibles de ce que nous assemblons en notre esprit. L’indispensable position, la respiration , la concentration ce qui apparaît comme des détails participent en fait, en quelques traits au dessin de cette intériorité que , toutes et tous, souhaitons appréhender avec calme et sérénité . Une nécessité….. ? Un chemin de paix !

En écrivant ces mots, il me revint en mémoire une anecdote. Anodine, simpliste , peut – être, elle nourrit, pourtant, ma réflexion. Les certitudes ne sont que des châteaux de cartes quand s’invite la minute suivante ! Nul ne peut affirmer qu’elle est prévisible !

Nous étions en juillet, un de ces dimanches après-midi, où le ciel prend le temps de choisir entre soleil et nuages. La terrasse, le jardin semblaient sortir de la douche, trempés de la chaise à la brindille par une averse, aussi abondante que brève. Un coin de ciel bleu hésite à grandir quelque peu, coincé entre deux énormes nébuleuses grises. Derrière la porte fenêtre, le vent avait perdu son audace, il faiblissait doucement comme fatigué de son travail de la nuit !

Je percevais au travers de la vitre toutes ces senteurs particulières du parc ! Fermant les yeux, je parcours les allées, remplissant mes poumons de saveurs fleurales, aériennes étonnantes. Il parait difficile de ressentir cela de l’intérieur d’une pièce et pourtant……… ! La prévenance, cette curiosité vigilante à observer, à contempler , non pas pour voir, mais pour être , est un outil merveilleux ! Nos sens ont cette générosité, nous proposant d’accueillir l’émotion sans artifice, sans contraintes ! Oser cela, c’est apprendre à mettre un pied devant l’autre humblement pour être meilleur un peu plus !

 

– Madame est servie ! Guillaume de sa voix de baryton lança « les hostilités » !

 

Nous étions douze à table, quelques membres de la famille s’étaient joints à nous , provoquant plan de table , vaisselle de porcelaine, verres en cristal de Bohème…. et repas interminable ! Père présidait en bout de table, à ses cotés Mère sur la droite et tante Éléonore sur la gauche. A l’autre extrémité, les enfants plus petits avaient pris place, leurs bavardages s’étaient, soudain tus, leurs regards fascinés par ces timbales d’argent étincelantes portant leurs prénoms. Jusqu’à nos dix ans, une timbale d’argent gravée à notre nom, nous était offerte, témoins de notre enfance, de notre innocence ! Mére m’expliqua, qu’elle voulait ainsi souligner l’importance de chacun au sein de la famille . Mère fit un geste, discret, de la main, Guillaume commença le service. Entrée froide, entrée chaude, plats en sauce et volaille , légumes de saison, un défilé bien ordonné , plus fait pour impressionner, que pour éveiller les papilles !

Les discussions étaient faites de mots s’emmêlant en tous sens, de rires contenus et de mastications plus ou moins bruyantes . Nous parlions en face à face, de coté , en parallèle ou en biais ,accompagné d’un concert étrange de couverts et verres. Un joyeux tintamarre que Père ponctuait de sa voix roque quand il était un peu bruyant ou que le sujet l’interpellait . Le déjeuner terminé, certains attendent, déjà le goûter, d’autres errent en quête du meilleure fauteuil qui accueillera leurs siestes ! Quand à Tante Éléonore, elle quitta la pièce rouge de honte, après « un bruit de gorge » suivi d’un pet fâcheux, preuves involontaires de sa gourmandise, d’un début de digestion . J’en ris , encore, de la voir déserter les lieux de la sorte . Nous ne la reverrons, suite à cet incident , oh combien naturel ,qu’en début de soirée, s’excusant encore et encore de son inconvenance Clémence et Sophie mes cousines, jumelles de surcroît, se sont endormies sur le canapé, une poupée dans les bras. Je souris les voyant apaisées, leurs robes de dentelles , tachées ici et là de sauces et de crème patissiére.

Père s’est retiré dans son bureau pour mettre de l’ordre à ses affaires . Je le devine déboutonnant son col de chemise tout en griffonnant ordres et mémos pour les jours à venir. Il a du se faire servir un alcool et allumer un cigare , une habitude plus qu’un plaisir . Mère brode nerveusement, dans le salon ,traduisant par des murmures ,qu’elle seule comprend, son impatience de pouvoir prendre le frais dans le jardin .Pour cela et par convenances, il fallait qu’elle fut accompagnée. Mais au vues de l’état de la tablé , les propositions se faisaient attendre d’où cet agacement !

Du charme du moment, je goûtais la simplicité ! L’instant est fait de ces surprises sur nous mêmes, de ces solitudes détachées se risquant à une attention particulière !

Observer cela ! Non, dessiner le, humblement, en pensées bienveillantes pour en apprendre chaque couleurs avec authenticité et sincérité !

Manque à ce tableau, Marie-Louise ! En quelques minutes, discrètement, elle s’isole ! C’est dans la bibliothèque, que nous retrouvons en un silence monacal , une grande pièce rectangulaire avec une entrée presque secrète, sur trois de ses murs, un meuble bas d’un seul tenant,supportant un ensemble d’étagées, frôlant le plafond . Sur chaque niveau de hauteurs inégales, en rangs serrés, nombre de livres , traitant des sujets les plus divers, guettaient entre ombres et lumières, l‘esprit curieux qui osera les saisir. Un bureau, quatre fauteuils, quelques bibelots et tableaux complètent le décor . Une atmosphère tranquille, lumineuse où le silence, la paix s’impose comme une évidence !.

Pendant que je parcours quelques philosophes questionnants et inquiétants, elle entame son rituel. Sur l’écritoire préalablement débarrassé, elle s’installe en liberté , en sa liberté! Elle pose son carnet de Moleskine sur la droite, puis quelques feuilles blanches au centre, une bouteille d’encre noire sur la gauche et enfin son plumier ! Oh ! Il ne s’agit pas de cette plume d’oie grattant autant le papier que le nez , mais d’une plume de fer , de forme triangulaire, une petite boule en sa pointe, le tout monté sur un simple morceau de bois !

– «  je n’ai nul besoin du plus bel outil ! Disait elle, mais d’un outil modeste. Sa modestie me transmet l’humilité des mots forte, fragile entre virgule et point d’exclamations! Les mots n’ont de sens qu’en cette vérité, non celle que l’on invente pour nous faire plaisir, mais celle qui s’additionne lettre par lettre, mot à mot en une succession de visions, d’observations authentiques, pures, impartiales.»

A la regarder, il y a , là, une force particulière. Ces gestes sont absents, les murs frissonnent ,les choses sont comme figées. Moi-même, je sens ma respiration, mes pensées s’évanouir! Soudain, les secondes ralentissent le pas, comme pour donner l’exemple . Le silence, déjà bien présent, se fait plus discret encore. l’instant s’abreuve de tout cela, l’addition des mots , de ses mots peut commencer ! L’étonnant côtoie l’évidence, l’absurde défie la sagesse ! Le temps se tait, laissant l’arabesque d’une lettre s’épanouir en un instant magique !

D’un geste lent et précis, Marie-Louise dirige sa plume vers l’encrier. Celle-ci plongera au tiers de sa hauteur, ni plus ni moins, lui évitant, ainsi tous dérapages d’encre involontaires et des pleins ayant de l’embonpoint ! Méthode enseignée par Sœur Geneviève , elle même «  taquinait » le verbe entre deux prières ! Mais , cassant l’harmonie du lieu, de cette respiration commune, Marie-Louise d’une voix défaite s’écria stupéfaite :…..

– Ma plume est sèche ?!!!!

Deuxième essai !

– Effectivement, ma plume est sèche !

Après vérification, il s’avère que l’encrier est vide! Marie-Louise s’écarte du bureau , ouvre le tiroir central, pour y prendre sa bouteille d’encre de réserve .

– Diantre ! Je suis maudite ! Elle aussi est vide !!!!!

 

Une étrange émotion se lit, soudain, sur son visage ! Plus l’énigmatique mystère de ses bouteilles d’encre vides s’emparait de son esprit, plus sa lucidité se diluait dans l’irraison. Entre incompréhension et désespoir, chacun de ses traits, de son regard perdu à ses joues rougissantes traduisait le passage d’un constat inconcevable à une colère muette . Il y avait , surtout, pour moi spectateur, l’absence de bon sens et de réflexion.

L’instant devint, alors, ignorant !

 

C’est à Élias ,qu’avec l’humble respect de l’apprenti et sa permission, je laisse la conclusion. Lors de nos discussions, il n’a de cesse de me répéter :

– C’est dans l’instant que nous sommes égoïste ou généreux, dans l’instant que notre haine surpasse l’affection, dans l’instant également que s’étale notre vanité écartant l’humilité naturel de notre esprit ! Accueillir la joie, la compassion, nous accueillir nous mêmes tel que nous sommes, se détacher du regard de l’autre c’est combler l’abîme entre nous et l’instant! Notre vraie nature n’est pas autre chose qu’un instant pur qui n’est déjà plus ! Oser, avec lui, côtoyer le bonheur est un défi !

 

 

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence!)

Photo de VB

Début

Je commence ici, ce que j’aurai du débuter depuis longtemps . Il y a , dans cette nouvelle plume, certainement une raison pratique, mais en mon esprit, bien plus de cela !

« irraisonnablement » ! voilà ma première reflexion . Ce mot m’est arrivé sans hasard, comme une évidence offerte ! Est il un chemin ou cette barriére empechant tout ? c’est une bonne question, me dirait Elias, Il te faut, maintenat y répondre en une additions de pensées reflechies et d’actes posés !

L’habitude, nos quotidiens nous instruisent, c’est une bonne choses, quand l’équilibre, l’impartailité, l’humilité nous guide. Mais il ya , trop souvant, dans une consternante illusion du «  Tout est écrit ! » , les pas singuliers de l’abandon, si simple à suivre.

L’irraison ! Drole de mot pour ne pas dire «  folie » ! La folie est, peut etre une maladie que bien des de savants médecins définissent avec moulte démonstrations et formules adéquates ! Nous acceptons cela, sans y preter attention, sans ce début de compassion nous menant à une saine reflexion ! Cette folie n’est ce pas cette irraison qui nous fait grandir, murir autrement, ailleurs en un étrange équilibre ?

J’opterai pour la deuxiéme solution ! En chaque etre sensible, il y a un monde ! Un monde différent attrayant qu’il nous faut appréhender avec justesse. Il nous faut pour cela, confier notre «  plus profond » ce sentiment unique, de partage, de compassion et d’amour. S’oublier une temps pour lui , à cause de lui, acte de confiance pur!

Extrait « Tes mots « 

Philippe De Frémontpré

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