Archives pour la categorie ‘Poémes sagesse’

Bien faire !

«  Bien faire et se tenir en joie ! »

Spinoza

C’est au cœur à cœur que nous devons aspirer ! Pourquoi se priver de la joie immense de cheminer, ensemble , pour façonner un remède à la souffrance ! Que l’on m’explique !

Nos différences physiques, intellectuelles, spirituelles sont cet assemblage unique où l’humanisme, dans ce qu’il a de plus noble, de plus audacieux, de plus partagé en son authenticité, est le ciment . Nous avons, toutes et tous, cette ambition, au profond du profond de nous même, de regarder le monde avec émerveillement, mais surtout d’y faire entrer ces bouffées de joies pour l’autre et à cause de l’autre. Comment ne pas avoir cette conviction ?

Aurions-nous peur , de nous même où de cette sainte image que nous construisons, non pas pour être l’Autre humblement, mais comme les autres, bref faire taire notre différence ? Observons-la cette image ! Préjugés, comparaison, emprisonnement dans le regard d’autrui,violences, déséquilibre permanent, pessimisme, jalousie ….. en un mots : souffrances !

C’est alors, qu’au lieu de nous atteler à cette merveilleuse tache d’Être tout simplement pour l’autre et à cause de l’autre, nous entrons, bien souvent, en conscience dans le jugement, la condamnation, la haine ! Un chemin que je définirai comme ceci ( merci à Kafka auquel j’emprunte et modifie ses mots) :

«  La haine est un prodigieux manque d’imagination ! »

Philippe De Frémontpré

Apprentissage

Bonjour à toutes et à tous,

Ne pas être la maladie ! Ces mots ont été pour moi une révélation, j’ai eu beaucoup de joie à les méditer, à les partager, à les vivre ! Oui beaucoup de joie !

En dedans les murs blancs de ma chambre, bien sur, la souffrance était là , les remèdes ne sont pas anodins. Mais il y avait cette petite phrase, vous savez , comme le tournoiement du morceau de bois sur les bords d’un bol tibétain, à la fois apaisants et attentionnés. Ce son particulier m’emmenait en la réalité de l’acceptation de la souffrance, mais aussi au delà, là où la joie s’impose avec compassion et sagesse. Je compris que ce mal n’était qu’une compagne de voyage plus ou moins encombrante. Il ne fallait pas l’ignorer, ou mettre ses pas dans les siens, mais juste l’observer, l’appréhender pour ce qu’elle est ni plus, ni moins ! «  si il y a une remède pourquoi s’inquiéter ….. vous connaissez tous cette citation !

Peu à peu , la joie prenait le dessus et la partager aux gré des jours et de mes séjours hospitaliers avec mes proches, le personnel médical me parut essentiel autant pour moi que pour eux , et je dirai même plus pour eux ! Quoi de plus merveilleux que de rire, avec ses enfants voyant un matin mon crane complétement chauve, quoi de plus revigorant que d’accrocher un sourire sur le visage d’une aide soignante dont le fils pose problème. Un matin, après une journée d’examens divers et bizarres, un médecin est entré dans ma chambre, m’annonçant , non sans une certaine gravité, ma récidive . Quel fut sa surprise, mais aussi la mienne je l’avoue, quand je l’interrompis par : «  et ? » suivi de «  et vous comment allez vous ce matin ? » tout cela aux dires de l’infirmière avec un large sourire ! Je vous passe les suites de cet entretien, mais j’en garde, malgré les circonstances un souvenir joyeux et ce fut pour moi un vrai et puissant apprentissage .

Je ris ! Tout cela pour vous dire : «  Osez la joie ! »

Philippe De Frémontpré

La discussion

à VB, à son inestimable courage !

La discussion.

Il y a peu, dans un dialogue écrit, mon interlocuteur fit allusion à «  ma peur ». En ce domaine, je ne sais pas grand chose, j’observe et j’apprends ! Chaque jour, mon pas se pose sur le chemin avec la bienveillance, la curiosité de l’apprenti, mais aussi avec cette crainte de trébucher.

Chaque pas, chaque mot, chaque acte ne sont que des propositions soumises à l’observation , à la réflexion de l’esprit et par là même à la discussion. De cette démarche, il arrive , parfois que l’émotion franchisse la frontière invisible menant à une souffrance étrangère.La peur ou plutôt les peurs peuvent, alors s’installer en moi comme en chacun d’entre nous ! La vigilance, l’attention sont , alors, les merveilleux outils indispensables pour Être , soi même et non cette souffrance !

La peur n’est elle pas le meilleur des apprentissage, quand elle nous propose, à ses dépens, la noble compassion ?

Philippe De Frémontpré

Un monde juste

Un monde juste

Une étoile, fut elle la plus scintillante, ne fait pas la voute céleste. Un grain de sable, fut il le plus rond, le plus poli par les flots, ne fait pas une plage. Une fleur, fut elle aux multiples couleurs, ne fait pas une prairie. Un sage, fut il des plus érudits, ne fait pas l’humanité !

L’équilibre , le juste et noble équilibre se nourrit de nos différences. Comme les étoiles additionnent leurs clartés pour dessiner nos voyages, comme ces gros rochers roulant jusqu’à la mer pour devenir le compagnon de nos douces paresses, comme ces grappes de jaune, de bleu ou de rouge se mariant au tapis vert en une belle saison, il ne peut y avoir d’humanité sans l’autre ! Quel que soit l’angle, quel que soit la facette, l’autre reste la seule cause à défendre .

Être vrai , au plus profond du profond de nous mêmes, se résume à cela : L’autre est la seule cause à défendre .

Osons cette noble observation, osons cette noble réflexion, osons l’acte juste pour un monde juste , rien de plus, rien de moins !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

La Vie .

J’aime lire ! La lecture est un monde, non pas où l’on se replie, où l’on s’isole, mais un monde où tout se propose, tout ose, tout s’éclaire ou s’assombrit. Au delà du partage, de ce dialogue intime avec l’auteur, le récit est une addition qui nous révèle au silence, à la patience, à l’attention ! Très bon exercice, me dit Elias, même si, parfois le texte nous apparait sans grand intérêt ! C’est dans la manière d’appréhender la force ou les faiblesses des mots, les beautés ou les maladresses de leurs additions, dans cette attention , malgré tout ,utile et respectueuse que nous trouverons les bienfaits de cet apprentissage .

Il y a quelques minutes, j’écoutai un livre ! Oui j’écoutai ! Bien que je préfère le touché du papier, le livre électronique, le livre audible m’offre une autre approche de la lecture ! Pour revenir à ce déchiffrage de mots, une phrase m’apparut comme un essentiel , je vous la livre :

– La Vie n’est pas une rivale, mais une alliée !

Au delà de nos différences, n’est il pas heureux que nous en ayons ? , la Vie est ce qui nous est commun. Elle peut nous sembler injuste, cruelle, difficile, intraitable que nous en oublions sa douceur, sa compassion, sa beauté ! Nous avons plus conscience des conséquences nocives de nos pensées, de nos actes malfaisants …… enfin plutôt ceux des autres, mais tout cela est ce vraiment la Vie ?

Chaque matin, je suis émerveillé par ce jour qui se lève. II y a dans le «  vacarme » de l’aube ( rires), comme un rappel à ce qui est beau, simple, humble ! Cette simplicité est comme un puzzle où chaque pièce est indispensable à l’image, où chaque forme de vie apporte son absolu ni plus ni moins. La Vie est un enchainement de petites vies, de petites vies mais de grandes importances. Accepter cela, c’est laisser une chance à la joie, au bonheur. Les atrocités, toutes ces nocivités que vous ne manquerez pas de me rappeler, il me semble inutile, dangereux d’en inculper la Vie . Nos comportements, nos soifs d’éphémères , nos modèles de vie portent leurs responsabilités, cela aussi, il nous importe de l’accepter .

Faire de la Vie une allié, c’est accepter ce que nous sommes……….de simples maillons de quelque chose de plus grand, de plus noble,de plus joyeux !!

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Nos tourments.

Nos tourments.

Que pèse les tourments du jour ? Se poser cette question , presque chaque matin, comme un crainte qui rythmera nos secondes, nos minutes !

Apprendre l’apaisement, apprendre la liberté ! N’est il pas plus utile de multiplier les joies pour se détacher de toutes ces addictions que nous n’osons pas avouer !

Au cours d’une de mes lectures, ces phrases m’ont interpellé « : Notre intelligence nous présente , sans cesse, l’image des périls innombrables qui nous menacent et l’anxiété devient la dominante de notre humeur ! » ( Arthur Schopenhauer ) Terrible constat n’est ce pas !? Plus terrible en encore car fait au milieu du dix neuvième siècle et tellement, tellement d’actualité ! Il semblerai que nous soyons dans l’incapacité d’envisager la joie «  comme dominante de notre humeur » ! Bien sur, nous construisons de bonheurs éphémères, des plaisirs temporaires, nous arrivons même à les partager, mais inexorablement nous revenons à cette anxiété. Certes, les circonstances sociales, l’environnement nous plongent dans une amertume, une colère que nous justifions , trop souvent, par le défaut de l’autre. Voltaire rejoint Schopenhauer quand il écrit « : La vie nous mène et se moque de nous ! ». Cette moquerie est un fait quand nous réduisons l’Amour universelle à un rêve utopique, quand l’attachement à notre individualité l’emporte sur tout, quand au détriment de la compassion pure nous préférons l’apprentissage de la haine !

La Vie ne nous demande pas de haïr, mais d’Être au milieu de la fournaise, un havre de paix, de sérénité, de joie pour l’autre et à cause de l’autre. C’est, peut -être ,en allant au delà de notre vraie nature , en un détachement total de nos égoïsmes et de nos peurs , que la joie pure sera ce noble bonheur partagé.

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

Cette merveilleuse chance .

Cette chance merveilleuse

Nous sommes , dans un temps, où il est difficile de poser nos mots, de les proposer simplement à l’observation, à la réflexion, à l’écoute . Ces deux derniers mots sont si essentiels ! Ils ont en eux, ce qui ouvre l’esprit, ce qui fait battre le cœur , ce qui conduit à la Paix intérieure et extérieur , ce qui fait de l’autre et j’ose dire de soi même de merveilleux compagnons de route !

Prompt à occulter ce qui ne nous plait pas, ce qui ne nous intéresse pas, ce qui ne nous profite pas, nous envisageons la réflexion comme une perte de temps et l’écoute comme une faiblesse. Pire que cela, nombre d’adeptes des réflexions simplistes décernent à celles-ci la médaille de la certitude et l’oscar de la vérité . L’écoute, en ce cas , ne tient pas plus que deux mots ou plutôt deux sons, tant il semble inutile d’aller au delà.

Chaque jour, je suis attristé de lire, d’entendre tant de mots, tant de paroles qui n’ont en réflexion que la haine, la jalousie, l’égoïsme. L’autre, la nature, notre environnement sont devenus des prétextes. Prétextes à haïr, prétexte à violenter, prétexte à détruire, non pas seulement les biens communs, mais cette belle et noble idée que chacun est respectable parce qu’humain ! Je n’ai pas la naïveté de croire «  que tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » mais je n’ai pas non plus cette certitude que celui-ci est coupable parce qu’il blanc ,bleu, rose, vert ou rouge ! Si nous prenons le temps d’observer, nous avons l’autre en ligne de mire, cela résous tant de problèmes , n’est ce pas ?! Nous fabriquons des coupables, alors que nous le sommes nous mèmes ! Nous ruminons nos colères au lieu de leurs opposer des remèdes . Nous marchons sur la tète en hurlant que nous avons mal aux pieds !

Nous avons cette chance merveilleuse de pouvoir observer et réfléchir, mais surtout, de nous parler dans nos foyers, dans nos quartiers, nos villes et nos campagnes .Osons cela humblement, avec volonté et attention, pour qu’en chacune, en chacun la Paix se construise , car sans cela il n’existe aucune liberté !

Auriez vous de l’encre ?

Auriez-vous de l’encre !

 

Me promenant, comme très souvent le matin dés que le jour se lève, je pris ce chemin maintes fois arpenté. La terre est sèche, le sentier est fait de ces petits gravillons roulés par les pas des hommes, si agaçant quand on traîne les pieds ( rires). Sur les cotés poussent , en un désordre frénétique, arbres, arbustes, fleurs et ce que l’on appelle communément « mauvaises herbes » .J’aime ces allées sauvages où la nature prend ses aises, pour parfois offrir de magnifiques spectacles. Par endroit, les branches forment une voûte ,le vent, la pluie, le soleil jouent , alors selon les saisons , apportant fraîcheur et ombre comme une intimité particulière où les pas font silence pour que les pensées s’apprivoisent lentement, humblement. Quand l’arcade s’arrête, je retrouve au prés, quelques chevaux comme des amis de longue date. Ils s’approchent sans crainte, je plonge ma main dans ma poche, ils suivent mon geste….en effet, je ne pars jamais , sans emporter une carotte , quelques morceaux de pommes ou de sucrerie. Face à face étrange, le silence semble traduire nos pensées, je souris, ils soufflent puis s’éloignent doucement. Je reprends ma marche, peut être, plus joyeux de ce moment serein, mais bientôt, après ce virage sur la gauche, la piste finie pour devenir une allée « entretenue » ! les bas cotés ont été fauchés, hum ! l’odeur de l’herbe fraîchement coupée quand la rosée ajoute sa note !!!!! puis quelques bancs installés au hasard, là , à la croisée de chemins, ici , à l’ombre d’un saule. Ce ne sont qu’un plan de pierre polie pour assise auquel on a ajouté un dosseret et accoudoirs de bois.

C’est sous le saule, que je vis ce Monsieur. Assis, il griffonnait sur un carnet de Moleskine, comme ceux que j’utilise. Je le saluais d’un bonjour qui se voulait discret pour ne pas interrompre son addition de mots. Il leva la tête, me regarda et dit :

– auriez vous de l’encre ? Je suis en panne d’encre, mon stylo ne veut rien savoir et j’ai tant de mots à écrire !

Je fus surpris par la question , mais surtout par ce ton désespéré, faisant de ma réponse à venir une délivrance ou une sentence !

– Vous me voyais navré, Monsieur, je n’ai que ce crayon de bois et mon carnet ! Mais , je peux retourner chez moi, prendre la bouteille d’encre de dessus mon bureau et vous la ramener !

– auriez vous de l’encre ? Les mots s’effacent dans ma tête ! Dit il à nouveau.

En regardant son carnet de plus prés, je vis toutes ces pages blanches et cette question revenant sans cesse : – auriez vous de l’encre ?

Soudain d’un pas pressé, une Dame apparue de je ne sais où Elle me sourit et s’adressant au Monsieur lui dit :

– Viens, Jean ,on rentre à la maison .

L’homme se leva, me demanda une fois encore de l’encre, mis son carnet dans sa poche et au bras de la Dame s’éloigna

Je pris sa place sur le banc et avec mon crayon de bois écrivis ces quelques mots ! Depuis, je ne pars , jamais sans une carotte , quelques morceaux de pommes ou de sucrerie et un petit flacon d’encre noir !

 

Philippe De Frémontpré

Simplement écouter !

Simplement écouter !

Avez-vous remarqué la difficulté que nous avons d’écouter, oui simplement d’écouter ?

Il y a dans cette attention, comme de l’estime pour la nature, l’interlocuteur, nous même ! Nombre de philosophes, d’écrivains, de religieux se sont penchés sur cette notion d’écoute et se sont attachés à démontrer sa difficulté et son importance.

Combien de fois, lors de mes ballades, l’écoute de cet environnement proposé m’est apparu comme essentiel, indispensable. C’est, peut être là , le plus bel hommage à la nature, mais aussi la plus humble des attitudes .C’est faire partie d’un tout où chaque pas, chaque chant d’oiseau, chaque souffle du vent, chaque feuille qui plane ,est une note sur une partition, une respiration.

On souhaiterait la même présence, face à nos semblables, pourtant cela nous apparait si difficile, voir impossible. Respecter les sons, la parole qui nous arrivent, accueillir les mots, les entendre en ce qu’ils sont et non en ce que nous voudrions qu’ils soient, que nous les dessinions ou pas de même façon,les entendre tels qu’ils sont, vous avouerez, comme moi ,que la partie n’est pas gagnée ! Dans nos sociétés, prendre le temps de l’écoute est du temps perdu, voir une faiblesse ,au pire le signe évident que l’interlocuteur est du «  coté obscure » c’est à dire fatalement contre nous.

Oui ! Dés les premiers mots, la phrase à peine construite notre jugement est fait et depuis longtemps. Interrompre l’autre avec force devient la démonstration de notre «  vérité ». La patience nous quitte, on se nourrit de phrases incomplètes et d’arguments inadaptés, s’imaginant dés la première syllabe que nous avons tout compris de ce qui n’est pas encore énoncé !

Nous avons , tous, vécu cela ! Écouter et entendre, c’est à la fois considérer autrui mais aussi repousser au loin la haine et l’ignorance.

Philippe De Frémontpré

(Méditations)

Colère.

Colère !

Ressentir ce moment où toutes résistances s’effondrent, où l’équilibre se rompt comme emporter par une vague trop grande, trop haute, trop forte, avoir conscience de l’instant mais perdre pieds quand même !

La colère ne se propose pas à la réflexion, elle nous bouscule, nous entraîne aux limites de la haine, fait naître de mauvaises pensées, nous incite à l’acte nocif ! Nous connaissons , toutes et tous, son cheminement, ces petites raisons qui nous disculpent, ces regrets qui nous font si mal ! La colère disperse la souffrance comme le paysan sème le blé, mais sur ces terres arides rien ne pousse ! Nous caressons l’espoir d’un oasis de raisons, de prétextes justifiant cet excès, cette folie, mais là encore rien, si ce n’est quelques plaisirs bien vite évaporés !

Le bonheur nous est commun, ancré en notre profond du profond, nous le savons ! La recette est si simple : Observer , apprendre , comprendre humblement, avec cette impartialité pure qui fait grandir la joie et mûrir la compassion ! Être utile pour soi, à cause de l’autre et pour l’autre !

Tout cela nous appartient , alors Osons !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

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