Archives pour la categorie ‘Poémes sagesse’

la surface de l’eau

«  Comme une lettre, écrite du bout du doigt, à la surface de l’eau ! » Matthieu RICARD
 
Quelques mots additionnés, simplement et pourtant….C’est en traversant cette phrase que ma lecture en fut interrompue. Il est parfois de ces assemblages , où l’image vous vient instantanément, où l’émotion vous gagne, où la réflexion s’impose sans précipitations.
 
Ne décrie-elle pas, avec humilité et beauté, l’instant présent ? Je l’ai savouré avec gourmandise, je l’avoue. Cette gourmandise remplie de joie qui nous assaille avec bienveillance, qui nous assène à grands coups d’évidences la noble et juste nature humaine.
 
Comment après cela, ne pas apprendre, ne pas comprendre ? Oh ! Bien sur , ces mots sont entourés d’un contexte particulier, d’un enseignement où l’esprit se désapprend, où nous sommes ce doigt effleurant la surface de l’eau, où l’instant se confond puis s’absente.
C’est un moment de paix, où en sa force, la compassion s’expose et ose , une expérience exigeante, vigilante en l’apprentissage de soi.
 
Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Les mouvements de l’esprit.

 

 

 

Prendre conscience des mouvements de l’esprit !

Dans cette attention à soi, il y a l’observation unique de s ‘approprier, sans attachements, le défilement ininterrompu de nos pensées. De les regarder avec compassion, les approcher avec impartialité, considérer leurs faiblesses, intéresser à leurs force ni trop, ni trop peu. C’est un instant où l’on ne s’inquiète pas, on ne se préoccupe pas. Il nous faut parcourir ce chemin en passager. L’esprit peut, alors, se soucier de telle ou telle souffrance, la prendre à bras le corps et en rechercher les causes. C’est dans l’apaisement de l’esprit que bien des portes s’ouvrent, bien des nuages s’évaporent ! Il nous est, alors, possible d’oser , de se laisser être !

Une proche me parlait  « de bouillonnement dans sa tête » et j’avoue en avoir ri. J’espère qu’elle me pardonnera ! Pourtant, combien d’entre nous ont eu ce sentiment d’un foisonnement tel, que notre tête va exploser !

Aux regards de ce fleuve intarissable de pensées, qui nous agresse, souvent, notre égo est super actif, nous offrant la futilité de l’éphémère, la bêtise de l’inutile, l’irrationnel de la haine, la folie de l’ignorant !

L’équilibre juste est en cette respiration du corps et de l’esprit engendrant l’apaisement, compassion, la liberté !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Réalité

 

 

 

Réalité ?


« Ce n’est pas la réalité qui nous trouble, mais l’opinion que l’on s’en fait » Epictecte

Il nous est arrivé, à tous, de pointer l’horizon, un but à atteindre où simplement le jour qui se lève et d’y chercher une cause à notre mal être, à notre tristesse. Pourtant, à bien y regarder, les nuages, le soleil sont dans leurs quotidiens, les uns traçant, à notre regard, le début du ciel , la fin de la terre, ou pour les autres à être ce point au bout du chemin. Mais comment observons nous tout cela ?


Où plutôt, comment habillons nous tout cela ? La réalité ne souhaite qu’un regard attentif . Nous avons la « fâcheuse » habitude de la colorier de nos craintes , nos désirs , nos préjugés de toutes ces émotions qui , nous le croyons avec force, sont les reflets du monde. Ne s’agirait il pas, de « notre monde » ? Comme sur une étagère à confitures, nous étiquetons, les pots à notre convenance. Cela est bien plus commode, n’est ce pas ? Travestir la réalité pour le confort d’y trouver , en dehors de nous mêmes, les causes de nos regrets , de nos souffrances.


La satisfaction qui en résulte est de courte durée. La peinture s’écaille, le mur de nos certitudes se craquelle ici ou là ! Nous bâtissons trop de châteaux de sable , qui à la première vague disparaissent……Nous faisons, bien souvent abstraction de l’observation, de la réflexion, négligeant l’environnement, les circonstances et les conséquences. La réalité souffre de nos égoïsmes, de ce « bien penser » ordinaire qui s’absout de toutes contraintes de tous regards de l’autre !


Ne fermons nous pas la porte à l’humain ?

 

Cette réalité, qu’avec tant de couleurs, tant de tours et de détours nous essayons de fuir, nous en sommes les fabricants. Nos défections quotidiennes, nos indécences envers l’autre sont autant d’horizons qu’il nous faut cachés………Depuis la nuit des temps nous sommes les producteurs et acteurs de nos propres souffrances et nous dépensons une énergie folle à vouloir n’être que des spectateurs offensés !

 

Si nous devons être des passionnés, soyons des passionnés de la Vie et j’ajouterai même avec excès ! Bâtissons notre réalité pour l’autre et à cause de son bonheur !

 

Philippe De Frémontpré
( A respirer la Vie )

Le passant

Si l’on considère, la définition du mot «  passion », on s’ aperçoit que cette, voir ces définitions sont bien éloignées de ce sentiment profond qu’est l’amour véritable. L’attachement forcené à l’amour mène fatalement à la colère qui est, à mon sens, l’image la plus grave de la passion. Il y a dans ce mot, dans cette attitude passionnelle comme un asservissement de l’autre , de soi même. Cet enthousiasme que l’on déploie, envers et contre tout, nous entraîne vers des jugements partiaux, des soumissions volontaires, une certaine corruption de la pensées et des actes !

Il importe, à mon sens, d’observer la pensée et l’acte non pas exclusivement à leurs éclosions , mais d’étendre notre vision à leurs environnements et à leurs conséquences, . Mais, cela ne peut se faire sans une juste impartialité et un juste détachement. La vigilance est à l’évidence, une nécessité sage en notre apprentissage . Elias a cette phrase : «  Être le passant ! Se dissocier de soi pour inspirer ce sentiment de bonheur pour l’autre et à cause de l’autre et aussi pour soi-même »

Être le passant n’est , en aucun cas, une neutralité passive qui nous laisse en dehors de tout, à coté de tout. Au contraire «  se dissocier de soi » , prendre, l’instant pour l’observer, l’émotion pour ce qu’elle est, ni plus ni moins, permet à l’équilibre, le juste équilibre d’apprendre , de comprendre en conscience et d’agir en toute sérénité ! Notre Paix intérieure passe, implicitement, par notre libération d’esprit c’est à dire par notre capacité à échapper à nos illusions, à nos désirs, à toutes ces distractions éphémères !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie)

Randonnée

Randonnée

Quatre saisons font une année,
Une somme d’instants additionnés.
Un printemps plein de senteurs,
Un été réchauffant les cœurs,
Un automne où tombe la pomme ,
Un hiver et son drôle de bonhomme !

Les souvenirs tissent, en nos esprits,
Des images déjà parties.
Pourtant, on essaie par tous les moyens,
De les retenir par la main !
Mais, doucement, ils s’évanouissent,
Où simplement ils ternissent.

Nos cœurs ne sont pas des musées,
Ces salles froides aux couleurs accrochées.
Ne laissons pas en ces couloirs hantés,
Se promener fantômes et farfadets.

Sachons voir l’essentiel quant il s’invite,
Ce présent bienveillant, respirons le vite-vite !
En un juste équilibre,
Osons Être libre !

Une liberté qui ne nous appartient pas,
Mais qui dessine l’autre et prend son pas !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence )

Lettre à Elias

 

 

 

Lettre à Elias.

 

Je m’enrichis de nos conversations, non pas comme on amasse une fortune, mais juste en ce partage d’émotions, de réflexions, d’expériences.

Il n’est nul besoin de se presser, inutilement, pour franchir, je ne sais quelle ligne d’arrivée. Oser le temps, prêter attention à ce qu’il est , à ce que nous sommes au profond du profond de nous mèmes. Avoir l’audace bienveillante de l’observation, de l’apprentissage, parfois de l’affrontement. Avoir l’impartialité de la compréhension de l’autre pour Être, simplement Être !

Avez vous ressenti la joie de l’humble quand l’équilibre se fait , juste un instant ? Elle me submerge à entendre votre voix, à apprendre votre chemin, à comprendre vos chagrins.

Il me revient, ce jour particulier où votre corps ne vous laisser pas de repos. Ma venue, soudaine, vous avez irritée, je le ressentais en moi . Je vous avez préparé du thé et une petite collation. Assis dans votre fauteuil, un livre sur les genoux vous sembliez, ailleurs! Votre respiration était à l’unisson de ce silence qui s’installait. Oui ! Comme vous le dites , souvent, le silence est une pipelette parfois , mais là, sa présence était presque palpable comme une pensée humble qui observe le temps et l’espace. Je regardai votre visage , essayant de déceler un mot, une phrase à venir, elle fut celle -ci «  Soit attentif !…écoute ! » j’en fus surpris . Un entretien silencieux commença. Nos souffles de concert rythmèrent cet étrange voyage. Mon regard ne pouvait se détacher de vous , pourtant, en ce moment j’eus cette sensation forte , très forte en moi, de votre fusion d’avec l’instant. Il y avait là une intensité telle que la seconde à venir n’existait pas, qu’un lien d’une affection profonde,pure, se révélait à moi, comme pour me rassurer, m’envahir de compassion et dissiper mon inquiétude.

Je dus, pendant de longues minutes, «  remettre sur le métier «  ces images. Les appréhender dans leurs force, les comprendre dans leurs réponses, les aimer dans leurs couleurs. J’avoue que cela me perturba, un moment, un court moment… il me vint alors les paroles d’une chanson … « Quand on n’a que l’amour , à offrir en partage ….. »

Il me tarde de vous revoir, en meilleur santé , j’en fais le vœu. Que le bonheur guident mes pas à ne jamais perdre votre chemin !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

«  Je te respire …. !

 

«  Je te respire …. !

 

«  Je te respire …. ! » Une inspiration du corps autant que de l’esprit. Une observation de l’autre, de soi, un apprentissage de l’instant.

 

«  Je te respire …. ! » Une confession , peut être, une attention, sûrement ! La rareté d’une humble dépendance, où l’évidence naît d’un souffle !

 

«  Je te respire…. ! » Une pensée folle, comme on ouvre une porte, essayant d’apprivoiser une nouvelle liberté !

 

«  Je te respire …. ! » Un cheminement où la souffrance ose la paix, où l’amour inspire la joie.

 

«  Je te respire…… ! » L’attention renouvelée, en vigilante compassion.

«  Je te respire … ! » Que serait l’humanité sans ce souffle, sage, généreux, compréhensif ?

 

Il y a, tant de pensées, tant d’actes que l’on peut additionner , pourtant «  je te respire… » me semble la plus belle expression de l’affection,de la compréhension, de ce besoin de l’autre ! Oh ! Non pas comme une addiction, mais une chaleur bienfaisante où Être n’a de sens que pour l’autre et à cause de l’autre !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie )

Respiration

 

Respiration.

Bien des pratiquants, dont je suis, découvrent avec une certaine surprise, la Paix engendrée par le souffle. Cet acte anodin presque invisible, humble en son utilité, silencieux en son absolue nécessite ! Il est, parfois , des présences ordinaires que l’on néglige, que l’on dédaigne.Dans son apparente mécanique, l’inspiration ne s’apprend plus, l’expiration ne comprend plus. On malmène ce souffle, l’encombre de fumées comme autant d’ignorances noircissant nos pensées.

Avons-nous, un instant, écouter notre souffle, porter cette vigilante attention au dedans et expulser l’éphémère au dehors ? La respiration est ce regard apaisé, apaisant sur la réalité. Oh ! Elle ne change rien ! Mais un éclairage serein apparaît ou la pensée, l’acte sont Évidence ! Apprendre le questionnement du dedans pour soulager le dehors. Être , simplement attentif à ce qui est !

La respiration est une lecture assagie de nos sensations, pénétrante en son expérience, ne niant rien de nos souffrances et de nos bonheurs. Prendre conscience de cela, c’est etre en la réalité ni plus, ni moins !

Les chemins de compassion et de bienveillance n’ont d’autres sources que ce souffle humble et sage nous permettant d’aller en la réalité en pensées , en actes vrais et justes !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Vivant !

 

 

 

 

 

Vivant !

Nos extérieures sont à l’image de ces supermarchés . Super éclairés , marquage du chemin ,couleurs chatoyantes ,connections diverses, tout y est si facile , tout est repéré, repérable…..c’est si simple . !!!!…À l’évidence, notre profond du profond de nous même, est moins attirant. Être attentif, apprendre, expérimenter, voilà ce qui devrait «  chatouiller » notre intelligence ! Nos volontés marqueraient elles de vigilances et d’audace ?   J’irai, même, jusqu’à dire,que la souffrance se présente, à nous, sous le même aspect…une simplicité tragique ! Nous côtoyons, tous les jours, cette souffrance, qui s’apparente à une banale image tournant en boucle sur nos écrans, en nos esprits. Plus elle est lointaine, plus un certain désintérêt se mansifeste ! Mais quand elle nous touche, un besoin de solitude, de non présence se crée au delà de la douleur ! On se complaint, souvent, dans un questionnement irraisonné et la valse des regrets entame, alors, sa farandole ! Chaque «  bonjour » est une épreuve, chaque «  comment ça va, » un châtiment ! On invoque la solitude comme pour «  souffrir en paix ! ».

Cette aveu d’impuissance, obsédant, nous fait oublier que l’absence de vie ne répare rien, ne change rien, mais le choix de la vie est cet élan qui nous fera franchir l’obstacle. Ne faut il pas accepter cette réalité , et sentir, ressentir autrement , regarder, observer différemment, apprendre, comprendre l’instant ? Comme Matthieu Ricard : «  Chaque matin, je me réveille et je suis vivant….n’est ce pas merveilleux ? » Il y a dans ces mots plus qu’une consolation, plus qu’une réparation pour les êtres vivants, il y a cette compassion juste qui dépasse le souvenir de la vie, la souffrance et la bêtise !

Enrichissons nos expériences en accueillant la réalité tel qu’elle est, apportons lui cette intense attention, dont nous avons besoin, pour simplement, humblement Être !

Alors !….. Respirer ! ……Rien que respirer !

Philippe De Frémontpré

( A respirer la Vie !)

 » Rien que ……! »

 » Rien que …. ! »
 
Une part de nos souffrances ne vient elle pas du fait que nous voulons penser et faire mille choses en mème temps ? Nos sociétés nous demandent de prévoir, d’anticiper, de se méfier, de regarder ici et là, de provoquer, de concevoir, de dénoncer , de hurler, d’aimer, de haïr, de voter, d’être beau, d’être intelligent , de plaire, de travailler, d ‘aller vite…….. waouh !!! waouh STOP !
Respirer l’instant ! Oser ne rien faire ou comme le dit si bien Christophe André pratiquer le «  Rien que …. » !
 
Rien que se sentir vivant, chaque matin n’est ce pas merveilleux ?
 
Quand on s’éveille au «  rien que… » les êtres et les choses ont une autre saveur , une couleur différente , comme embrasés par ce laisser être qui ouvre mille et une portes. Rien que marcher et observer son corps en respiration calme et posée, ce dehors si différent car on lui apporte de l’attention ! Une bienveillance, qui n’est pas de l’audace, mais l’évidence d’une compassion pure, d’une attention juste et vraie !
Sur le ton de la plaisanterie, Elias me dit : » ruminer n’amène que des maux de tête ! » il n’a pas tord ! Bien sur, le «  rien que » n’est pas le remède à tout ! Non ! . Il permet, à mon sens de se recentrer sur l’évident , l’essentiel, de laisser glisser et passer tout ce qui a peu ou pas d’intérêts. Nous permettre , ainsi, de revenir sur les causes de nos problèmes, de nos souffrances avec plus de calme, plus d’objectivité, plus d’attention.
 
C’est d’attention que nous avons besoin et non de vitesse ! N’est il pas préférable d’Être en l’attention que de faire attention ? Être en l’attention c’est oser le juste équilibre en l’instant pour soi et à cause de l’autre, sans craintes, sans haine !
 
Alors ! «  Rien que ?……..
 
Philippe De Frémontpré
( A respirer la Vie ! )
Haut de Page