Archives pour la categorie ‘Poémes saisons’

En mon jardin

En mon jardin .

Il est en mon jardin, un hérisson. Il ne bouge pas, ne mange pas, ne frissonne même pas et pour cause, il est en nuances de bois. Le vent, le soleil, la pluie et autres intempéries l’ont un peu abîmé, pourtant il est là ! Il est ma première image au réveil. Au delà de la fenêtre, mon regard le cherche entre herbes hautes et fougères. Une fois trouvé, me voilà comme rassuré, c’est un peu bête n’est ce pas !?

Il est en mon jardin, un couple de corbeaux sur une tige de fer, perchés ! Ils ne s’envolent pas, il ne mangent pas, ne frissonnent même pas et pour cause ils sont en nuances noires de tôles soudées. Chapeaux sur la tête, portant lunettes, ils jouent en l’équilibre avec la brise, le vent ou la tempête. Au de là de la fenêtre, je les accompagnent dans leurs danses folles tournants, tournants encore ,c’est un peu bête n’est ce pas !?

Il est en mon jardin, sur l’étagère où poussent ciboulette , persil, coriandre et aux autres herbes, un hibou. Il ne hulule pas, ne tourne pas la tête en rond, ne frissonne même pas et pour cause , il est en nuances porcelaine, les plumes peintes et le ventre bedonnant ! Il a perdu un œil de verre , reste l’autre et un trou béant, je lui ai mis un bandeau tel un pirate ,c’est un peu bête n’est ce pas !?

Approchez -vous, plus prés ! Chuuuut !!!!!! il est aussi en mon jardin, un héron, deux canards, un écureuil, une girafe, un girafon, une tortue, un lapin , une biche , tous en nuances de bois où de métal ……………mais je soupçonne ce petit monde immobile le jour, de faire la fête la nuit venue ! Chuuut ! Dés ce soir, je vais m’en assurer !

Philippe De Frémontpré

( Histoires rigolotes )

Les mots se firent attendre !

Les mots se firent attendre !

Comme chaque jour, je voulais écrire ce matin. Je m’installe, alimente ma plume en encre et ouvre mon cahier ! Rien ! Les mots semblent s’être absentés. Oh ! Mon esprit fourmille de pensées comme tout un chacun, mais celle que je vais poser là , sur ce papier blanc, où est elle ?

J’additionne les mots, je soustrais les virgules, je multiplie les majuscules et divise le voyelles ! Rien n’y fait ! Tout ce fatras m’apparaît en sa somme, sans intérêt, sans ce goût tendre et apaisant, fort et claironnant, curieux et audacieux d’un voyage à dessiner !

Je fermais les yeux, alors, et me surpris à me regarder ! – «  Redresse toi ! Prend place de la meilleure des façons dans ton fauteuil ! » Je souris , entendant en mon esprit la voix d’Elias où est ce la mienne portant à ma vigilance endormie, les bribes d’une de nos conversations.

– « Comment peux tu accueillir les mots de cette manière ? , » m’avait il lancé !

C’était un soir d’été, un de ces soirs où l’on se sent plein d’énergie. Nous revenions d’une balade où les mots avaient été banni pour une simple contemplation, mêlant respect, curiosité, humilité. Elias avait souhaité que je traduise mes impressions, mes émotions, mes inquiétudes, mes frissons sur le papier. Je me mis à la tache avec cette volonté, non pas d’expliquer pour comprendre, d’exprimer pour peindre mais juste pour l’impressionner.

Les mots se firent attendre !

Elias s’en aperçu, il eut,alors cette phrase : «  Si tu souhaites réussir cet essai, il ne faut pas vouloir ! Oui, ne pas vouloir ! , il te faut accueillir les mots avec simplicité, les laisser oser l’arabesque d’une syllabe et ainsi déposer la juste quantité d’encre qui dessinera avec précision l’émotion, la pensée, la compréhension. »

En effet, nul besoin de cette volonté farouche qui bien souvent nous détourne de la réflexion première. Laisser être, dans le respect d’un accueil bienveillant de ce qui est ressenti, de ce qui est appréhendé, de ce qui est appris !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Merci

 

La lumière faiblit !En meute, des nuages gris, dessus l’océan, masquent un soleil, jusque là, généreux et bienveillant. Le vent, d’au delà l’horizon, pousse ces cumulus, tel un berger menant son troupeau. Sans hâte, cette cohorte se répand, accompagnant le fracas des vagues,à l’assaut du rivage, en un présage d’une pluie annoncée !

Marchant sur la jetée, mon regard observe ce chien courant après une balle emportée par une bourrasque. Je souris voyant ce couple , remontant leurs cols pour affronter la pluie , tout en continuant leur promenade. Stoppant un instant, je me mis à l’écoute de cette houle s’écrasant sur le sable et glissant, en un désordre d’arabesques, pour avancer encore et encore . Je me disais : «  Quelle volonté ! A chaque marée, essayer , essayer à toutes forces d’aller plus loin, d ‘aller plus haut ! ». je m’adossais au muret de la digue, le regard perdu, l’esprit en réflexion, sans remarquer cet homme en imperméable gris, prés de moi.

Sa pèlerine se confondait avec le parapet et l’enveloppait du cou aux chevilles. Il portait un bonnet jaune dont la forme et la couleur me questionnèrent . C’est un être de petite taille, d’une silhouette plus fréquente sur les terres d’Asie qu’en bord de mer, ici au Pornichet. Les yeux clos, il est en paix, enfin je le suppose, même l’espère , tant l’image est douce, désarmante.

Je me trouvais , alors désemparer et heureux. Joyeux de cette émotion de l’instant, calme, bienveillante et désorienté par le flot de questions qui me venait à l’esprit.Il y avait là, comme un parallèle avec la météo, la chaleur d’un soleil partagé, l’arrivée de la grisaille et l’ardeur de l’émotion, l’impatience de l’interrogation.

Nous avons passé de longues minutes à partager un silence, comme dirai-je….. ?, complice, absolu ! L’esprit, je le pense, à cet faculté d’être au plus profond de soi à cause de l’autre. Cet cause qui, même en un environnement hostile, guide la paix, la compassion humblement , généreusement.

Comment se réjouir d’un moment, où l’ardent équilibre s’exprime avec une telle justesse ?

Il était temps de quitter ce lieu. Je repris mon chemin, mais avant, me tournant vers le petit homme, je lui adressais un merci empli de joie et de gratitude. Il ouvrit les yeux, me sourit et reprit sa quête ….

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

J’ai froid aux mains ! ( texte revu )

J’ai froid aux mains !

 

Du profond de mon corps, la vie s’en est allée!

Le temps est sans désirs, la nuit sans craintes.

J’entends mon cœur, parfois s’emballer,

Comme une ancienne colère qui ne peut exploser.

 

J’ai froid aux mains….

J’avoue au ciel mes méprises passées, mes regards envieux,

Mes désamours inutiles, mon ignorance hautaine !

J’emmène en bagages mes mots insensés, mes peurs enfantines,

Ces étranges souvenirs ne servant à rien !

Comme la brume, aux heures réchauffées,

Mon chemin, doucement disparaît !

 

J’ai froid aux mains !

 

Une larme, sans tristesse, glisse….

Mon regard s’épuise, mon esprit s’abandonne !

Les mots se cherchent,

Oubliant le beau le doux, le tendre,

La souffrance n’est plus, la peur s’enfuit !

Tout se disloque !

Tout se dissout !

 

J’ai froid aux mains !

 

Patience

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Ma chère sœur,

Ces griffonnages vous trouveront ils en bonne santé ? C’est mon souhait ! Il me serait insupportable qu’il en fut autrement . Frémontpré doit être au terme du printemps, l’été s’annonce t il ensoleillé et plein de promesses ?

Pour ma part, je vais bien. Le temps est à la pluie depuis quelques jours, m’interdisant ces longues promenades que j’apprécie tant ! Rien ne se perd, vous le savez, j’ai pu, ainsi approfondir quelques enseignements, et il me faut vous relater celui-ci.

Un matin, alors que j’entrai en méditation, je fut agacé, par les roucoulades d’un couple de tourterelles. Mon Maître m’observant, me tendit une feuille de papier, en demandant de traduire par un poème le contraire de mon énervement .

 

 

Patience , clarté de l’esprit ,

Ciel sans nuages,

Courage de l’humble !

Oser s’approprier la paix,

En un juste équilibre,

De la pensée, des mots, des actes.

 

Une définition, non, un remède !

Face à l’irrationnel, au malaise,

Elle est la solution !

Notre colère se dilue,

Notre respiration s’apaise,

La haine s’évapore………… !

 

 

Il nous plaît de croire que celui, tenant le bâton et nous frappant, est le seul responsable de nos souffrances !

N’est ce pas l’émotion entraînant le geste, l’ignorance dessinant la peur et le bâton lui-même qu’il faudrait blâmer ? Bien sur me direz vous, il faut la main tenant le bâton , mais la réflexion nous emmènent sur d’autres pistes !

La patience n’est pas un temps où l’on attend une réponse, voir la question elle-même !

Ce sont juste ces minutes précieuses où l’on chercher, recherche, confronte, étudie, ce qui est et ce qui n’est pas , avec cette obsession de la vérité des mots et des actes et non une interprétations guidée par une émotion quelconque, trop souvent éphémère !

 

 

Voilà, Ma chère sœur, je vous laisse à votre réflexion et attend avec impatience de vos nouvelles.

Prenez soins de vous !

Je vous embrasse,

Philippe

 

 

En lisant ces quelques mots de son frère Philippe, Marie-Louise songeait à son père. Cet homme bardé de certitudes, avait un tempérament fort, ne supportant pas la contradiction. Sa stature imposante , sa voix rocailleuse ajoutait cette impression de puissance que peu osait défier, sauf elle, peut être, à sa manière !……….

Marie-Louise De Frémontpré

( correspondances )

 

Préambule.

Préambule.

Il n’est pas, dans la vraie nature des mots, d’être nuisible. Seul, leurs additions prennent le risque, trop souvent, de la haine et de la noirceur.

Entre pleins et déliés, Marie-Louise ressentait cela. Elle portait une attention, étonnamment personnelle, à l’équilibre de chaque phrase, cherchant en son intime, l’essence d’une sensation, la justesse d’une pensée. Elle avait cette phrase « Il y a toujours une porte dans une pièce sans fenêtres, de façon que l’on puisse y entrer, mais aussi en sortir ! »

Cette émotion naquit en Juillet. Ce matin-là, l’air était frais, un banc de brumes s’évaporait à l’horizon. Le ciel ocre chavirait en une lumière bleutée et pale. L’été s’installait dans ses habitudes. Doucement, les moissons commençaient. Dans les champs, les bottes de blé mure s’alignaient, dans l’attente d’un rayon de soleil, quelques lapins égarés profitaient de la fraîcheur pour se restaurer. Les heures, patiemment, cherchaient à inventer d’autres couleurs, d’autres saveurs. Les minutes, quant à elles, engageaient de longues conversations avec le vent.

Au creux d’un chemin, au détour d’un nuage, une lettre se posait comme une évidence, comme le trait d’un dessin éphémère. Une consonne là, une voyelle ici, elles n’étaient que le reflet d’un instant, d’une sensation, d’une autre liberté ! Tout cela, donné à Marie-Louise, un étrange, mais bienfaisant, sentiment de nouveauté. Hier s’efface sans heurts, sans craintes comme une vérité qui s’éteint pour en raviver une
autre. Cette nouveauté, chaque jour renouveler, portait un nom ou plutôt, embrassait tous les mots d’aujourd’hui, de demain en quelques syllabes que chacun nomme humanité !

Marie-Louise sut, dès cet instant, qu’il lui fallait être, aux travers de ses pages griffonnées, humaine, avant tout !

Philippe De Frémontpré
Au-delà de l’innocence

Souvenirs d’automne.


Souvenirs d’automne.

L’aube !

Avec précautions, la nuit nous tourne le dos et s’éloigne. Les ombres s’effacent, tous ces bruits nocturnes qui nous effraient parfois, font silences peu à peu. Une fois de plus, son travail terminé, la grande ours rejoint sa tanière. la lumière paresse, enveloppant de brumes les forets et les champs. La nature scrute le temps. Les feuilles s’empourprent , l’herbe se gorge de rosée. Les choses et les êtres s’activent avec sagesse, oubliant les chaleurs de l’été, préparant avec application les premiers frimas. L’automne annonce ses couleurs, ses senteurs, comme cette odeur particulière de la terre ayant donné tous ses fruits. Le paysan la fatigue une dernière fois, la retournant, délicatement, comme on relève une couverture.

Levée aux aurores, Marie-Louise observe,patiemment, ces préparatifs, traduisant sur le papier, les moindres détails . Chaque image se dessine entre consonnes et voyelles, s’habillant des couleurs matinales. Dans ce décor changeant, son esprit vagabonde, lisant entres les branches, imaginant au fil d’un ruisseau, s’envolant accrochée aux nuages. Un vrai moment de paix où les pensées n’ont de chemin que le bonheur. Au détour d’une rêverie, Il lui vint à l’esprit ce curieux souvenir.

C’était au petit jour, surprise par un rayon de soleil, Marie-Louise ouvrit les yeux brusquement. Au travers des rideaux mal tirés, son regard fut attiré par d’étranges nuées. Un ciel pastel envisageait les teintes à venir. Un déconcertant entre deux parsemait l’horizon de filaments scintillants et des traits de soleil. Cette esquisse lui parut étonnante, mais particulièrement éphémère . Enjambant la porte-fenêtre,sans prendre la peine de se couvrir, saisissant pinceaux et tubes, elle déplia son chevalet, posa une toile et entreprit , avec précisions , d’immortaliser ce moment. A peine y avait elle déposé, se s premières émotions, qu’elle entendit, venant du parc :

    – Savez-vous, ma chère sœur, que la photographie a été inventé , il y a peu ! ?

Le premier étonnement passé, elle sourit et répondit :

      • La photographie dites vous ? Sait elle mettre des couleurs sur ses plaques de verres, mon cher frère ? Je ne le crois pas !

      • Cela viendra, Nany, cela viendra , croie moi !

Marie-Louise leva la tête à la recherche de son garnement de frère. Rien à droite, rien à gauche, puis dans un fracas de branches cassées, tomba du grand chêne un étrange personnage . Cheveux en broussailles, chemise ouverte, les chaussures autour du cou, une bretelle ballant et terminant ce tableau, les pieds nus, le pantalon retroussé au dessous du genoux. Voilà, un accoutrement qui déclencha les rires de Marie-Louise et l’agacement de Philippe.

  • Si Père te voit habiller de la sorte, ce sont les corvées assurées

  • Qu’importe ! J’aime marcher pieds nus dans l’herbe au petit matin, le grand chêne, quant à lui, m’accueille et me parle du passé, de bien belles histoires à vrai dire ! Mais, ma chère sœur, que penserait il de ta tenue, les épaules dénudées et la chemise de nuit parsemée de taches de peinture ? Je crois que irions de concert aux corvées, ce qui ne serait, alors, plus, vraiment, une punition , n’est ce pas ?

Entre deux éclats de rires, Marie-Louise approuva d’un mouvement de tête et entreprit de ranger son matériel car l’arrivée inopinée de son frère lui fit perdre l’instant…………

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Sous un ciel ocre …. ( Préambule )

Sous un ciel ocre…..

Il n’est pas, dans la vraie nature des mots, d’être nuisibles. Seul, leurs additions prennent le risque, trop souvent, de la haine et de la noirceur .

Entre pleins et déliés, Marie-Louise ressentait cela. Elle portait une attention, étonnamment personnelle, à l’équilibre de chaque phrase, cherchant en son intime, l’essence d’une sensation, la justesse d’une pensée.

Cette émotion naquit en Juillet. Ce main là, l’air était frais, un banc de brumes s’évaporait à l’horizon. Le ciel ocre chavirait en une lumière bleutée et pale. L’été s’installait dans ses habitudes. Doucement, les moissons commençaient. Dans les champs, les bottes de blé mure s’alignaient, dans l’attente d’un rayon de soleil, quelques lapins égarés profitaient de la fraîcheur pour se restaurer. Les heures, patiemment, cherchaient à inventer d’autres couleurs, d’autres saveurs. Les minutes, quand à elles, engageaient de longues conversations avec le vent.

Au creux d’un chemin, au détour d’un nuage, une lettre se posait comme une évidence, comme le trait d’un dessin éphémère. Une consonne là, une voyelle ici, elles n’étaient que le reflet d’un instant, d’une sensation, d’une autre liberté ! Tout cela, donner à Marie-Louise, un étrange mais bienfaisant sentiment de nouveauté. Hier s’efface sans heurts, sans craintes comme une vérité qui s’éteint pour en raviver une

autres. Cette nouveauté, chaque jour renouveler, portait un nom où plutôt, embrassait tous les mots d’aujourd’hui, de demain en quelques syllabes que chacun nomme humanité ! Marie-Louise sut, dés cette instant, qu’il lui fallait être, aux travers des ces pages griffonnées, humaine tout simplement !

Philippe De Frémontpé

(Au delà de l’innocence )

Dobrý den v Praze

Dobrý den v Praze


Prague, plus qu’une simple ville, un lieu ou plutôt des lieux emplis d’un charme bien particulier. Au delà, des rues , des places, de ces couleurs pastelles, de ces sourires partagés, il y a cette lumière, où le temps s’abstient d’être pesant. Elle ricoche de façades en façades, se rafraîchie dans la Vltava, envahit le pont ST Charles, puis s’engouffrent dans les ruelles, offrant aux fenêtres et portes cochères l’éclat d’une certaine quiétude. On y flâne d’un pas apaisé, cherchant les indices d’un bonheur à portée de mains. On prend le tram vers l’inconnu, vers d’autres quartiers, d’autres sourires. Les stations s’égrainent en des noms étranges, comme des notes de musique aux milles saveurs : Pavlova, Chodov, Flora, Karlovo, Roztyly, Butovice ………. ! Très vite,un sentiment déconcertant vous inonde. La réalité dissous vos certitudes, laissant place à une paix intérieure intense.


Ici, on parle anglais, là bulgare, un peu plus loin russe, allemand , japonais….Avec quelques rires, des touristes en grappe suivent un drapeau, un parapluie levé comme un phare dans la foule. Au coin d’une rue, un mime immobile espère quelques pièces, un acrobate arrange la foule bruyamment, son numéro commence ! Non loin de la tour de l’horloge, un violon s’accorde, le violoncelle est prêt, la partition déplie ses ailes et nous emmène en un duo de plaisir et d’émotions.


Des terrasses accueillantes vous désaltèrent de leurs bières blondes, brunes, noires, fierté de la ville ( J’ai un faible pour la «  Krusovice » noire amère…parfaite !.) D’interminables saucisses grillées, accompagnées d’oignons crus ou de choucroute permettent à votre gourmandise de patienter jusqu’au souper !


Le plus important, c’est qu’importe où se pose vos yeux, il y a quelque chose à découvrir, quelque chose à sentir, quelque chose d’étonnant, de curieux, de drôle.

Quoiqu’il arrive, on est insatisfait de n’avoir pas tout vu, frustrer que l’étreinte fut si brève, mais heureux de cette rencontre avec une ville, avec ces habitants si accueillants et chaleureux !


En descendant la rue pavée venant du château , je croise un moine bouddhiste, enveloppé dans son étoffe bordeaux .Ce ne fut qu’un regard lointain, souriant, mais d’une profondeur infinie et combien apaisant. Il poursuivit son chemin d’un pas pressé. II me vint, alors, à l’esprit deux mots : bienveillance inconditionnelle .En les prononçant, je fus saisi de nouveau par ce regard . Il y avait une telle force dans cet instant que ma pensée en fut un peu étourdie. Plus étonnant, quelques jours auparavant , j’avais médité sur ces deux mots, essayant modestement d’y percevoir le sens juste de l’acte bienveillant et là en ce lieu insolite, une réponse se présente humble et vraie ! Un acte ordinaire est en lui même bienveillant, dans sa sincérité, dans son abnégation . Cela me rappela une de mes lectures, Gampopa dit ceci :


« Peu de chose est une goutte d’eau. Mais versée dans un lac, quand donc séchera t elle ? »

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Randonnée.

Randonnée.


Je marche et contemple.

Là, un merle chapardeur,

Ici, de jeunes pousses,

Bravant l’aube naissante,

Pour aller plus haut.

L’air est frais sans excès,

laissant entrevoir une douceur lascive.

Une musique, en nature, apaisante

Où chaque chose est à sa place !


Je marche et contemple.

Là, le vent s’interroge,

Ici, le silence complice,

Dessine un chemin aisé,

Aux milles et une senteurs.

Au loin, une flute sans cadence,

Accompagne le bruissement des feuilles.

Dans le secret d’une futée,

Quelques notes se perdent,

Caressant une marmotte endormie,

Comme une tendresse particulière,

Où chaque chose est à sa place!


Je marche et contemple.

Là, une abeille laborieuse,

Ici, quelques arpents de terres,

Fraichement labourées,

Où des oiseaux affamés,

Picorent les mottes brunes.

La vie s’emploie, en sons multicolores,

Encore et encore, à être généreuse .

J’avance, j’avance toujours là

Où chaque chose est à sa place !


Je marche et contemple.

Là, une pensée de paix,

Ici, une bonté infinie.

Le temps apprend la patience,

Jamais, ne peut exister,

Il est, toujours, trop loin !

Il y a en solitude,

Plus qu’une conversation,

Une rencontre avec la vraie nature des choses,

Où une place préservée

Est un espace de compassion, d’altruisme ultime !


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

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