Archives pour la categorie ‘Poémes saisons’

J’ai froid aux mains ! ( texte revu )

J’ai froid aux mains !

 

Du profond de mon corps, la vie s’en est allée!

Le temps est sans désirs, la nuit sans craintes.

J’entends mon cœur, parfois s’emballer,

Comme une ancienne colère qui ne peut exploser.

 

J’ai froid aux mains….

J’avoue au ciel mes méprises passées, mes regards envieux,

Mes désamours inutiles, mon ignorance hautaine !

J’emmène en bagages mes mots insensés, mes peurs enfantines,

Ces étranges souvenirs ne servant à rien !

Comme la brume, aux heures réchauffées,

Mon chemin, doucement disparaît !

 

J’ai froid aux mains !

 

Une larme, sans tristesse, glisse….

Mon regard s’épuise, mon esprit s’abandonne !

Les mots se cherchent,

Oubliant le beau le doux, le tendre,

La souffrance n’est plus, la peur s’enfuit !

Tout se disloque !

Tout se dissout !

 

J’ai froid aux mains !

 

Patience

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Ma chère sœur,

Ces griffonnages vous trouveront ils en bonne santé ? C’est mon souhait ! Il me serait insupportable qu’il en fut autrement . Frémontpré doit être au terme du printemps, l’été s’annonce t il ensoleillé et plein de promesses ?

Pour ma part, je vais bien. Le temps est à la pluie depuis quelques jours, m’interdisant ces longues promenades que j’apprécie tant ! Rien ne se perd, vous le savez, j’ai pu, ainsi approfondir quelques enseignements, et il me faut vous relater celui-ci.

Un matin, alors que j’entrai en méditation, je fut agacé, par les roucoulades d’un couple de tourterelles. Mon Maître m’observant, me tendit une feuille de papier, en demandant de traduire par un poème le contraire de mon énervement .

 

 

Patience , clarté de l’esprit ,

Ciel sans nuages,

Courage de l’humble !

Oser s’approprier la paix,

En un juste équilibre,

De la pensée, des mots, des actes.

 

Une définition, non, un remède !

Face à l’irrationnel, au malaise,

Elle est la solution !

Notre colère se dilue,

Notre respiration s’apaise,

La haine s’évapore………… !

 

 

Il nous plaît de croire que celui, tenant le bâton et nous frappant, est le seul responsable de nos souffrances !

N’est ce pas l’émotion entraînant le geste, l’ignorance dessinant la peur et le bâton lui-même qu’il faudrait blâmer ? Bien sur me direz vous, il faut la main tenant le bâton , mais la réflexion nous emmènent sur d’autres pistes !

La patience n’est pas un temps où l’on attend une réponse, voir la question elle-même !

Ce sont juste ces minutes précieuses où l’on chercher, recherche, confronte, étudie, ce qui est et ce qui n’est pas , avec cette obsession de la vérité des mots et des actes et non une interprétations guidée par une émotion quelconque, trop souvent éphémère !

 

 

Voilà, Ma chère sœur, je vous laisse à votre réflexion et attend avec impatience de vos nouvelles.

Prenez soins de vous !

Je vous embrasse,

Philippe

 

 

En lisant ces quelques mots de son frère Philippe, Marie-Louise songeait à son père. Cet homme bardé de certitudes, avait un tempérament fort, ne supportant pas la contradiction. Sa stature imposante , sa voix rocailleuse ajoutait cette impression de puissance que peu osait défier, sauf elle, peut être, à sa manière !……….

Marie-Louise De Frémontpré

( correspondances )

 

Préambule.

Préambule.

Il n’est pas, dans la vraie nature des mots, d’être nuisible. Seul, leurs additions prennent le risque, trop souvent, de la haine et de la noirceur.

Entre pleins et déliés, Marie-Louise ressentait cela. Elle portait une attention, étonnamment personnelle, à l’équilibre de chaque phrase, cherchant en son intime, l’essence d’une sensation, la justesse d’une pensée. Elle avait cette phrase « Il y a toujours une porte dans une pièce sans fenêtres, de façon que l’on puisse y entrer, mais aussi en sortir ! »

Cette émotion naquit en Juillet. Ce matin-là, l’air était frais, un banc de brumes s’évaporait à l’horizon. Le ciel ocre chavirait en une lumière bleutée et pale. L’été s’installait dans ses habitudes. Doucement, les moissons commençaient. Dans les champs, les bottes de blé mure s’alignaient, dans l’attente d’un rayon de soleil, quelques lapins égarés profitaient de la fraîcheur pour se restaurer. Les heures, patiemment, cherchaient à inventer d’autres couleurs, d’autres saveurs. Les minutes, quant à elles, engageaient de longues conversations avec le vent.

Au creux d’un chemin, au détour d’un nuage, une lettre se posait comme une évidence, comme le trait d’un dessin éphémère. Une consonne là, une voyelle ici, elles n’étaient que le reflet d’un instant, d’une sensation, d’une autre liberté ! Tout cela, donné à Marie-Louise, un étrange, mais bienfaisant, sentiment de nouveauté. Hier s’efface sans heurts, sans craintes comme une vérité qui s’éteint pour en raviver une
autre. Cette nouveauté, chaque jour renouveler, portait un nom ou plutôt, embrassait tous les mots d’aujourd’hui, de demain en quelques syllabes que chacun nomme humanité !

Marie-Louise sut, dès cet instant, qu’il lui fallait être, aux travers de ses pages griffonnées, humaine, avant tout !

Philippe De Frémontpré
Au-delà de l’innocence

Souvenirs d’automne.


Souvenirs d’automne.

L’aube !

Avec précautions, la nuit nous tourne le dos et s’éloigne. Les ombres s’effacent, tous ces bruits nocturnes qui nous effraient parfois, font silences peu à peu. Une fois de plus, son travail terminé, la grande ours rejoint sa tanière. la lumière paresse, enveloppant de brumes les forets et les champs. La nature scrute le temps. Les feuilles s’empourprent , l’herbe se gorge de rosée. Les choses et les êtres s’activent avec sagesse, oubliant les chaleurs de l’été, préparant avec application les premiers frimas. L’automne annonce ses couleurs, ses senteurs, comme cette odeur particulière de la terre ayant donné tous ses fruits. Le paysan la fatigue une dernière fois, la retournant, délicatement, comme on relève une couverture.

Levée aux aurores, Marie-Louise observe,patiemment, ces préparatifs, traduisant sur le papier, les moindres détails . Chaque image se dessine entre consonnes et voyelles, s’habillant des couleurs matinales. Dans ce décor changeant, son esprit vagabonde, lisant entres les branches, imaginant au fil d’un ruisseau, s’envolant accrochée aux nuages. Un vrai moment de paix où les pensées n’ont de chemin que le bonheur. Au détour d’une rêverie, Il lui vint à l’esprit ce curieux souvenir.

C’était au petit jour, surprise par un rayon de soleil, Marie-Louise ouvrit les yeux brusquement. Au travers des rideaux mal tirés, son regard fut attiré par d’étranges nuées. Un ciel pastel envisageait les teintes à venir. Un déconcertant entre deux parsemait l’horizon de filaments scintillants et des traits de soleil. Cette esquisse lui parut étonnante, mais particulièrement éphémère . Enjambant la porte-fenêtre,sans prendre la peine de se couvrir, saisissant pinceaux et tubes, elle déplia son chevalet, posa une toile et entreprit , avec précisions , d’immortaliser ce moment. A peine y avait elle déposé, se s premières émotions, qu’elle entendit, venant du parc :

    – Savez-vous, ma chère sœur, que la photographie a été inventé , il y a peu ! ?

Le premier étonnement passé, elle sourit et répondit :

      • La photographie dites vous ? Sait elle mettre des couleurs sur ses plaques de verres, mon cher frère ? Je ne le crois pas !

      • Cela viendra, Nany, cela viendra , croie moi !

Marie-Louise leva la tête à la recherche de son garnement de frère. Rien à droite, rien à gauche, puis dans un fracas de branches cassées, tomba du grand chêne un étrange personnage . Cheveux en broussailles, chemise ouverte, les chaussures autour du cou, une bretelle ballant et terminant ce tableau, les pieds nus, le pantalon retroussé au dessous du genoux. Voilà, un accoutrement qui déclencha les rires de Marie-Louise et l’agacement de Philippe.

  • Si Père te voit habiller de la sorte, ce sont les corvées assurées

  • Qu’importe ! J’aime marcher pieds nus dans l’herbe au petit matin, le grand chêne, quant à lui, m’accueille et me parle du passé, de bien belles histoires à vrai dire ! Mais, ma chère sœur, que penserait il de ta tenue, les épaules dénudées et la chemise de nuit parsemée de taches de peinture ? Je crois que irions de concert aux corvées, ce qui ne serait, alors, plus, vraiment, une punition , n’est ce pas ?

Entre deux éclats de rires, Marie-Louise approuva d’un mouvement de tête et entreprit de ranger son matériel car l’arrivée inopinée de son frère lui fit perdre l’instant…………

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Sous un ciel ocre …. ( Préambule )

Sous un ciel ocre…..

Il n’est pas, dans la vraie nature des mots, d’être nuisibles. Seul, leurs additions prennent le risque, trop souvent, de la haine et de la noirceur .

Entre pleins et déliés, Marie-Louise ressentait cela. Elle portait une attention, étonnamment personnelle, à l’équilibre de chaque phrase, cherchant en son intime, l’essence d’une sensation, la justesse d’une pensée.

Cette émotion naquit en Juillet. Ce main là, l’air était frais, un banc de brumes s’évaporait à l’horizon. Le ciel ocre chavirait en une lumière bleutée et pale. L’été s’installait dans ses habitudes. Doucement, les moissons commençaient. Dans les champs, les bottes de blé mure s’alignaient, dans l’attente d’un rayon de soleil, quelques lapins égarés profitaient de la fraîcheur pour se restaurer. Les heures, patiemment, cherchaient à inventer d’autres couleurs, d’autres saveurs. Les minutes, quand à elles, engageaient de longues conversations avec le vent.

Au creux d’un chemin, au détour d’un nuage, une lettre se posait comme une évidence, comme le trait d’un dessin éphémère. Une consonne là, une voyelle ici, elles n’étaient que le reflet d’un instant, d’une sensation, d’une autre liberté ! Tout cela, donner à Marie-Louise, un étrange mais bienfaisant sentiment de nouveauté. Hier s’efface sans heurts, sans craintes comme une vérité qui s’éteint pour en raviver une

autres. Cette nouveauté, chaque jour renouveler, portait un nom où plutôt, embrassait tous les mots d’aujourd’hui, de demain en quelques syllabes que chacun nomme humanité ! Marie-Louise sut, dés cette instant, qu’il lui fallait être, aux travers des ces pages griffonnées, humaine tout simplement !

Philippe De Frémontpé

(Au delà de l’innocence )

Dobrý den v Praze

Dobrý den v Praze


Prague, plus qu’une simple ville, un lieu ou plutôt des lieux emplis d’un charme bien particulier. Au delà, des rues , des places, de ces couleurs pastelles, de ces sourires partagés, il y a cette lumière, où le temps s’abstient d’être pesant. Elle ricoche de façades en façades, se rafraîchie dans la Vltava, envahit le pont ST Charles, puis s’engouffrent dans les ruelles, offrant aux fenêtres et portes cochères l’éclat d’une certaine quiétude. On y flâne d’un pas apaisé, cherchant les indices d’un bonheur à portée de mains. On prend le tram vers l’inconnu, vers d’autres quartiers, d’autres sourires. Les stations s’égrainent en des noms étranges, comme des notes de musique aux milles saveurs : Pavlova, Chodov, Flora, Karlovo, Roztyly, Butovice ………. ! Très vite,un sentiment déconcertant vous inonde. La réalité dissous vos certitudes, laissant place à une paix intérieure intense.


Ici, on parle anglais, là bulgare, un peu plus loin russe, allemand , japonais….Avec quelques rires, des touristes en grappe suivent un drapeau, un parapluie levé comme un phare dans la foule. Au coin d’une rue, un mime immobile espère quelques pièces, un acrobate arrange la foule bruyamment, son numéro commence ! Non loin de la tour de l’horloge, un violon s’accorde, le violoncelle est prêt, la partition déplie ses ailes et nous emmène en un duo de plaisir et d’émotions.


Des terrasses accueillantes vous désaltèrent de leurs bières blondes, brunes, noires, fierté de la ville ( J’ai un faible pour la «  Krusovice » noire amère…parfaite !.) D’interminables saucisses grillées, accompagnées d’oignons crus ou de choucroute permettent à votre gourmandise de patienter jusqu’au souper !


Le plus important, c’est qu’importe où se pose vos yeux, il y a quelque chose à découvrir, quelque chose à sentir, quelque chose d’étonnant, de curieux, de drôle.

Quoiqu’il arrive, on est insatisfait de n’avoir pas tout vu, frustrer que l’étreinte fut si brève, mais heureux de cette rencontre avec une ville, avec ces habitants si accueillants et chaleureux !


En descendant la rue pavée venant du château , je croise un moine bouddhiste, enveloppé dans son étoffe bordeaux .Ce ne fut qu’un regard lointain, souriant, mais d’une profondeur infinie et combien apaisant. Il poursuivit son chemin d’un pas pressé. II me vint, alors, à l’esprit deux mots : bienveillance inconditionnelle .En les prononçant, je fus saisi de nouveau par ce regard . Il y avait une telle force dans cet instant que ma pensée en fut un peu étourdie. Plus étonnant, quelques jours auparavant , j’avais médité sur ces deux mots, essayant modestement d’y percevoir le sens juste de l’acte bienveillant et là en ce lieu insolite, une réponse se présente humble et vraie ! Un acte ordinaire est en lui même bienveillant, dans sa sincérité, dans son abnégation . Cela me rappela une de mes lectures, Gampopa dit ceci :


« Peu de chose est une goutte d’eau. Mais versée dans un lac, quand donc séchera t elle ? »

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Randonnée.

Randonnée.


Je marche et contemple.

Là, un merle chapardeur,

Ici, de jeunes pousses,

Bravant l’aube naissante,

Pour aller plus haut.

L’air est frais sans excès,

laissant entrevoir une douceur lascive.

Une musique, en nature, apaisante

Où chaque chose est à sa place !


Je marche et contemple.

Là, le vent s’interroge,

Ici, le silence complice,

Dessine un chemin aisé,

Aux milles et une senteurs.

Au loin, une flute sans cadence,

Accompagne le bruissement des feuilles.

Dans le secret d’une futée,

Quelques notes se perdent,

Caressant une marmotte endormie,

Comme une tendresse particulière,

Où chaque chose est à sa place!


Je marche et contemple.

Là, une abeille laborieuse,

Ici, quelques arpents de terres,

Fraichement labourées,

Où des oiseaux affamés,

Picorent les mottes brunes.

La vie s’emploie, en sons multicolores,

Encore et encore, à être généreuse .

J’avance, j’avance toujours là

Où chaque chose est à sa place !


Je marche et contemple.

Là, une pensée de paix,

Ici, une bonté infinie.

Le temps apprend la patience,

Jamais, ne peut exister,

Il est, toujours, trop loin !

Il y a en solitude,

Plus qu’une conversation,

Une rencontre avec la vraie nature des choses,

Où une place préservée

Est un espace de compassion, d’altruisme ultime !


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Mathieu


La nuit cède la place peu à peu, la clarté prend ses quartiers. L’obscurité s’en va vers d’autres lieux, bercer d’autres enfants et leur conter, à voix basse, des histoires merveilleuses . Mathieu, sur le seuil, ferme la porte . Ses yeux accompagnent les dernières étoiles , qui, en une nuée pale , se dérobent. Il les salue d’un sourire, ajuste son béret, sa journée commence  ! Cantonnier de son état, Mathieu est un homme ordinaire. Trapu, moustachu, il est vêtu d’un pantalon et d’une veste de velours à grosses cotes .Ses mains vieillies par le travail, gardent une douceur particulière, rudes à la tache, tendres , précises comme des mots dessinés. Il pourrait figuré dans l’almanach, à la rubrique «  les hommes de nos campagnes » C’est un être effacé, quelque peu secret, au caractère trempé, sans malices, aux gestes économes mais justes, intègre dans le discours,impartial et rigoureux dans les actes.

  • Le temps est à la neige, ça sent le flocon ! Lâche t il d’un ton rieur !

Ses préoccupations sont autres. Le bourg, c’est sa vie, il en est l’âme, le narrateur. Artisan de la pierre, amoureux du bois, des essences d’ici dures et nobles, il façonne sans casser, construit sans détruire, nourrit sans appauvrir, ajustant avec minutie, les lieux et les couleurs. Il peint les humeurs, habille les tristesses et sèche les chagrins. C’est une passion discrète qui le lie aux ruines du château, aux rues basses, à cette terre où fleurissent les cailloux, les cascades et les brumes matinales. Mathieu est de ce pays où l’on s’enivre des richesses du cœur, pour oublier la cruauté du lendemain. Il aime ce vent s’engouffrant entre les cimes, mélangeant les odeurs d’un matin, de la châtaigne et du safran.

Inspirant profondément, son regard sur ce paysage engourdi, il sourit comme un «  bonjour » à cette nature apaisée. Un brouillard sombre s’accroche ici ou là, laissant un peu de répit aux paresseux. La gelée couvre , encore pour un moment, les pavés, l’herbe et les grands arbres. Le soleil, lentement, exhibe ses reflets roux , le jour avance, il est temps !

Son bâton de marche en main, il arpente les ruelles mal éclairées, d’un pas lent et curieux, s’attardant sur une barrière mal fermée, un trottoir dégradé. Il note, scrupuleusement chaque trace, chaque dommage laissé par les saisons ou la météorologie Rien n’est oublier et tout sera remis en état au plus vite. Sur la place de l’église, il s’arrête, le temps de rouler sa première cigarette. Dans sa boite de métal, au décor passé, un tabac étrange, aigre et épicée, souvenir d’un pays lointain…….., il y a si longtemps pense t il en la refermant.

Reprenant son périple, il se dirige vers le café-épicerie «  la belle Bretagne » . Étonnant au cœur des Cévennes ! Il en sourit tous les matins depuis «  belle lurette », mais cela est une autre histoire !

Rien ne peut se faire sans que de prés ou de loin, Mathieu n’y soit pour quelque chose. Il m’avoua un jour, bien qu’invraisemblable, sa position lui conféré un petit privilège et qu’il prenait garde d’en user avec parcimonie. Dans ses yeux , alors, bien des secrets insolites, d’étonnants bavardages où se mêlent intrigues familiales et rumeurs de comptoir. Il se gausse, parfois, en souvenirs, de l’un au cœur de carton où de l’autre triste maquignon.

Les maisons s’invitent en montagne. De pierres grises et tuiles plates, elles s’appuient sur leurs flancs, utilisant la pente comme étage, comme étable Il arrive, parfois que le rocher s’offre en décor avec force,qu’une maison n’est que trois murs érigés par l’homme, le quatrième par la nature. Elles se posent là comme pour ne pas déranger. L’été, le bourg se camoufle à l’ombre des grands arbres. La végétation remplie l’espace, teinte le gris en dégradé de vert. Elle s’insinue dans le graviers des chemins, coloriant à sa guise, d’un trait pale l’ombre d’un chêne, d’un or flamboyant un levé de soleil. On entend le silence , le vent se fait léger, furtif même , abandonnant sa trajectoire, aux risques de se perdre.. Au fond de la vallée, la rivière médite. Son ruissellement raconte l’histoire du temps et des hommes. Ce temps d’impermanence où chaque chose, chaque être s’imprègne de sa réalité éphémère , de sa dépendance à l’autre.

En ce matin frileux, la neige chante, craque sous ses pas .Les arbres, habillés de blanc, s’endorment, doucement, le jour ne dure que le temps d’un soupir, la nuit apprend les minutes. Quand cela est, Mathieu est heureux ! Il part, alors, là-haut sur les sommets, s’accompagne en solitude de l’apparat des crêtes, de la paix d’une randonnée. C ‘est ce qu’il fera, c’est sur, dés sa tournée terminée !!!!

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

Elias



Elias.




Là ou la rivière s’abreuvent les grands arbres, là ou les saisons s’appliquent avec passion, là où la discrétion apaise les sens, il est une maison de terre rouge, rustique , humble, posée, juste posée, comme pour ne pas déranger.


Ici, le vent parle de ces voyages, le soleil chauffe les murs ni trop, ni trop peu. Les chênes alentours abritent un potager aux couleurs appétissantes, aux parfums épicés.

Ni barrières, ni clôture ceinture cette maison. Quelques fleurs petites et grandes jalonnent en désordre, une allée mal dessinée. Un lierre caresse la façade en arabesques torturées, quelques oiseaux s’attardent au rebords des fenêtres. Une combinaison juste ralentissant le temps avec poésie et harmonie.

En ce lieu, parfois, le silence se repose . Alors, tout se fond, se confond . Les ombres disparaissent, la tempête se tait, le torrent se fige. Le passé n’est plus, l’avenir est à naitre, le ciel médite en paix. Sous l’alcôve de branches tombées d’un saule majestueux, un banc sans ages , le regard en joie, Elias est assis, immobile, absorbé par ce bien être. Ses yeux sont sur chaque feuille, chaque brindille, chaque insecte alentours, la plus respectable des hardiesses ne saurait déranger cet admirable dialogue. La sérénité se respire, se dévore avec une gourmandise non-coupable!


Elias est un homme trapu aux mains laborieuses, à l’œil pétillant de l’apprenti. Prés de lui, un livre et quelques notes . Des mots esquissés avec soins, aux pleins réfléchis, aux déliés muris. On le dit érudit et ermite, mais il est humain, tout simplement ! Il y a, dans cette image , une empathie évidente, une humanité débordante, lui donnant la fragilité particulière d’une larme , mais aussi cette intensité, cette puissance qui ose le juste équilibre dans un monde désordonné.

Gravir quelques marches, oser affronter le temps en laissant au fond d’un vieux tiroir son impatience.

Il n’est nul question de querelles, mais d’un regard différent sur les choses et les gens. Chaque interrogation s’approprie sa réponse, non en fonction d’une logique calculée, mais de l(humilité de sa formulation.

Trop d’irréfléchis s’appliquent à une rédaction qui n’est, bien souvent, qu’une justification partielle, partiale en dehors de tout équilibre. Elle est, aussi dans bien des cas, fortement imbibée de souffrances, de ressentis passés, troublant par le fait l’harmonie de la pensée. La justesse d’un propos doit s’affranchir de tout attachement. L’attachement n’est qu’un apriori, une vision tronquée.

La réflexion s’en trouve altérée, elle s’interdit l’investissement global de l’esprit dans la compréhension et reste aux portes de la connaissance. Le cheminement du raisonnement est simple . Il se construit avec un regard pondéré où chaque acte a une origine, qu’il est primordial d’appréhender et de comprendre. L’ importance de a retenue s’impose naturellement. Elle est le seuil de la compassion, forgeant l’image de la réalité. Savoir pénétrer dans cette humanité est un apprentissage offrant une vision sereine, humble et juste, propre à tout jugement véritable.

Bon nombre de discours se limitent à des constats relatant des faits sans autre forme de procès. Il est périlleux de circonscrire une pensée à une succession d’estampes, sans apprécier le pinceau, les couleurs et le paysage. Il y a dans le silence ( méditation) les réponses aux questions que l’on n’ose se poser !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

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