Archives pour mai, 2010

La seule cause.



La seule cause


Il y a des mots que l’on croise,
Sans les apprendre,
A défaut de les comprendre.
Des rimes qui pavoisent,
Sans pour cela fleurir.
Des voyelles en sens unique,
Des consonnes squelettiques.

Pourtant ils s’additionnent,
Se multiplient au carbone,
En d’étranges discours,
Lâchés à une pitoyable cour,
Avide de rêves fumées,
D’orgasmes simulés.
Pourtant ils brillent,
Scintillent,
Comme la robe d’une putain,
Au bras d’un marin,
Perdus dans les lueurs mensongères,
D’étreintes éphémères.

Combien de charlatans,
De vrais faux princes charmants,
Noircissent des feuillets
Sans vous rendre la monnaie ?
Donnant à l’escroquerie ses lettres de noblesse,
Et l’aumône à la tendresse.
Combien de critiques, cherchant à faire un mot,
Plutôt qu’à entendre et écouter le beau,
Font du vocabulaire, un tiroir caisse,
De la grammaire, une liasse épaisse.

Je rêve d’autres mots,
Qui ne soient pas que des mots,
Mais de fiers drapeaux,
Couleur tolérance,
Flottant aux vents de la connaissance.
Je rêve d’idéaux,
Aux racines profondes,
Aux points rageurs,
Aux virgules fécondes.
Et c’est au-delà de nos peurs,
Au-delà de cette vision minimale
D’un monde en cavale,
Que l’humanité, dans un cri de victoire,
Bannira d’un trait de plume
La haine et son écume,
Pour construire le chemin de tous les espoirs !
Et faire enfin de l’autre la sagesse à apprendre,
La seule cause à défendre.

Vincent

Quatre saisons

Quatre saisons.


Sur un écran, sombre et triste,
De simples mots se sont rencontrés.
Ils ne voulaient qu’un tour de piste,
Leurs syllabes autrement, en ont décidé.

Par un hiver long, froid,
Plus agiles, se firent nos doigts.
Ils façonnent en émotions,
Les rimes, d’une autre affection.

Par chaud soleil de printemps,
Les consonnes se font éclats de rires,
Les voyelles posent en chantant.
Un sentiment en devenir.

C’est en dehors du temps,
Des précieux et des ridicules,
Toujours trop court, pourtant,
Qu’un rêve naît, sous cette bulle

Les senteurs humides d’automne s’installent.
Nos temps, en sagesse, s’apprivoisent.
Nos silences s’interrogent.
Comme d’étranges brumes sur une mer turquoise.

Ma main écartelée,
Sur mon clavier rieur.
Qu’importe ce bel été,
Mon soleil est ailleurs.

Vincent

Les portes de sa vie.


Les portes de sa vie !

Elle reste des heures à regarder le ciel,
Assise sur une marche, aux portes de sa vie,
Elle cherche dans les étoiles,
Une brise pour sa voile.
Dois-je maudire le temps d’ici,
Où en rire,
Pour mieux partir ?
Faut il, vraiment que je réponde à ces questions,
Moi qui ne suis qu’un drôle de pion ?

Elle a cette peau couleur de miel,
En de douces rondeurs dessinées,
Par un étrange fusain à la pointe affinée.
Elle est belle, sans autre forme de procès.
Dois-je lui dire et m’enfuir en courant,
Maladroit que je suis de devenir son amant ?
Faut il vraiment que je réponde à ces questions,
Moi qui ne suis qu’un drôle de pion ?

Elle s’enivre de mots imaginaires,
Mots à rire où à pleurer,
Mots à danser et à aimer !
Ecrits en souffrances, en inventaire.
Elle parle de silences,
Les rêves en abstinence.
Dois-je mêler mes rimes aux siennes
Avant qu’elle ne ferme ses persiennes ?
Faut-il vraiment que je réponde à ces questions
Moi qui ne suis qu’un drôle de pion ?

Elle est absence, soudain,
Peut être jusqu’au matin !
De tous cotés, il y a comme un vide,
Un manque cruel et perfide.
Il me reste que l’attente,
Et des songes en pluie battante.
Dois-je la laisser aux portes de ma vie,
Ou mourir aux portes de ma nuit ?
Il faut être un drôle de pion,
Pour se poser autant de question !

Vincent

Un chemin en conséquences

Un chemin en conséquences.

En ce monde, ou trop souvent, nous cherchons à être autre chose.
En ce monde ou, l’autre a la place que l’on veut bien de ne pas lui laisser.
En ce monde ou des enfants tuent d’autres enfants.
En ce monde, qui se meurt en toute indifférence.

Reste la liberté !

Mais combien d’entre nous l’écoute ?
Mais combien d’entre nous la comprennent ?

Liberté !
Un mot de toutes les couleurs,
De toutes les saveurs.
Une émotion, une chanson,
Que l’on aime loin du canon.

Liberté !
Un chemin en conséquences,
Ou nos choix guident nos errances.
Je t’ai oublié sur le trottoir,
Une nuit sans espoir,

Pourquoi, les hommes ne te comprennent pas ?
Pourquoi, les hommes ne t’écoutent pas ?

Liberté !
Tu n’existes que pour l’autre !
Tu survies à cause de l’autre !
Qui ne peut être que toi !
Qui ne peut être que moi !

Liberté !
Ton âme vibre au son des mots.
Ceux qui pleurent au cachot,
Ceux du bout de l’indifférence,
Ceux qui hurlent leurs souffrances.

Pourquoi, les hommes ne te comprennent pas ?
Pourquoi, les hommes ne t’écoutent pas ?

Liberté !
Tu as tous les costumes,
Habillée de soleil ou de brumes.
Les hommes te vénèrent,
Mais haïssent leurs pères.

Liberté !
Certains t’accusent,
D’autres te récusent.
En ton nom, trop de révolutions,
Pour bien peu de compassion.

Liberté !
Abandonne les hommes,
Laisse les à leurs Madones.
Ils n’en valent pas la peine,
Ils ne comprennent rien à ta peine !

Liberté !
Apprend moi la sagesse,
Celle qui efface les détresses.
Apprend moi à te vivre !
Au risque d’être LIBRE !

Vincent


( peinture Karine BRAILLY)

La Boite à bisous

La Boite à bisous



De retour au pays,
Celui ou j’ai grandi,
Je ferme les yeux.
Remerciant les Dieux,
Remplissant mes poumons,
De ces odeurs, si particulières
De terres sèches et de chansons
Un délice de saveurs familières,
Dessinant un sourire,
A l’enfant d’ici,
Planté là ! sur la route, en plein midi,
Dégustant, goulûment, ses soupirs.

Soudain, un flot de souvenirs,
Se déverse, en effluves sucrés,
Images acidulées de ces plaisirs
D’un bonheur touchant à l’éternité.

Sur ces chemins de pierres grises,
Les lapins font la sieste,
Dans nos collets, peu de prises.
Même les arbres, cherchent de l’ombre
La poussière vole dans nos courses,
Nous donnant la peau mate et sombre.
Une halte, à la source,
Nous désaltère de pieds en tête.

Des visages, des prénoms,
Premiers émois, premiers frissons.
Une main, juste, frôlée
Un baiser timide, effleuré
Témoin volontaire de ces petits secrets
Trop vite, enfermés
Dans « la boite à bisous »
Petite boite, pleine de clous,
Cadenassée de bouts de ficelle,
Aux couleurs de coccinelle

Une pêche aux têtards,
Coiffé d’une feuille de nénuphar
Et c’est Robinson sur son île
Bravant tous les périls
Jour de moisson
Chevaliers polissons
De quelques bottes de paille
Font, un donjon, une muraille !
Des jours heureux,
Même quand il pleut !
Une marelle dans les flaques
Des grenouilles pleines un sac,
Des gouttes en ribambelle
La pluie est si belle !

J’accroche, toujours, mes rêves
Aux étoiles filantes.
Pour qu’au-delà, de mon histoire,
La terre enfin, enfante,
La raison et l’espoir


Vincent

Elle…….!

Elle….

Elle marche, un peu voûtée
Elle marche, sans trop douter.
Peu de chemin, lui reste à parcourir.
A la main, son sac de souvenirs,
Images un peu floues, de bonheurs passés,
Sanglots enfouis, larmes oubliées.

Elle dort seule, dans ce grand lit froid,
Elle dort seule, cherchant un émoi,
Une tendre caresse,
Un matin paresse.
Rejoignant, en rêves, la chaleur d’un amant
Cajolant en songes, les pleurs d’un enfant

Elle parle, à celui qui n’est plus,
Elle parle, sans être entendue.
Racontant, ces heures tristes et lentes,
Maudissant, en phrases indécentes,
L’ombre noire et glacée,
Tardant à lui donner, l’éternelle liberté.

Elle prie,pour son corps en souffrances .
Elle prie, pour ses « gosses  » en absence
Égrainant, chaque matin son chapelet de pilules
Guettant, au carreau,le moindre véhicule
Il suffirait,pourtant de quelques mots , d’une visite
Il suffirait,pourtant de quelques mots,un peu simplistes,
Pour dessiner,sur son visage fatigué,
Ce beau sourire, en mon cœur gardé

Maman ! Maman !
Que n’ai je pris le temps ?
Maman! Maman !
Et pourtant !….. et pourtant !

Elle partira , un beau matin
Elle partira, chagrin !
Sans un mot, même complice
Goutte d’eau perle et glisse,
Avaler par ce monde,
Anonyme en une seconde


Vincent

En robe blanche.

En robe blanche.



Ses mots me parviennent en émotions jetées,

Sur une simple feuille de papier,

Comme autant de couleurs, à la vie, arrachées,

En son cœur, délicatement, rangées.


Ces rimes se souviennent de senteurs océans,

De plages abandonnées aux prières profanes.

Un horizon en bleu accroché à ses yeux,

Au-delà de la mer, dessine un baiser délicieux.


Qu’attendait elle, plantée en robe blanche,

Au bout de la jetée, les vagues en avalanches ?


Ses questions s’accumulent en images permises,

Contraintes, sans doute, d’une éducation soumise.

Les brumes attirantes de mirages désobéissants,

Lui caressent le corps, frôlant l’indécent.


Des réponses incertaines, lui maquillent ses peurs,

Faisant venir, le jour tombé, d’étranges douleurs.

Pourtant, elle se laisse, doucement, emportée

Oubliant ces frayeurs pour un bonheur rêvé.


Qu’attendait elle, plantée en robe blanche,

Au bord des yeux, le cœur en errance ?


Vincent

Le silence de l’ignorant

« Peu importe la richesse d’une vie, seul compte la vérité et la noblesse de cette rencontre avec toi-même ! »
Philippe de Frémontpré
( Au-delà de l’innocence )

Le silence de l’ignorant.

Un demi- siècle !
Voilà, ce que le temps laisse derrière moi,
Un peu poussière sur mes bottes,
Quelques souffrances aux plaies endormies,
Une dizaine de carnets, une ou deux breloques.
Rien de plus !

Je ne sais rien, j’ai peine à le croire,
Des visages, des mots, des paysages emplissent ma mémoire
Et pourtant, reste le silence de l’ignorant,
Vous savez bien, celui qui vous dit : « t’es qui toi ? »
Moqueur à souhait,
Il efface les bonheurs passés,
Ne laissant que les regrets.
Ces remords lancinants, vous perforants le cœur,
Vous rongeant cette parcelle de raison, peut être trop intime,
Où votre vérité, peu à peu s’évapore.

J’arpente ce désert, où les rêves ne poussent plus,
Osant la sagesse, parfois,
L’amertume, souvent.
Ma tristesse cherche t elle une excuse sur ce tas de détritus,
Où s’amoncèle les « il est trop tard ! Si j’avais su !…. » ?
Mais ce n’est pas de l’audace,
Juste un voile sur une face !
Aux pays des occasions manquées,
Des choix impossibles, des petites et grandes trahisons,
Il y a des constats qui vous condamnent,
A porter en bagages les douleurs passées,
Non pas en pénitence, mais en un rappel quotidien,
A l’humilité, à une certaine idée de l’humanité,
Dans ce qu’elle a de plus généreux, de plus vraie !
Il me faut assumer seul, cette culpabilité,
Et apprendre l’autre au-delà du repos,
Retrouver, peut être un peu de compassion
Et d’estime de soi.

Mais, de quoi nous parles-tu ?
Oh ! J’essaie de justifier mon désarroi,
De faire du temps ce complice volontaire,
Qui fermera la porte de ma vie, doucement.
C’est le moins qu’il puisse faire !
Vous ne trouvez pas ?

Vincent

Equilibre.


Equilibre

Le corps a ses raisons,
Poussé par Cupidon,
Des mains audacieuses,
S’insinuent en caresse,
Dessus une peau en paresse.

Le corps a ses raisons,
Parfois, il nous en demande pardon,
Au détour d’une vie capricieuse,
Nous laisse entrevoir le pire,
Comme une fin de ce présent avenir.

Le corps a ses raisons,
A l’esprit, il fait ce don,
Toi, le boiteux, le pas beau,
D’être au-delà de la pensée des idiots,
D’une humanité aux limites infinies.

Il y a dans tout cela un équilibre !

J’aimerai, tant, parler aux hommes,
Loin de ces écrits simplistes.
Faire en quelque sorte un autre tour de piste.
Parler aux hommes,
Non pas à leurs cœurs, ils sont si volatiles,
Mais à leurs consciences !
Pas ce faux semblant « bobo » non !
A cette âme cachée aux reflets de bon sens,
Où le bonheur trace un chemin invisible,
Pourtant si présent !
Notre existence a-t-elle un attrait,
Si l’autre n’existe pas ?

La raison a son enveloppe,
Faite d’audace, des caprices et de préjugés.
Mais aussi, d’amour, de compassion et de partage.

Il y a dans tout cela un équilibre !

Vincent

Eternité.

Eternité.

Quand le ciel veillera nos doux avenirs,
Craquelés par les larmes et mots d’amour,

Quand le temps n’osera plus, en tendres caresses,
Imaginé le soir nos trop vieux souvenirs,

Quand en longue promenade, au fil d’un jour,
Aux heures passées en fatigantes paresses,

Quand l’amertume fleurira l’horizon,
De couleurs fanées aux saveurs d’oraison,

Quand les plaies d’anciennes passions,
Sécheront aux vents de la déraison,

Quand le silence se nourrira de cruelles habitudes,
Laissées en pâture à de fausses certitudes,

Quand l’esprit portera aux nues,
Les mots usés d’une triste vertu,

Quand le verbe ouvrira les portes de la nuit,
Narrant, sans se lasser, la tempête et la pluie,

Quand les rêves endormiront l’absence,
D’ambitions oubliées au bord d’une apparence,

Quand paré, d’une fanfaronnante expérience,
J’avouerai, sans faille, mon ignorance

Quand le soleil oubliera de chauffer ma carcasse,
Mon cœur épuisé n’étant plus que glace,

Quand mon regard au loin sur la mer,
N’inventera plus d’îles ni de terres,

Quand mes erreurs, en meute rassemblées,
A coups de griffes, maudiront mon passé,

Quand tout cela et tant d’autres choses,
Sera venu le moment, où je me pose.
Je resterai là, aux bords de l’humanité
Les yeux perdus dans l’éternité !

Vincent

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