Archives pour juillet, 2010

Mon saule

Mon saule

Au fond du jardin, un saule.
Majestueux, torturé, fragile,
Livrant, chaque jour, bataille,
A Mistral, son ami !
Sur son tronc noueux,
Souvent léché par le feu,
Tant de frêles épaules
S’appuyèrent en de douces idylles.
Et combien de siestes canailles,
Allèrent jusqu’à la nuit !

Nul besoin de coupe,
Le vent, la pluie passe leur route,
Courbant les branches, à toucher la terre,
Refuge des oiseaux de la mer.
Il est là, chaque année,
En attente de ce jour d’été,
Ou, poussant la vieille barrière,
Je le retrouvais, seul et fier.

Il inventait mes rêves,
Distribuant les rôles,
Au gré d’une farandole,
Corsaire d’un soir,
Comédien de foire,
D’une étoile filante,
Il en faisait ma confidente

Il m’apprit les rimes
Un jour de déprime,
Ou, ma vie bascula,
Pour un enfant,
Pour serment.
Lui, il était là !
Il m’apprit, les mots simples
Pour renaître humble.
Comme un « petit bouchon ! »
Flottant sur une autre chanson.

Je cherche, souvent son image,
En ma mémoire, bien sage.
Compagnon sans haine,
Des mes rires, de mes peines
Je cherche, souvent son image,
M’évadant de cette triste cage,
Pour y respirer la vie,
Entre sagesse,
Et paresse !

Au fond du jardin, un saule,
Mon saule !

Vincent

Il est en Morbihan

Il est en Morbihan,
Un son, une voix, un chant,
Musique en liberté.
Il est en la mer,
Une étreinte éphémère,
Chaque jour, renouvelée.

De ces mots additionnés,
Il me fallait faire un portrait.
Je n’ai nul besoin de crayons,
Ou de papier Canson.
Certes, quelques rimes,
Me seraient très utiles !
Pourvu, qu’elles soient sublimes
Ou très habiles !

Conscient de nos passés,
Qu’une mauvaise éponge tente d’effacer !
Artisans de nos présents,
Pour, enfin, apprendre le temps !
Survivants d’un devenir,
Ne pouvant être qu’un autre avenir !

Ne parlons pas de richesses,
Je mendie la seconde à venir !
Ne parlons pas de sagesse,
C’est elle, qu’il me faut guérir !

Il me faut, vous la décrire,
Mais, je ne le puis !
Sachez pourtant,, Messire,
Qu’au pays des âmes oubliées,
Deux, s’y sont rencontrés.
Sur des amours détruits,
Ils sèment des rêves,
Nourris « d’une tendresse particulière ! »
Laissons les braves gens !
Laissons ! Ces enfants !
A leur « tendresse particulière ! »

Vincent

L’instant.


L’instant.



Vieillir n’est pas grand-chose,

Doucement, chaque jour, cela s’impose.

Quelques grains glissent passivement,

De l’autre coté d’un sablier.

Le temps n’est, autre, que cela !

Un peu de sable, en gravité,

Sans espoir, que l’on ne le retourna.


Comment vivre la minute,

Qui est et passera,

Quand le passé, en perpétuelle lutte,

Nous fait trébucher à chaque pas ?


Il est bien des discours,

Clamés et parés de beaux atours,

Osant, avec largesse,

La cécité de cette détresse.


Dans le présent s’additionnent nos passés,

Nos rencontres, nos émotions mortes nées.

Fait, que l’on ne peut mettre de coté,

Sans perdre une part d’identité.

Croire qu’il puisse en être autrement,

C’est s’exposer à bien des tourments.


L’instant est unique, certes !

Se compose d’acquis et de pertes,

De rêves, d’incertitudes,

De convenances, d’habitudes.

Les fondations de nos histoires,

Le ciel de nos espoirs,

Sont le cadre du moment furtif,

La trace d’un chemin, l’ombre d’un récif,

Comme un essentiel à saisir,

Une confusion à haïr.


Nous sommes, toujours, en bagages.

Quelque soit l’innocence où la sagesse de l’age,

Nous emportons, en toute saison,

L’apprentissage de nos incompréhensions,

De nos désirs crédibles,

De nos sentiments corruptibles.

Il y a dans ces images torturées,

Ces mots abîmés,

Autant d’écueils,

Autant de linceuls,

Ajoutant à l’instant, l’intime vérité.



Vincent

Contraire.


Contraire.


Qui es tu, toi ! l’étrangère,
Qui m’assaille de mots, et de rimes légères ?
Qui es-tu, belle enfant,
Balayant mes tourments,
D’un revers de plume,
A faire rire la lune ?
Je me ne mêle pas de tes histoires,
Que viens tu faire dans mon foutoir ?


Que fais tu, belle enfant,
Aux bords de mes hasards ?
A chercher du regard,
Mes trahisons d’un soir,
Mes rendez-vous d’espoir,
Rue des faux semblants ?
J’suis , toujours en retard,
Sur le quai de ma gare.


Ou vas tu, belle enfant,
D’un pas fier et troublant ?
Quel est donc, ce chemin,
Ou souffle les vents marins ?
Que me donnes tu en songes,
Pour que mon âme y plonge ?
Je n’ai jamais su nager,
D’ailleurs, j’ai pas de plage ensoleillé !


Il y a tant de questions,
Je ne sais par où commencer !
Tu es femme, je suis homme.
Tu en ris, de cette pomme.
Tu cèdes à toutes tes passions,
Comme d’autres vont en confession !
Rêver, jusqu’au bout des mots,
Voilà, ton seul credo !
Rebelle combattante,
D’un ailleurs différent !
Tu apparais gênante,
Pour bien des « tolérants.
Tu apprivoises le beau
En étranges et douces libertés.


Je ne sais que penser !
Mon esprit vagabonde,
De bulle en bulles à chaque seconde.
J’additionne les petits bonheurs,
Sans doute pour avoir moins peur !
J’ai déposé les armes, Il y a bien longtemps,
Perdu en traditions et autres testaments.
Le présent se joue de l’amour et du passé,
Comme pour arrêter un cœur, à tout jamais.
Je grignote sans cesse, aux bords de mon abîme
L’oxygène pur du haut des tes cimes.


Qui es tu étranger ?
Que fais tu ?
Ou vas tu ?
Dit le nous étranger !


Vincent

Monmousseau .

Monmousseau.


C’était des petits gars,
Des petits gars de là bas,
Du bout de cette rue,
Dans les champs perdus.
Une bande de gamins,
S’était fait un jardin
Au bout de cette rue,
Dans les champs perdus.

Où sont mes copains,
Mes copains d’Monmousseau ?
Où sont mes refrains,
Mes refrains de quand j’étais « p’tio »


Des maisons de briques rouges,
Leurs petits potagers.
On dirait que rien ne bouge,
Seules fument les cheminées.
Elles sont, toutes pareilles,
Alignées sous le soleil,
Certaines un peu coquettes,
Parées de quelques fleurettes.


Où sont mes copains,
Mes copains d’Monmousseau ?
Où sont mes refrains,
Mes refrains de quand j’étais «p’ tio


On allait à l’école, tout en haut de la rue,
Y en a même qui venait les pieds nus.
Pour aller « à grenouille »
Dans un coin ou çà grouille,
Après la dictée,
Après la récré,
Quand sonnera la cloche,
On ira, des bouts de pain dans les poches.


Où sont mes copains,
Mes copains d’Monmousseau ?
Où sont mes refrains,
Mes refrains de quand j’étais «p’ tio » !


Souvent vers midi,
Nos jeux finis,
Ça sentait la cuisine.
On s’asseyait au milieu des capucines
Et les yeux fermés on entamait,
Le tour du Monde des gourmets
La sauce tomate de l’Italie
Et ses spaghettis !
Le chou de Pologne,
Et ses saucisses grillées
Les épices du Maroc,
Sa semoule ciselée !
Sans oublier les patates,
Cuitent sous la braise.
Pour finir sans trop hâte,
Une bonne tarte aux fraises.
C’était çà, notre rue !
Des saveurs,
Des odeurs !
Un mélange unique,
Magique !


Où sont mes copains,
Mes copains d’Monmousseau ?
Où sont mes refrains,
Mes refrains de quand j’étais «p’ tio » !


Il y avait, dans ce petit bout de rue,
La sagesse de l’innocence,
La fraîcheur de l’enfance,
Il y avait, dans ce petit bout de rue,
Une étrange tolérance,
Une certaine idée de la différence.
Là, ou sont mes copains d’Monmousseau,
Je sais qu’il fait, toujours beau !


Vincent

( Photo de Robert DOISNEAU)

Pour quelques nuages…..


Pour quelques nuages.


Pourquoi n’es tu pas là,
Au creux de mon cœur ?
Pourquoi n’es tu pas là,
Pour faire fuir mes peurs ?
Je ne demande pas la lune,
Ni la moindre fortune.
Juste un peu de toi,
Pour réchauffer mon p’tit moi !


Les mains dans les poches,
Je marche sans but,
Laissant sous les porches,
Des amoureux émus
Par un premier baiser,
Une première caresse.
Maladroite tendresse,
Qu’ils n’oublieront jamais !


Pourquoi n’es tu pas là,
Au creux de mon cœur ?
Pourquoi n’es tu pas là,
Pour faire fuir mes peurs ?
J’ai une petite place,
Sous mon parapluie,
Excuse mon audace,
Par ce temps tout gris.


Le regard dans les cieux,
Allongé sur l’herbe verte,
Je souris pour un « rien »,
Aux oiseaux en collerettes,
Sifflant une mélodie,
Berçant ma mélancolie.
Mes rêves, sur leurs ailes,
Volent vers ma belle.


Pourquoi n’es tu pas là,
Au creux de mon cœur ?
Pourquoi n’es tu pas là,
Pour faire fuir mes peurs ?
Avec quelques nuages,
Cueillis au passage,
Je dessine pour me guérir,
Ton tendre et doux sourire.


Il me reste, de ma plume
A arracher les grilles,
De ma prison d’écume,
Libérant mes mots, mes cédilles.
Pour un nouveau poème,
Un autre « je t’aime ! »
Enfin, tu seras là !
Au creux de mon cœur !
Enfin, tu seras là !
Et je n’aurai plus peur.


Vincent

Cauchemar


Cauchemar.



Les mots s’additionnent,

Pour un hasard, pour personne.

Y a t il un but, une raison,

Où, juste quelques rimes de saison ?


Exister, là quelque part,

Sur un bout de papier,

A l’encre bizarre,

Sans craindre de murmurer, de crier !


Le vent les oubliera,

Sans autres les souvenirs.

Le temps les gommera,

Juste avant de s’enfuir.


Mais il fallait que ce fut écrit,

En un besoin de mal en pis.

Mais, il fallait que ce fut écrit,

Pour que vienne l’infini.


Le regard devient autre,

Meurtri et apaisé.

Nul, ne peut être apôtre,

D’une âme blessée.


La quiétude se dessine désabusée,

Pertinente trahison,

De rêves violés

Condamnant le présent pour autant de passion.


Le verbe n’a plus d’émotions,

Quand la croyance se trompe d’horizon.

Juger par ses paires,

Il se noie dans un étrange hiver.


Rien ne subsiste,

Pas même la foi de l’artiste !

Reste des pensées mortes,

Et à fermer la porte !


L’idée du cauchemar,

réjouis quelque part,

Étouffant les velléités,

d’un bonheur à inventer.



Vincent

Jour de miel


Jours de miel.

Ils me parlent de toi en unique voyage,
Quand la brise d’un rire chasse les nuages.
Doucement bercés par l’écho de ta voix,
Une paix divine au dessus de toutes lois.
J’apprends à les lire en toute paresse,
Devinant au détour, une ou deux tendresses.

Ils rêvent de soleil et de ronds dans l’eau,
Dans un champ de ciel bleu ou ne passe pas la fau.
Les yeux en perdition au bout de ma chanson,
Étourdis de bonheur à en damner ma raison.
Je parcours tes courbes et rondeurs,
Certain, d’abandonner en chemin mes frayeurs.

Ils sanglotent, souvent à regarder se taire,
Toutes ces émotions se fracassant par terre,
Ces colères retenues au bord de la violence,
Pour garder, bien au chaud, nos pauvres apparences.
Je navigue aux vents, entre tourments et démences,
Cherchant un horizon, une terre d’abondance.

Ils se cherchent, ils s’inventent dans l’esprit torturé,
D’un poète sans gloire, aux rêves chiffonnés.
L’amour s’habille de brumes au soleil percées,
Noircissant des pages, aux syllabes pleurées.
De douleurs en plaisirs, on construit un demain,
Se persuadant de ne pas sourire en vain !

Je me pose à la fenêtre et regarde passer le ciel.
Il y a dans ce bleu, des nuances de silences.
Je me dis : A quand ces jours de miel,
Ces heures de bagages, ces trains en partance ?
Ils ont cette liberté que l’on admire en secret,
De peur, sans doute, de devoir la partager !

Vincent

Saveurs d’été



« Il y a dans les choses simples une vérité à découvrir, une émotion à retenir, un rêve à inventer. »
Philippe de Frémontpré
(Au-delà de l’innocence)



Saveurs d’été.


Les voilà partis, à la ceinture la clef des champs,
Ils retrouvent le soleil, leurs plages d’enfants,
Les chansons de colo,
Les courses d’escargots.
Perché, dessus la voiture,
En étrange voilure,
Un bric à brac mal ficelé,
De valises bedonnantes, de bouées déjà gonflées.
Une odeur de baguette baigne l’habitacle,
Chacun roule vers ses rêves,
Ceux d’hier, ceux d’une ballade sur la grève.
Petit monde préservé, un vrai tabernacle.
Assoupi contre la vitre, petit Simon,
Cherche en ses souvenirs, une couleur
Un prénom, un rire, de l’année d’avant à la même heure.
Aura-t-elle grandie ?
Aura-t-elle, encore, cette élégance,
Ce regard sans oubli,
Gardé, précieusement du bout de l’enfance ?

La maison est la même, cachée sous les pins.
Le lierre mange, un peu plus, la façade,
Un volet claque, toujours et encore,
Les épines tombées crépitent sous les pieds,
Les premiers embruns colportent les bruits du port,
Comme une bienvenue, un bonjour,
En aller-retour.
Le balcon ensoleillé n’attend plus qu’une aubade,
Où quelques pensées perdues dans les étoiles.
La main sur le portail,
Les yeux se ferment à l’envol d’une tourterelle.
Chacun s’emplie le poitrail,
D’une autre liberté, de senteurs nouvelles,
Faites de nature, de glaces à la crème,
De couleurs jetées sur une toile.

Il lui fallait, en être certain !
A peine débarqué,
Il courut sur l’allée balayée par le vent
Contourna la bâtisse,
Fit encore une centaine de mètre, haletant,
S’arrêta net ! Il est là !
Son océan !
Au bord de la falaise, comme au bord d’un abysse,
Un bonheur silencieux à éclater le cœur.
A perte de vues, les flots majestueux,
Tutoyant l’horizon en ébats amoureux.
Quelques voiles guerrières affrontent le colosse,
Glissant habilement entre creux et bosses.
Ces vagues, infatigables,
Roulant, sans cesse, quelques galets arrachés à la terre.
L’important, pensa t il, n’est pas ce que l’on voit,
Mais ce que l’on sent, devine et perçoit.

Vincent

Sur cette route


Sur cette route.

Par lâcheté, peut être ?
Un silence ordinaire jaillit !
La souffrance s’installe sournoise.
C’était une réponse, ma réponse !

Que n’avais-je expliqué mon désarroi,
Au lieu de pleurer et meurtrir mon cœur ?

Les blessures du passé entravent mes rêves.
A craindre cette main, je ne trouve de sortie.
Je me cache en ce labyrinthe de mots,
Aveuglément persuadé de sa sourde quiétude.

Pardonnez-moi Madame !
De n’être qu’un pleutre, un amant de bazar,
Hésitant dans ses choix,
Tournant le dos au bonheur.
Je vous l’avoue,
Vous aimer est magique,
Mêlant à la certitude d’un sentiment,
La terreur d’une infinie félicité,
Usant les gestes et le verbe,
Laissant les caresses à la porte de mes peurs.
Je ne puis vous en dire plus,
Tant ma honte déborde mon âme.

Je divague sans rimes,
Sur un papier aux couleurs sombres.
Mon encre a perdu la vie,
Mes vers se disloquent !
Mon audace se noie dans cette prose imbécile,
Comme une dernière beuverie, avant de trépasser.

Mon dessein était de vous aimer,
De vous aimer encore !
Je vous en prie, Madame, croyez le si fort,
Que cela soit mon unique triomphe,
Mon seul bagage !
Laisser de pauvres curieux, de simples commères,
Ricaner de mes larmes, se moquer sans appétit.
A défaut d’aimer, ils leurs restent les farces.
Ma déchéance est telle, pourquoi se priver !?
Je ne peux les blâmer !
Sans être chevalier, j’en serai au moins clown !

Par lâcheté, surement !
Ce silence me terrifie!
La souffrance m’accompagne.
Sur cette route,, ma route !

Vincent

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