Archives pour mars, 2011

Trottoir

Trottoir.


Sur un trottoir,

Comme en un dérisoire,

Au milieu d’anonymes,

Je fais le mime,

Croisant des visages inconnus,

Aux yeux vides,

Perdus, perdus,

Sans repères, sans guide !


Qu’il est loin, le bout de la rue,

A bout de souffle, fourbus,

Ils trainent dans leurs histoires,

Le goût amer du désespoir !

Il cherchent dans le bitume

Ce rayon de lune,

Ce chemin, autrement,

Ce chemin différent.


Je m’accroche aux mots

Imaginant des bateaux,

L’espoir gonflant leurs voiles,

Leurs mats pointant les étoiles.

Qui sont ils,

Ces fabricants d’iles ?

C’est eux, c’est moi !


Aux bords de la folie

Celle des hommes impies,

Il me reste mon trottoir

Et quelques mots avec moi !


Vincent

Mes matins additionnés

Mes matins additionnés


J’ai, l’humble prétention,
D’essayer de vivre,
De chercher l’horizon,
Qui me rendra ivre.
J’ai fait, bien des erreurs,
Pour conjurer mes peurs.
En scrutant les étoiles,
J’ai, souvent, changer mes voiles.
Mon cœur, je te demande pardon,
D’avoir pu paraître, alentours,
Un bien étrange troubadours.
Il est, dans ma chanson,
Des mots aimés, avant tout,
Les rêves d’un fou,
La bienheureuse naïveté,
De croire en l’homme, sa bonté !


De mes rencontres de hasard,
Certaines, faites bien tard,
J’ai appris les tourments,
D’un monde sans amant.
Oh ! Pas celui de passage
A qui l’on offre des gages,
Mais celui d’un soir,
De l’autre bout du trottoir.
Silhouette inconnue,
Frêle et menue,
Que l’on aborde, en suffisances,
Bouffi de nos croyances.


De mes rencontres de hasard,
Certaines, faites bien tard,
J’ai appris à la connaître,
J’ai ouvert ma fenêtre !
Elle pris ma main,
Pour m’emmener sur un chemin,
Où l’esprit s’apaise,
Où s’envolent les parenthèses.
Il fut question d’équilibre,
D’une autre page dans un livre.
Je la croyais ennuyeuse,
Laborieuse,
Accumulatrice,
Dominatrice,
Et elle rit de mon opinion,
De ma fausse définition.


Elle n’est pas ,
L’entreposage en un grenier,
De ces aveux d’impuissance,
De ces règles de sciences.
Elle n’est pas,
L’épandage en société,
D’acquis sans usages,
Comme autant de couleurs à son plumage.
Elle n’est pas,
Ces élégantes réflexions,
Gonflées d’orgueil et de passions,
Où l’ego est plus qu’un invité.


Alors que mes mains,
Semblent oublier l’écriture,
En dessinant demain,
D’un douloureux futur,
Elle m’accueille en liberté,
Pour juste m’accompagner.
Mes regards sans différences,
Fuient toutes les apparences,
S’attachant, désormais,
A ces matins additionnés !


Vincent

C’est ainsi, que veux tu !


C’est ainsi, que veux tu !


Nous n’irons plus aux bois
A l’automne venu,
Nous n’irons plus aux bois,
C’est ainsi, que veux tu !

Les feuilles tomberont, encore, sur les passants,
Et nos chemins secrets, auront d’autres amants.

Nous n’irons plus aux bois
Aux heures suspendues
Nous n’irons plus aux bois,
C’est ainsi, que veux tu !

Nos mains, en pleine gloire,
Dans la fraicheur du soir,
Sous la lune naissante,
En étreinte indécente,
Les doigts entremêlés,
Au plus fort d’aimer !

Nous n’irons plus aux bois
Un rêve s’est perdu,
Nous n’irons plus aux bois,
C’est ainsi, que veux tu !

Le vent continuera à courir les branchages,
Sans oser, toutefois, vraiment tourner la page.

Nous n’irons plus aux bois
La vie n’a rien entendu,
Nous n’irons plus aux bois,
C’est ainsi, que veux tu !

Pour un temps, le hasard
Cherchera ton regard,
Celui d’un souvenir, d’un autre été.
Il faudra plus qu’un dessin, pour ne pas l’oublier,
Car les heures assassines,
Effacent, même l’ombre d’un trait d’encre de chine.

Nous irons, seul, aux bois
Amer et vaincu
Nous irons, seul, aux bois,
C’est ainsi, que veux tu !

Vincent

Douloureuse frayeurs.

Douloureuse frayeurs.


Quelques mots incertains,
Reconnaissent ma plume.
Ma main, l’insolente,
S’invente d’autres virgules.
Faut il souffrir, à tant aimer,
le verbe, la pensée, en noir dessiné ?


Dans ce corps qui s’affole,
Dans ce bras insoumis,
Battant, par instant, sa propre mesure,
Dans cette jambe voulant être
Autre chose qu’une jambe.
La bête me ronge,
Et ricane de mon impuissance.
J’ai mal ! Oui, j’ai mal !
Je ne me plains pas !
J’ai vécu, j’ai aimé,
Mal, sans doutes,
Avec sincérité, surement !


Ma carcasse m’oublie
Et mon esprit s’accroche,
Pour un temps famélique,
Un avenir, ponctué de peut être .
Il n’est pas, dans mes lassitudes,
Ce besoin, d’un envers du décor,
Où, se cachent, parfois,
Bon nombre de vos secrets.
Mais des réponses s’imposent,
A de douloureuses frayeurs.
Le rideau tombe,
Apaisant ces cris de silence !


Il est aisé de croire,
Aux images interprétées,
Sur quelques mélodies,
A nous chantonnées.
Faut il y voir, le mensonge,
Ce désir irrationnel de plaire,
Où ces airs protecteurs,
De ce que l’on veut entendre ?
Vous avez, tous, comme moi,
Vos certitudes, vos affirmations.
Sont elles les bonnes,
Ne changeront elles pas, demain ?


La vérité n’est pas un puzzle,
Construit, tant bien que mal,
En fonctions de nos envies,
De nos déceptions !
La vérité est la seule addition,
Pour laquelle la réponse juste
Est difficile à trouver !
Elle se compose , en effet,
D’un constat , fait d’émotions,
De ressentis qu’il nous faut mettre de coté.
S’ajoute à cela, le doute,
Cette information contradictoire
Que l’on ne veut pas entendre.
Où que l’on ne dispose pas.
Sans oublier un équilibre juste,
Une compréhension juste,
Dans nos lectures intimes des faits.
Enfin, c’est ce que je crois !


Je ne sais pas pourquoi,
Je vous dis tout cela !
Pour me guérir un peu,
Pour m’apitoyer,
On en fait , souvent,
Sa principale excuse !


Il y a dans au fond de ce corps,
Qui s’emballe et se raidit,
Des sentiments vrais,
Une réalité, à nous seul connue.
On en laisse quelques traces,
Ici où là,
Mais, on la garde au secret,
N’osant se dévoiler.
C’est un tord, me direz vous,
Ne sommes nous pas esclaves
De biens des circonstances,
Où, il nous faut paraître,
Plutôt que d’agir en conscience ?


Le silence est, trop souvent, le refuge
De nos peurs, de nos non-actes,
Il préférerait, j’en suis sur,
Nos justes réflexions !


Vincent

Une page désertée

Une page désertée.


Les images d’hier foutent le camp.

Les visages s’embrument, plus souvent,

Puis disparaissent sans noms

Les yeux ne parlent plus,

Cherchant des hasards confus,

Et des larmes glissent sans raison.

Les mains ont ces gestes incertains,

D’heures fuyantes, de minutes sans fin,

Oubliant pleins et déliés.

Les mots, des souvenirs en lambeaux,

Ne discernent ni le vrai, ni le faux,

S’enfermant en une étrange page désertée.

Le silence au milieu de l’oubli,

Est un ailleurs qui s’enfuit,

Égrenant des sourires enfantins.

Le corps, enveloppe en perdition,

Avoue sa faiblesse, sa démission,

Sans comprendre ce qu’est le matin.

Il désapprend la vie,

Perdu au bout de son ennui,

Sans qu’il imagine l’infini.


Vincent

Tendresses impossibles.

Tendresses impossibles.


Au creux d’une vague montagne,

Parait une tendresse impossible,

Ombre pale, de matins indécis,

Aux senteurs de jardins fanés.

Nul navire affronte ses silences,

Le vent, en quête d’horizons,

Charrie les murmures craintifs,

De hasards improbables.

Larmes, paysages engloutis,

Nuits cavalières, éphémères,

Comme autant de rimes effacées,

En pages blanches sacrifiées.

Le temps s’étire, sans haine,

En funeste, en dérisoire.

L’absurde, l’irraison,

Invente des sons, plus que des mots.


Le feuillage n’a plus de chants.

La peur s’ennuie,

En compagnon, sans voyages,

Errant en crève croyances !

Oser s’abrutir de néants,

Se saouler d’indéfinissables

D’irréels jugements,

Sentences sans clémence.

Parodies autoproclamées,

De bonheurs invisibles.

Chemins sans éveils

Tendresses impossibles !


Vincent

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