Archives pour mai, 2011

Un métier d’homme.


Un métier d’homme.

Ces quelques mots en intitulé sont, à la fois, la source et le titre de cette réflexion. Je me suis posé la question de savoir si j’en faisais un poème où tout simplement une prose. Une séquence me parut une manière plus claire, d’exposer ma pensée.

« Métier d’homme », n’y voyez pas une allusion à ces métiers, honorables et respectables, dits de force, trop souvent associés à un certain machisme et à un intellect restreint. Mon propos est tout autre.

Pour cela, il me faut décortiquer ce titre. Je commencerai par « Homme », dont la définition pourrait être : être transformé par la raison. Il y a dans ce raisonnable, ces notions de compréhension, de connaissance dont cet être ne peut se dissocier sans prendre le risque de retourner à l’état animal. Il me parait, donc, important d’être les apprenants conscients de ces facultés, de la réalité de leurs existences, pour éviter les travers impulsifs, instinctifs, signes d’un retour à un état d’égarement.
Compréhension, connaissance, deux mots que j’utilise abondamment, dans un sens différent de leurs significations usuelles. La compréhension est l’appropriation juste de nos émotions et de celles ressenties par les autres. La connaissance dépasse l’accumulation d’acquis, dissout le Moi individuel, pour trouver l’équilibre entre ce qui est et ce qui n’est plus.

« Métier », cela reste un apprentissage permanent où le savoir faire cède la place au savoir être. Un savoir être qui, outre l’essentielle politesse, comporte la pérennité de l’initiation.
Les certitudes, quel qu’elles soient, ont été mais ne sont plus, d’où une remise en cause permanente de notre vision des choses, car elles mêmes ont été et ne sont plus.

C’est dans ce cadre, à mon avis, que nous avons les plus grandes chances de nous épanouir et peut être pour certains de se trouver, sinon nous sommes en dehors de ce « métier d’homme ».
La compassion, l’amour c’est donner et sont les pilier de ce « métier d’homme ». Si l’on cherche, d’abord à prendre, sans être dans notre « métier d’homme », on se met en attente, cette perspective devient vite un non-sens, car l’attente crée l’angoisse, les craintes, nous emmenant sur des chemins où notre égo se flatte d’être incompris.

J’ai écrit ce texte, après la lecture de quelques mots griffonnés, en son temps, par un petit garçon de 12 ans. J’étais en chimiothérapie, lui en traitement pour une leucémie.
Il donnait, donnait, attention et amour autour de lui, ce qui me rendait ridicule avec mes lamentations d’adulte.

Vincent

La fin attendue.

La fin attendue.


A mesure que le temps passe, la patience s’installe,

Pour apprécier le jour, le cadran, son tour,

Les visages, les mots, leurs sens, leurs innocences.


Naît, alors, une passion calme et sereine,

Où la réflexion s’impose en virtuose,

Cherchant la profondeur plus que le verbalisme.


Les craintes changent de cap,

Pour n’être que brises apaisantes,

La fin attendue d’un chemin.


De ces passés additionnés, reste quelques hasards,

Que l’on goûte, désormais, en délicatesse

Prolongeant, ainsi, un moment d’extase.


Chaque saison se découvre en aquarelles,

Osant des couleurs anonymes, à nous seul connues,

Parsemées de parfums étrangers en une autre lucidité.


L’age déploie la raison plus que l’intention,

Laissant l’acte se construire, sans bruit, sans fureur,

Et s’épanouir en un prudent discernement.


Il y a là, un rapport transformé, renouvelé aux choses,

Où la parole, la pensée s’interdit l’innommable excès,

Défigurant l’acquis, dévoyant la connaissance.


Savoir être au-delà de soi-même,

Pour se satisfaire, humblement, de ce qui est,

Et comprendre ce qui n’est plus !


Vincent

Si peu de toi ….


Si peu de toi ….

Il y a, si peu de toi, dans ce reflet,
Quelques couleurs, à court d’idées,
Un ou deux rêves,parfois.

Le regard plongé dans un hasard,
Osant, d’étranges certitudes,
Comme pour user les habitudes.

Il y a, si peu de toi, dans cet horizon,
Quelques paroles d’autres chansons,
Un ou deux rêves,parfois.

Ta main crispée sur une plume,
Où l’encre s’étale en invisible,
Comme pour dire, ce que tu ne sais pas !

Il y a, si peu de toi, dans ce vent froid,
Quelques souvenirs glacés,
Un ou deux rêves, parfois.

Tes minutes, sans patience, s’observent,
Cherchant à s’abreuver de quelques espoirs,
Comme pour feindre de vivre, de survivre.

Il y a, si peu de toi, et pourtant,
J’écoute tes mots à me crever le cœur,
Et dessine un ou deux rêves, parfois.

Quand je pense, quand je suis,
Tu es là et j’apprends,
Je comprends tes rêves à peindre ton sourire !

Il y a, si peu de toi….
Que, même si peu…..
Est un infini pour moi !

Vincent

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