Archives pour juin, 2011

J’aspire le jour, un autre jour……

J’aspire le jour, un autre jour……

Au levé des nuages gris, le temps s’invite autrement!


Je respire le bleu du ciel, comme l’on goute avec étonnement ces gouttes de vie, cet ailleurs particulier, attentif, ignorant et curieux, troublant mais limpide.


Je m’enferme, alors, en cette page blanche. Là, les mots s’inventent, se croisent, s’interpellent, se blessent, se déchirent, se chantent …… Osant la solitude, non pas comme bouclier, mais en un espace privilégié, propice aux dessins précis, colorés, audacieux de l’addition des mots. Ils se targuent sans vantardise, protégeant leurs secrets , mais laissant la porte entrouverte. Il me semble, parfois, qu’une phrase s’impose, s’expose, s’interpose. En syllabes provocantes, elle attise la réflexion, l’émotion, la description, l’imaginaire. En ces moments, l’étrange brouille l’écrit. On ne sait plus, vraiment si l’herbe est verte, si ce sourire nous appartient, si le bon sens a toute sa raison, si le «  je » n’est pas quelqu’un d’autre.


La plume prendrait elle le pouvoir ?


J’avoue, apprécier ces instants de lutte. Il y a dans cette intensité, le choix de l’égarement, de l’abandon, de la résistance, de la rêverie. Les uns et les autres s’assurant de la légitimité de leurs cheminements, de leurs vérités. On explore le nouveau, déjà trop ancien, on s’apitoie sur un souvenir toujours aux bords des yeux. Il nous faut être courtisan de nos lignes, de nos paragraphes,habile diplomate, s’aventurer en l’interdit, se résigner à être vrai.

Le silence, l’absence de ce glissement criard de la plume sur le papier, ne résout rien. Il est de l’indispensable de porter en cahiers ou carnets, l’affolement, le dégouts, le plaisir, le bonheur, l’ombre, la lumière, pour se prouver que l’on existe, certes ! Mais aussi, pour laisser cette trace humble d’un apprentissage permanent.


Il est des puzzles, où une pièce ne fait pas le tout, mais où l’on devine le tout, malgré son absence.

Laisser, ce pressentiment de comprendre et soupçonner chaque lettre, chaque virgule d’être une porte sur une autre histoire.


Philippe De Frémontpré

( au delà de l’innocence )



Extraits

Extraits

Il me fallait retrouver ces mots, syllabes abandonnées là ou le temps s’absente entre ombre et amertume, silence et regrets.

Je pris un chemin, sans savoir où il menait, avec le doute de la pensée comme compagnon de voyage, avec l’attention à l’émotion qui jaillira aujourd’hui, demain….. !

Être attentif, une vertu, un apprentissage. Le regard, la parole, l’écoute tout devant mener à l’acte bon . L’indignation est nécessaire, respectable souvent authentique, mais reste un constat où l’acte bon est à inventer!

Apprendrai-je la patience ? J’en souri !

On se confronte, parfois, aux mots. La plume s’applique à peindre une certaine sagesse, où la raison s’impose plus qu’un autre choix. Il n’est pas dans cette assemblage de lettres «  raison » , une connotation de «  cul-béni », mais un juste équilibre entre le désir et la réalité, le présent et le devenir. On peut constater la difficulté de notre monde à s’atteler à cette simple réflexion, c’est peut être pour cela que je parle de confrontation !

La confrontation implique un vaincu, un vainqueur. La raison exige l’équilibre, mais il nous faut, tout d’abord, établir l’essence même de la raison.

C’est un vaste champ à explorer, un univers particulier. En son sein, rien n’est figé, rien n’est acquis, tout se transforme. Pourtant, dans ce mouvement perpétuel, dans ce bouillonnement de réflexions, une notion semble immuable. Le cheminement vers l’équilibre de la raison est, au delà de nos propres émotions ! On pourrait traduire cela par : « on ne peut être juge et partie ! ». Cela va bien plus loin . La raison est un cri, l’équilibre son porte voix, nous serions idiot si une fois le navire construit et à flot, nous en percions la coque !

J’ai couché quelques phrases sur le papier, peut être prétentieuses ou inaudibles, et j’ai cette curieuse sensation de n’a voir rien dit. L’évidence peut elle s’expliquer ?

Tout en posant cette question, le visage de ma mère s’esquissait entre les lignes. Ma plume à l’encrier, vos yeux, votre sourire complétèrent ce dessin irréel. Vous étiez si présente que mon cœur vous respirait, vous étiez si présente que mes mains vous cherchaient. Il me revint, alors, le souvenirs d’une conversation. Au retour de l’école, je vous faisais part, d’une injustice dont je fus le témoin. Je vous narrais les faits, avec exactitudes, d’un ton ferme et révolté. Vous m’avez écouter, sans émettre d’avis, puis reposant votre tasse de thé sur la table vous m’avez dit : «  Votre indignation vous honore, mon fils, mais visiblement elle vous mène à la colère, pire aux regrets. Posez vous cette question, qu’aurai je du faire pour éviter cela ? »……………..

Au delà de l’innocence

Philippe De Frémontpré

Le chêne.


Le chêne.

Devant ma fenêtre, il y a un chêne.
Pour moi, il n’a pas d’age,
Aussi loin en mes souvenirs,
il était, toujours là.
Son écorce rugueuse, abimée par le temps,
Atteste des saisons passées.
Il n’est pas grand,
Mais, solidement, ancré au sol,
Par de massives racines.

Des hommes en camionnette,
Sont venus le voir, un jour.
Ils avaient, avec eux, un tas d’instruments.
Ils se mirent à le mesurer, le calibrer,
Ils enfoncèrent en son bois,
Comme un drôle de tire bouchon,
Le retirant sans ménagements,
Déposant son contenu dans petit bocal.
Tout, fut soigneusement, étiqueter,
Estampiller, dessiner, contrôler,
Vérifier et re-contrôler.

Et un matin, fier comme Artaban,
Le Maire apposa au pied de l’arbre,
Un pancarte, son pédigrée !
Le chêne ne montra aucune émotion.
Pourtant, entre ses branches,
Je le vis esquisser un sourire.

Ils avaient écris mon histoire,
Enfin, ce qu’ils en savaient.
Cela me fait bien rire,
Qu’autant de cerveaux avaient eu cette attention.
Certaines choses étaient exactes, d’autres non,
Mais là, n’était pas l’important.

Ils ne savent pas,
Qui m’a planté !
Ils ne savent pas,
Combien de tempêtes, de vents mauvais,
Il me fallut affronter!
Ils ne savent pas,
Combien de nichées ont vu le jour sous mes feuilles, !
Ils ne savent pas,
Combien de gamins grimpèrent au sommet de ma cime,
En hurlant leurs victoires!
Ils ne savent pas,
Combien d’amoureux, sous mon ombre, s’offrirent
Leurs tendresses et bien plus encore!
Ils ne savent pas,
Combien se sont abrités, sous mes branches,
et dormirent en paix, drapés d’étoiles !
Et tant d’autres choses, vous m’en excuserez,
Que je garde pour moi, en secret.

Devant ma fenêtre, il y a un chêne,
Mais est ce, seulement un chêne ?

Vincent

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