Par la fenêtre ouverte .


Les jours passent, semblables à bien d’autres. Dans mon sommeil, les rêves n’ont plus la couleurs d’un rire, les saveurs d’un silence aux milles images, les horizons d’autres terres.

Chaque matin, la fenêtre s’ouvre sur un paysage changeant. Chaque matin, je passe de longues minutes à contempler, à observer ce rectangle de vie. Avez vous remarqué, qu’assis devant une fenêtre, notre champ visuel se limite, généralement, à la forme géométrique de l’ouverture ? Il est, assez rare, que de notre fauteuil, nous osions ce plongeon vers l’inconnu, que serait, se pencher un peu plus sur la droite ou sur la gauche !

Les toits touchent les nuages, le vent agite les feuillages, renouvelle les parfums. Le soleil, jouant avec l’éclairage, s’assure des ombres, choisit son angle, tel un photographe en quête de la belle image. Il y a là, «  un pareil différent », un «  je ne sais quoi ! », provoquant un autre regard sur ce monde, si familier ! Nos yeux se figent, comme envoutés par cette aquarelle. L’imagination s’agite, l’illusion se maquille, l’impossible devient palpable, comme une soif ,enfin, apaisée. Comment transcrire en quelques phrases, en quelques mots, ce moment de pur délice, où plus rien n’existe que cette sensation douce, délicate d’être ailleurs ?!!! Soudain, le clignement d’une paupière, notre réalité s’impose, rieuse, moqueuse.

Pourtant,ce bout de lucarne est de l’indispensable, de l’addictif, on s’y attache comme à un repère, une bouée. Une autre baie, une autre lunette, en un autre lieu serait, dés plus déstabilisante. Il ne serait plus question de matins aux paysages changeants, mais d’incertitudes, d’angoisses, de questionnement ! Les tuiles, la brise seraient des inconnues osant, avec désinvolture, nous proposer une cordialité vulgaire et éphémère. Parfois, on tombe sous le charme, comme un adolescent aux vacances d’été,mais le plus souvent, quoiqu’attrayante, elle ne sera que de passage….


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )