Archives pour septembre, 2012

D’espoirs et d’affolements !

D’espoirs et d’affolements !


Il est des chemins tardant à se croiser,

Des vies, paressant à se partager.

Quand le temps s’affole,

En insouciance et farandoles,

A maudire le présent,

A s’interdire le vivant,

Reste en nos espoirs intimes,

L’ombre chatoyante d’une rime.

Se nourrir de cet étrange plaisir,

Oublier le souffrir,

Pour un vers en arabesque,

Pour une consonance romanesque.

S’ouvrir à l’imaginaire désir,

Au billet, écrit d’un trait de sourire.


Il est des chemins tardant à se croiser,

Des vies, paressant à se partager.

Quand le temps s’affole,

D’histoires sans parole,

A implorer sa peine,

A danser avec la haine,

Reste en nos espoirs intimes

Loin de tout abime,

La silhouette aimée,

Le baiser à jamais volé.

Les yeux clos,

Claquent les voiles d’un bateau,

Cinglant sur un océan de passion,

Entre tempêtes et illusions.


Il est des chemins tardant à se croiser,

Des vies, paressant à se partager.

Quand le temps s’affole,

Versant son obole,

Osant en compassion,

Le dessein de l’horizon.

Apaisant les nuages,

Tournant, enfin, la page.

La plume fait silence,

Glissant en aisance,

En mots sans tristesse

En déliés de tendresse.


A la croisée des chemins

Une vie tend la main,

Retient le temps,

Et goute l’instant !



Philippe De Frémontpré

(Au-delà de l’innocence)

Une nuit à BALI

Une nuit à Bali.

Le jour fut chaud, très chaud. La nuit est lourde, de cette chaleur pesante où même les murs transpirent. A la lueur d’une bougie, je m’astreins à écrire, Mes mots gouttent,s’évaporent, sourds à ma demande d’être simplement plaisants.

Mes pensées sont en attente de la fraicheur d’un regard, d’une pluie de sourires, de cette tendresse particulière rafraichissant les cœurs , les corps. Posant ma plume, je m’abandonne à une lassitude généreuse, mêlant le rêve éphémère à une douce présence invisible. Je me perds dans un dédale de sensations, ne sachant où m’arrêter. La réalité disparaît, laissant place aux reflets d’un ailleurs. Je renais !Il me faut apprivoiser ces émotions, faites d’un va et vient de couleur, de senteurs , de plénitudes inconnues. Il y a , dans ce foisonnement, tant à apprendre, à comprendre.

Dans ce moment privilégié, le papier, l’encre, la flamme n’existent plus. Les arabesques d’une pensée s’ouvrent sur un autre monde. Un monde sans mesures, sans exigences, si ce n’est, celle d’une certaine confrontation avec soi même.

Patient, absorber par le temps, j’arpente le présent sur les traces fragiles de la véritable humilité. J’appréhende mes souffrances, non pas en soumission mais en questionnement. En découvrir la source est un chemin âpre, difficile, il me faut l’emprunter avec compassion, cette acte unique, où se révèlent, peut être, les réponses, mais surtout, un éclairage nouveau sur mes voyages à venir. La curiosité intime n’est pas une moquerie irraisonnée, ni l’acceptation irrationnelle de nos comportements . Elle est, avant tout, une interrogation permanente en dehors de tout attachement. Chaque seconde devient alors, redoutable et apaisante, euphorique et sage, une alchimie où il faut se livrer en toute honnêteté, sans concessions. L’équilibre s’installe, comme l’on pose les fondations d’une maison, comme , pour retrouver, enfin, «  le goût des choses » dans leurs authenticités.

Comment retranscrire cela, si ce n’est qu’en images partielles et floues ? L’intime a cette particularité de garder cette énergie au plus profond, ne laissant que des reflets paraître. Le sage inverse ce processus, partageant la force de la vérité, ne possédant, désormais que le bonheur de la communion. Loin de moi, la prétention d’être un sage, mais je crois que chacun,dans ces intervalles intimes où l’esprit chasse la vanité, l’éphémère, le paraître, peut percevoir les bienfaits de la sérénité, du juste équilibre. Un ami me disait : «  Nous sommes tous redevables . A chacun de savoir à qui où à quoi. Il n’est nul question du paiement d’une dette, mais clairement de notre place dans l’univers.  Prendre conscience de l’impermanence des choses, permet de se situer. Mais se situer n’est pas une réponse en soi, simplement le début du chemin. »

La nuit s’achève Le matin s’invente un renouvellement où tout ne peut être que différent. Vivre n’est ce pas combattre ce que nous sommes pour être ce que nous espérons , terrasser l’inutile pour s’employer à l’utile ? J’utilise le «  nous » et non pas le «  je » car l’on ne peut être soi même que pour l’autre et à cause de l’autre. C’est, sous cette seule bannière que les hommes doivent se rassembler !

Philippe De Frémontpré

( A u delà de l’innocence )

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