Archives pour novembre, 2013

Sourd et aveugle !

Sourd et aveugle




Je vous écoute souvent, en un silence triste. Vos voix crient plus qu’elles ne chantent. Et si un refrain survient, il s’arme de syllabes assassines, de poings d’exclamation, de virgules rageuses, formant des bataillons hurlants, comme des vagues folles, sans cesse renouvelées.


Je vous regarde souvent, en un silence triste. Vos mains acharnées à construire l’éphémère, façonnant chaque jour, vos souffrances prochaines. Vous osez un bonheur n’ayant pas d’existence, en bradant pour six sous, le sourire d’un enfant !


J’aimerai, parfois , être sourd et aveugle. Sentir les lueurs matinales, ces couleurs en nuances de bleus offrant au monde une autre clarté ! Percevoir la chaleur bienveillante d’une main, pénétrer la vie pour en apprendre le sens .


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Une minute


Une minute.




Puis-je vous déranger une minute,

Pour un sourire, un air de flute,

Où quelques mots additionnés,

Aux couleurs d’un mois de Mai ?



Des images en farandoles,

Courent, sautent, et s’affolent,

Les blés sont murs et bien levés,

Comme le présage d’un bel été.



Puis je vous déranger une minute,

Pour un vers cherchant sa chute,

En une chanson presque oubliée

En pluie d’étoiles sur le pavé ?



Je prends la vie par la main,

Vous offrant d’autres matins,

Aux parfums sublimes d’Orient,

Aux rêves lents et patients.



Puis je vous déranger une minute,

Sans coup d’éclat, sans disputes,

Ma page blanche en équilibre,

Enchainée, mais encore libre ?



Le silence, en rigolades,

Pétillant comme une limonade,

Est encore mon bel allié

Pour conjuguer le verbe Aimer !



Pardon du dérangement,

je m’en vais avec le vent,

Loin, si loin au hasard,

Mais prés de ton regard !



Philippe de Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

J’ai froid aux mains !


J’ai froid aux mains !





Au profond de mon corps, la vie s’en est allée!

Mon esprit apprivoise le temps sans désirs, sans craintes,

Le monde s’agite, sanglote, s’adresse aux Dieux pour je ne sais quelle prière

N’ont ils rien compris ?, n’ont rien appris ?

Une larme jaillit, dénigrant l’ignorance,

Ne pouvant guérir cet imbécile aveuglement.




J’avoue au ciel mes méprises passées, mes regards envieux,

J’emmène en bagages mes mots insensés, mes peurs enfantines.

Mon chemin envahit d’herbes folles, doucement disparaît,

Comme la brume, aux heures réchauffées.

J’ai froid aux mains !

J’entends mon cœur, parfois s’emballer,

Comme une ancienne colère qui ne peut exploser !




J’ai mal à l’humanité,

Celle de la souffrance sans fin, juste pour quelques uns !

Celle de la misère, seul espoir pour demain !

J’ai mal à la vérité,

Celle des statues drapées de noir, des discours d’étranges prétoires !

Celles des ghettos où l’on enferme les mots !

J’ai mal au bonheur

Celui du silence des malheureux, là !! de l’autre coté du trottoir !

Celui que l’on oublie, que l’on torture, que l’on refuse de voir !




Sont ils aussi sots qu’ils aiment le malheur ?

Faut il les traiter d’imbéciles pour qu’ils méditent leurs erreurs ?

Je ne sais que penser !!

Puis je prétexter de la maladie pour hurler ma fureur ?

Dois je attendre l’ultime faiblesse pour espérer un peu de noblesse ?

Je ne sais que penser !!




J’ai lu quelque part :

«  tu n’as que deux amis : l’attention et la vigilance!  L’attention à l’autre, la vigilance sur tes actes»



Ils ont fusillés l’une et enterré l’autre !!!!!




Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Dialogue.

Dialogue.



J’étais en maladie, comme l’on est en pèlerinage ! Étonnant, n’est ce pas !

Disons plutôt, que cette épreuve m’offrit ce temps précieux où l’on regarde en soi t autour de soi. Passé le primaire : «  Pourquoi moi ? », je m’engageais, avec une ardeur prudente, sur ce chemin âpre, difficile du sens de la vie.


Je construisais le temps entre de longues lectures, dans un dialogue secret avec ces phrases additionnées, cherchant une vérité derrière une virgule, un doute au delà d’un point d’exclamation. L’apprentissage de la méditation, où l’interrogation de soi est, parfois une souffrance, une très grande souffrance et un autre regard, une écoute différente de l’entourage, de la clarté du ciel, des propos partagés. J’apprivoisais les mots, avec l’humilité de l’élève, pour en tirer l’essence et gommer l’illusion.

Le silence fut un allié. Imprévisible, surprenant, questionneur et questionné, il est, dans sa réalité éphémère, ce petit rond envahissant l’océan pour renouveler la surface de l’eau. Bref et presque permanent, il semble exister , mais chaque vaguelette s’élance et disparaît. Pourtant, ce phénomène est présent, rempli de richesses où la conscience s’abreuve où l’esprit s’ouvre , respire……..!


Il y a peu , un ami vint me voir. Nous passâmes un moment agréable à jouer avec les mots. Au milieu de nos rires et nos plaisanteries, il me dit :


  • Mon vécu est plein comme une outre, je peux affronter le reste de ma vie sans crainte !


Je cherchais dans son regard une émotion, une motivation de cette affirmation. Voulait il se rassurer ou était il persuadé de la véracité de cette pensée ? Sans réelle réponse, je lui répondit :


  • Je suis heureux que tu puisses affronter la vie sans craintes, mais as tu l’expérience pour cela ?


De sa voix grave, emplie de certitudes, il me déclara :


  • Vécu, expérience c’est la même chose ! Tout cela n’est qu’une succession d’événements dans lesquels chacun y puise ce qu’il veut !!


Je fus surpris de cette rapide explication ! Elle avait la saveur d’un parfum amer, d’un met trop cuit.

Je tentai, alors, un autre écho.


  • Vivre sur un vécu, c’est oublier le sens de la vie ! On pénètre en lui, par l’expérience qui ne peut être dissocier de l’observation,de la recherche, de la réflexion. Après ce cheminement, on s’adosse, non à un passé ( le vécu) qui n’existe plus, mais à la vraie nature des choses et de là, d’autres vérités s’imposent ! Nous sommes en expérience,à la fois maitre et apprenti, sollicitant les questions, scrutant les réponses et doutant de chaque trouvailles. Nous ne pouvons nous satisfaire d’un acquis, qui , bien souvent altère, notre impartialité et n’est compris que par notre égo.


Il me sourit. Laça ses chaussures, s’enveloppa dans son manteau et prit le chemin du retour. Nous nous sommes revu quelques temps après,reprenant nos discussions avec joie et sérénité. Nous ne reparlâmes jamais de cet entretien, mais je vis dans ses yeux comme une compréhension réfléchie qui me ravit.



Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

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