Archives pour décembre, 2013

Les paroles du vent

N’est-il pas miraculeux, après avoir dormi, de s’éveiller vivant !!! ????
Cette vie est plus fragile qu’une bulle sur l’eau.
Matthieu Ricard


Les paroles du vent.

En cette nuit, il fut un moment,
Où le temps se mêla à l’ardent.
Le ciel se fit oublier.
Sa parure sombre et étoilée,
Donnait au silence,
Le goût de l’innocence.
L’air, aux parfums endormis,
Voyageait en calmes lueurs,
Faites de nuances de gris,
Accrochant, çà et là,  une fleur.
Il naquit, alors, d’étranges saveurs,
Un sentier admirable, un ailleurs !!
Le regard à l’unisson,
De cette discrète chanson,
L’humilité envahie l’instant.
Les paroles du vent,
S’insinuent en sagesse,
Les craintes disparaissent.
La seconde, soudain, se fait sereine.
L’infini dissout les peines.
L’inaccessible à portée de mains,
Le rêve retient le matin!
Serait-ce trop demander,
Ce juste équilibre gardé ?
Sur les chemins des possibles,
Des empreintes invisibles,
Accompagnent le voyageur,
Au delà de toutes faveurs.
Le silence se hasarde au pardon,
sans cri, sans leçon.
La vérité devient absolue,
La clarté disperse le confus.
J’entends, alors les paroles du vent,
D’insaisissables rires d’enfants
S’écoulant en cascade,
En une apaisante sérénade.

Philippe De Frémonpré
(Au delà de l’innocence )

La voie

La voie


Les mots ont un sens, certains sont plus fort, mais aussi plus fragile. L’altruisme fait partie de ces mots pour lesquels il faut avoir le plus profond respect dans son utilisation grammaticale et philosophique. Il est impératif, en préambule, de comprendre cette réalité universelle posant l’altruisme comme une nécessité. L’évidence de ses bienfaits ne se démontre pas, elle se partage, se construit, s’immerge dans l’acte méritant Il n’y a là aucun lien religieux ou théologique, cela fait partie de la vraie nature de choses. C’est en fermant les yeux et en allant à la source de cette pensée que le constat se fait sur la véracité de cette affirmation. Ensuite, il faut en présenter la description qui ne peut souffrir aucune interprétation.


L’altruisme : être concerné par l’autre , conscient de sa valeur et avoir de la considération pour lui !



Cette définition n’est pas une forme de pitié, mais tout le contraire. Elle contient toute l’humilité, tout le respect, toute la compassion non seulement dans l’esprit mais dans l’acte qu’elle engendre.

Bien d’autres discours vous exposeront des arguments opposés. comme cette « philosophe » américaine expliquant que l’égoïsme est la clé de voute de toute entreprise humaine et qu’il faut s’en féliciter Je n’y vois vois que l’acceptation de la souffrance universelle. Croire que la souffrance est une variable ajustable, inévitable est un non-sens, la négation de la vie et du bonheur. Ces forces contraires sont bercées par l’illusion de l’égocentrisme et de la vanité.


Oser l’altruisme bienveillant pour modifier la qualité de chaque moment .Pour construire en vous, une paix vraie et humaniste.


Que le bonheur vous guide


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Quelques mots…….



Si l’on souhaite se libérer définitivement de la souffrance, il est important de bien distinguer ce qu’il faut faire de ce qu’il ne faut pas faire. Car on ne peut espérer goûter le fruit d’un acte bénéfique que l’on n’a pas accompli, ni échapper aux conséquences de ses propres méfaits. Une fois mort, nous suivrons le sillage de nos actes, les bons et les mauvais. À présent que nous avons le choix entre deux chemins qui nous conduisent l’un vers le haut et l’autre vers le bas, n’agissons pas en contradiction avec nos désirs les plus profonds. Pratiquons tous les actes bénéfiques possibles, mêmes les plus infimes. Les gouttes, en s’ajoutant, ne finissent-elles pas par remplir une grande jarre ?


Jetsun Mingyur Paldrön


Quelques mots…


Quelques mots en refrain,

Pleurent sans chagrins.

Revenant en rafales,

Ouvrant un étrange bal.

On les croit en souffrance,

Syllabes d’apparence,

Ils rejoignent la duperie,

L’éphémère moquerie !


Ils s’appliquent à vous plaire,

A entamer un rosaire.

Sans vigilance, sans attention,

Vous défilez aux lampions,

On vous regarde, vous êtes beau,

La flatterie vous rend sot !

Quelques mots en refrain,

Pleurent sans chagrins.


Trop de gouttes, à coté de la jarre,

s’évaporent en un grand écart.

Le présent s’inquiète de l’oubli,

De ce chemin finissant ici.

Nourrit de faux désirs,

l’émotion s ’empoisonne du pire.

Dédouané de toute culpabilité,

On se réjouit de nos égos flattés !

Quelques mots en refrain,

Pleurent sans chagrins.


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Des chemins incertains.

Des chemins incertains.


Au milieu de tout cela, il lui semble entendre quelques notes de piano. Une étrange musique pure, céleste. Chaque note est un mot conciliant, bienveillant, la mélodie, une harmonie s’évadant vers l’essentiel . Il a, enfin, cette liberté d’observer, de rechercher, de réfléchir, sans hâte, sans haine. Juste un moment d’expérience où ses pensées osent la compassion véritable.


Il met ses mains sur un clavier imaginaire, s’abreuvant de sons limpides, absolus. Son esprit se dissipe, s’évapore, il compose, compose……pour comprendre, pour apprendre ! En ces lieux humbles, arides, sa partition ouvre les consciences, brise les chaines, invente le verbe. Il parle à la lumière, au blizzard, coloriant l’azur de bannières improbables faites d’espoir et de bien être. Ses doigts s’agitent en un désordre magique, irréel, passant de droite à gauche avec grâce et légèreté. Les yeux clos, son être s’affranchit de ses peurs, il empreinte des chemins incertains où sérénité et patience s’accordent et guide son pas.


Les nuages s’enroulent, la montagne murmure. Quelques pierres chavirent et glissent en petits bons. Le ciel s’épaissit, la nuit ne tardera pas !


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Mathieu


La nuit cède la place peu à peu, la clarté prend ses quartiers. L’obscurité s’en va vers d’autres lieux, bercer d’autres enfants et leur conter, à voix basse, des histoires merveilleuses . Mathieu, sur le seuil, ferme la porte . Ses yeux accompagnent les dernières étoiles , qui, en une nuée pale , se dérobent. Il les salue d’un sourire, ajuste son béret, sa journée commence  ! Cantonnier de son état, Mathieu est un homme ordinaire. Trapu, moustachu, il est vêtu d’un pantalon et d’une veste de velours à grosses cotes .Ses mains vieillies par le travail, gardent une douceur particulière, rudes à la tache, tendres , précises comme des mots dessinés. Il pourrait figuré dans l’almanach, à la rubrique «  les hommes de nos campagnes » C’est un être effacé, quelque peu secret, au caractère trempé, sans malices, aux gestes économes mais justes, intègre dans le discours,impartial et rigoureux dans les actes.

  • Le temps est à la neige, ça sent le flocon ! Lâche t il d’un ton rieur !

Ses préoccupations sont autres. Le bourg, c’est sa vie, il en est l’âme, le narrateur. Artisan de la pierre, amoureux du bois, des essences d’ici dures et nobles, il façonne sans casser, construit sans détruire, nourrit sans appauvrir, ajustant avec minutie, les lieux et les couleurs. Il peint les humeurs, habille les tristesses et sèche les chagrins. C’est une passion discrète qui le lie aux ruines du château, aux rues basses, à cette terre où fleurissent les cailloux, les cascades et les brumes matinales. Mathieu est de ce pays où l’on s’enivre des richesses du cœur, pour oublier la cruauté du lendemain. Il aime ce vent s’engouffrant entre les cimes, mélangeant les odeurs d’un matin, de la châtaigne et du safran.

Inspirant profondément, son regard sur ce paysage engourdi, il sourit comme un «  bonjour » à cette nature apaisée. Un brouillard sombre s’accroche ici ou là, laissant un peu de répit aux paresseux. La gelée couvre , encore pour un moment, les pavés, l’herbe et les grands arbres. Le soleil, lentement, exhibe ses reflets roux , le jour avance, il est temps !

Son bâton de marche en main, il arpente les ruelles mal éclairées, d’un pas lent et curieux, s’attardant sur une barrière mal fermée, un trottoir dégradé. Il note, scrupuleusement chaque trace, chaque dommage laissé par les saisons ou la météorologie Rien n’est oublier et tout sera remis en état au plus vite. Sur la place de l’église, il s’arrête, le temps de rouler sa première cigarette. Dans sa boite de métal, au décor passé, un tabac étrange, aigre et épicée, souvenir d’un pays lointain…….., il y a si longtemps pense t il en la refermant.

Reprenant son périple, il se dirige vers le café-épicerie «  la belle Bretagne » . Étonnant au cœur des Cévennes ! Il en sourit tous les matins depuis «  belle lurette », mais cela est une autre histoire !

Rien ne peut se faire sans que de prés ou de loin, Mathieu n’y soit pour quelque chose. Il m’avoua un jour, bien qu’invraisemblable, sa position lui conféré un petit privilège et qu’il prenait garde d’en user avec parcimonie. Dans ses yeux , alors, bien des secrets insolites, d’étonnants bavardages où se mêlent intrigues familiales et rumeurs de comptoir. Il se gausse, parfois, en souvenirs, de l’un au cœur de carton où de l’autre triste maquignon.

Les maisons s’invitent en montagne. De pierres grises et tuiles plates, elles s’appuient sur leurs flancs, utilisant la pente comme étage, comme étable Il arrive, parfois que le rocher s’offre en décor avec force,qu’une maison n’est que trois murs érigés par l’homme, le quatrième par la nature. Elles se posent là comme pour ne pas déranger. L’été, le bourg se camoufle à l’ombre des grands arbres. La végétation remplie l’espace, teinte le gris en dégradé de vert. Elle s’insinue dans le graviers des chemins, coloriant à sa guise, d’un trait pale l’ombre d’un chêne, d’un or flamboyant un levé de soleil. On entend le silence , le vent se fait léger, furtif même , abandonnant sa trajectoire, aux risques de se perdre.. Au fond de la vallée, la rivière médite. Son ruissellement raconte l’histoire du temps et des hommes. Ce temps d’impermanence où chaque chose, chaque être s’imprègne de sa réalité éphémère , de sa dépendance à l’autre.

En ce matin frileux, la neige chante, craque sous ses pas .Les arbres, habillés de blanc, s’endorment, doucement, le jour ne dure que le temps d’un soupir, la nuit apprend les minutes. Quand cela est, Mathieu est heureux ! Il part, alors, là-haut sur les sommets, s’accompagne en solitude de l’apparat des crêtes, de la paix d’une randonnée. C ‘est ce qu’il fera, c’est sur, dés sa tournée terminée !!!!

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)

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