Dobrý den v Praze


Prague, plus qu’une simple ville, un lieu ou plutôt des lieux emplis d’un charme bien particulier. Au delà, des rues , des places, de ces couleurs pastelles, de ces sourires partagés, il y a cette lumière, où le temps s’abstient d’être pesant. Elle ricoche de façades en façades, se rafraîchie dans la Vltava, envahit le pont ST Charles, puis s’engouffrent dans les ruelles, offrant aux fenêtres et portes cochères l’éclat d’une certaine quiétude. On y flâne d’un pas apaisé, cherchant les indices d’un bonheur à portée de mains. On prend le tram vers l’inconnu, vers d’autres quartiers, d’autres sourires. Les stations s’égrainent en des noms étranges, comme des notes de musique aux milles saveurs : Pavlova, Chodov, Flora, Karlovo, Roztyly, Butovice ………. ! Très vite,un sentiment déconcertant vous inonde. La réalité dissous vos certitudes, laissant place à une paix intérieure intense.


Ici, on parle anglais, là bulgare, un peu plus loin russe, allemand , japonais….Avec quelques rires, des touristes en grappe suivent un drapeau, un parapluie levé comme un phare dans la foule. Au coin d’une rue, un mime immobile espère quelques pièces, un acrobate arrange la foule bruyamment, son numéro commence ! Non loin de la tour de l’horloge, un violon s’accorde, le violoncelle est prêt, la partition déplie ses ailes et nous emmène en un duo de plaisir et d’émotions.


Des terrasses accueillantes vous désaltèrent de leurs bières blondes, brunes, noires, fierté de la ville ( J’ai un faible pour la «  Krusovice » noire amère…parfaite !.) D’interminables saucisses grillées, accompagnées d’oignons crus ou de choucroute permettent à votre gourmandise de patienter jusqu’au souper !


Le plus important, c’est qu’importe où se pose vos yeux, il y a quelque chose à découvrir, quelque chose à sentir, quelque chose d’étonnant, de curieux, de drôle.

Quoiqu’il arrive, on est insatisfait de n’avoir pas tout vu, frustrer que l’étreinte fut si brève, mais heureux de cette rencontre avec une ville, avec ces habitants si accueillants et chaleureux !


En descendant la rue pavée venant du château , je croise un moine bouddhiste, enveloppé dans son étoffe bordeaux .Ce ne fut qu’un regard lointain, souriant, mais d’une profondeur infinie et combien apaisant. Il poursuivit son chemin d’un pas pressé. II me vint, alors, à l’esprit deux mots : bienveillance inconditionnelle .En les prononçant, je fus saisi de nouveau par ce regard . Il y avait une telle force dans cet instant que ma pensée en fut un peu étourdie. Plus étonnant, quelques jours auparavant , j’avais médité sur ces deux mots, essayant modestement d’y percevoir le sens juste de l’acte bienveillant et là en ce lieu insolite, une réponse se présente humble et vraie ! Un acte ordinaire est en lui même bienveillant, dans sa sincérité, dans son abnégation . Cela me rappela une de mes lectures, Gampopa dit ceci :


« Peu de chose est une goutte d’eau. Mais versée dans un lac, quand donc séchera t elle ? »

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )