Tous les êtres sont identiques dans leur désir d’être heureux et de ne pas souffrir. Ils ne diffèrent de moi que par leur nombre : je suis un, alors qu’eux sont innombrables. Mes joies et mes peines sont donc insignifiantes face aux bonheurs et aux malheurs des autres. Cette pensée est la base de l’esprit d’Éveil. Nous devrions souhaiter le bonheur d’autrui plus que le nôtre, en songeant particulièrement à nos ennemis et à ceux qui nous maltraitent. Sinon, à quoi servirait la compassion ?

DILGO KHYENTSE RINPOCHE (1910-1991)




Par delà la lumière
( extrait)

Je pense à la mort,
Comme on cherche l’oubli,
Un instant, une aurore,
Qui, peut être, guérit !
La mort n’a que faire,
Du non-accompli,
Les regrets l’indiffère,
sais-tu, mon ami ?
J’ai peur, parfois !
Non pas, de l’odeur du bois,
De cet autre chemin,
Au delà du matin,
Mais de cette souffrance,
Laissée en errance,
Aux êtres chers,
Aux amours de naguère.

Mes actes ont creusé un sillon,
Qu’il me faut suivre, désormais.
Mes mérites trouveront leurs saisons,
Comme aussi vaste, est la vérité.
Par delà, la lumière,
En une autre vie,
Quand le vent berce les chaumières,
Le blé ondule et sourit.
Tout s’assemble et recommence,
L’apprenti reprend sa réflexion
Ose le silence,
Cultive la compassion.

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence )