Archives pour septembre, 2014

Souvenirs d’automne.


Souvenirs d’automne.

L’aube !

Avec précautions, la nuit nous tourne le dos et s’éloigne. Les ombres s’effacent, tous ces bruits nocturnes qui nous effraient parfois, font silences peu à peu. Une fois de plus, son travail terminé, la grande ours rejoint sa tanière. la lumière paresse, enveloppant de brumes les forets et les champs. La nature scrute le temps. Les feuilles s’empourprent , l’herbe se gorge de rosée. Les choses et les êtres s’activent avec sagesse, oubliant les chaleurs de l’été, préparant avec application les premiers frimas. L’automne annonce ses couleurs, ses senteurs, comme cette odeur particulière de la terre ayant donné tous ses fruits. Le paysan la fatigue une dernière fois, la retournant, délicatement, comme on relève une couverture.

Levée aux aurores, Marie-Louise observe,patiemment, ces préparatifs, traduisant sur le papier, les moindres détails . Chaque image se dessine entre consonnes et voyelles, s’habillant des couleurs matinales. Dans ce décor changeant, son esprit vagabonde, lisant entres les branches, imaginant au fil d’un ruisseau, s’envolant accrochée aux nuages. Un vrai moment de paix où les pensées n’ont de chemin que le bonheur. Au détour d’une rêverie, Il lui vint à l’esprit ce curieux souvenir.

C’était au petit jour, surprise par un rayon de soleil, Marie-Louise ouvrit les yeux brusquement. Au travers des rideaux mal tirés, son regard fut attiré par d’étranges nuées. Un ciel pastel envisageait les teintes à venir. Un déconcertant entre deux parsemait l’horizon de filaments scintillants et des traits de soleil. Cette esquisse lui parut étonnante, mais particulièrement éphémère . Enjambant la porte-fenêtre,sans prendre la peine de se couvrir, saisissant pinceaux et tubes, elle déplia son chevalet, posa une toile et entreprit , avec précisions , d’immortaliser ce moment. A peine y avait elle déposé, se s premières émotions, qu’elle entendit, venant du parc :

    – Savez-vous, ma chère sœur, que la photographie a été inventé , il y a peu ! ?

Le premier étonnement passé, elle sourit et répondit :

      • La photographie dites vous ? Sait elle mettre des couleurs sur ses plaques de verres, mon cher frère ? Je ne le crois pas !

      • Cela viendra, Nany, cela viendra , croie moi !

Marie-Louise leva la tête à la recherche de son garnement de frère. Rien à droite, rien à gauche, puis dans un fracas de branches cassées, tomba du grand chêne un étrange personnage . Cheveux en broussailles, chemise ouverte, les chaussures autour du cou, une bretelle ballant et terminant ce tableau, les pieds nus, le pantalon retroussé au dessous du genoux. Voilà, un accoutrement qui déclencha les rires de Marie-Louise et l’agacement de Philippe.

  • Si Père te voit habiller de la sorte, ce sont les corvées assurées

  • Qu’importe ! J’aime marcher pieds nus dans l’herbe au petit matin, le grand chêne, quant à lui, m’accueille et me parle du passé, de bien belles histoires à vrai dire ! Mais, ma chère sœur, que penserait il de ta tenue, les épaules dénudées et la chemise de nuit parsemée de taches de peinture ? Je crois que irions de concert aux corvées, ce qui ne serait, alors, plus, vraiment, une punition , n’est ce pas ?

Entre deux éclats de rires, Marie-Louise approuva d’un mouvement de tête et entreprit de ranger son matériel car l’arrivée inopinée de son frère lui fit perdre l’instant…………

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

Ces visages glacés.

Ces visages glacés !


Des souvenirs n’osant s’inventer,

Usant du verbe en vaines paraboles.

Les mots s’effacent, le temps se sacrifie,

Sourires incertains, lumières un peu folles,

Parant le ciel, d’ombres aux visages glacés.


A chaque larme, l’aube s’interdit,

A chaque souffrance, le vent passe !

Oubliant, un instant, un juste regard.

L’esprit s’agace,

Partageant l’indifférence hagard !


Au delà des cieux et des rites,

Se dessinent le chemin des mérites.

Les uns, bruyants et vaniteux,

Les autres, anodins et silencieux.


Se pose, alors la juste pensée,

Où la sagesse en actes renouvelés,

Embrassant l’ultime compassion,

Comme l’essentiel en addition.


L’esprit se révèle,

Humble pèle mêle,

L’instant s’apprend,

Quand respire le méditant .


J’étais là !

Me débattant dans ces eaux gelées !

J’étais là !

Luttant avec mes peurs pour ne pas sombrer !

J’étais là !

Suppliant un «  pourquoi » !

J’étais là

Avec si peu, d’images de ma vie !!!!


Puis le silence !

Les vagues , ce sable humide et froid !

Cette plage inconnue,

Ce bout de terres perdues !


J’aspirais ces brises d’existences,

Pardonnant au Dieux,

Cette ultime souffrance,

Leur offrant, à jamais, le sourire du pieux!


Qu’ai je fais ?


L’ignorance laisse, une fois de plus,

Son empreinte inanimée , là où la mer finie.

Certains diront : «  C’est bien triste ! »,

D’autres passent, déjà leurs chemins.


L’esprit renait,

Au sortir du passé,

Empruntant une autre voie,

Sans tourments, sans chemin de croix.


Et disparaissent, enfin, ces visages glacés !


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )

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