Archives pour mai, 2015

Patience

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Ma chère sœur,

Ces griffonnages vous trouveront ils en bonne santé ? C’est mon souhait ! Il me serait insupportable qu’il en fut autrement . Frémontpré doit être au terme du printemps, l’été s’annonce t il ensoleillé et plein de promesses ?

Pour ma part, je vais bien. Le temps est à la pluie depuis quelques jours, m’interdisant ces longues promenades que j’apprécie tant ! Rien ne se perd, vous le savez, j’ai pu, ainsi approfondir quelques enseignements, et il me faut vous relater celui-ci.

Un matin, alors que j’entrai en méditation, je fut agacé, par les roucoulades d’un couple de tourterelles. Mon Maître m’observant, me tendit une feuille de papier, en demandant de traduire par un poème le contraire de mon énervement .

 

 

Patience , clarté de l’esprit ,

Ciel sans nuages,

Courage de l’humble !

Oser s’approprier la paix,

En un juste équilibre,

De la pensée, des mots, des actes.

 

Une définition, non, un remède !

Face à l’irrationnel, au malaise,

Elle est la solution !

Notre colère se dilue,

Notre respiration s’apaise,

La haine s’évapore………… !

 

 

Il nous plaît de croire que celui, tenant le bâton et nous frappant, est le seul responsable de nos souffrances !

N’est ce pas l’émotion entraînant le geste, l’ignorance dessinant la peur et le bâton lui-même qu’il faudrait blâmer ? Bien sur me direz vous, il faut la main tenant le bâton , mais la réflexion nous emmènent sur d’autres pistes !

La patience n’est pas un temps où l’on attend une réponse, voir la question elle-même !

Ce sont juste ces minutes précieuses où l’on chercher, recherche, confronte, étudie, ce qui est et ce qui n’est pas , avec cette obsession de la vérité des mots et des actes et non une interprétations guidée par une émotion quelconque, trop souvent éphémère !

 

 

Voilà, Ma chère sœur, je vous laisse à votre réflexion et attend avec impatience de vos nouvelles.

Prenez soins de vous !

Je vous embrasse,

Philippe

 

 

En lisant ces quelques mots de son frère Philippe, Marie-Louise songeait à son père. Cet homme bardé de certitudes, avait un tempérament fort, ne supportant pas la contradiction. Sa stature imposante , sa voix rocailleuse ajoutait cette impression de puissance que peu osait défier, sauf elle, peut être, à sa manière !……….

Marie-Louise De Frémontpré

( correspondances )

 

Cà et là ………..

Milles mercis à V.B pour cette contribution

Milles mercis à V.B pour cette contribution

Cà et là ………

Regarde, mon ami !
Le ciel se pastelle de bleu,
Efface la nuit,
Réveille l’écureuil,
Chuchote au bourdon,
Invente çà et là,
Un arc en ciel éphémère !

Regarde, mon ami !
Le vent s’amuse au clair matin,
Farandole dans les arbres,
Plie le roseau,
Effeuille la pâquerette,
Chaparde çà et là,
Silences et parfums éphémères !

Regarde, mon ami !
La terre s’habille de verdure,
Peint d’étranges couleurs,
Cultive le temps
Au détour d’un champ de blé,
Emprisonne çà et là
Senteurs et saveurs éphémères !

Regarde, mon ami !
La mer dessine les vagues,
Porte les bateaux,
Reflète les étoiles,
Engloutie des mondes imaginaires
Laissant çà et là,
Les traces de ces colères éphémères !

Il est, dans tout cela, mon ami,
L’aspiration à un équilibre juste, harmonieux,
Où l’esprit s’apaise, se fait humble !
L’éphémère disparait, seul est la vraie nature des êtres et des choses !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence )

Mademoiselle

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Mademoiselle,

Les couleurs s’animent,

Dans le petit matin.

Les rêves s’abîment,

Sur les restes d’un chagrin.

Sur le pavé mouillé,

Où la nuit en reflets,

Jette les dernières traces,

D’un hier qui s’efface ,

J’entends vos pas pressés !

M’abandonnant à votre image devinée,

J’attends un détour,

Le sortir d’une cour,

Et oser un regard,

Sans vous mettre en retard !

Il n’y a pas , d’autre importance,

Ni de plus fort désir,

De saisir cet instant, cette chance,

La lumière dessinant votre sourire !

Mademoiselle,

Je suis une ombre,

Cachée sous un porche sombre.

J’arpente les nuits,

Là, où le temps s’enfuit,

Et me poste , matin,

Invisible, sur votre chemin !

Mademoiselle,

Je suis un mot,

Amoureux parce qu’il le faut !

Il chiffonne mes pages,

Dilapide mes gages,

Et me poste , matin,

Muet, sur votre chemin !

Faut-il en rire, faut-il en rêver ?

Je ne sais que dire, je ne sais que penser !

Il est en moi,

Cette profession de foi,

Mais qu’il est bon d’aimer !

Qu’il est bon , à pas feutrés,

Et me poste, matin,

Si prés, à effleurer vos mains!

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Sous la poussière

photo de Ludovic Florent

photo de Ludovic Florent

Sous la poussière !

Il est, au bout de la terre,

Là où, la mer rompt les silences,

Quatre murets adossés au sable.

En cette enceinte, s’obstinant à rester debout,

Quelques croix finissent de disparaître.

Sous la poussière et les cailloux chauffés au soleil,

Des hommes reposent, écoutant le temps.

Il est, au bout de la terre,

Là où, le blanc devient aveuglant,

Où l’ocre se mêle au brun,

Oubliées entre ciel et les flots,

Des traces invisibles d’histoires d’hier.

Le vent les charrient, les disloquent, les fracassent,

Sans mérites, sans gloires !

Sous la poussière et les cailloux chauffés au soleil,

Des hommes reposent, écoutant le temps.

Il est, au bout de la terre,

Là où se côtoie l’hostile et l’humble,

L’ombres d’empreintes incertaines.

Autrefois belles , orgueilleuses,

Affrontant l’éternité en une joute irréelle,

Sans amarres en ce monde !

Sous la poussière et les cailloux chauffés au soleil,

Des hommes reposent, écoutant le temps.

Il est, au bout de la terre,

Là où, les mots affolés,

S’amusent de l’inutile, de l’éphémère,

Un essentiel, une évidence,

La vie la croise, parfois,

En arabesques sur une page blanche !

Ici, des hommes écoutent le temps,

Le temps écoutent les hommes,

Acceptant les défauts et les faiblesses,

D’une sagesse sobre et bienveillante !

Il est, au bout de la terre,

Là où l’ignorance s’épuise,

Une autre connaissance, une autre liberté !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence

 

 

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Pour voir ?

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Pour voir ?

« Prends pour objet de méditation l’ensemble des êtres et applique-toi à mettre en œuvre les quatre attitudes immensurables : l’amour, ou le désir que tous les êtres soient heureux ; la compassion, ou le désir qu’ils soient affranchis de la souffrance ; la joie devant le bonheur d’autrui ; et l’impartialité qui consiste à traiter tous les êtres de manière égale, sans attachement ni rejet. »

Nagarjuna

« le désir que tous les êtres soient heureux ! »

A écrire ces mots, m’apparaît l’évidence,
L’évidence d’une joie, d’un amour donné,
Donné, partagé, sans a priori,en toute liberté,
Liberté d’aimer pour un sourire unique et juste !

« le désir qu’ils soient affranchis de la souffrance ! »

A écrire ces mots, m’apparaît l’évidence,
L’évidence de la non pitié, mais de la compréhension,
Une compréhension apaisante, en un réel ressenti,
Ressenti, profond, se prolongeant en l’acte juste !

« la joie devant le bonheur d’autrui ! »

A écrire ces mots, m’apparaît l’évidence,
L’évidence de la perception de l’autre,
L’autre, ce souci commun de la Connaissance,
Connaissance, fruits de la pensée juste !

« traiter tous les êtres de manière égale, sans attachement ni rejet ! »

A écrire ces mots, m’apparaît l’évidence,
L’évidence, où s’invite une naturelle équité,
Équité, au delà du droit, au plus prés de l’humain
Humain en la clairvoyance juste de la vraie nature des choses et des êtres !

Il est en ces attitudes, une évidente vérité, nous rendant meilleures et bienveillants !
Et si on essayait ………..pour voir ! ?

Philippe De Frémontpré
http://www,lesyeuxclos,fr

Un pesant désarroi.

Paysage de Chine Photo de V.B

Paysage de Chine
Photo de V.B

Un pesant désarroi.

Il était , un dimanche de promenades,
Sous un soleil de limonades,
Tout souriant, j’allais à travers bois,
Sans autre dessein que la joie,
Prenant une allée aux allures sauvages,
J’y entrai comme le premier mot sur une page !

Face à l’inconnu, l’appétit s’aiguise,
J’attendais, fébrile, l’initiale surprise,
Mes yeux , en fins gourmets,
De couleurs en rondeurs, festoyaient,
Mon nez, en pleine beuverie,
Louait le ciel de ce petit paradis !

J’avançais d’un pas lent,
Osant, quelque peu, de retenir le temps.
Un vieux chêne, recouvert de lierre,
Me parla,d’un jour avant hier,
De ce visiteur au regard mouillé,
A l’esprit éteint et embrouillé.

Il errait, portant un pesant désarroi,
Si accablant qu’il marchait de guingois !
Est ce si lourd,
Que vos pas soient si courts ?
Sachez le , c’est une aubaine,
Une consciente détresse n’est jamais vaine !

C’est l’énergie du possible,
Qui , souvent, nous paraît invisible,
Nos mains, sont, alors prêtes à bâtir,
Pour un vrai équilibre, un autre devenir,
Chaque chose, chaque être devient meilleur,
Et là s’en va l’indifférence et la peur

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Préambule.

Préambule.

Il n’est pas, dans la vraie nature des mots, d’être nuisible. Seul, leurs additions prennent le risque, trop souvent, de la haine et de la noirceur.

Entre pleins et déliés, Marie-Louise ressentait cela. Elle portait une attention, étonnamment personnelle, à l’équilibre de chaque phrase, cherchant en son intime, l’essence d’une sensation, la justesse d’une pensée. Elle avait cette phrase « Il y a toujours une porte dans une pièce sans fenêtres, de façon que l’on puisse y entrer, mais aussi en sortir ! »

Cette émotion naquit en Juillet. Ce matin-là, l’air était frais, un banc de brumes s’évaporait à l’horizon. Le ciel ocre chavirait en une lumière bleutée et pale. L’été s’installait dans ses habitudes. Doucement, les moissons commençaient. Dans les champs, les bottes de blé mure s’alignaient, dans l’attente d’un rayon de soleil, quelques lapins égarés profitaient de la fraîcheur pour se restaurer. Les heures, patiemment, cherchaient à inventer d’autres couleurs, d’autres saveurs. Les minutes, quant à elles, engageaient de longues conversations avec le vent.

Au creux d’un chemin, au détour d’un nuage, une lettre se posait comme une évidence, comme le trait d’un dessin éphémère. Une consonne là, une voyelle ici, elles n’étaient que le reflet d’un instant, d’une sensation, d’une autre liberté ! Tout cela, donné à Marie-Louise, un étrange, mais bienfaisant, sentiment de nouveauté. Hier s’efface sans heurts, sans craintes comme une vérité qui s’éteint pour en raviver une
autre. Cette nouveauté, chaque jour renouveler, portait un nom ou plutôt, embrassait tous les mots d’aujourd’hui, de demain en quelques syllabes que chacun nomme humanité !

Marie-Louise sut, dès cet instant, qu’il lui fallait être, aux travers de ses pages griffonnées, humaine, avant tout !

Philippe De Frémontpré
Au-delà de l’innocence

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