Archives pour juin, 2015

Textes….OH !!!!

Textes…OH !!!!!

 

Nos mots se croisent,

En d’incessants allers-retours.

Vers et virgules nous toisent,

Une syllabe est prise de court !

Derrière un ou deux pointillés,

Un petit bonheur,

A peine habillé !

Que s’écoulent les heures,

En un rangement précis,

Une main dessine et sourit !

 

Revenants du petit matin,

Pour des voyages incertains.

Pressés, tournant en rond.

Maladroits, empruntés, sans doute !

Moqueurs et polissons,

Hardis, au milieu de la joute,

Rieurs, complices quelque peu,

Ils se découvrent heureux !

 

Ils s’apprivoisent,

Plus qu’ils ne pavoisent !

Ils s’affolent,

Quand l’un d’eux somnole !

Ils imaginent une émotion,

Une tendre tentation…..

Comme autant de ciel bleu,

De pas de deux !

 

Philippe De Frémontpré

(Au-delà de l’innocence)

Il n’est plus !!

Il n’est plus !

 

 

Que dire de ce temps, s’habillant de nos mots,

Dessinant l’émotion au fil d’un pinceau ? !

Que dire de ce temps, hésitant et fragile,

Osant la douce pensée en un refuge, une ile ? !

 

Il n’est plus !……….

Certains le cherchent, d’autres le vénèrent !

La conscience n’est point sur ces terres !

 

 

Que dire de ce regard, en brouillard de peine,

Basculant en horizon de haine ? !

Que dire de ce regard, aveuglé d’éphémères,

D’illusoires clartés, mortes –nées ? !

 

Il n’est plus !……….

Certains s’y perdent, s’y noient !

La compassion est au-delà de la foi !

 

 

Que dire de cet esprit, bouffi d’orgueilleuses envies,

Délaissant les mérites, pour d’impures jalousies ?

Que dire de cet esprit, égoïste à en maudire le bonheur,

Singeant la pitié, se grimant de fausses pâleurs ?

 

Il n’est plus !……….

Certains s’interprètent en beaux !

La connaissance n’est pas l’affaire des sots !

 

Aussi loin que porte le temps, le regard, l’esprit,

L’essence de nos expériences, de nos interprétations,

En l’espoir ou la peur sont réunis,

Nous enfermant dans de confuses questions !

 

Les réponses, alors, s’éloignent sans horizon.

Enchainés à de piteuses raisons,

Conscients ou non de nos comportements malsains,

Nous ne savons plus tendre la main !

 

Philippe De Frémontpré

( Au-delà de l’innocence )

 

Le bureau de Pére.

bureau

 
Le bureau de Pére .
Au sortir de la salle à manger, un grand couloir, lumineux, pavé de marbre blanc aux filaments gris. Sur les murs, quelques portraits de famille, aux mines tristes accrochés depuis la nuit des temps, témoins figés de nos allers et venues, de nos courses folles, de nos glissades. Ce corridor étroit menait à une baie donnant sur le parc. Sur la droite, une porte, massive à demi vitrée. Selon la légende, elle serait le seul vestige du Château de Frémontpré D’Argonne, dont la construction daterait du 12 ième siècle La lumière, les jours de plein soleil, la rendait majestueuse, les ombres adoucissaient ses formes brutes. Le bois, habilement vernis, composait avec des reflets dorés en nuances de roux et de brun. A chaque heure de la journée, un ton différent, une atmosphère singulière, apaisante, souvent, possessive parfois, jouait de surprises en étonnements !
Derrière ces vitres gravées et opaques « Le bureau de Père » !

Quatre mots sonnant comme un défi ! Celui d’y entrer malgré tout et de ne pas y être inviter surtout!

C’était un no man’s land, une terre inconnue. Plus que cela, le bureau de Père était un donjon, à la fois mystérieux et attirant! A chaque passage dans cette coursive, Marie-Louise et moi, tournions, instinctivement le regard vers cet antre, l’esprit soucieux. Nous pouvions y pénétrer qu’en deux occasions, à l’arrivée du relevé de notes mensuel et lors de réprimandes. En dehors de cela, cette pièce nous était interdite. Seul, Guillaume, le Majordome en assurer l’entretien. Pour y accéder, un protocole rigoureux avait été mis en place, nous nous en amusions avec Mère, sans pour cela nous en détourner.

Le dernier dimanche du mois, après la grand-messe, Frère Paul déposait nos relevés de notes et appréciations à la maison. Frère Paul était le distingué Abbé directeur du collège St Jean Baptiste de la Salle de Frémontpré d’Argonne. C’était un « grand gaillard » originaire des Pyrénées à l’appétit solide, roulant les « r »à vous faire mal aux oreilles. Ses mains pouvaient remplacer le battoir des lavandières du village et sa voix, lourde de ténor portait au-delà de la plaine ! Il avait fait le choix de l’enseignement, après dix ans d’évangélisation dans divers contrées plus ou moins lointaines. Cela plaisait à Père et sa curiosité se traduisait, souvent en longues balades imagées, à chacune de ses visites.

Son arrivée, juste avant le déjeuner, correspondait, invariablement, au treizième coup de la cloche de l’église, une ponctualité dont il s’honorait ! Si frère Paul était la grande aiguille, Sœur Geneviève, intendante de l’école de jeunes filles Sainte Marie, en était la trotteuse, A cela deux raisons, la première était sa foulée, courte et rapide, elle avalait les kilomètres, la poitrine bombée, le souffle haletant. Le retard était son obsession, nous l’appelions « le lapin d’Alice ». C’était une femme de taille moyenne, dodue, toujours souriante, dotée d’un rire à faire pâlir le yodleurs suisses ! La deuxième, son apparition, toujours 5 minutes montre en main après Frère Paul ! Chaque venue, était l’occasion d’un fou-rire sur le thème : la trotteuse ne rattrape pas la grande aiguille !

Pour ma sœur et moi, l’angoisse commençait deux ou trois jours avant ! Une transformation déconcertante s’opérait. Nous devenions plus serviables, plus polis, plus silencieux, des modèles d’enfants ! Mère en souriait, car elle en connaissait la raison. Elle m’avoua plus tard, en profiter, égoïstement !
Après le passage de Frère Paul, succédant à ce changement éphémère, une étrange anxiété nous envahissait. Nos jeux s’arrêtaient, nos discussions devenaient incompréhensibles, nos yeux fixaient avec inquiétude les enveloppes posées sur le petit meuble de l’entrée. Nous passions, repassions cinquante, cent fois dans l’heure devant ce meuble et entamions, alors, une gymnastique de l’esprit plus que bizarre.

Nous remontions le temps ! Chaque jour, chaque heure, chaque cours était décortiqué minutes par minutes. Nous cherchions la faille, la note moyenne, l’observation critique qui déclencherait un discours interminable, dans un premier temps, mais surtout, la punition, la corvée, le travail « d’intérêt éducatif » comme disait Père ! Il nous fallait, également, trouver en peu de temps l’argumentaire pouvant atténuer la sanction. Cela ne servait, souvent, à rien, mais Père disait à tort ou à raison : « Je préfère une mauvaise excuse, qu’un silence coupable ! » Cette quête était épuisante, avec la crainte d’oublier un mot, une seconde……

Père était rentré, les bulletins avaient disparus !!!!………………………

Nous n’étions que des enfants et ce rituel, nous paraissait impressionnant, certes, mais il était à l’image de mon Père, rigoureux et juste. Nous le « redoutions », mais surtout nous l’attendions avec impatience. Oui ! Nous attendions cet instant, ce moment privilégier, presque intime avec Père, face à face, père et fille, père et fils. Au-delà du discours, des réprimandes ou des félicitations, il y avait une fierté, une tendresse retenue, presque palpable dans l’air. Cela valait tout l’or du monde !
L’émotion ressentie, était notre « heure de gloire » et toute la nervosité de la journée s’évanouissait en une fraction de seconde.
Le bureau de mon Père était une pièce rectangulaire. Sur les grands côtés, au centre, deux larges doubles portes amenaient une clarté toute particulière les jours de grand soleil. Face à la porte d’entrée, une immense bibliothèque prenant le mur entier et une partie de l’angle droit. Des centaines de livres, alignés par taille…………………..

Philippe De Frémontpré
( au-delà de l’innocence )

 

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