Archives pour mai, 2017

Aimer

 

 

Mon cher Philippe,mon cher frère,

Tes lettres se font rares. André, ne m’apportes plus que les journaux du matin. Nos échanges entre nos lignes me manquent, terriblement .Je te sais si loin, mais heureux, c’est un essentiel qui m’importe , tu le sais !

Dans ta dernière correspondance, tu m’as soumis les mots  d’Ayako, qui je te l’avoue m’ont surpris et dont je ne retiens, en dehors d’autres circonstances que ceci :

– je ne peux dessiner tout mon amour pour vous Philippe, sans comprendre la souffrance de mon pinceau !

 

Voici ma réflexion, mon frère ! Mais, ai je le recul, le renoncement nécessaire pour vous parler de cela ?
Aimer !

Quelques lettres que nous cotoyons chaque jour , pour ne pas dire chaque seconde ! Bien souvent, nous les dessinons maladroitement, par ignorance, par égoïsme, par peur. Pourtant, sommes nous capables d’ignorer ce mot, cet état, cette émotion………………………….cette souffrance ?!

Notre apprentissage commence par «  ce don d’amour » celui de la vie , celui d’une mère, celui de parents, de proches , nous y trouvons confort et réconfort comme une normalité. Nous ne nous posons pas , alors, de questions ! Pourquoi faire d’ailleurs ?! On prend tout cela sans savoir qu’en faire ! Il y a, là, un sentiment simple, un bien être, un luxe que nous ne percevons pas ou pas bien !

Les secondes s’additionnent, les choses et les etres changent, évoluent, se transforment. Ce qui était apparent , visible, offert ne nous suffit plus, ne nous atteint plus, devenant pesant, agaçant …….La simplicité fait place à l’exigence, cette « normalité » devient grotesque ! Réaction naïve, non réfléchie cultivant en sa nocivité, bien des tourments !

Il nous faut prendre la plume pour un autre dessin, d’autres arabesques. Nos éducations, nos expériences, nos initiations, nos mémoires confrontées à notre égo engendrent un besoin forcené d’appartenir à l’autre, d’attacher l’autre à notre émotion, à cet amour qui n’en est pas un, en l’état ! Le comprendre n’est pas un jeu, l’apprendre …..une évidence !

L’évidence est souvent de chair et sang, de sourires parfumés, de regards hesitants et de baisers volés ! On ne s’approprie pas l’amour comme un bien personnel ! On s’abreuve de cette évidence, on s’initie à l’autre sans l’éteindre sans s’éteindre soi même ! Aimer est un abandon, un détachement, mais aussi des retrouvailles en nos vraies natures !

 

……………………….

 

Au delà de l’innocence

( extrait)

Souffrance

 

Bonjour,
 
Nos chemins nous amènent à cette confrontation fortuite ou volontaire avec la souffrance. L’incompréhension est bien souvent la première des émotions, traduite dans ce « pourquoi moi ? »
 
La qualité de notre réponse détermine notre compassion, notre volonté a être meilleur ! Cette réponse ne peut être une justification, une défense,une riposte ou une soumission mais une compréhension juste , impartiale apportant non seulement un remède mais une paix aussi forte, aussi puissance que l’amour !
 
L’amour est un cercle parfait,quand il est en dehors de tous attachements, quand il ose l’infini, quand il naît de l’esprit juste, me dit Elias . Observe ces trois mots : Cause, Chagrin, Conséquences ! Entre en eux , apprend les, comprend les ! Oppose leur ton discernement, ta méditation comme tu offrirai une fleur à ton ennemi ! Nous sommes l’origine de la souffrance ou du bonheur, il est en nos choix, à la fois la seule cause et le seul remède ! Soit vigilant sur ta route et quelque soit l’âpreté du sentier choisit toujours l’amour !
 
Que le bonheur vous guide !

Imprudence ?

De retour en mémoires, sur trois pierres bleues formant un banc, je me suis assis. Un ruisseau , non loin, ajoutait sa musique à la quiétude du lieu, c’est là, gorgé de songes, de passés retenus,respirant le présent,sans craindre l’affrontement que j’observe ma vie.

Les hier d’un côté, les demains de l’autre, est-ce une imprudence, un enseignement, un bonheur, un regret, une souffrance où simplement, tout cela ?

Elias , mon Maître, me confia ces mots :

– «  Quand tu te poses en méditation, en réflexion n’oublie pas ceci : Ton regard se doit à l’impartialité la plus humble, ta pensée au juste équilibre, tes propos à une sagesse infinie et tes actes tout cela à la fois  !  Il n’y a là, aucune difficulté si ton chemin n’est autre que le bonheur des êtres sensibles ! Cette conscience de l’Être et de l’esprit sera ta force pour convaincre l’ignorant et sourire à ton ennemi ! »

Observer, réfléchir, apprendre comprendre ! Ces quatre mots résonnent en moi comme l’essence de la vie, il me fallut faire face à cette évidence , l’accepter et de cette découverte, nourrir ma vraie nature !

Philippe De Frémontpré

( extrait )

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