Archives pour avril, 2018

Comment ……

«  ………comment donner un sens à notre vie ! ……. »

( tiré d’une citation de Matthieu Ricard )

L’essentiel n’est il pas dans ce premier mot :  » comment « ? A toutes évidences, il y a tous les sens …. la bienveillance, la compassion, l’attention à l’autre en sont un parmi tant d’autres ! Soyons les apprentis de la vraie nature de la vie !

C’est à la suite de ce commentaire, qu’il est bon , je pense de s’interroger sur notre vigilance ! Plus j’avance en la pratique, plus j’explore avec précautions le noble chemin, plus l’évidente vigilance me semble etre ce «  baton de marche » indispensable pour ne pas trébucher.

Donner un sens à sa vie, revet de multiples facettes. Nos désirs, nos émotions,notre égo sont à la fois autant d’alliés que d’ennemis. La vigilance, la discipline, comme le ferait un baton de marche, écarte les cailloux et nous oblige à l’équilibre. J’emploie le mot «  oblige » non pas dans le sens d’une obligation ferme, mais dans celui où, à chaque fois que nous faisons appel à la vigilance, nous en sommes son obligé !

La vigilance n’est un coup de fouet, mais cet effort qu’il nous faut avoir, qu’il nous faut devoir pour que notre pratique dessine peu à peu notre vraie nature !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

Les mots se firent attendre !

Les mots se firent attendre !

Comme chaque jour, je voulais écrire ce matin. Je m’installe, alimente ma plume en encre et ouvre mon cahier ! Rien ! Les mots semblent s’être absentés. Oh ! Mon esprit fourmille de pensées comme tout un chacun, mais celle que je vais poser là , sur ce papier blanc, où est elle ?

J’additionne les mots, je soustrais les virgules, je multiplie les majuscules et divise le voyelles ! Rien n’y fait ! Tout ce fatras m’apparaît en sa somme, sans intérêt, sans ce goût tendre et apaisant, fort et claironnant, curieux et audacieux d’un voyage à dessiner !

Je fermais les yeux, alors, et me surpris à me regarder ! – «  Redresse toi ! Prend place de la meilleure des façons dans ton fauteuil ! » Je souris , entendant en mon esprit la voix d’Elias où est ce la mienne portant à ma vigilance endormie, les bribes d’une de nos conversations.

– « Comment peux tu accueillir les mots de cette manière ? , » m’avait il lancé !

C’était un soir d’été, un de ces soirs où l’on se sent plein d’énergie. Nous revenions d’une balade où les mots avaient été banni pour une simple contemplation, mêlant respect, curiosité, humilité. Elias avait souhaité que je traduise mes impressions, mes émotions, mes inquiétudes, mes frissons sur le papier. Je me mis à la tache avec cette volonté, non pas d’expliquer pour comprendre, d’exprimer pour peindre mais juste pour l’impressionner.

Les mots se firent attendre !

Elias s’en aperçu, il eut,alors cette phrase : «  Si tu souhaites réussir cet essai, il ne faut pas vouloir ! Oui, ne pas vouloir ! , il te faut accueillir les mots avec simplicité, les laisser oser l’arabesque d’une syllabe et ainsi déposer la juste quantité d’encre qui dessinera avec précision l’émotion, la pensée, la compréhension. »

En effet, nul besoin de cette volonté farouche qui bien souvent nous détourne de la réflexion première. Laisser être, dans le respect d’un accueil bienveillant de ce qui est ressenti, de ce qui est appréhendé, de ce qui est appris !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

la surface de l’eau

«  Comme une lettre, écrite du bout du doigt, à la surface de l’eau ! » Matthieu RICARD
 
Quelques mots additionnés, simplement et pourtant….C’est en traversant cette phrase que ma lecture en fut interrompue. Il est parfois de ces assemblages , où l’image vous vient instantanément, où l’émotion vous gagne, où la réflexion s’impose sans précipitations.
 
Ne décrie-elle pas, avec humilité et beauté, l’instant présent ? Je l’ai savouré avec gourmandise, je l’avoue. Cette gourmandise remplie de joie qui nous assaille avec bienveillance, qui nous assène à grands coups d’évidences la noble et juste nature humaine.
 
Comment après cela, ne pas apprendre, ne pas comprendre ? Oh ! Bien sur , ces mots sont entourés d’un contexte particulier, d’un enseignement où l’esprit se désapprend, où nous sommes ce doigt effleurant la surface de l’eau, où l’instant se confond puis s’absente.
C’est un moment de paix, où en sa force, la compassion s’expose et ose , une expérience exigeante, vigilante en l’apprentissage de soi.
 
Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence)

Les mouvements de l’esprit.

 

 

 

Prendre conscience des mouvements de l’esprit !

Dans cette attention à soi, il y a l’observation unique de s ‘approprier, sans attachements, le défilement ininterrompu de nos pensées. De les regarder avec compassion, les approcher avec impartialité, considérer leurs faiblesses, intéresser à leurs force ni trop, ni trop peu. C’est un instant où l’on ne s’inquiète pas, on ne se préoccupe pas. Il nous faut parcourir ce chemin en passager. L’esprit peut, alors, se soucier de telle ou telle souffrance, la prendre à bras le corps et en rechercher les causes. C’est dans l’apaisement de l’esprit que bien des portes s’ouvrent, bien des nuages s’évaporent ! Il nous est, alors, possible d’oser , de se laisser être !

Une proche me parlait  « de bouillonnement dans sa tête » et j’avoue en avoir ri. J’espère qu’elle me pardonnera ! Pourtant, combien d’entre nous ont eu ce sentiment d’un foisonnement tel, que notre tête va exploser !

Aux regards de ce fleuve intarissable de pensées, qui nous agresse, souvent, notre égo est super actif, nous offrant la futilité de l’éphémère, la bêtise de l’inutile, l’irrationnel de la haine, la folie de l’ignorant !

L’équilibre juste est en cette respiration du corps et de l’esprit engendrant l’apaisement, compassion, la liberté !

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

Merci

 

La lumière faiblit !En meute, des nuages gris, dessus l’océan, masquent un soleil, jusque là, généreux et bienveillant. Le vent, d’au delà l’horizon, pousse ces cumulus, tel un berger menant son troupeau. Sans hâte, cette cohorte se répand, accompagnant le fracas des vagues,à l’assaut du rivage, en un présage d’une pluie annoncée !

Marchant sur la jetée, mon regard observe ce chien courant après une balle emportée par une bourrasque. Je souris voyant ce couple , remontant leurs cols pour affronter la pluie , tout en continuant leur promenade. Stoppant un instant, je me mis à l’écoute de cette houle s’écrasant sur le sable et glissant, en un désordre d’arabesques, pour avancer encore et encore . Je me disais : «  Quelle volonté ! A chaque marée, essayer , essayer à toutes forces d’aller plus loin, d ‘aller plus haut ! ». je m’adossais au muret de la digue, le regard perdu, l’esprit en réflexion, sans remarquer cet homme en imperméable gris, prés de moi.

Sa pèlerine se confondait avec le parapet et l’enveloppait du cou aux chevilles. Il portait un bonnet jaune dont la forme et la couleur me questionnèrent . C’est un être de petite taille, d’une silhouette plus fréquente sur les terres d’Asie qu’en bord de mer, ici au Pornichet. Les yeux clos, il est en paix, enfin je le suppose, même l’espère , tant l’image est douce, désarmante.

Je me trouvais , alors désemparer et heureux. Joyeux de cette émotion de l’instant, calme, bienveillante et désorienté par le flot de questions qui me venait à l’esprit.Il y avait là, comme un parallèle avec la météo, la chaleur d’un soleil partagé, l’arrivée de la grisaille et l’ardeur de l’émotion, l’impatience de l’interrogation.

Nous avons passé de longues minutes à partager un silence, comme dirai-je….. ?, complice, absolu ! L’esprit, je le pense, à cet faculté d’être au plus profond de soi à cause de l’autre. Cet cause qui, même en un environnement hostile, guide la paix, la compassion humblement , généreusement.

Comment se réjouir d’un moment, où l’ardent équilibre s’exprime avec une telle justesse ?

Il était temps de quitter ce lieu. Je repris mon chemin, mais avant, me tournant vers le petit homme, je lui adressais un merci empli de joie et de gratitude. Il ouvrit les yeux, me sourit et reprit sa quête ….

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)

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