Archives pour septembre, 2018

Colère.

Colère !

Ressentir ce moment où toutes résistances s’effondrent, où l’équilibre se rompt comme emporter par une vague trop grande, trop haute, trop forte, avoir conscience de l’instant mais perdre pieds quand même !

La colère ne se propose pas à la réflexion, elle nous bouscule, nous entraîne aux limites de la haine, fait naître de mauvaises pensées, nous incite à l’acte nocif ! Nous connaissons , toutes et tous, son cheminement, ces petites raisons qui nous disculpent, ces regrets qui nous font si mal ! La colère disperse la souffrance comme le paysan sème le blé, mais sur ces terres arides rien ne pousse ! Nous caressons l’espoir d’un oasis de raisons, de prétextes justifiant cet excès, cette folie, mais là encore rien, si ce n’est quelques plaisirs bien vite évaporés !

Le bonheur nous est commun, ancré en notre profond du profond, nous le savons ! La recette est si simple : Observer , apprendre , comprendre humblement, avec cette impartialité pure qui fait grandir la joie et mûrir la compassion ! Être utile pour soi, à cause de l’autre et pour l’autre !

Tout cela nous appartient , alors Osons !

Philippe De Frémontpré

( Méditations)

Cette auberge !

Cette auberge.

Comme l’écrit, si bien Tara Brack, nous avons tous pour des raisons qui nous sont connues et parfois méconnues, une vie de substitution ! C’est cette vie que nous essayons, le mieux du monde , croyons-nous, de construire, trop souvent en dehors de nous même !

Quelles en sont les raisons ?

Oh ! Elle est si simple ! Être ce n’est pas faire ! Faire , même trop faire nous projette dans des absolus qui ne sont des paravents cachant à notre profond du profond la réalité de l’autre mais surtout notre propre vérité. On se disperce pour distancer nos hontes, nos peurs. On s’astreint à d’autres rigueur et les regrets , les remords s’amoncellent comme autant de sommets infranchissables.

Un facteur essentiel, «  ce contact » avec notre souffrance. L’accueillir en sa réalité, comme toute émotion, toute sensation , affolement, rires, angoisse, joie ou anxiété entrant dans cette auberge qu’est notre esprit. J’emprunte cette image à Tara Brack, car elle me semble beaucoup plus parlante que tant de mots additionnes.Contacter notre propre souffrance, l’appréhender humblement, non pas en ennemi, mais avec la compassion de l’apprenti.

Apprendre,comprendre et Être, c’est au delà de tout cela que la bienveillance envers soi même devient le bonheur pour l’autre et à cause de l’autre !

Philippe De Frémontpré

( Méditations )

De vigilantes images,

 

 

 

De vigilantes images,

Nous vivons dans un monde assourdissant, mais nous même, nous sommes atteint de surdité ! Nous avons, consciemment ou inconsciemment beaucoup de mal à entendre les souffrances qui nous assaillent, qui nous entourent ! Asseyez-vous sur un banc, respirez l’instant, observez ce monde grouillant passant devant vos yeux ! Combien d’entre nous y perçoive tous ces appels à l’aide, toutes ces plaies invisibles, ces déchirures du corps et de l’esprit.
J’ai en mémoire comme de vigilantes images, m’interdisant le désintérêt, l’indifférence, cette insensibilité qui durcit le cœur et conduit l’esprit de mépris et de répulsion !

Atteint de la maladie de Hodgkin, il y a quelques années, je dues subir un traitement lourd. Auto greffe, chambre stérile et nombre d’examens, prise de sang quasi quotidienne, perfusions en tous genre, le tout dans un environnement masqué, ganté, botté ou chaque blouse bleue n’était , avec le blanc des murs, des draps, que la deuxième couleur de mon horizon ! Mon esprit s’évadait bien sur , mais plus la fatigue s’installait, plus il renonçait ! Je devenais sourd et aveugle à ma propre douleur ! Ma souffrance me pénétrait, à un point tel, que les traitements m’étaient indifférents, je crois qu’elle m’habitait pleinement ! Faire ma toilette était une épreuve, pas seulement à cause de l’effort physique qu’il engendrait, mais de cette petite voix qui répétait « à quoi bon ! ».

Un après midi, le toc-toc sur la vitre me réveilla. Le visage de mon fils apparut, rayonnant plein de bonheur et ce sourire qui me disait « Ose la vie Papa ! Ose ! » Il avait trouvé son banc, mais plus important encore, il ne s’est pas contenté de regarder , il a juste souris, il m’a juste souris !Mon refuge était là, au bord de cette innocence, au bord de ce geste naïf et vrai, humble et rempli d’amour. Je n’étais plus cette maladie désormais, je pouvais m’asseoir à coté de lui , respirer l’instant, respirer la Joie de la vie !

Nous devons, à chaque seconde, avoir cette vigilance qui ose au plus profond du profond de nous même, la compassion juste , impartiale, l’amour humble et inconditionnel !

Philippe De Frémontpré
( Au delà de l’innocence

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