Archives pour juillet, 2019

En mon jardin

En mon jardin .

Il est en mon jardin, un hérisson. Il ne bouge pas, ne mange pas, ne frissonne même pas et pour cause, il est en nuances de bois. Le vent, le soleil, la pluie et autres intempéries l’ont un peu abîmé, pourtant il est là ! Il est ma première image au réveil. Au delà de la fenêtre, mon regard le cherche entre herbes hautes et fougères. Une fois trouvé, me voilà comme rassuré, c’est un peu bête n’est ce pas !?

Il est en mon jardin, un couple de corbeaux sur une tige de fer, perchés ! Ils ne s’envolent pas, il ne mangent pas, ne frissonnent même pas et pour cause ils sont en nuances noires de tôles soudées. Chapeaux sur la tête, portant lunettes, ils jouent en l’équilibre avec la brise, le vent ou la tempête. Au de là de la fenêtre, je les accompagnent dans leurs danses folles tournants, tournants encore ,c’est un peu bête n’est ce pas !?

Il est en mon jardin, sur l’étagère où poussent ciboulette , persil, coriandre et aux autres herbes, un hibou. Il ne hulule pas, ne tourne pas la tête en rond, ne frissonne même pas et pour cause , il est en nuances porcelaine, les plumes peintes et le ventre bedonnant ! Il a perdu un œil de verre , reste l’autre et un trou béant, je lui ai mis un bandeau tel un pirate ,c’est un peu bête n’est ce pas !?

Approchez -vous, plus prés ! Chuuuut !!!!!! il est aussi en mon jardin, un héron, deux canards, un écureuil, une girafe, un girafon, une tortue, un lapin , une biche , tous en nuances de bois où de métal ……………mais je soupçonne ce petit monde immobile le jour, de faire la fête la nuit venue ! Chuuut ! Dés ce soir, je vais m’en assurer !

Philippe De Frémontpré

( Histoires rigolotes )

Auriez vous de l’encre ?

Auriez-vous de l’encre !

 

Me promenant, comme très souvent le matin dés que le jour se lève, je pris ce chemin maintes fois arpenté. La terre est sèche, le sentier est fait de ces petits gravillons roulés par les pas des hommes, si agaçant quand on traîne les pieds ( rires). Sur les cotés poussent , en un désordre frénétique, arbres, arbustes, fleurs et ce que l’on appelle communément « mauvaises herbes » .J’aime ces allées sauvages où la nature prend ses aises, pour parfois offrir de magnifiques spectacles. Par endroit, les branches forment une voûte ,le vent, la pluie, le soleil jouent , alors selon les saisons , apportant fraîcheur et ombre comme une intimité particulière où les pas font silence pour que les pensées s’apprivoisent lentement, humblement. Quand l’arcade s’arrête, je retrouve au prés, quelques chevaux comme des amis de longue date. Ils s’approchent sans crainte, je plonge ma main dans ma poche, ils suivent mon geste….en effet, je ne pars jamais , sans emporter une carotte , quelques morceaux de pommes ou de sucrerie. Face à face étrange, le silence semble traduire nos pensées, je souris, ils soufflent puis s’éloignent doucement. Je reprends ma marche, peut être, plus joyeux de ce moment serein, mais bientôt, après ce virage sur la gauche, la piste finie pour devenir une allée « entretenue » ! les bas cotés ont été fauchés, hum ! l’odeur de l’herbe fraîchement coupée quand la rosée ajoute sa note !!!!! puis quelques bancs installés au hasard, là , à la croisée de chemins, ici , à l’ombre d’un saule. Ce ne sont qu’un plan de pierre polie pour assise auquel on a ajouté un dosseret et accoudoirs de bois.

C’est sous le saule, que je vis ce Monsieur. Assis, il griffonnait sur un carnet de Moleskine, comme ceux que j’utilise. Je le saluais d’un bonjour qui se voulait discret pour ne pas interrompre son addition de mots. Il leva la tête, me regarda et dit :

– auriez vous de l’encre ? Je suis en panne d’encre, mon stylo ne veut rien savoir et j’ai tant de mots à écrire !

Je fus surpris par la question , mais surtout par ce ton désespéré, faisant de ma réponse à venir une délivrance ou une sentence !

– Vous me voyais navré, Monsieur, je n’ai que ce crayon de bois et mon carnet ! Mais , je peux retourner chez moi, prendre la bouteille d’encre de dessus mon bureau et vous la ramener !

– auriez vous de l’encre ? Les mots s’effacent dans ma tête ! Dit il à nouveau.

En regardant son carnet de plus prés, je vis toutes ces pages blanches et cette question revenant sans cesse : – auriez vous de l’encre ?

Soudain d’un pas pressé, une Dame apparue de je ne sais où Elle me sourit et s’adressant au Monsieur lui dit :

– Viens, Jean ,on rentre à la maison .

L’homme se leva, me demanda une fois encore de l’encre, mis son carnet dans sa poche et au bras de la Dame s’éloigna

Je pris sa place sur le banc et avec mon crayon de bois écrivis ces quelques mots ! Depuis, je ne pars , jamais sans une carotte , quelques morceaux de pommes ou de sucrerie et un petit flacon d’encre noir !

 

Philippe De Frémontpré

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