Archives pour février, 2020

L’injure !

 

 

 

Que faites-vous si quelqu’un vous tend un objet dont vous n’avez pas l’usage ou que vous ne souhaitez pas saisir ?

Je ne tends pas la main, je ne le prends pas bien sûr.

Que fait le donateur ?

Ma foi, que peut-il faire ? Il garde son objet.

C’est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n’ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n’y avait personne pour la prendre.

Bouddha

( Extrait d’une conversation de Bouddha avec un homme en colère lui ayant adresse des injures)

Bonjour à toutes et à tous,

Nos mots ,autant que nos pensées nous appartiennent. Nous pouvons, au gré de nos souhaits, de nos apprentissages les proposer, les offrir où les garder dessinés sur les pages blanches d’un carnet. Ils peuvent se tromper et ne doivent pas en avoir honte , si par le fait, ils enrichissent la réflexion . C’est en cela que le partage trouve sa noblesse et parfois la sagesse.C’est en cela également , que notre vigilance, notre attention doivent s’inscrire en nos discours de la plus belle des façons.

Il n’est nulle moralité, ni leçon donnée en ces mots écrits mais juste un avis , une addition de mots. Il est de nos libertés de les parcourir ,de les commenter ,  de les contredire ou de passer son chemin pour d’autres paragraphes, pour d’autres lignes.

Chaque jour, nous accueillons les mots pour apprendre, pour comprendre. En quelque sorte, nous nous ouvrons aux mots de l’autre, qu’ils soient parlés ou écrits. Comme les mots de l’autre lui appartiennent, le choix de nos lectures nous appartient. Nos quêtes intellectuelles, spirituelles nous emmènent, parfois, à la rencontre de mots qui nous déplaisent, nous heurtent, nous choquent. Il faut les accueillir, en émotion gardée,car ce sont les mots de l’autre, ils ne nous appartiennent pas ! Cela, ne se traduit pas par une certaine passivité , mais peut se poursuivre par une réflexion impartiale ,débouchant sur un argumentaire solide, sans notes de violences, laissant une grande place à l’explication. Il n’est pas de plus beau et noble partage qu’une démonstration ouverte. Cela a l’avantage, également, de par la réflexion , de faire baisser les tensions du corps et de l’esprit par une observation apaisée.

Philippe De Frémontpré

Le souhait !

Le souhait que tous les êtres soient délivrés de la souffrance et de ses causes doit en effet être universel, il ne doit pas dépendre de nos préférences ou de la façon dont les autres nous traitent.

Matthieu Ricard.

Ainsi, Matthieu Ricard définie l’impartialité. N’est ce pas là, ce que nous pourrions appeler une évidence ? Mais de cette évidence, qu’en faisons nous ? J’avoue, en cette période agitée, être un peu perdu . Cela a le mérite d’une interrogation plus profonde et je l’espère plus impartial !

Vous comme moi, il nous arrive de ne pas entendre le discours que nous choisissons d’écouter, de ne pas porter l’attention utile aux mots en leurs sens, en leurs équilibres.Pourtant, « avant de commencer , toute chose observe cette impartialité qu’il te faut emmener avec toi.En ce mot , il y a justice, droiture, objectivité, ce qui en un juste équilibre veut dire : humanité » Ces mots d’Elias sont , à mon sens, une évidence et cela pour deux raisons. La première, cela nous met en joie, nos réflexions, nos actes en sont plus sereins, plus authentiques, dénués de haine, de violences. La deuxième, ils sont un chemin, plus apaisé où les pierres sont retirées pour nous éviter de trébucher. L’impartialité comme outil, pour être meilleur chaque jour, n’est pas une naïveté béate ou un pardon universel, mais juste une réflexion, une compréhension inconditionnelle nous permettant un regard des choses et des êtres, des causes et des conséquences tel que cela est , nos avis n’en seront que plus vrais, plus justes, plus humains : !

Il n’y a pas de sagesse sans humanité, ni d’humanité sans impartialité ! Le monde meilleur, auquel nous aspirons toutes et tous,ne peut se concevoir sans l’équilibre juste de ce qui est !

Philippe De Frémontpré

L’expérience des mots.

 

«  Ne pas se moquer, ne pas se lamenter, ne pas détester mais comprendre ! »

Spinoza.

Au travers de nos lectures, une phrase, quelques mots nous interpellent, comme une invitation à comprendre plus encore. Nous relisons une fois, deux fois pour en dessiner ,en notre esprit ,les contours.Puis, nous entrons dans les mots avec précautions, essayant de retracer la construction, entre virgule et exclamations.Il nous faut abandonner ce «  je sais», pour ce « j’apprends », pour ce «  je comprends », bref mettre nos pas dans ceux de l’auteur, sans troubler la trace.Il me semble que ce premier temps, est le plus difficile. L’essence d’un mot, son sens en l’addition, en la phrase sont unique, l’accepter c’est respecter le mot pour ce qu’il est, une fois l’encre déposée.Faire abstraction de nos certitudes ou de la rigueur du cheminement de nos pensées reste un exercice où notre égo fait de la résistance ! Attention, il n’est nullement question de prendre l’écrit pour « paroles d’évangile », mais de comprendre ni plus, ni moins .Comprendre n’est ce pas simplement et humblement se faire une certaine idée, et non une idée certaine, se représenter une chose, un être, sans se moquer, sans se lamenter, sans détester !

Le deuxième temps se propose avec attention et vigilance.Oser l’essentiel, oser l’expérience des mots. Nos lectures ne sont que des invitations à l’empathie avec le doute du sage et l’audace de l’apprenti. L’expérience des mots nous confronte, nous oppose, souvent, à nous même, cela est joyeux et réconfortant.

Philippe De Frémontpré

l’apprenti

Bonjour à toutes et à tous,

«  Connaitre son ignorance est la meilleur part de la connaissance. » proverbe zen

N’avons nous pas eu sur le chemin de nos vies, cette tentation du «  je- j’ai  , je sais tout et j’ai tout fait !» ? Il m’est arrivé, il nous est arrivé d’affirmer ,sans avoir l’expérience humble, de ce que nous préconisons, sans avoir l’entièreté des circonstances, des causes et conséquences de ce que nous dessinons, sans l’attention utile et vigilante à l’autre . Il faut le reconnaitre, nos convictions, ce besoin irraisonné et égoïste de l’affirmation de soi déséquilibre nos pensées, nos mots, nos actes.

Mon ami Elias a ces mots «  Il faut oser l’ignorance ! » Quelques mots, comme la main posée sur la poignée de la porte ouvrant à tous les possibles. Quelle joie de pénétrer là où l’on observe sans a priori, où l’on réfléchit sans hâte, où l’on apprend avec attention et vigilance, où l’on comprend l’utilité de l’équilibre en toutes choses.

Quelle beauté dans l’audace de l’apprenti qui ose et apprend, qui se trompe mais réfléchit, qui partage et s’enrichit !

Philippe De Frémontpré

Abandon

Abandon.

Un Maitre zen Yunmen disait : « Quand tu assis, sois assis. Quand tu es debout, sois debout. Quand tu marches, marche ! Et surtout n’hésite pas ! »

Nos esprits, trop souvent, guidés par nos commentaires intérieurs, se perdent dans l’instant. Ils ne sont plus debout, ils sont…..on ne sait pas trop , quelque part en confusion, absorbant çà et là, illusions, débattant , sans retenue de leurs certitudes.L’instant n’est pas un mi-temps, où on lui propose quelques minutes de notre temps si précieux ! Si, nous ne sommes pas dans instant ,pleinement et serein, comment pouvons nous accepter, accueillir ,tel qu’elles sont, la souffrance, la tristesse, la joie ……. ? Nous serons, alors, à coté de l’instant avec son lot de blessures et d’ignorances ! Dans notre impatience, nous oublions d’être, simplement Être ! Cela n’est pas se figer dans quoi que ce soit, mais au contraire avancer humblement, observer, réfléchir, apprendre, comprendre sans autre forme de procès que de s’abandonner à cela, s’abandonner à Être ! C’est, en cela , notre bagage essentiel sur la route qui nous mènera, peut être, vers le bonheur éveillé !

Philippe De Frémontpré

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