Au levé.

Elle s’éveilla, doucement,
Le soleil, tendrement,
Lui offrit un sourire.
Elle avait un peu froid,
Le feu n’avait plus de bois.
Dessous les draps en bataille,
Son corps un peu trop sage,
Voulait encore dormir.
C’était le temps des semailles,
Il lui fallait avant les nuages,
Enfanter les champs,
A la volée, en chantant.

Le parquet craquait
Sous ses pas feutrés.
Dans la maisonnée assoupie,
On entendait respirer le silence,
Même le coq sommeillait, encore.
De l’eau, dans une vasque de porcelaine,
Quelques gouttes d’un parfum choisi
Versées, sans bruit, avec élégance,
Elle noua ses cheveux avec un bout de laine.
Sous sa chemise de dentelles,
Sa peau frissonnait.
Elle fit glisser les fines bretelles,
Et en une lente caresse,
Son vêtement tomba en paresse,
Accentuant le frisson plus encore.

Son reflet en la glace apparu.
Regard curieux sur son corps nu,
Elle parcourra ses courbes,
En tendres et douces prévenances.
Sur le galbe parfait de ses seins,
S’attardèrent, un instant, ses mains.
Fermant les yeux, une chaleur lointaine,
La souvenance d’une nuit à perdre haleine.
Elle fit sa toilette avec minutie,
Laissant une perle d’eau voguait sur son épiderme,
En un voyage sinueux, le plancher pour son terme.

En l’armoire aux portes lourdes et grinçantes,
Elle choisit, d’abord, ses dessous.
Une culotte mauve aux broderies indécentes,
Épousa son intime comme un amant jaloux.
Des bonnets de même teneur,
Emprisonnèrent, en soie, sa poitrine.
Cette coquetterie, il fallait la cacher.
Un large jupon brodé, le fit sur l’heure.
Une jupe noire aux rayures fines,
Recouvrit, avec charme, ce jardin secret.
Un corsage coloré, rouge, orangé
Fila du poignet à l’épaule,
Comme l’on pose une étole.
Des boutons alignés, fermés l’un après l’autre,
Non pas jusqu’au dernier,
Pour un regard de l’autre.
La toile grossière de son tablier,
Enveloppa le tout,
Comme un désir que l’on cache à vous !

Vincent