En la bruine mêlée.

Je me suis planté là, devant cette masse d’eau,
Et ces vagues roulant sans jamais de repos.
Le vent, en brèves rafales, cherche la terre,
Amenant du large ses étranges mystères.

Des rochers aux algues brunes posées,
Affrontent, intrépides, les flots déchainés.
Un vol de goélands élégants et pressés
Se jouent de l’air en la bruine mêlée.

Sur le sable, parsemé de galets arrondis,
Quelques silhouettes, s’attardent, respirant l’air d’ici.
Un chien un peu fou, envole des escadrilles de mouettes
Leurs cris en rires, le silence fouettent.

A l’horizon, là où commence le ciel,
Un bateau part, docile, au-delà du monde.
Le soleil teinte les nuages de rouge et de miel,
Ne laissant en surface, que reflets et ombres.

Immobile au sommet de la dune,
J’attends le levé de la lune.
La nuit se part de milliers de paillettes,
Comme une belle se glissant en sa robe de fête.

Gavé d’images en mon intime gardées,
De cette lumière en mon cœur enfermée,
Je reprends, sans hâte, le chemin de ma chaumière.
A l’océan majestueux et fier,
Me retournant une dernière fois,
J’offre ces mots « Mon ami, j’ai tant besoin de toi ! »

Il y a des moments privilégiés,
Où s’attarde le temps.
Il vagabonde, se hasarde au bout d’un été,
Saupoudrant de rêve les yeux d’un passant.

Il y a, dans l’imperceptible,
De ces liens invisibles,
Où la raison ne cherche plus le sens,
Mais juste à nourrir ses sens.

Il y a l’océan, moi, et juste une émotion,
Unique, humble aux portes de la passion !

Vincent