« C’est au plus haut d’une montagne, au bord d’un monde éclaté que m’apparue l’éternité. Humblement, je lui dis : Prend moi dans tes bras à jamais ! »
Philippe de Frémontpré
(Au-delà de l’innocence)


Éternité.

Quand le ciel veillera nos doux avenirs,
Craquelés par les larmes et mots d’amour,

Quand le temps n’osera plus, en tendres caresses,
Imaginé le soir nos trop vieux souvenirs,

Quand en longue promenade, au fil d’un jour,
Aux heures passées en fatigantes paresses,

Quand l’amertume fleurira l’horizon,
De couleurs fanées aux saveurs d’oraison,

Quand les plaies d’anciennes passions,
Sécheront aux vents de la déraison,

Quand le silence se nourrira de cruelles habitudes,
Laissées en pâture à de fausses certitudes,

Quand l’esprit portera aux nues,
Les mots usés d’une triste vertu,

Quand le verbe ouvrira les portes de la nuit,
Narrant, sans se lasser, la tempête et la pluie,

Quand les rêves endormiront l’absence,
D’ambitions oubliées au bord d’une apparence,

Quand paré, d’une fanfaronnante expérience,
J’avouerai, sans faille, mon ignorance

Quand le soleil oubliera de chauffer ma carcasse,
Mon cœur épuisé n’étant plus que glace,

Quand mon regard au loin sur la mer,
N’inventera plus d’îles ni de terres,

Quand mes erreurs, en meute rassemblées,
A coups de griffes, maudiront mon passé,

Quand tout cela et tant d’autres choses,
Sera venu le moment, où je me pose.
Je resterai là, aux bords de l’humanité
Les yeux perdus dans l’éternité !

Vincent