Aux bords de l’eau…

………..Le dimanche, à la guinguette
Aux bords de l’eau, on allait danser.
On s’faisait beau, dés le matin
En mettant sa belle casquette.
Un peu de coin, pour faire le malin…………

Ils étaient vingt, ils étaient cent !
Le poing fermé, le cœur battant,
Prés à lever la terre entière
Pour, enfin vaincre la misère.
Ils étaient vingt, ils étaient cent !
Presque encore des enfants
Osant rêver un idéal,
Pour peindre le ciel un peu moins pale

Ils étaient vingt, ils étaient cent !
Le regard vers l’horizon,
Le sourire aux bords des lèvres,
Ils sortaient, tous des ténèbres.
Leur musique, leurs chansons,
Comme un violent coup de vent,
Chassa les nuages noirs
Pour que brille, enfin, l’espoir !

………….En chantant, on prenait le train,
En roulant « des mécaniques ! »
On n’était pas bien méchant,
On était des simples « gens » !
Peut être de drôles de loustics,
Qui pour un air d’accordéon,
Faisaient les fanfarons……..

Ils étaient vingt, ils étaient cent !
Ces derniers et fiers combattants.
La vérité en bandoulières,
La compassion en cartouchières,
Les mots pour seule barricade,
Ultime bravade,
D’un monde se donnant peu de peine,
Pour honorer la haine.

Ils étaient vingt, ils étaient cent !
Sans armes que leur sang,
Qui, par un matin de grisaille,
Offrir à la mitraille,
Leurs jeunesses,
Leurs détresses !
Pour une révolution,
Et quelques heures d’illusions.

il y a toujours quelque part,
aux bords de l’eau, sur le pavé du hasard,
Un chiffon qui s’agite.
il y a toujours quelque part,
ce flamboyant étendard,
Celui des gueux, des  » sans mérite «
Comme un temps des cerises,
Que tant d’autres méprisent !

Ils étaient vingt, ils étaient cent !
L’humilité était leurs armes,
L’humanité était leur drame !
Ils sont vingt, ils sont cent,
Dans l’innocence de leurs printemps,
Ils seront debout, malgré le vent.
Pour oser et oser encore,
La liberté et son décor!

Vincent

( Photo Henri Cartier Bresson )