«Il n’importe pas qu’un être soit croyant ou non : il est plus important qu’il soit bon.»
( Dalaï Lama )

Le grand couloir.

Il me fallait entrer.
Par ce grand couloir,
Interminable et froid.
Chaque mot s’y envole,
Chaque pas y résonne.
Des frissons m’envahirent !
Il me fallait, pourtant rire !
Tu marchais, prés de moi,
Ton foulard de soi,
Comme ultime rempart,
Un dernier au revoir, sur le quai de ma gare.

J’entrais en maladie,
Comme on part en errance.
Qu’importe la souffrance,
Quant tout est en sursis.
La vérité n’est qu’un masque chirurgical,
Devenant, chaque jour plus que banal.
Le monde réduit à une chambre,
Ou s’installe une envie, se pendre !
On s’excuse, alors d’un sourire,
Perdu au bord d’un improbable devenir,
De la fatigue qui vous assaille,
De la mort qui ronge vos entrailles.

Les mots deviennent labyrinthe,
Le hasard pleuré, une étreinte.
On gomme, on efface.
Le bonheur n’a plus de traces.
La lumière du jour est un autre demain,
La nuit, les ombres se font artisans,
Des instants de douleurs, ou l’on cherche une main,
Le corps saigne sa peur, l’esprit se ment.
On oublie sa mémoire,
On brûle ses espoirs.
Mes yeux se ferment, doucement.
Me reste t il un peu de temps ?
Puis je encore m’inventer un hier,
Avant que mon cœur n’aille dessous la pierre ?

Il commence comme cela…..

J’ai attrapé aux vents,
ton foulard de soi.
Aux parfums d’orient,
Et couleurs rêvées.
Un petit bout de toi,
Au hasard envolé.
J’ai attrapé aux vents,
Quelques larmes déguisées,
D’un amour d’antan,
Dessus ta joue, glissées.
Je mets dans une boite,
Tous ces tendres souvenirs,
Avant qu’ils ne s’effacent,
A la brise d’un avenir.
Ils sont les miens,
J’en serais donc le gardien.
Comme le coffre de mon enfance
Ou billes, dessins, couleurs et rubans
S’entassaient en abondance,
Pour y défier le temps………………………………

Vincent