Sans manières.

C’est un petit homme ordinaire,
Sans manières.
Adossé à sa vie,
Quand le souffle s’enfuit!
Il a dans sa besace,
Une vieille paire de godasses.
Sur, d’être en partance, pour d’autres voyages.
Il a aux bords des yeux,
Une pluie de souvenirs, et tant de rivages,
Terres lointaines ou, le ciel n’a que du bleu.
C’est un petit homme ordinaire,
Sans manières.

Il porte son histoire,
De dessous son pardessus.
Une médaille de gloire
Sur un revers cousu
Sa vie n’est pas si triste,
Il a été artiste.
Il pousse encore la chanson
En arrosant les fleurs de son balcon
Je regarde ce petit homme
Se presser doucement.
Je regarde ce vieil homme,
Me sourire tendrement.

Il attend, patiemment, un napperon sur la table,
Qu’un fils débordé, sonne d’un air coupable.
Quelques minutes passées,
Entre deux tasses de café.
Le napperon est rangé,
Le gamin est parti, pressé !
C’est une habitude.
« Comme il te ressemble ! »
dit il, en solitude.
Une larme coule, ses mains tremblent.

C’est un petit homme ordinaire,
Sans manières.
Je l’ai croisé, un jour, au bout de son automne.
Nous avons fait quelques pas, sans déranger personne.
Je l’ai laissé là, un bout de son chemin.
Je sens, encore la chaleur de sa main.
Je regarde ce petit homme
Se presser doucement.
Je regarde ce vieil homme,
Me sourire tendrement.

Vincent