La Dinde et le Paon.

Aux abords d’une basse cour,
Un paon cherchait une cour,
Non pas, quelques pavés pour y poser ses pattes,
Fines et délicates,
Mais, une foule de manants sans croix,
Dont, il voulait être Roi !

Il déploya son plumage,
Aux couleurs flamboyantes,
Se fendit de quelques bavardages,
De discours aux couleurs paysannes,
Aux rimes bien pensantes,
Aux voyelles courtisanes.
Nombre de volatiles attirés
Par ce tapage orchestré,
S’extasièrent d’une telle beauté,
De ces flatteries de qualités
.
Ecartant, bien vite, toutes menaces,
Il se fit, au plus haut, une place.
Construisant son verbe en indispensable,
Ses avis comme irrévocables.
Une dinde bien dodue,
Aux atours convenus,
En première Dame se plaça,
Au couronnement donna le la !

Dés lors, les deux compères,
Avec d’hypocrites manières,
Finement, s’employèrent,
A mettre au pas la volière !
Drapés, d’ une fausse compassion,
C’est à la nuit tombée,
Qu’ils s’adonnent à leurs perversions.
Moqueries et rires éclatés,
Transpercent leurs sujets endormis,
Loin de rêver à ce vomis.
Ils ourdissent de mesquins complots,
Pour évincer « les pas beaux »,
Et faire de leurs certitudes,
De bien bonnes habitudes

Noël arriva !
Jour de fêtes, de grand repas,
Et la dinde, pour cela,
Due passer de vie à trépas.
Aux cris, d’avant le cou tranché,
Sa majesté tourna le nez !

Moralité :
On ne peut être l’ami d’un Roi,
Quand il se moque de toi !
Il n’aura nulles paroles,
Quand tu finiras à la casserole !

Vincent

Vincent