Dix ans, à peine, soufflés


Un petit gars,

Aux dix ans, à peine, soufflés,

En une terre lointaine,

Sur la lande promène.

Ces pas s’amusent,

D’un cloche pieds,

D’une course folle,

Ignorant l’heure et calendrier.

Pour reprendre son souffle,

Il s’arrête, se couche sur l’herbe.

Les yeux perdus dans les nuages,

Il rêve !


Je ne veux pas grandir,

Prendre la route du mourir,

Porter les souffrances,

D’un monde d’apparences !

Je ne veux pas grandir,

Être craint, violent,

Sans vertus, indécent,

Je ne veux pas grandir,

Croire qu’en amant,

J’effacerai mes tourments.

Je ne veux pas grandir,

Oublier la misère,

Pour un peu d’or, pour une guerre.


Un petit gars,

Aux dix ans, à peine, soufflés,

En nature, évadé,

Dessine l’horizon,

Du bout de son doigt.

Ajoutant aux couleurs,

L’innocence d’un matin,

Les fables d’une brume,

L’imaginaire de sa tendresse.

Assis, à l’ombre d’un chêne,

Il rêve !


Je ne veux pas grandir,

Déserter ma grange, la paille,

Pour une rue morte, la grisaille.

Je ne veux pas grandir,

Et ne plus courir sous la pluie,

Voir les étoiles dans la nuit.

Je ne veux pas grandir,

Pour des matins sans chansons,

Des maisons avec plafonds

Garder mes bretelles,

Y accrocher mes ritournelles.


Vincent