Trottoir.


Sur un trottoir,

Comme en un dérisoire,

Au milieu d’anonymes,

Je fais le mime,

Croisant des visages inconnus,

Aux yeux vides,

Perdus, perdus,

Sans repères, sans guide !


Qu’il est loin, le bout de la rue,

A bout de souffle, fourbus,

Ils trainent dans leurs histoires,

Le goût amer du désespoir !

Il cherchent dans le bitume

Ce rayon de lune,

Ce chemin, autrement,

Ce chemin différent.


Je m’accroche aux mots

Imaginant des bateaux,

L’espoir gonflant leurs voiles,

Leurs mats pointant les étoiles.

Qui sont ils,

Ces fabricants d’iles ?

C’est eux, c’est moi !


Aux bords de la folie

Celle des hommes impies,

Il me reste mon trottoir

Et quelques mots avec moi !


Vincent