Un métier d’homme.

Ces quelques mots en intitulé sont, à la fois, la source et le titre de cette réflexion. Je me suis posé la question de savoir si j’en faisais un poème où tout simplement une prose. Une séquence me parut une manière plus claire, d’exposer ma pensée.

« Métier d’homme », n’y voyez pas une allusion à ces métiers, honorables et respectables, dits de force, trop souvent associés à un certain machisme et à un intellect restreint. Mon propos est tout autre.

Pour cela, il me faut décortiquer ce titre. Je commencerai par « Homme », dont la définition pourrait être : être transformé par la raison. Il y a dans ce raisonnable, ces notions de compréhension, de connaissance dont cet être ne peut se dissocier sans prendre le risque de retourner à l’état animal. Il me parait, donc, important d’être les apprenants conscients de ces facultés, de la réalité de leurs existences, pour éviter les travers impulsifs, instinctifs, signes d’un retour à un état d’égarement.
Compréhension, connaissance, deux mots que j’utilise abondamment, dans un sens différent de leurs significations usuelles. La compréhension est l’appropriation juste de nos émotions et de celles ressenties par les autres. La connaissance dépasse l’accumulation d’acquis, dissout le Moi individuel, pour trouver l’équilibre entre ce qui est et ce qui n’est plus.

« Métier », cela reste un apprentissage permanent où le savoir faire cède la place au savoir être. Un savoir être qui, outre l’essentielle politesse, comporte la pérennité de l’initiation.
Les certitudes, quel qu’elles soient, ont été mais ne sont plus, d’où une remise en cause permanente de notre vision des choses, car elles mêmes ont été et ne sont plus.

C’est dans ce cadre, à mon avis, que nous avons les plus grandes chances de nous épanouir et peut être pour certains de se trouver, sinon nous sommes en dehors de ce « métier d’homme ».
La compassion, l’amour c’est donner et sont les pilier de ce « métier d’homme ». Si l’on cherche, d’abord à prendre, sans être dans notre « métier d’homme », on se met en attente, cette perspective devient vite un non-sens, car l’attente crée l’angoisse, les craintes, nous emmenant sur des chemins où notre égo se flatte d’être incompris.

J’ai écrit ce texte, après la lecture de quelques mots griffonnés, en son temps, par un petit garçon de 12 ans. J’étais en chimiothérapie, lui en traitement pour une leucémie.
Il donnait, donnait, attention et amour autour de lui, ce qui me rendait ridicule avec mes lamentations d’adulte.

Vincent