Le chêne.

Devant ma fenêtre, il y a un chêne.
Pour moi, il n’a pas d’age,
Aussi loin en mes souvenirs,
il était, toujours là.
Son écorce rugueuse, abimée par le temps,
Atteste des saisons passées.
Il n’est pas grand,
Mais, solidement, ancré au sol,
Par de massives racines.

Des hommes en camionnette,
Sont venus le voir, un jour.
Ils avaient, avec eux, un tas d’instruments.
Ils se mirent à le mesurer, le calibrer,
Ils enfoncèrent en son bois,
Comme un drôle de tire bouchon,
Le retirant sans ménagements,
Déposant son contenu dans petit bocal.
Tout, fut soigneusement, étiqueter,
Estampiller, dessiner, contrôler,
Vérifier et re-contrôler.

Et un matin, fier comme Artaban,
Le Maire apposa au pied de l’arbre,
Un pancarte, son pédigrée !
Le chêne ne montra aucune émotion.
Pourtant, entre ses branches,
Je le vis esquisser un sourire.

Ils avaient écris mon histoire,
Enfin, ce qu’ils en savaient.
Cela me fait bien rire,
Qu’autant de cerveaux avaient eu cette attention.
Certaines choses étaient exactes, d’autres non,
Mais là, n’était pas l’important.

Ils ne savent pas,
Qui m’a planté !
Ils ne savent pas,
Combien de tempêtes, de vents mauvais,
Il me fallut affronter!
Ils ne savent pas,
Combien de nichées ont vu le jour sous mes feuilles, !
Ils ne savent pas,
Combien de gamins grimpèrent au sommet de ma cime,
En hurlant leurs victoires!
Ils ne savent pas,
Combien d’amoureux, sous mon ombre, s’offrirent
Leurs tendresses et bien plus encore!
Ils ne savent pas,
Combien se sont abrités, sous mes branches,
et dormirent en paix, drapés d’étoiles !
Et tant d’autres choses, vous m’en excuserez,
Que je garde pour moi, en secret.

Devant ma fenêtre, il y a un chêne,
Mais est ce, seulement un chêne ?

Vincent