Extraits

Il me fallait retrouver ces mots, syllabes abandonnées là ou le temps s’absente entre ombre et amertume, silence et regrets.

Je pris un chemin, sans savoir où il menait, avec le doute de la pensée comme compagnon de voyage, avec l’attention à l’émotion qui jaillira aujourd’hui, demain….. !

Être attentif, une vertu, un apprentissage. Le regard, la parole, l’écoute tout devant mener à l’acte bon . L’indignation est nécessaire, respectable souvent authentique, mais reste un constat où l’acte bon est à inventer!

Apprendrai-je la patience ? J’en souri !

On se confronte, parfois, aux mots. La plume s’applique à peindre une certaine sagesse, où la raison s’impose plus qu’un autre choix. Il n’est pas dans cette assemblage de lettres «  raison » , une connotation de «  cul-béni », mais un juste équilibre entre le désir et la réalité, le présent et le devenir. On peut constater la difficulté de notre monde à s’atteler à cette simple réflexion, c’est peut être pour cela que je parle de confrontation !

La confrontation implique un vaincu, un vainqueur. La raison exige l’équilibre, mais il nous faut, tout d’abord, établir l’essence même de la raison.

C’est un vaste champ à explorer, un univers particulier. En son sein, rien n’est figé, rien n’est acquis, tout se transforme. Pourtant, dans ce mouvement perpétuel, dans ce bouillonnement de réflexions, une notion semble immuable. Le cheminement vers l’équilibre de la raison est, au delà de nos propres émotions ! On pourrait traduire cela par : « on ne peut être juge et partie ! ». Cela va bien plus loin . La raison est un cri, l’équilibre son porte voix, nous serions idiot si une fois le navire construit et à flot, nous en percions la coque !

J’ai couché quelques phrases sur le papier, peut être prétentieuses ou inaudibles, et j’ai cette curieuse sensation de n’a voir rien dit. L’évidence peut elle s’expliquer ?

Tout en posant cette question, le visage de ma mère s’esquissait entre les lignes. Ma plume à l’encrier, vos yeux, votre sourire complétèrent ce dessin irréel. Vous étiez si présente que mon cœur vous respirait, vous étiez si présente que mes mains vous cherchaient. Il me revint, alors, le souvenirs d’une conversation. Au retour de l’école, je vous faisais part, d’une injustice dont je fus le témoin. Je vous narrais les faits, avec exactitudes, d’un ton ferme et révolté. Vous m’avez écouter, sans émettre d’avis, puis reposant votre tasse de thé sur la table vous m’avez dit : «  Votre indignation vous honore, mon fils, mais visiblement elle vous mène à la colère, pire aux regrets. Posez vous cette question, qu’aurai je du faire pour éviter cela ? »……………..

Au delà de l’innocence

Philippe De Frémontpré