J’aspire le jour, un autre jour……

Au levé des nuages gris, le temps s’invite autrement!


Je respire le bleu du ciel, comme l’on goute avec étonnement ces gouttes de vie, cet ailleurs particulier, attentif, ignorant et curieux, troublant mais limpide.


Je m’enferme, alors, en cette page blanche. Là, les mots s’inventent, se croisent, s’interpellent, se blessent, se déchirent, se chantent …… Osant la solitude, non pas comme bouclier, mais en un espace privilégié, propice aux dessins précis, colorés, audacieux de l’addition des mots. Ils se targuent sans vantardise, protégeant leurs secrets , mais laissant la porte entrouverte. Il me semble, parfois, qu’une phrase s’impose, s’expose, s’interpose. En syllabes provocantes, elle attise la réflexion, l’émotion, la description, l’imaginaire. En ces moments, l’étrange brouille l’écrit. On ne sait plus, vraiment si l’herbe est verte, si ce sourire nous appartient, si le bon sens a toute sa raison, si le «  je » n’est pas quelqu’un d’autre.


La plume prendrait elle le pouvoir ?


J’avoue, apprécier ces instants de lutte. Il y a dans cette intensité, le choix de l’égarement, de l’abandon, de la résistance, de la rêverie. Les uns et les autres s’assurant de la légitimité de leurs cheminements, de leurs vérités. On explore le nouveau, déjà trop ancien, on s’apitoie sur un souvenir toujours aux bords des yeux. Il nous faut être courtisan de nos lignes, de nos paragraphes,habile diplomate, s’aventurer en l’interdit, se résigner à être vrai.

Le silence, l’absence de ce glissement criard de la plume sur le papier, ne résout rien. Il est de l’indispensable de porter en cahiers ou carnets, l’affolement, le dégouts, le plaisir, le bonheur, l’ombre, la lumière, pour se prouver que l’on existe, certes ! Mais aussi, pour laisser cette trace humble d’un apprentissage permanent.


Il est des puzzles, où une pièce ne fait pas le tout, mais où l’on devine le tout, malgré son absence.

Laisser, ce pressentiment de comprendre et soupçonner chaque lettre, chaque virgule d’être une porte sur une autre histoire.


Philippe De Frémontpré

( au delà de l’innocence )