Une paire de sandales, un bâton de marche, une besace.

Assis à l’écart des chemins,
Il est au-delà du monde,
Il est le monde !

Je me suis approché, curieux de cette posture.
A quelques pas, battée la porte d’une masure,
Comme un tempo donné au silence !
Je le dévisageais, cherchant un signe, une faille.
Des traits ordinaires, une peau lisse, brunie par le soleil.
Ses yeux, d’un bleu pur et clair, apaisèrent mes craintes.
Une bouche, fine, régulière dessinait un sourire de peintre.
Il portait un vêtement de couleur rouge, croisé sur la poitrine.
Une ceinture de toile jaune, nouée sur le devant,
Finissait une tenue simple et austère.
A même le sol, une paire de sandales,
Un bâton de marche, une besace.

Je restais là. guettant une respiration,
Un battement de paupières.
Je me posais mille questions sur cet étrange personnage,
Imaginant mille réponses, toutes farfelues.
Et cette porte qui battait au loin, … exaspérante !
Le soleil prenait, doucement ses quartiers pour la nuit.
La nature se mettait à l’unisson, de ce cœur qui battait,
Peut être ? !!
La fraîcheur soudaine me fit frissonner.
Je pris place à quelques mètres,
Sortis mon carnet, pensant y décrire cet instant.
Mais les mots, ces paresseux, se firent attendre.
Ils me semblèrent, quelque peu timides, ou intrigués.
Cette présence muette ralentissait leurs hardiesses.
Je posais, donc, mon calepin devant moi,
N’ayant pas le courage de les bousculer.
Et cette porte qui battait au loin, … paralysante !

Il me fallait engager la conversion.
Assouvir cette curiosité qui nouait mon estomac.
Mais comment ?
Trouver un prétexte me sembla insurmontable.
Un insecte vint à mon secours.
Une abeille tournoyait au devant de son visage.
Son bourdonnement m’offrait l’occasion idéale.
Et cette porte qui battait au loin, … fatigante !
« Cette abeille ne vous gêne pas ?
Prenez garde qu’elle ne vous pique ! »
Clamai-je en bégayant..
Me tournant vers cette porte qui claquait sans fin
« Ne peux- tu te briser ou faire enfin silence ! »
Criai-je énervé !
« Lève toi et va fermer cette porte, mon amie l’abeille
Me conte sa journée.
Une fois, cela fait assis toi et écoute ! »
l’insecte se posa sur sa main,
Il lui sourit !

Assis à l’écart des chemins,
Il est au-delà du monde,
Il est le monde !

Vincent