Elias.




Là ou la rivière s’abreuvent les grands arbres, là ou les saisons s’appliquent avec passion, là où la discrétion apaise les sens, il est une maison de terre rouge, rustique , humble, posée, juste posée, comme pour ne pas déranger.


Ici, le vent parle de ces voyages, le soleil chauffe les murs ni trop, ni trop peu. Les chênes alentours abritent un potager aux couleurs appétissantes, aux parfums épicés.

Ni barrières, ni clôture ceinture cette maison. Quelques fleurs petites et grandes jalonnent en désordre, une allée mal dessinée. Un lierre caresse la façade en arabesques torturées, quelques oiseaux s’attardent au rebords des fenêtres. Une combinaison juste ralentissant le temps avec poésie et harmonie.

En ce lieu, parfois, le silence se repose . Alors, tout se fond, se confond . Les ombres disparaissent, la tempête se tait, le torrent se fige. Le passé n’est plus, l’avenir est à naitre, le ciel médite en paix. Sous l’alcôve de branches tombées d’un saule majestueux, un banc sans ages , le regard en joie, Elias est assis, immobile, absorbé par ce bien être. Ses yeux sont sur chaque feuille, chaque brindille, chaque insecte alentours, la plus respectable des hardiesses ne saurait déranger cet admirable dialogue. La sérénité se respire, se dévore avec une gourmandise non-coupable!


Elias est un homme trapu aux mains laborieuses, à l’œil pétillant de l’apprenti. Prés de lui, un livre et quelques notes . Des mots esquissés avec soins, aux pleins réfléchis, aux déliés muris. On le dit érudit et ermite, mais il est humain, tout simplement ! Il y a, dans cette image , une empathie évidente, une humanité débordante, lui donnant la fragilité particulière d’une larme , mais aussi cette intensité, cette puissance qui ose le juste équilibre dans un monde désordonné.