Une minute.




Puis-je vous déranger une minute,

Pour un sourire, un air de flute,

Où quelques mots additionnés,

Aux couleurs d’un mois de Mai ?



Des images en farandoles,

Courent, sautent, et s’affolent,

Les blés sont murs et bien levés,

Comme le présage d’un bel été.



Puis je vous déranger une minute,

Pour un vers cherchant sa chute,

En une chanson presque oubliée

En pluie d’étoiles sur le pavé ?



Je prends la vie par la main,

Vous offrant d’autres matins,

Aux parfums sublimes d’Orient,

Aux rêves lents et patients.



Puis je vous déranger une minute,

Sans coup d’éclat, sans disputes,

Ma page blanche en équilibre,

Enchainée, mais encore libre ?



Le silence, en rigolades,

Pétillant comme une limonade,

Est encore mon bel allié

Pour conjuguer le verbe Aimer !



Pardon du dérangement,

je m’en vais avec le vent,

Loin, si loin au hasard,

Mais prés de ton regard !



Philippe de Frémontpré

( Au delà de l’innocence )