Sourd et aveugle




Je vous écoute souvent, en un silence triste. Vos voix crient plus qu’elles ne chantent. Et si un refrain survient, il s’arme de syllabes assassines, de poings d’exclamation, de virgules rageuses, formant des bataillons hurlants, comme des vagues folles, sans cesse renouvelées.


Je vous regarde souvent, en un silence triste. Vos mains acharnées à construire l’éphémère, façonnant chaque jour, vos souffrances prochaines. Vous osez un bonheur n’ayant pas d’existence, en bradant pour six sous, le sourire d’un enfant !


J’aimerai, parfois , être sourd et aveugle. Sentir les lueurs matinales, ces couleurs en nuances de bleus offrant au monde une autre clarté ! Percevoir la chaleur bienveillante d’une main, pénétrer la vie pour en apprendre le sens .


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )