En mon corps abîmé.



C’est une ombre,
Qui ne m’est pas inconnue.
Froide et sombre,
Elle arpente, en silence, mes rues.


Elle s’invite dans mes mots,
Dessinant la souffrance,
Oubliant le beau
Dans sa terrible errance !


De ce mal qui me ronge,
En mon corps abîmé,
J’en ris, comme en un songe,
C’est mon autre liberté !


J’abandonne l’inquiétude,
Aux bords du chemin,
Comme on lâche la main
D’une vieille habitude.


Il est dans l’ignorance,
D’innombrables existences,
Improbables, fascinantes et si belles,
Mais, sans consistances, irréelles !


La vraie nature des choses et des êtres,
S’affranchit des peurs, du paraître,
La recherche apaise nos impatiences
L’observation guide nos expériences.


Au delà de l’innocence perdue,
Au delà des heures passées,
Comme la vie renouvelée par la charrue,
L’humilité forge notre humanité.


Fermant les yeux, en l’instant,
L’esprit affranchi du temps,
S’émerveille en compassion,
D’un présent sans distorsions !


Philippe De Frémontpré
( Au delà de l‘innoc
ence )