Ces visages glacés !


Des souvenirs n’osant s’inventer,

Usant du verbe en vaines paraboles.

Les mots s’effacent, le temps se sacrifie,

Sourires incertains, lumières un peu folles,

Parant le ciel, d’ombres aux visages glacés.


A chaque larme, l’aube s’interdit,

A chaque souffrance, le vent passe !

Oubliant, un instant, un juste regard.

L’esprit s’agace,

Partageant l’indifférence hagard !


Au delà des cieux et des rites,

Se dessinent le chemin des mérites.

Les uns, bruyants et vaniteux,

Les autres, anodins et silencieux.


Se pose, alors la juste pensée,

Où la sagesse en actes renouvelés,

Embrassant l’ultime compassion,

Comme l’essentiel en addition.


L’esprit se révèle,

Humble pèle mêle,

L’instant s’apprend,

Quand respire le méditant .


J’étais là !

Me débattant dans ces eaux gelées !

J’étais là !

Luttant avec mes peurs pour ne pas sombrer !

J’étais là !

Suppliant un «  pourquoi » !

J’étais là

Avec si peu, d’images de ma vie !!!!


Puis le silence !

Les vagues , ce sable humide et froid !

Cette plage inconnue,

Ce bout de terres perdues !


J’aspirais ces brises d’existences,

Pardonnant au Dieux,

Cette ultime souffrance,

Leur offrant, à jamais, le sourire du pieux!


Qu’ai je fais ?


L’ignorance laisse, une fois de plus,

Son empreinte inanimée , là où la mer finie.

Certains diront : «  C’est bien triste ! »,

D’autres passent, déjà leurs chemins.


L’esprit renait,

Au sortir du passé,

Empruntant une autre voie,

Sans tourments, sans chemin de croix.


Et disparaissent, enfin, ces visages glacés !


Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence )