Saule

Il est en mon jardin, un ami, toujours présent sans que je ne le sollicite.

J’apprivoise le temps pour qu’il m’accompagne et s’arrête un instant en sa compagnie ! Quand le ciel ne gronde pas, quand la pluie n’entame pas un concerto, je le rejoins ! Il ne s’étonne pas, il m’attend !

Il m’attend, toujours à la même place, mais je sais qu’il y a  des «  ailleurs » ou il y serait aussi .Pourtant, c’est celle que je préfère. Oh ! Une vieille habitude ou un rendez-vous discret, un besoin certain de retrouvailles. J’avoue une certaine addiction, mais celle de l’apprenti pour son outil, celle de l’horizon pour le bleu.

C’est au pied du grand saule que nous nous retrouvons. Cet arbre magnifique, fragile en ses branches cassantes comme du verre, mais au tronc puissant aux racines profondes. Je me suis interrogé, bien des fois, sur  ces  branches tombantes en une arabesque parfaite, comme une alcôve pudique nous séparant du monde.

Assis à même le sol, je l’invite, humblement, en compagnon, en amant, en frère ! Il est tout cela, et bien plus encore, osant l’imparfait pour vous rendre meilleur, inspirant la souffrance pour expirer la joie.

Il ne dit mot, mais vous enseigne tant !

Excusez-moi, il me faut le retrouver, mon ami  Le Silence !