Pendant des jours, des semaines alité, en souffrances, comme un mauvais feuilleton, une triste fin tournait en boucle en mon esprit. Chaque image accentuait cette pensée amère d’un voyage en un ailleurs ……! Plus que la tristesse m’envahissait, plus que le dégoût envers la maladie remplissait ma chambre de haine, de cette violence verbale qui sort de votre bouche non réfléchie mais terrifiée ! Dans le désarroi d’un corps ne sachant plus se défendre, dans la funeste blancheur d’une chambre sans vie, chaque mouvement, chaque entrée ,chaque mot devenait un supplice ! Le silence lui-même ne me tenait plus compagnie !

Elle était là, derrière chaque ombre, chaque pas dans le couloir, chaque sourire de circonstance. Elle inspirait ma vie , expirant ses rires cyniques et moqueurs ! Il y avait certains jours, où une tripotée de blouses blanches, déchiffrant un dossier ,me dévisageant, me palpant en tous sens , osait sans honte quelques murmures soucieux, torturant ainsi , un peu plus mes pensées tourmentées ! Il y avait d’autres jours , où un fils tout de noir vêtu, les yeux rougis se plantait là draper dans son mutisme comme pour étouffer ses peurs ! J’étais en rage de l’entraîner malgré lui dans ma déchéance, j’étais en rage de ne pas l’étreindre avec force , tant mon amour avait déjà renoncé !

Les nuits s’absentaient, ne tenant plus à me laisser quelques rêves, quelque espoir ! Le temps… ! Le temps.. oui ! Combien de fois je me suis surpris à le dessiner de syllabes inventées , à l’orner de voyelles étincelantes comme pour le flatter, lui bafouiller de me laisser un peu de temps ….. encore ! Il m’arrivait de ne plus m’aventurer à fermer les yeux, idée perverse et imbécile de ne plus pouvoir les ouvrir !
Oh mon Dieu ! Quel est ce gouffre entre ce que je veux et ce qui est ? Est ce la peur ou la déraison ???

Philippe De Frémontpré
( Extraits de mon journal)