Jour de pluie

Soudain, l’envie d’écrire, sans me poser de question. Une musique douce, un thé…..Voilà un décor planté sans hâte simplement ! Oui, cette envie de poser ici une lucarne, là une fenêtre, ici encore une porte comme autant de regards sur la vie, ses couleurs , ses senteurs, ses saveurs….juste la vie , en cet instant !

Ma fenêtre donne sur un parc, ou les grands arbres sont bousculés par le vent du Nord glacé et violent.Pourtant, ils ondulent comme autant de signes de la main…bonjour à vous le chêne….bonjour à vous le bouleau, le hêtre, le saule….Quelques feuilles résistent avec bravoure au bout de branches squelettiques.Le tapis de feuilles mortes gorgées d’eau n’a plus la force de s’envoler. Une gouttière déborde , arrosant les passants . Le silence , lui-même, s’est mis à l’abri . La nuit paresse, prenant son temps pour passer de l’autre coté de la terre.Les nuages s’accumulent grisonnant tel un fusain en nuances de gris où parfois quelques larmes s’échappent .Les cieux s’excuseraient ils d’être en ce jour si tristes ? Dans la rue, sur le pavé où quelques flasques s’organisent pour grandir,une course de parapluies se met en place A chacun sa couleur, à chacun sa façon de le porter , haut ou bas, de coté ou face au vent, mais avancer, avancer toujours, l’école n’est pas loin et temps presse ! Quelques intrépides gamins , de bottes chaussés, tel Gulliver, enjambent les petites marres comme autant d’océans menant à l’aventure !

C’est un jour d’hiver, un jour de pluie ordinaire , mais comme il est beau ! Humble en sa tristesse, vrai en sa grisaille, il m’apparaît infini en l’instant, je le respire doucement , doucement ! C’est drôle, je me dis, brusquement, qu’a vouloir , avec une certaine obsession le désir du chaud , du soleil, du confort , on en oublie la liberté et la beauté d’un jour de pluie

Philippe De Frémontpré

( Au delà de l’innocence)