Imperfection

 

L’imperfection du monde se révèle à nous sous bien de formes . De façons répétitives, douloureuses elle se voile de fausse pudeur, nous dessinant en de sournoises arabesques, non pas une excuse, mais son éloge funeste !

Il n’est nul question de querelles ou de bavardages, mais d’un regard différent sur les choses et les gens. Chaque interrogation s’approprie sa juste réponse, non en fonction d’une logique calculée, mais de l’humilité de sa formulation, de l’approfondissement attentif des causes et conséquences.

Trop d’irréfléchis s’appliquent à une rédaction qui n’est, bien souvent, qu’une justification partielle, partiale en dehors de tout équilibre. Elle est, aussi dans bien des cas, fortement imbibée de souffrances, de ressentis passés, troublant par le fait l’harmonie de la pensée. Le jugement est si simple pour celui qui conçoit que l’affrontement, la comparaison, l’égoïsme. Juger, condamner deux émotions qu’il faut contenir, observer , apprendre et comprendre. Sans cette volonté, cette vigilance l’injustice , la haine ont de beaux jours devant eux !

La justesse d’une pensée, d’un propos, d’un acte doit s’affranchir de tout attachement. L’attachement n’est qu’un a priori, une vision tronquée. La réflexion s’en trouve altérée, elle s’interdit l’investissement global de l’esprit dans la compréhension et reste aux portes de la bienveillance , de la bonté humble ! Le cheminement du raisonnement est simple . Il se construit avec un regard pondéré où chaque acte a une origine, qu’il est primordial d’appréhender et de comprendre. L’ importance de la retenue s’impose naturellement. Elle est le seuil de la compassion, forgeant l’image de la réalité de l’instant. Savoir pénétrer dans cette humanité est un apprentissage offrant une vision sereine, humble et juste, propre à toute sagesse véritable.

Bon nombre de discours se limitent à des constats relatant des faits sans autre forme de procès. A écouter nos propres peurs, a être ces souffrances qui nous assaillent, notre esprit se ferme, nous n’écoutons plus, nous inspirons la nocivité du monde sans voir sa bonté. Il est périlleux de circonscrire une pensée à une succession d’estampes, sans apprécier le pinceau, les couleurs et le paysage.

L’absence de vie n’est pas seulement la mort comme nous l’entendons, comme nous l’attendons. L’absence de vie est en l’orgueil, la jalousie,l’avarice, la haine que nous prenons, parfois, pour vérités mais qui ne sont que les tristes cache-misère de nos non-réflexions !