Vivre à moitié !

Vivre à moitié ! N’est ce pas le sentiment qui prédomine dans nos réflexions ? Nos peurs, nos angoisses, nos faiblesses nous enferment en un carré de terres que nous croyons verdoyant. Nous défendons ce bout de nous mêmes, avec l’audace de l’éphémère, le courage de nos culpabilités ! Nous regardons nos vanités comme autant de trophées, mais…… ! A bien y réfléchir, nous nous soumettons à l’attente sans oser vivre !

Malade,face à l’inéluctable, je me suis abandonné à la vie, à cette révolte douce détruisant l’instant pour construire le suivant .C’est en ces moments, où l’on ne souhaite plus rien, en ces minutes où la bienveillance est une nécessite, « inspirer les souffrances d’autrui »,se charger des douleurs de l’autre ,non pas pour soulager le mal qui me ronge, mais pour insuffler la joie unique , magique d’être vivant ! Chaque matin est un partage avec le monde. Il témoigne de l’ardent et non de l’inanimé, du disciple et non de l’émérite, de la connaissance et non de l’ignorance, de tout ce qui se conçoit pour l’autre et à cause de l’autre !

« Paradoxal ! », me dit une amie , avec ce «  Prend soin de toi ! ? Non ! Non ! Il y a dans cette apprentissage,l’acceptation de soi, le dépouillement de soi, le détachement et le choix de l’autre !

Comment envisager «  une belle vie »si à chaque seconde elle n’est pas fécondée par l’ambition de l’autre ? Cette volonté qui pousse l’être à être humain, qui inspire de sages et humbles réponses, qui doute de chaque question, qui nous laisse observer, apprendre et comprendre !

Philippe De Frémontpré

(Au delà de l’innocence)